Corinne Sauffier

 

 

HOMMAGE A BRUNO SAUFFIER

 

Le cri d’amour de Corinne Sauffier pour son époux, l’inspirateur de son œuvre

 

 

 

Le décès  brutal de Bruno Sauffier, le dynamique Président de l’association Ussac Sports Loisirs de Tennis de table, survenu à Montpellier, le 26 mars dernier, laisse un grand vide dans la commune d’Ussac.

Son épouse, Corinne Sauffier, poétesse reconnue, lui rend un bouleversant hommage, dans un texte vibrant d’amour et d’émotion, car Bruno est et restera l’inspirateur de son œuvre.

 

 « Un samedi matin, nous étions partis heureux pour une dédicace à Montpellier, ville où nous avons de nombreuses attaches… Mais, la mort, « la Camarde », comme le chantait si bien Brassens nous poursuivait de son « zèle imbécile »…

Puis, ce fut la « descente aux Enfers » !...

Bruno était toujours à mes côtés. Nous formions un couple solaire, débordant de projets et d’avenir. Chacune de ses paroles auréolait ma vie. C’était mon protecteur, mon seul amour comme une passion au parfum d’absolu. Mon époux était noble de cœur, intègre, courageux, épris de justice… Ensemble, nous avions traversé maintes épreuves, mais toujours, nous allions de l’avant. Nous savions combattre l’adversité dans un rayonnement infini… Bruno exerçait un fort charisme sur tous ceux qui l’entouraient et lorsqu’il parlait, (car il avait l’art du discours), nous ressentions tous une force sans commune mesure nous transcender. De cette magie, tous ses joueurs peuvent en témoigner. C’était un orateur né ! Bruno était inventif et c’était un battant ! Il était mon Ange protecteur et il veillait sur moi à chaque instant ! Il allait prendre un nouveau départ professionnel, il allait enfin être reconnu et sans lui, jamais je ne me serais lancée dans l’aventure littéraire…

Moi qui venais d’un Sud lointain et cosmopolite, la terre corrézienne fut mon enracinement…

J’ai perdu mon « Musagète », mon époux adoré et  en ce triste mercredi matin, à l’église d’Ussac, nos amis venus en si grand nombre ont partagé l’immense douleur de notre famille et mon chagrin dévorant…

 

Voici les quelques vers qui résonnèrent de mille feux, lors de cet adieu tout empli de ferveurs, en souvenir de mon Bruno adoré… »

 

« Sur ton beau front altier,

Je veux poser des baisers,

Un flot ivre de rubis

Et l’étoile du Paradis. (…)

 

Puisque tu vis dans mes pensées,

Comme une Muse, je m’offre à toi,

Promesses d’un crépuscule d’été,

Notre amour prolonge un rêve de soie… »

 

 

 


J'ai refermé tes beaux yeux verts, mon bel amour!
J'ai hurlé ma folle douleur dans les Ténèbres!...
Déjà, la Parque courait aux bords de l'Erèbre,
Ayant coupé le fil de son gant de velours...



J'ai traversé alors une forêt de cèdres,
Poursuivie par les Harpies et tous les vautours...
Des cieux de cruauté, à jamais, me lacérèrent!..
Les dieux, à mes appels, toujours, restèrent sourds!...


Mon coeur saigne sur le rocher de Prométhée,
Avec les autres damnés,aux portes des Enfers...
J'ai joué avec les mots comme aux osselets!...


J'affronte seule le monde, le printemps de fer,
Pour la première fois, sans toi, mon Adoré!...
Nous fûmes punis de nous être tant aimés!...




 

 


SOLEIL DES CYCLADES

En ce beau jour de Noël, voici un extrait de mon dernier livre, Soleil des Cyclades, paru aux Éditions Delirium Plumens, en septembre dernier.
C'est la célébration de l'amour fou, dans une île grecque, posée comme une perle, en mer Égée, cette mer turquoise aux flots de légende, le sous-titre du livre. Joyeux Noël à tous! Que tous vos vœux les plus chers se réalisent!


Passion cariatide, p34,35


J'ai construit un palais pour abriter mes songes...
Toujours des marbrures les prolongent...
La passion, tisserand de mon cœur, tiraille. Elle me frôle et me brûle!
Ma fiole s'illumine comme une sphère!

J'entre dans le dédale... Chaque fil te respire!
Je t'attends à chaque recoin...
Tes baisers ont semé des boutons d'or.
Je retrouverai mon chemin...

Viens, mon, aimé, allons voir la Déesse, celle que l'on nomme la Phrygienne ou la belle Pharaonne ! Elle vient de Pergame, peut-être de Thessalie ou d'un pays parme résonnant de cymbales!
Elle apporte la gloire, une sorte de feu qui transperce les os en brisant les armures...

Tu la reconnaîtras entre les pins, revêtant les couleurs de la nature... Elle t'apparaîtra, à toi aussi, sur ce monceau de terre éloigné du temps!
Nous verrons le char attelé de buis au son des tambourins! Nous percevrons la pluie et le tonnerre!

Viens mon aimé, allons voir la Déesse!
Comme aux temps païens, déposons quelques offrandes auprès de la statue de noir bétyle, quelques herbes et fromages, un peu de lait tendre...
Comme aux temps anciens, ressentons le fluide sacré de la vie transpercer nos corps!

Autrefois, des créatures sauvages ici même tournoyaient... Les folies terrassaient les arbres!

C'est alors que la Déesse génératrice, nourricière divine, dispensatrice de bienfaits, m'insuffla la passion cariatide!
C'est une nymphe celtique qui rayonne dans toutes les iconographies!
Je la pare depuis toujours de tous les symboles hiéroglyphiques...

Viens mon aimé, allons voir la Déesse, celle que l'on nomme la Phrygienne ou la belle Pharaonne!

 



Soleil des Cyclades bâtit une épopée autour de l'amour et surtout réhabilite la passion, dans "le monde d'affadissement", justement qui nous entoure, comme il est écrit en quatrième de couverture. 
Les mythes qui résonnent dans l'inconscient collectif si cher à Jung, transfigurent ainsi l'histoire personnelle...



Pauvre Psyché ! 


Pauvre Psyché, tu dors dans l'ombre de ton élu!
Tu ne peux voir le visage de ton amour!
Tu ne peux contempler sa beauté éperdue!...
Il est là, près de toi... puis disparaît le jour!


Las, le bel éphèbe s'endort près de ton corps!
Sans cette lumière, vaines sont ses caresses!
S ans la vague crue du feu, pantellent les liesses!
Toujours, restera sombre, sa chevelure d'or...

Le soleil va attiser ta curiosité...
Voir le visage de l'amour et puis mourir!
Tu renverses la lampe!... Tout est dévasté!...

Comme Psyché, j'ai bien connu les repentirs
Des amours suppliciées par les renoncements,
Les rêves qui ont fui, les soirs étincelants...

 

 

ARCHIPEL PERLE

"Nous nous sommes aimés dans une île des Cyclades...
On entendait gronder au loin le théâtre d'Épidaure...
La mer synchronique faisait gémir la rive...
Comme une éclipse se découvrit une petite crypte....

Se précipiter dans l'eau dorique.
Lever les yeux vers le ciel euphonique.
Goûter le charme d'une baie cosmique.


Comme un cantique, cet archipel m'étreint!
Douce pastorale, une idylle en île grecque!...
J'ai reçu jadis, tant de baisers orphiques!
Il est vain de discourir...
La beauté se respire comme un vin de Palmyre!

"Cette île des Cyclades restera à jamais écorchée par les vents,
chantaient à tue-tête tous les psalmistes de mon cœur!..."

Amour, rêve d'Aphrodite près d'un îlot turquoise!
Me voilà près de toi comme au premier jour!
Amour solennel prôné sur un réceptacle !..."


Début de Soleil des Cyclades, amour en mer turquoise, 
Éditions Delirium Plumens, septembre 2005

www.roman-perso.com

corinnesauffier@yahoo.fr

 

 

 

 

 

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