Natacha Peneau

 

 

 


Soleil levant

 

Poèmes de

l'Ombre

                                               et de la Nuit

Le printemps

Honte à toi

Le Vent

Ris donc Paillasse

Un rayon de soleil

J'ai appris à t'aimer

La Proie

Mauvaise humeur

Le Flots

Diogène

Qui a dit

Une Tristesse

L'Oiseau

L'Amour

J'Aime

La Porte de ton cœur

Si tu m'avais trompé

Veilles de Fêtes

Salle d'attente

Artiste Peintre

Le Corridor

La Boule

Une Larme

La Solitude

Hier Encore

Et Pourtant

Quand

La Hache

La Nuit

Prends-moi dans tes bras

Adieu

La Guenon et ses Lunettes

Le Tunnel

L'Elbe en colère

Barbare

L'Hirondelle est partie

La Neige

Le Troubadour

Demain

Ami, Amant, Amour

Le Boeuf et la Grenouille

Fille du Roi

Cathédrale

Le Cri

Il n'y a que toi

Pour Yves

Pour ma Fille

C'était Dimanche

Lorsque tu chercheras

Les Yeux

Je tiens debout

Voyage dans la nuit

L'Araignée

Le Fest d'Ivan

SUITE ...

LE FESTIN D'IVAN

Vint le jour de déplacer sa cour ,les boyards,
La garde personnelle sous la houlette du Tsar,
Les popes et tout un monde d'amis et d'ennemis
Qui le suivaient, contraint de partager sa vie…

Après de longues journées de marche ou de calèche
De prières chantées, saupoudrées de neige fraîche,
Les voilà arrivés, deux mois de voyage
Dans un piteux , et bien triste équipage.

C'était la pénitence que s'infligeait le Tsar
Epuisé les yeux brillants de fièvre, hagards…
" Je percerai à jour l'âme damnées des traîtres…
Maliouta ! " tel un chien se vautre aux pieds du maître

Les voici complotant, jouant à qui perd gagne
Tous y passent à ses yeux, et personne il n'épargne
Un murmure s'échappe : demain aura lieu le Festin !
Ils sont tous là, Ivan se lève une coupe à la main

La pose sur un plateau pour n'en perdre une goutte
L'infernale mixture qui va prendre sa route.
" Maliouta, va l'offrir au plus fidèle ami . "
Le serviteur traverse, la foule réunie

Retient son souffle… S'arrêtant devant un noble sire :
" Notre Tsar t'offre à boire pour lui et son empire ! "
Le boyard s'incline, prend la coupe d'une main ferme,
L'avale d'un seul trait, et la vie prend son terme.

Sous les yeux soulagés de ceux qui, en sursis,
Ecoutent Ivan le Tsar qui rit… qui rit… qui rit…
" Riez donc avec moi ! la blague était fort drôle !
Je vous exterminerai tous, à tour de rôle… "

13/05/02

L'ARAIGNÉE 


Gai bavard et turbulent, disait ma mère. 
Voletant de ci de là, buvant une goutte d'eau 
Vivant en somme : joyeux, loin de mes frères, 
De mes contemporains aux amers propos 

Grandissant sans soucis, je tombais amoureux 
De la plus belle fille, fine et gracile 
Elle tissait une toile fabuleuse dans les cieux 
" Pour qui travailles-tu de tes doigts si habiles ? " 

Son regard sombre mais d'une voix tranquille
" Pour toi, me dit-elle, cette œuvre titanesque
Composée de miroirs qui attirent , qui brillent
Je file un palais superbe et gigantesque ! "

Mon cœur amoureux ne fit qu'un bond… " Je viens ! "
Dépliant mes ailes je me laisse tomber
Depuis, j'y végète et ne regrette rien… 
Vivant dans l'osmose la beauté de ses rets

01/04/03 

LE CORRIDOR


Un corridor étroit se déroule sous mes yeux,
Je lui emprunte le pas, hélas, faute de mieux..
Les portes sont fermées pas un rayon ne passe,
L'univers  de Kafka pénètre ma carcasse…

J'avance pas à pas car ceci est ma vie
Même si le corridor peu à peu rétrécit ;
Je tourne le loquet, tout  espoir est-il  mort…?
Les portes étaient ouvertes quand j'entamais mon sort

Et je tombe à genoux suppliant le Seigneur :
" Cette marche forcée commence à me faire peur. "
Rien ne bouge, je me traîne et n'en vois pas la fin…
Serait-ce le corridor que réserve mon destin ?

30/03/03


LE PRINTEMPS 


Primevères et violettes annoncent le printemps 
Qu'il fait bon respirer au soleil, maintenant ! 
L'herbe protège les pâquerettes du vent ,

L'oiseau donne son cœur en construisant son nid
Mélodie harmonieuse qu'il vous dédie
A vous dont le sourire accompagne sa vie …



Avez vous entendu se déchaîner l'enfer ? 
La tempête de sable envelopper le désert 
Le cri du vainqueur se mêler au vaincu, 
Que transportait le vent vers un monde inconnu ? 

Les corps qui se mélangent sous une pluie de feu 
Les voyez vous courir en invoquant les Dieux ? 
Les mensonges des uns , les trahisons des autres 
Seriez vous par hasard un de ces bons Apôtres : 

Qui peuvent tout expliquer et qui parlent si bien 
Caché loin des cadavres et des ponts aériens 
Que l'on pourrait penser que ce n'est qu'une bêtise 
" La mort de la jument de Madame la Marquise " 

*

Primevères et violettes ont poussé cependant
Un rayon les caresse, ici c'est le printemps,
Les échos de la haine sont chassés par le vent…

25/03/03 




HONTE A TOI 

Devant ces cendres fumantes, honte à toi ! 
Devant le sang qui gicle et coule, honte sur toi ! 
Devant la haine qui monte et qui tournoie, honte à toi ! 
Devant la souffrance, les cris, la folie, la douleur… Honte. 

Debout, muet, marmottant insensé, honte à toi 
Tu n’as jamais marché dans leur pas, honte à toi 
Graines de toutes les trahisons, honte sur toi ! 
Depuis des millénaires la guerre sans rémission… Honte… 

Et le malheur retomba. Pour qui ? Pourquoi ? 
La guerre recommença. Pour qui ? Pourquoi ? 

8/03/03 

                   ............


LE  VENT


Un vent glacé me pénètre et m'enlace,
Ce ne sont plus tes bras, ni le son de ta voix
Le sifflement du vent complète mon désarroi
Désespérée comme le vieil arbre qui casse

Et craque, plainte sinistre dans le sous bois.
Solitude à laquelle je voulais échapper
M'entraîna dans cette lointaine contrée,
Le vent s'engouffre de plus en  plus fort, j'ai froid !

Je veux crier, le souffle court, je presse le pas
Je t'appelle encore,  mais tu ne m'entends pas !

15/03/03

 

 

RIS  DONC  PAILLASSE


«Ris donc Paillasse sur ton amour détruit… "
Que vois je dans la glace ? Une femme vieillit,
Les yeux remplis de larmes et le cœur en lambeaux
Qui regarde au loin par dessus son tombeau.

Le tombeau de sa vie, celui de ses amours
C'est un  cri déchirant qui pourtant reste sourd
Aux oreilles des passants. " Ris donc Paillasse "
Et continue à vivre si tu en as l'audace !

11/03/03


UN  RAYON  DE  SOLEIL


Un rayon de soleil vient caresser la terre
L'herbe de la prairie, branches et primevères.
Un rayon de soleil  a pénétré mon cœur ;
Ami c'est le printemps ! Ami c'est le bonheur !

Un rayon de soleil vous semble peu de chose,
Les oiseaux se rassemblent dans l' apothéose :
D'un concert merveilleux saluant la nature
L'herbe frémit de joie, l'insecte dans la verdure
S'étire à la vie, après un long sommeil…
Les volets sont ouverts et mon cœur s'émerveille !

                          ...........

J'AI APPRIS  A T'AIMER


J'ai appris à t'aimer, ma jeunesse frivole
Est passée au tourbillon des jours…
J'ai appris à t'aimer en rêvant sous le saule
Jetant aux orties tous mes autres amours.

J'ai appris à t'aimer, sourire ou amertume
Dans la tristesse de tes yeux amoureux,
J'y trouvais l'or d'une immense fortune
Les joyaux d'un cœur et d'un amour heureux.

J'ai appris à t'aimer à travers la tendresse
Dont j'entoure chaque jour les souvenirs enfouis.
Je t'aime encore plus fort dans la sombre détresse
Ou désormais tes yeux s'enfoncent dans l'oublis.

                              ...........

La Proie

L'œil cruel et  fixe l'oiseau guette sa proie
Les serres acérées immobile sur la branche
Son plumage roux dans la nature se noie
Parfois sa tête s'étire, il  se penche.

Dans le buisson quelques feuilles ont bougé
Va-t-il attendre en vain ? Non, il s'élance
Ramasse tout son corps et se laisse tomber
Sur la colline où une boule balance

Par la terreur paralysée. Pique l'oiseau…
Vole : de plus en plus loin de plus en plus haut
Là où le ciel bleu se fond à l'horizon
L'oiseau va nourrir ses petits oisillons !

25/02/03

                                  ...........


Mauvaise humeur


Jeter, crier, casser partir !
Oublier ce qui fut … Fuir !
Brûler le passé, me jeter dans le feu
Après tout la vie n'est qu'un jeu !

J'ai joué et j'ai perdu
Usée, fanée, percluse…
Il est évident qu'il me faudrait partir
Je peste encore, je n'ai plus d'avenir.

A quoi bon ces plaintes ? Indifférents
Les jours passent, l' ironie du temps
Me contourne et parfois me soutient.
Colère, soupirs dérisoires sont vains !

Ridicule vieillesse. Tempête dans un verre d'eau
Pourtant je vous assure que mon âme est de trop !
Crier : je veux mourir " ! en tartinant mon pain…
Éclatant d'un bon rire, j' efface mes chagrins .

                              ...........

LES FLOTS


Dans la solitude des flots glissait un  bateau ,
Pour vivre dans l'osmose, je fermais les yeux
Cachant mon visage, me rapprochant du beau,
Fondre mon image dans ce paysage   bleu .

Le clapotis de l'eau rythmait de sa musique
L'immense camaïeu fondant dans l'horizon.
Entre ciel et terre mes pensées nostalgiques
Voletaient ci et là sans quitter leur prison..

Un nuage passant coupait cette harmonie
Où, un poisson volant prouvait son existence,
Cet océan si calme et bouillonnant de  vie,
Vous pouvez l'observer vous armant de patience.

Tout à coup, sautant  au loin, une baleine
Soufflait autour  de véritables fontaines,
Le petit s'enroulait près du corps de sa mère
Puis jouant tous les deux ils plongeaient dans la mer…

Je pouvais observer contre la rambarde
Des heures entières cette sombre gaîté,
Maintenant que mon cœur est devenu de marbre
Je veux  me  noyer dans l'éternelle beauté.

02/02/03

 

 

DIOGENE


S'il te plaît, as-tu une place dans ton tonneau ?
Je resterai dans un coin, ne disant pas un mot.

Le temps a passé, mais ton âme éperdue
Cherchant la Vérité ne l'a jamais perçu.

J'ai pris la route et les petits chemins,
Tout en humant du mensonge le parfum.

Maintenant j'ai trouvé de Diogène le tonneau
Je veux y pénétrer dans ce cynique tombeau.

Chercher auprès de toi dans les siècles passés
La justice, la liberté et la fraternité…

Le temps passe et je n'ai rien trouvé !
Diogène avait raison…je cherche la Vérité !

29/01/03

QUI A DIT ? 

Qui a dit : l'herbe pousse sur la terre ?
Je n'y vois que gravas et poussière.
Qui a dit : tout est régi par l'amour ?
Je n'y vois que la peur et la haine, tour à tour.


Qui a dit : regarde les yeux de nos enfants ?
Ils ont le regard vide de fantômes ambulants.
Qui a dit : regarde donc le ciel .
Je n 'y vois que le feu de l'enfer éternel 



UNE TRISTESSE 

Une tristesse sans amertume, à l'état pur, 
Comme un diamant. une larme qui coule. 
Une tristesse qui s'infiltre et qui déroule 
Son tapis gris usé, mais qui perdure, 
Sous vos pieds fatigués d'y avoir tant marché. 
Une tristesse particulière qui s'insinue pour une éternité. 



L'OISEAU 

Un bel oiseau vient un jour atterrir 
Dans mon jardin, non loin de moi. 
Je m'approchai de lui, il ne pouvait partir 
Son aile était brisée et il tremblait d'émoi 


J'ai pu bander ses plaies et soigner ses blessures, 
J'ai veillé sur sa vie et m'y suis attachée. 
Jusqu'au jour, où mon oiseau si pur : 
A déployé ses ailes et puis s'est envolé... 


Donner sans jamais espérer en retour, 
Donner la liberté est une preuve d'amour 


L'AMOUR 


C'est un torrent de larmes, 
C'est un don de soi-même, 
C'est aller jusqu'au bout, 
Trébucher dans l'extrême. 
C'est souffrir en silence, 
C'est porter en son flanc 
Les fruits de l'abondance. 
C'est donner le bonheur 
Sans question, sans réponse. 


Trouver l'indifférence quand on veut passion 
Vivre la solitude dans la désolation. 
Chercher toujours auprès de toi 
Une miette d'amour, une étincelle de joie ! 

J' AIME

J’AIME le ciel animé de toute cette beauté,
Les nuages voletants, jouant à se faire peur.
Le soleil miroitait de toutes ses couleurs
Sur l’azur d’une voûte à peine esquissée…

J’AIME aussi les soirées, animées par la lune
Qui recouvre le feuillage d’un éclat argenté.
Mon jardin frissonnant légèrement, telle une brune
Rayonne de son éclat, de ses parfums d’été…

J’AIME cet homme perdu au fond de la nature,
Qui cri son désespoir et l’angoisse du futur…
Tu me hais ? Hélas je suis imperméable,
Car je refuse la haine qui m’est insupportable !

J’AIME ceux qui près de moi rêve encore de bonheur,
C’est pour eux que j’écris ,je leur donne mon cœur
Et si tu veux croupir sous un amas de haine
Je t’y laisse volontiers et sans la moindre peine !

                              ...........

LA PORTE DE TON CŒUR


Je viens frapper à la porte de ton cœur,
Tu restes fermé, insensible à mes pleurs.

Dans ce cas j'irai frapper ailleurs
Amis perdus, j'apporte le bonheur !
Je le prends à pleines mains pour le distribuer
Indifférents, dédaigneux, vous vous êtes détournés,
Votre fuite éperdue me glace ! " Auriez vous peur ?
Serai-je avec le temps devenue une horreur ?
Ce bonheur vous est destiné, je le colporte
Je l'ai gardé pour vous, tenez ouvrez la porte… " 

Le pêne s'est refermé et dans la nuit glacée
Je reviens près de toi qui m'avais dédaigné.
A nouveau je frappe à la porte de ton cœur,
A nouveau tu résistes fièrement à mes pleurs.

                           ...........

Si tu m'avais trompé

Si tu m’avais trompé, rejeté et déchu
De reine, être vassal, m’aurait certes déplu
Me serai-je battue ? Jamais ! je le crois bien
J’aurai serré les dents, tout en perdant mon bien…
Puis faisant fasse à cette adversité,
Prenant mon baluchon, je t’aurai vite quitté…

Si tu m’avais trompé, avec l’autre femelle,
Je t’aurai rejeté comme une vieille gamelle !
Un de perdu … mais dix de retrouvé…
Serait la devise ,que j’aurais adoptée !
Tu aurais souffert, crois moi, bien d’avantage
Si à mon tour,  j’avais été volage…

Si tu m’avais trompé, tu aurais tout perdu.
L’amour, l’amitié et nos nuits éperdues…
Si tu m’avais trompé… que le Diable t’emporte !
Je t’aurai aussitôt balancé par la porte…
Si tu m’avais trompé ? Te haïr j’aurai pu.
Peut être l’as tu fait, mais je n’en ai rien su !

                            ...........

VEILLE  DE  FETES 


Dans la rue, sur le pavé mouillé, glisse et tombe :
Un piéton ! Toute la foule de paquets encombrées
Marche à grands pas et jamais pour rien au monde :
Nul ne s'arrêtera  pour l'homme qui gémissait.

Une heure passe, la neige a remplacée la pluie.
Les passants frileux se replient sur eux mêmes,
Puis détournant la tête avec certain  ennui,
Ce n'est qu'un poivrot pensent-ils avec gène.

La pendule sonne en égrenant les heures
Un faible murmure s'échappe d'un coin sombre
Les personnes attardées courent vers la lueur
D'un réverbère joyeux qui projette son ombre.

Enfin, un balayeur retrouve au petit matin,
Un mort enseveli dans ses loques neigeuses…
La nuit du Réveillon on trinque sous le sapin !
Dans la dernière tournée de la grande Faucheuse…

29/12/02  


 

LA SALLE  D’ATTENTE

                A Droite un coup d’œil  sournois,                            
                Un sourire courtois, à gauche
                Un signe de tête bien maladroit
                Un jeune debout, mains dans les poches…             
                  
                Me voici dans la salle d’attente
                Parmi les malades cachant leur frayeur            
                De « nouvelle » je deviens patiente
                Au même titre que mes frères de douleur.

                Une petite angoisse, au ventre m’étreint
                Je vous assure, je n’ai pas la moindre peur  
                J’attends patiemment   l’esprit serein,                         
                Mon tour, les  yeux  voilant toute lueur…             

                C’est une salle d’attente banale,            
                La porte s’ouvre : « A qui le tour ? »           
                Puis se referme…sur quoi ? Une finale !                                         
                Moi je suis là, j’attends toujours…             

                 11/12/02

L'ARTISTE PEINTRE

J'ai été jeune aussi, incomprise, mal aimé,
J'ai traîné mes savates dans de nombreux cafés,
Une artiste peintre qui fut bien exploitée
Par une kyrielle de petits ateliers .

Débutante j'ai du peindre sur de la soie,
Dessiner sur plastique et décorer le bois.
Puis vinrent les commandes, des portraits parfois,
Les expositions, les prix : tu étais avec moi !

Quand tu galèrais sur les scènes de Paris
Nous étions deux artistes aux destins réunis
Nous avons vécu, ma foi, une très belle vie …
Avec nos trois enfants, les copains, les amis !

13/11/02

                       UNE  BOULE
                 
      La haut dans la montagne, la neige tombait             
      Sur une feuille, ballottée par le vent            
      Qui dans les flocons gaiement s’amusait,            
      Tournant telle une valse dans l’harmonie du temps             

      Elle format une boule qui se mit à glisser.            
      La bourrasque se leva et notre boule  roula       
      En tournant, autour d’elle,la neige se collai           
      Et malgré les obstacles la vitesse l’entraîna…

      Toujours plus vite, toujours plus loin,            
      Sans soutient elle grandit, mais sans esprit ni tête,            
      Monstrueuse elle dévale les pentes et les tremplins,            
      La voilà qui s’approche d’une humble maisonnette             

      Qu’elle écrase sans pitié enrichissant son corps.            
      Sur son passage, soudain, ce n’est que désespoir            
      Car elle porte en elle la folie et la mort !            
      Puis, sur le flan d’un rocher, se brise sans espoir.             

      Ceci était l’histoire d’une petite boule,            
      Qui prend vie et roule, roule et roule…              

      08/11/02
                                                                       ...........

UNE LARME 


Une larme qui coule et soulage mon cœur
Une larme qui ouvre le chemin de mes pleures

Rien ne vient attendrir ce visage desséché
Par le vent de la peine, l’ âme désespérée.

Autour de moi comme dans une plaine morne
Mes souvenirs défilent , parfois ils se déforment…

Quelques larmes pour laver et épurer le temps
Rien ne coule de mes yeux desséchés par le vent !

Le sablier lentement décompte les années
Un sillon sur ma joue qu’une larme a tracé …

Je vais pouvoir enfin me libérer du temps
Pleurer toutes les larmes retenues trop longtemps !


°°°°°°°°°°°

LA SOLITUDE ?… 

Je ne suis jamais seule, car je suis avec moi … 
Je m’exaspère parfois et marmonne tout bas, 
Puis pour me consoler, car dans mon désarroi, 
J’accepte assez mal : que de marcher au pas ! 

Non je ne suis pas seule, à l’oreille je te dis : 
Être avec soi même à longueur de journée, 
Survivre, se supportant …n’engendre que soucis ! 
Et, il faut pour cela : des nerfs d’acier trempé ! 

Non je ne suis pas seule, ayant un avenir, 
Le présent traîne un peu …mais il y a le passé ; 
Qui sait , le bonheur peut encore revenir ? 
Si au fond de moi même je vais le rechercher … 

°°°°°°°°°°°


HIER ENCORE

Hier encore nous échangions des mots… 
Je les ai remplacé par le chant des oiseaux, 
Le souffle du vent par les branches chuchoté, 
Le murmure insidieux de la campagne, l’été. 

Hier encore ta présence emplissait ma demeure 
Je l’ai remplacé par des vides et des leurres, 
J’ai balayé mon cœur des souvenirs d’antan 
Effaçant notre vie, j’ai défié le temps . 

Hier encore nous vivions… Mais que sera demain ? 
La sagesse, me souffle un ange séraphin, 
Ignorer l’avenir, vivre dans le présent, 
Écouter le silence et des oiseaux le chant...

°°°°°°°°°°° 



ET POURTANT ... 

Que devient une rivière sans torrent ? 
Que devient une mer sans orage ? 
Un plat et triste paysage, 
Sans mouvement ! Et pourtant ... 

Que devient sous vos yeux l’océan ? 
Quand les vagues ondulent autour de la baleine, 
L’eau qui scintille à des reflets d’argent 
Le bateau glisse lentement sur elle. 

Et pourtant... cette beauté mortelle 
Se jette sur sa proie, détruit sur son passage 
Ce qui fut hier encore, notre joyeux rivage, 
N’est plus que ruines déchiquetées par elle. 

Et pourtant... elle se calme déjà, 
S’éloigne de ce triste naufrage. 
Indifférente elle s’en va, 
Admirer d’autres paysages ! 

°°°°°°°°°°°


QUAND... 

Quand mon cœur déborde d’amitié attendrit, 
Quand les mots me manque pour te dire merci ! 

Quand autour de moi la solitude m’étreint 
Je ne sais reconnaître, ni le mal, ni le bien 

Quand la brume obscurcit l’acuité du regard, 
Quand la fin me semble arriver en retard, 

Quand la nuit voile encore l’horizon du matin : 
Tu cries de toutes tes forces « attends ,reviens ! » 

Quand tu seras heureuse à nouveau parmi nous 
Au lieu d’aller moisir au tréfonds de ton trou, 

Tu écriras pour moi et mes petits enfants, 
Quand tu seras là, poète, et bien vivant ! 

Quand l’aube se leva, j’ai ouvert mes yeux bleus 
Pour t’envoyer, Ami, mon âme déjà aux cieux … 

°°°°°°°°°°°


La HACHE du BOURREAU 

Hache vas-tu tomber sur le chaland qui passe 
je tien prie, bourreau, prends ma tête en premier ! 
Mais je peux supplier, le ciel est sans pitié, 
Ma tristesse grandit et les journées me lassent. 

Et pourtant, je l’attends la hache du bourreau, 
Je sais qu’elle frappe dur et frappera bientôt ! 
J’oriente mes pensées vers des sujets futiles, 
Les heures passent et ce n’est pas facile. 

Je courbe un peu le dos, j’avance à petits pas 
Le bourreau est là, il cherche sa victime, 
Avec de la chance, c’est moi qu’il choisira 
Je tomberai enfin dans l’oubli et l’abîme. 

Mais je suis encore là. Je ne peux protéger 
Tous ceux auprès de moi, qui prient avec ardeur 
Ma force et mon esprit, mais je n’ai que mon cœur 
Mon amour infini que je peux partager… 

LA TERRE 

La terre a soif, la terre a faim 
Le ciel pleure, à grosses gouttes de chagrin, …
Les nuages en passant viennent arroser la terre 
Nous ne sommes que les pions de l’immense univers.
Moins sage qu’une fourmi, plus gros qu’une souris,
Nous discutons en vain, poussant parfois des cris…

La terre a soif, la terre a faim…
Les paysans travaillent avec entrain ; 
Tout ce monde à nourrir avec nos maigres bras 
A quoi bon tant d’effort ? Si je ne le fais pas ?
Chacun a une place ici bas : les guerriers, 
Celle des travailleurs, de plus humbles métiers. 
Et les petits qui poussent dans nos entrailles, 
Ceux qui traînent sans âge et jamais ne défaillent…

La terre a soif, la terre a faim…
Vous l’abreuvez du sang de votre sein.


                            LA  NUIT

 

            
      La lune est habillée d’un voile de nuage            
      Dans la pénombre la nature vit ardemment           
      L’oiseau s’éveille et se noie dans l’image            
      De la nuit sombre qui s’avance lentement.   
   
      Je suis fondue dans la beauté du paysage            
      La brise légère fait murmurer les feuilles,            
      La terre regorge de  bêtes sauvages,            
      Le calme de la nuit me recouvre jusqu’au seuil.   
         
      Que ne suis je le vent, qui apporte le bonheur,
      Que ne suis je la lune qui veille sur l’égarée,       
      Que ne suis je la pierre qui démunit de cœur       
      Ne souffre la tristesse de cette nuit étoilée ?    
        
 19/09/02  

 

PRENDS MOI DANS TES BRAS …

Que ton épaule me protège de la nuit
Que ton corps me soutienne dans la vie
Prends moi dans tes bras….

Je suis perdue sans toi dans un désert immense
Ou la glace et le feu régissent mon existence .
Je suis seule maintenant, du matin jusqu'au soir
Mes larmes abreuvent le sable dans le pur désespoir.

Ma faiblesse m'apparaît …bien plus grande soudain
Je ne veux plus personne et je ne suis plus rien ,
Qu'un amas de souffrance englouti dans le monde
Ou la démence règne dans des ondes profondes.

Rares sont les égarés qui luttent sans se plaindre
Ils se protégent du mendiant qui vient geindre.
A qui me raccrocher ? où suspendre mon âme ?
A ce brasier ardent, où brûle de joyeuses flammes ?

Prends moi dans tes bras…
La tête posée sur ton épaule je pourrai traverser
Le miroir magique … qui mène vers ton éternité…

01/09/02



ADIEU


Ses trois fils sont debout devant le cercueil
Vivant leurs souvenirs, en tissant leur passé ;
Pales les traits tirés et les larmes dans l'œil
Ils sont là tous les trois pour ne pas oublier…

Je suis là ,moi aussi, fille indocile
Admirant ton visage qui respire la paix
Maintenant enfin tu peux partir tranquille,
Ton devoir accompli, tout cet amour donné…

J'essaye de capter une onde, une pensée
Rejoindre ton âme peut être encore captive,
Y déposer le cœur de ta petite-fille rétive
Qui n'avait su te dire à quel point elle t'aimait…

18/08/02



LA GUENON ET LES LUNETTES 

Avec l’age, la vue baisse, dit Guenon à son ami Martin,
« Ce n’est qu’un moindre mal, d’après l’écho humain ! 
Il te suffit d’un rien ! Que d’une paire de lunette…
Que l’on pose habilement sur sa petite tête ! »


Sur ce, paisible et gaie, la guenon s’en alla à la ville ;
D’où elle rapporta provisions et multiples ustensiles
Des lunettes ? elle s’en procura une bonne douzaine
Elle les tourne, elle les vire, les accroche en fontaine


Tout autour de son cou, les enfile sur sa queue,
Les serre contre son cœur, hélas ne voit pas mieux !
Elle les sent, elle les lèche, les pose sur l’occiput,
Mais n’arrive toujours pas a atteindre son but !…


écouter les humains – ne sert jamais à rien !
Une fois de plus ils ont menti…Vaurien !
Furieuse, prenant une pierre elle écrasa son bien
Les bris de verre fusèrent brillants dans son jardin …


Il nous arrive aussi , par manque de connaissance,
De détruire et pester contre l’intelligence
Puis rester la vue basse entourée de débris
Refusant l’ouverture, la beauté et la Vie !…

08/11/01


LE TUNNEL


Je rentre lentement dans le dernier tunnel ,
La terre craque sous mes pas comme des os ;
Plus loin je marche et plus la vie est belle.
Légère, depuis que j'ai quitté mes gros sabots.

Je plane dans l'atmosphère humide ,lourde ;
J'aimerai respirer un peu de cet air frais 
Que l'on trouve au-delà dans le monde,
Mais ce n'est rien qu'un désir du passé…

J'avance toujours plus loin, loin vers l'inconnu,
Je ne sens plus mon corps douloureux et fourbu
Je sais que vous êtes là à me tendre la main…
Je me réveille soudain, dans mon lit, le matin !

26/08/02



L'ELBE EST EN COLÈRE…


L'Elbe est en colère, l'Elbe se déchaîne…
Fleuve as tu droit aux sentiments de haines ?

Ses flots puissants roulent et emportent soudain
Les digues et les ponts qui résistaient en vain.

L'eau s'infiltre insidieuse dans les bâtiments
La vague bat les pierres de tous ces monuments.

L'Elbe est en colère ! Tout ce sang répandu
Depuis des millénaires, se change en vaste crue

Qui devient lapidaire dés quelle touche la terre ;
L'homme cherche a percer de ces eaux le mystère…

Bouillonnante d'une colère éphémère mais profonde
Elle regagne lentement son lit, aux yeux du monde.

Goûtez avec délice, la rivière tranquille,


Qui ce jour là coule, sous vos pieds docile,
Que réserve demain si ses flots se déchaînent
Sa colère sera grande, car rien ne la réfrène…

23/08/02


BARBARE

             Barbare je suis née et je suis fière de l’être
           
Avec un doux sourire tartare sur le déclin.
           Mon visage cache-t-il un secret lointain ?
           Mais il n’en est rien et je souris peut-être
    Car Barbare je suis…

Le monde organisé,  pour moi n’est plus,
              Qu’un jeu, avec lequel jouer je n’ai pas su
                Pour ne pas suivre vos règles, je suis  partie
     Car Barbare je suis !

      Je t’ai rencontré un jour, et puis tu m’as aimé,
   Violente, ardente, telle que j’étais
         Tu m’acceptas malgré mon sourire infini,
     Car Tartare je suis. 

Tu n’as rien pu faire pour me changer
           Alors sagement tu t’es adapté
           A la grêle, l’orage et la pluie
           De la Barbare que je suis.

13/09/02



L’HIRONDELLE EST PARTIE 

Aujourd’hui le ciel est bleu, le vent me berce, 
Je promène mon âme insatisfaite 
Il manque à mon bonheur cette présence 
Qui donne au ciel un petit air de fête. 
L’hirondelle est partie ! 

L’été touche à sa fin, les rosiers sont fleuris 
Le raisin doré a mûri sur la treille 
J’entend toujours bourdonner les abeilles. 
Et dans la grange il y a pourtant des nids, 
Mais les hirondelles sont parties ! 

Vers de lointaines contrées survolant l’océan 
Elles me quittèrent jusqu’à l’année prochaine 
Et, devant cet hiver si triste qui m’attend 
Mon cœur ce soir, Ami, a tant de peine … 
L’hirondelle est partie. 

Aurai-je le temps d ‘atteindre le printemps 
Revoir son corps effilé , son plumage brillant ? 
La terre tourne lentement … Vers d’autres pays, 
L’hirondelle est partie … 

 15/09/02 

                    LA  NEIGE 

            La neige est tombée sur ta vie
           
Surtout ne tourne pas la tête .
           
Regarde devant toi car elle est ici
           
Celle qu’il te reste à  vivre te guète…
           
Le blanc éblouissant est tombé sur la route,
           
Le silence angoissant te prend, il t’envoûte  !

             « Regarde devant toi rien n’est encore joué,
           
Même quand la neige tombe drue et serrée
           
Dans la plaine déserte de ton cœur nu , blessé,
           
Regarde  devant toi ,mais pas sur le coté
           
Les flammes brûlent léchant ton corps de glace
           
En arrière,  le passé te fais la grimace
           
Devant toi la route est blanche, et pure…
           
Poses tes pieds bien droit et tu peux être sure
           
D’arriver où je suis,  t’attendant si longtemps
           
Avec tous tes amis, tes amants, tes parents… »
           
Alors fermant les yeux, je cours sur la poudreuse
           
Comme dans le temps : une femme amoureuse ! 

                      13/09/02

           

LE  TROUBADOUR       

     
      Vous que j’ai tant aimé, Oh, gent' dame !
      Nous voici séparé par un mari jaloux.
      M’arrachant le cœur, il l’offrit à vos flammes,
      Mon âme, quand à elle, n’appartiendra qu’à vous.

      Depuis plus de mille ans, j’erre dans l’espace
      Cherchant sous tous les cieux une parcelle de vous
      Hélas !  Parfois un rayonnement fugace,
      M’attire, me jetant dans ses bras comme un fou !

      Mais ce n’était pas vous … Mon âme inconsolable
      Errante dans le ciel continue à chercher
      Le temps ne compte plus, votre amour est instable,
      Ma quête est infinie … car je veux le trouver …

       08/09/02

                                   
            DEMAIN…

           
Ma plume qui librement court sur ce papier
           
Peut-elle ressusciter les êtres que j’aimais ? 

            Le vent qui ondule, et sans cesse se déplace
           
Porte-t-il en son flan leur âme dans l’espace ?

            Les arbres qui les ont vu paisiblement s’asseoir 
            Reflètent ils leurs traits dans l’écorce d’un miroir ?

             La colline verdoyante les regardait partir
           
A-t-elle le pouvoir de les faire revenir ? 

            Je ne veux pas pleurer et fatiguée de geindre,
           
J’aimerai de ce pas aller vite les rejoindre…

            Mais qui délivre donc le visa de la fin ?
           
J’ai supplié partout. Mais l’on m’a dit : demain !

            09/07/02   

Ami, Amant, Amour…              

L’ami parfait, celui avec qui l’on partage
Joies et peines, ou les récents outrages
C'est lui qui dans ses bras, vous console ;
Celui à qui l’on donne son ultime parole.

L’ami, on le reçoit et le jour et la nuit
Votre cœur est ouvert, jamais il ne le fuit.
L’ami, la perle rare, rencontré quelquefois,
Gardez le bien au chaud, serré tout contre soi !
             
L’amant parfait : ni trop beau, ni trop laid, 
Ayant un brin d’humour, sans trop d’intelligence 
Savourant chaque instant votre tendre présence, 
Vous comblant d’affection, d’amour et de gaieté !

S’esquivant comme une ombre, si tel est le désir
De votre humeur changeante, ou votre bon plaisir !
Revenant à vos pieds au moindre amendement
L’amant parfait n’est qu’un homme en passant
                                         
L’amour parfait est une lutte sauvage
Entre deux cœurs animés d’une même rage             
Garder auprès de soi cet être pour la vie
Lui donner pour cela un amour infini.

L’amour qui vous dévore ne laisse que les os,
Vainqueur, rassasié, il te garde ou te quitte ;
Victime de l’amour, il te reste que la peau,
Les larmes pour pleurer, ou bien la mort subite !

            04/07/02                      

 

Le Bœuf et la Grenouille

       Je suis né au printemps sous l'apparence d'un veau.
       Bois mon petit enfant, mais ne bois pas trop.
       Car les hommes de toi, feront vite un bœuf
       Et tu seras mangé comme la poule et son oeuf !

       J'ai vécu dans un pré non loin d'un beau ruisseau.
       J'allais étancher ma soif au bord de l'eau ;
       J'avais pour amie, une grenouille retord :
       "Sais-tu", lui dis je, "j'aimerais  partager ton sort ...

       Cela m'éviterai une prochaine mort !"
       "Je peux t'arranger ça", croassa la grenouille,
       "Cette nuit, en rêvant, la lune te fera moi !
       Et je prendrai ta place avec une grande joie."

       L'homme étant gourmand de par  nature
       Décida de manger la grenouille et le bœuf ...
       Rien ne sert de changer d'aspect ou de culture
       La Réalité est plus forte que le bluff !

       03/07/02


Fille du Roi

Le roi du ciel et de la terre 
Celui qui rend toute chose amère
Et qui un jour de rigolade,
Me transforma en une tornade .

Depuis, je tourne et je virevolte,
Je cherche avec plaisir ma proie.
Je suis devenue la fille du Roi 
Qui plus jamais ne se révolte! ...


L'aube

Si vous voulez écrire à l'auteure : PeneauV@aol.com
Les Liens des Sites sont à la fin de la page !


Cathédrale

Avez-vous visité une cathédrale ancienne ?
Celle de Rome, de Paris ou de Sienne ?

Elle dresse vers le ciel sa croupe indifférente
Lointaine au peuple obscur qui prie et se lamentes
Splendeur du temps passé, édifié pour la foi,
Elle est l'image lointaine d'un profond désarroi.
Des esclaves par milliers l'ont nourrie de leur sang,
Des chefs d'œuvres l'habitent et lui parent les flans.
Elle étale sans vergogne cet amas de richesse
Que les siècles sur son corps accumulèrent sans cesse.
Image morte - d'une vivante erreur, orgueilleuse beauté,
Elle attire les fidèles dans ses entrailles glacées...
Ils sont là ! en troupeaux étalant leurs faiblesses
Dans le ventre géant de l'immortelle Déesse.
« Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien... »
La Cathédrale reçoit - l'Inde crève de faim !

Avez-vous visité une cathédrale ancienne ?
Celle de Rome de Paris ou de Sienne ?...


Le cri

Une douleur infinie dans ton regard me glace !
Ce regard qu’aucun mot ne pourrait définir
Serait-ce un au revoir , ou un adieu fugace,
Une vie qui s’enfuit vers un autre avenir ?

Puis-je te suivre ? Ou dois je te chercher ?
Sur le bord du chemin je reste anéantie...
Je n’ai su que te voir, t’aimer et t’admirer.
Maintenant, il est tard et je jette un long cri ...

Celui de l’agonie d’une louve solitaire
Celui du désespoir à l’écho infini,
Le cri de l’enfant ayant perdu sa mère,
Je jette le dernier cri, le plus poignant des cris !...


Soleil levant sous stratus

Il n'y a que toi

Il n’y a que toi, de par le monde, qui soit éternelle
Tes charmes sont louées . Oh déesse immortelle
Daignant parfois survoler la planète,
Tu la façonnes à ta guise, impitoyable esthète !

Nous t’attendons pied ferme, ou tremblant quelque fois !
Sans jamais connaître le jour ou tu viendras !
Te souviens tu ? tu m’as prise par le bras,
J’étais prête à te suivre, jubilante de joie...

Dans un tourbillon fou tu t’éloignas de moi.
Si demain est ton jour, alors tu le sauras !
J’attends depuis longtemps et mon cœur en émoi
Bat à chaque instants... Mais bientôt tu viendras !

Toi déesse superbe, de la mort éternelle
Dirige tes pas vers moi, ai-je supplié Satan,
Seule elle choisit, libre et immortelle ...
Parmi nous les humains, la proie de ses amants. 

Pour Yves

Tel cet arbre qui te regarde nuit et jours...
Mon cœur bat à l'unisson doucement...
Je suis près de toi, mon amour
Comme cet arbre balayé par le vent...

Nous avons traversé les tempêtes,
Bravé du Monde les océans...
L'heure est venue. C'est la quête,
D'un repos mérité par le temps !

Les années sont passées, sans qu'on s'en aperçoive,
Nous voici tous deux grignotées par les ans...
Portant haut ce trésor d'amitié sans entraves,
Et fier de notre amour infini, et vivant...

Tel cet arbre, nous sommes là, triomphant, amoureux !
Racines, branches emmêlées, deux en un seul: Heureux !


Pour ma fille

Tu étais près de moi silhouette évanescente
Dans un Paris pétrit de souvenirs d'antan,
Je te voyais fillette, joyeuse, adolescente,
Tes cris, tes larmes et tes rires d'enfants.

Ta vie défilait sur un rayon de Lune
Comme un tapis volant. Avec ton sourire las,
Tu étais pour moi: amour, gloire et fortune
Aujourd'hui pourtant cela ne suffit pas!

Je suis à tes cotés silencieuse, impuissante 
Te regardant lutter contre un obscur destin,
Je serai près de toi à chaque instants présente
Jusqu'au jour ou ma vie s'achèvera enfin.


C'était dimanche

Un lièvre blessé, tremblant éperdument,
Caché dans le feuillage moisi ,décomposé,
Léchant ses plaies et gémissant,
Regarde avec angoisse les chasseurs passer.

Dois-je fuir? je n'ai plus de ressources
Les bottes arrogantes écrasaient feuilles et branches
Le lièvre de frayeur banda ses dernières forces,
Et se jeta sous les balles des chasseurs. C'était Dimanche!


Lorsque tu me chercheras

Cherche moi dans le vent qui souffle haut et fort,
Cherche dans l'ouragan qui hurle à la mort!
Si les vagues faiblissent c'est que je suis partie,
Vers d'autres horizons ou vers d'autres pays...
Cherche plus loin encore: dans le Volcan en flammes
Dans la lave et le feu tu trouveras mon âme...
Quand les rivières se déversent en fleuves de sang,
C'est que j'y suis passé un peu auparavant!

Si je suis une diablesse, tu sauras me trouver...
Mais si je suis une femme ? Je suis l'éternité!



Les yeux

Quand je croise ce regard impitoyable et froid ,
Ce n'est certainement pas celui de l'indulgence !
Il dépouille mon âme chaque jour ,et je crois...
Me réclame, sans doute de lourdes pénitences !

Je ne vois ces yeux là, qu'à travers mon miroir,
Ils me poursuivent le long de toute mon existence.
Et rien je vous l'assure, ne peut les émouvoir...
Ces yeux impénétrables sont ceux de ma conscience !


Je tiens debout

Je tiens debout, contre vents et marrées 
Je tiens debout quand tu es condamné !
Je suis la béquille de ton corps mutilé,
Je suis la mémoire de ton cerveau figé...

Appuie toi, sans vergogne, je tiens bon !
Et si la nuit je crie, tu n'entends plus les sons.
Je suis prés de toi dans un monde ahuri
Qui est la frontière de la mort à la vie ...

      

Voyage dans la nuit

J'attends la nuit avec quelle allégresse
Pour clore mes paupières et enfin m'évader
Vers le pays des songes et boire avec ivresse
De nouvelles images d'une infinie beauté... 

Tropique verdoyant qui déroule son tapis
Jusque dans l'océan, dont les gouttes magiques
Font briller tous ces verts d'un éclat, que l'esprit
Ne peut imaginer... Regarde : c'est magnifique !

Seul le rêve restitue avec exactitude
Ce voyage dans les airs, poursuivant le soleil
Au dessous, cratères éteints en multitude
C'est le désert des Tartares, aux mille merveilles,

Effacé par les temps antiques et lointain !
En Sibérie l 'Amour qui sépare la Chine,
De son ami d'hier et l' ennemi de demain...
Me voici arrivée... je tombe dans l'abîme :

D'un réveil en sursaut et les deux pieds sur terre
Pour parcourir les heures... une journée entière!

Mais j'attendrai la nuit... le désert de Gobi,
La mer Rouge, les baleines de l'océan Indien...

Avant de retrouver du sommeil les doux songes
Il me faut affronter cette vie qui me ronge...

 




 Site "Page_Perso" :
 Natacha Péneau
     http://membres.lycos.fr/natachapeneau/


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