CATHERINE HIRZEL

 

 

 

 

 

La petite église


Accrochée par magie, au détour d'un chemin,
Sur le flanc d'un coteau battu par tous les vents
Apparaît à mes yeux emplis de séraphins
Une petite église tourmentée par le temps

Embaumant de parfums qui s'étalent à ses pieds
Par de vastes bouquets qui montent vers l'autel
La lueur des bougies éclaire de beauté
Une Vierge Marie au visage couleur miel

A cette heure paisible ou tout est harmonie
La prière sur mes lèvres emporte ses accents
Sous la voûte moirée vers des cieux éclatants

La nuit vient et voici qu'au bord du firmament
Les cloches dans le noir sonnent tardivement
Et résonnent alors en longues litanies

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A travers le monde 

Au delà des montagnes
Dans le creux des volcans
Sur les monts de l'Oural
Au cœur des océans
Je cherche ton image

Sur la muraille de Chine
Aux portes du Yémen
Et même aux Philippines
Ou à Jérusalem
Je cherche ton visage

Dans des huttes de bois
Des châteaux hauts et forts
Dans des maisons de rois
Ou bien dans le grand Nord
Je cherche ton prénom

Au dessus des nuages
Sans croire à des mirages
Au delà des frontières
Pour trouver la lumière
Enfin je crie ton nom 

Voyage au bout de la vie 

Elle regardait la mer mais ne la voyait pas
Elle attendait quelqu'un qui ne reviendrait pas
Au bout de l'horizon sur son grand voilier blanc
Il dort à tout jamais sans souci pour le temps

Elle se rappelle ses lèvres avec un goût de sel
Les mains dans ses cheveux il disait tu es belle
Ses yeux d'un bleu si pur elle les retrouve souvent
Dans le visage gracieux de son petit enfant

Désespoir de l'absent elle revient chaque jour
Mais seul le néant lui parle encore d'amour
Il a fallu lutter, elle a tant supplié
La mer est la plus forte, c'est elle qui a gagné

Dans la petite église elle a longtemps prié
Toute de noir vêtue, la vierge aux yeux si doux
Rendez-moi mon mari oh vous qui pouvez tout
Hélas la mer est belle mais garde ses secrets

Des couronnes de fleurs elle en fera toujours
Maudissant cette maîtresse qui lui a tout volé
Il a donné sa vie comme on s'offre à l'amour
L'océan est son lit sur fond d'éternité 

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Hommage 

La nuit tombe en étoiles sur le bord du berceau
Ou repose un bébé qui rêve et puis gémit
Bercé par sa maman qui, surveillant les bruits,
Caresse tendrement la douceur de sa peau
Une étrange lueur ne les a pas surpris
Lorsque la lune pleine vient frapper au carreau
Inondant de lumière les deux êtres assoupis.
Jusqu'au petit matin elle les veillera
Ne laisant pénétrer qu'un très léger halo
Et puis tout simplement, le soleil arrivera
Et il contemplera le magnifique tableau
D'une maman qui sourit à l'enfant dans ses bras 

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La statue

Vous le ciseau habile du sculpteur audacieux
Le modèle par magie devient une déesse
Évolution des courbes qui naissent sous ses yeux
Ni le jour ni la nuit rien n'arrête son geste

Il se sent fatigué du travail sous ses mains
La muse est trop jolie pour se décourager
Il faut la perfection pour la ligne d'un sein
La beauté faite femme doit être regardée

Plus tard dans le musée qui abrite la statue
L'image de son corps nu s'offrira langoureux
Elle verra défiler des millions d'inconnus
Et bien qu'elle soit de marbre, ils tomberont amoureux 

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Le coucher du soleil

Astre majestueux qui brille par paresse
Lorsque tes rayons d'or miroitent sur la mer
C'est les couleurs du ciel qui s'unissent à la terre
Comme des amoureux échangeant des caresses

Mais avec ton coucher tu luis de mille feux
Quand tu tombes lentement au bout de l'horizon
Lorsque sur ta palette tu jettes à l'unisson
Des teintes harmonieuses qui régalent nos yeux

En embrasant ainsi ce tendre firmament
De nuances dérobées pour les monter aux cieux
Tu apportes des rêves, instants délicieux,
Et tu sublimes alors tous les corps des amants 

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Seule

Ce soir mon cœur s'envole au contour de la lune
Et les mots nostalgiques retombent en pâmoison
Sur l'horizon sublime ou des voiles de brume
S'éparpillent sur terre en lentes floraisons

Des senteurs de roses inondent mes pensées
De jardins envoûtants aux couleurs du velours
Et mes larmes furtives glissent sur l'oreiller
Puisqu'elles ont perdu la saveur de l'amour 


Tempête

Le ciel couleur de plomb a épousé la mer
Pour s'unir et confondre leur même destinée
Les vagues déferlantes se joignent à la terre
Pour emporter nos rêves, instant d'éternité

La tempête fait rage, le vent souffle sa colère
La mer, écume de mousse, s'écrase sur les rochers
Le ciel se referme, les nuages laissent faire
Les Dieux sont en colère, nul ne peut s'approcher

Et soudain, apaisant, comme un matin d'été
Le soleil, ce géant, surgit en haut des cieux
La vie reprend sa place, le vent est retombé
Tout redevient paisible dans ce décor radieux 

© Prunelle

prunel54@yahoo.fr

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