GAEL MEVEL

 

 

 

   Présentation

 

Ceci est mon je des mots, celui que j’accroche dans le verbe reflet de mon âme grise comme me disais une amie.

 Un mot, une phrase, une guirlande qui me décore, comme un maquillage pétillant, petit rougeoiement brillant du sursaut vivant.

 Le scalpel d’une émotion qui taraude le nerf et demande à pousser l’écrit dans le même poumon que celui qui frappe sur un sac de sable. J’ai besoin de ressentir, de mes poings qui frappent mon cœur pour qu’enfin il percute mes parois trop étanches, et me bouscule de ses vibrations.

  Le mot j’aimerais le prendre et le jeter contre toutes les surfaces qui m’environnent et écouter le son en retour, écouter d’une même oreille le vide, le plein, le doux  ou le dur.

 Mével Gaël
 
Né le 22/04/71 a Barentin
 
La Valérie 35490 Sens de Bretagne

 Adresse Email : errantAThotmail.fr

 

 

 
Le gnome halluciné

Comme un gnome halluciné, hantant de ses formes spéculaires un désert 
laiteux de deuil lunaire,., comme une créature fantastique, tarée, aux bras 
déformés, trop longs, étirés vers le ciel et aux paupières cousues vers la 
terre, qui maudit sa bouche coupée et son visage hideux dans les secousses 
de son ricanement rauque, claquements secs dans la bave de ses rictus nerveux.
Comme un gnome débile qui convulsionne encore, presque debout, je consumerai encore mes yeux au travers de mes doigts tremblotant à la lueur d'un seul point d'horizon.
Immobile, de chacun de mes pas, pour ne pas m'en éloigner.
Fixe, de chacun de mes mots, pour être prêt à l'écouter, je sens monter 
l'ankylose le long de mes jambes, dans cette atroce brûlure qui s'échappe 
des brasiers froids, des ossuaires foyers qu'allument les morts sous nos 
pas.
Les tremblements claquent mes membres, mes genoux s'entrechoquent les os se 
fragmentent en osselets codés que je ne sais pas reconstituer, alors je me 
réduis, les pieds collés au sol, les rétines a la voûte céleste, j'essaye, 
je tire sur mes bras et mes jambes et mes doigts un moment trop courts 
semblent parfois rejoindre les étoiles, je ressens presque la brûlure sur 
cette peau racorni.
Elle est là, ma tendre, là si prés, si prés que je la vois ne peut on 
toucher ce que l'on voit ?
Pourtant je vois le sol sous moi et je le touche pourquoi en haut tout me 
reste inaccessible ?
Et si je ne peux atteindre ma douce étoile pourquoi la vois-je ? Dieu serait 
il si cruel de m'avoir accroché si loin ce a quoi je teins ?

 

 

 

Le rocher amoureux

 

"Il est parfois des histoires d'amours que rien ne s'envolent, je suis un être de pierre aux pommettes d'acier, pour me tirer un sourire il faudrait bien plus qu'un été."

 Et pourtant, un jour, il y a des siècles mon cœur roche c’est habillé de couleur, comme une montagne après l’hiver, le soleil a transpercé les nuages et j’ai même vu des fleurs parcourir mes vallées.

 De ce printemps j’ai humées tous les effluves, mes narines frémissaient de ce frétillement. Car une douce rivière aux profondeurs étoilées s’était invitée dans ma vallée.

 De mes mains de rochers je ceinturais ce tendre ru afin de regarder au plus profond les poissons batifolés.

De mon rire les arbres s’inspiraient et faisaient naître de leurs ramures, avant trop grises, de tendre bouquet aux couleurs bariolées.

 A chaque jour, et chaque réveille mes yeux trop lourd s’épanouissaient de ses étincelles, et je demandait au ciel mon ami d’écarté aux firmament toutes les nuées. De ce gris qui était mien il a fait du bleu qui s’épanouissait au fond des yeux de ma bien aimée, les oiseaux dans le ciel faisaient des joyeuses embardées afin de venir nous regarder.

Mais vint un jour regretté, ou de la terre dont je m’élevais est sorti un grondement, de ses mains elle a retenu les miennes et dans un brusque sursaut a tout secoué.

 Elle me rappelé a elle.

 De me voir si grand, prêt à m’élever elle m’en a voulut et afin  de tout effacer elle a tout bousculé.

 Depuis ce jour ma petite rivière s’est écartée, car la terre dans sa furie la fait sortir de mon lit.

 Depuis je n’avais plus d’eau, que celles des torrents impétueux qui dévalaient mon visage, les nuages en nuées voilaient ma face, et des éclairs aux cimes faisaient briller mes  deux yeux en crevasses.

 Mais aujourd’hui j’ai vu au sol sourdre une source, oui je la regarde de son lit mousseux, tout étonné mes sourcils en terrasses s’élèvent, craquent et se fendent de n’avoir été étonné depuis si longtemps. Le ciel mon ami est revenu et me demande qu’étais je devenu, dans le ciel le soleil en rayon joue sur mon visage.

 Déjà les anges passent en printemps vers l’été, de leurs volent auréolées ils réclament le bel. Regarde moi dans les yeux que je voit le ciel.

 

 Nous réinventerons le rythme des marées, la longueur des jours et la durée de l’été. La vie s’inspireras de nos yeux écarquillés, des prières de nos deux cœurs emmêlés et redonnera au monde l’envie d’être et d’aimer. Chaque jour sera découverte de nos cicatrices d’aimés déjà refermées.

 

 

 

Le roi des morpions

 

 Je suis le roi des morpions, l’empereur des poux, le maître du monde, l’éternel vainqueur, le prochain convaincu. Chacun m’appelle, je vous laisse le choix de mon nom, l’un est l’autre me vont et bien d’autres, si vous voulez en cette langue ou d’autres dictions.

 Je m’avance tout rutilant et étincelant, la tête haute et fière, les yeux rêveurs,  perdus dans votre avenir, mon sourire est aguichant à l’ombre de mon visage avenant.

 Chacun, chacune me regarde extasié, leurs bouches restent ébahies devant ma magnificence, ils m’admirent, ils me veulent tous.

 Ma stature est, il est vrai imposante et rassurante et je semble si bienveillant que personne ne se perd a regarder au-dessous de mon buste altier.

 Et pourtant, ce grincement lorsque je m’avance ?

 Pourquoi mes pas traînant résonnent ils comme le rocher que l’on maltraite et qui hurle lorsqu’on le fait riper sur la pierre ?

 Pourquoi ce cri obsédant qui m’environne, comme celui que fait la craie aiguisée qu’on oblige à se saigner sur le tableau ?

 Et pourtant, à ma suite, le flou voile le jour comme un nuage de poussière qui s’échappe de l’immeuble après l’implosion, cette poussière qui se venge d’avoir été trop longtemps emprisonnée, en faisant larmoyer les yeux implorant de douleurs et expectorer en hurlant les spectateurs assoiffés de destruction.

 Je me dis parfois lorsque je m’ennuie, peut être croient ils voir là  l’aura bienveillant que font les songes dans leurs gangues éthérées ?

 Et cependant ils doivent le voir ce soleil qui se suicide en s’ensanglantant sur mes épaules. Ce témoin de mon essence profonde, qui lui me voit de l’autre coté et sait que l’autre face est plus profonde et dominante.

 Ne le voient ils pas traînant mon manteau de mort, ne la voit il pas tremblante cette terre nourricière, ne la voit il se cacher jusqu’au fond de l’océan pour ne pas que je viennes la chercher.

 Je la laisse pour le moment j’ai mieux a faire mais je lui envoies déjà mes messages polluants, j’arrive  bientôt !!

 Pour le moment j’organise des symphonies d’avant-garde, je ne porte pas la vie alors je n’aime pas les sons mélodieux, mais je fais tinter mon glas dans la destruction, beaucoup de figurants, pour un seul spectateur moi !

J’aime que tout s’écroule, j’aime les regards peureux qui me précédent, la famine qui succède, et la regarder, là devant, oui là juste un peu avant.

 Pas trop loin ma mie, juste un peu plus loin car je veux la voir ma fille, cette fille adorée, cette fille prodigue  écumante de rage.

 Que j’aime ton visage aux lueurs des feux mort, que j’aime ton sourire cruelle et presque enfantin, aujourd’hui encore tu auras tous tes jouets ne retiens pas ton bras demain d’autres viendront.

 J’aime te voir épanouie, je désir comme le commun des pères ton unique bonheur, ma fille distinguée, ma fille ensanglantée, ma fille au prénom destruction, ma chère Guerre.

 

 La fumée s’échappe de partout, et de partout des cris, des injures, des poings et des mains levées. Je ne suis pas star et n’est que faire de votre soumission ou de votre abandon, vous vous détestiez, je suis arrivé et je ferais votre œuvre au-delà de vos espoirs.

 Rien ne sert de vous accrochez a mon bras, je tire ma férocité de vous, je suis ce que vous êtes, impitoyable et féroce image de cette inhumaine société de ce qui se dit humains.

 Je laisserai à mes valets, dans les contrées trop renfermées, le soin de vous instruire de ma grandeur et lorsque vous m’aimerez, et serez bien installés, alors, alors je reviendrais.

Et puisque vous m’aimerez je vous imposerai mes lois de déraison, j’appellerais loi du marché ma principale dérision, et le rire feras trembler mes bourses.

Quel spectacle réjouissant de vous y voir accroché comme des morpions.

Vous serez mes parasites, mes poux et me bénirais de me gratter que d’une seule main.

 Et parfois dans un élan plus cynique je limiterais mes investissements de sang et je m’égaierais à voir les poux faire la guerre aux morpions, quel doux spectacle que de voir les parasites se parasiter.

 Regardé ma colère elle ne seras pas belle et nécessaire, mais gratuite et cruelle.

 Sur les corps pourrissants, je mettrais le feu, tout ne sera qu’immondice et pollution, le sol était trop plat, je le remontrais et personne ne pourra si accrocher.

 Vous aimiez la mer, je vous enverrai dans ces abysses.

 Respirez les effluves de l’évolution, voyez la croissance et que m’importe que vous n’y croyiez pas.

 

 

Je parle à mon cœur…..Meurs

 

 Un cœur qui s’effiloche aux ergots dures d’un sentiment de femme bien trop rigide. Il s’écoule et brûle au sol comme une lanterne rouge que personne n’a demandée d’éclairer.

 Éteins toi… meurs !

 Chacune de ses flammes rouges éclaires du plaisir, avec cette lueur fantomatique des souvenirs de l’avenir.

 Éteins toi… meurs !

 Hier n’est pas aujourd’hui, et il n’y a que vide a demain. Le ciel n’est pas encore créé alors comment veux tu éclairer ce qui n’est.

 Éteins toi… meurs !

 Il n’ai de combustible qui brûle pour l’éternité même le soleil un jour deviendra aussi froid que l’éther qui l’environne, alors oubli, résorbe toi disparais.

 Éteins toi… meurs !

 Puisqu’il n’y a pas d’issu ou trouveras tu l’ouverture que tu as tant recherché. A quoi sert un flambeau si il n’y a pas de chemin à éclairer.

  Éteins toi… meurs !

 Les tisons se réchauffent a plusieurs, les foyers sont composés de plusieurs feux qui se raniment et se propagent et toi seul tu veux briller.

  Éteins toi… meurs !

 Regarde un peu plus loin, les ténèbres ne sont pas loin pour qui te prends tu? Croyais tu réellement qu’une petite brindille pouvais vaincre toute l’obscurité? L’ombre est tapie pas loin elle n’attends qu’un moment regarde la s’esclaffer elle prépare déjà ses griffes pour t’étouffer.

 Éteins toi… meurs !

 Le ciel est bien trop haut pour que tes flammes puissent le lécher ta chaleur n’est qu’illusion referme toi, apaise toi,  ne soit pas ridicule cache toi.

 Éteins toi… meurs !

 Je sais, je te vois ridicule petite chose qui s’excuse. Tu m’as réveillé, ne vois tu pas qu’il n’y a que moi que tu empêches de dormir. Je ne peux fermer les yeux sans que ta luminosité s’infiltre entre mes paupières, que ferais je réveiller si elle dort. Laisse moi reposer le sommeil est presque l’oubli.

 Éteins toi… meurs !mais surtout ne t’éloigne pas et veille toi ma sentinelle, couve dans le feu de l’étincelle.

 

 

Conjuguée au futur présent passé

 

 Moi qui voulais conjuguer le verbe

Je ne fais qu’utiliser  mes maux

Et dans le soir, mon cœur s'exacerbe

A avoir aimé sans avoir eu le beau

 

J'avais tant de lettre à t'écrire

Je les aurais toutes utilisées

Toutes, mais pas assez pour te dire

Comment l'être sans t'aimer

 

Je voulais conjuguer les mots

A tous les temps, surtout le plus beau

Aujourd’hui il ne me reste que le passé

Enfin… de celui du temps qui n'a jamais été

 Et, c’est dans le futur de ce qui ne sera jamais

Que je vois ce qui n’est, ne sera, et n’a jamais été

 

 De mes jours d’amertumes au présent

 Et de mes jours  passé du fond  de la classe

 Je me vois cependant obligé d’inventer un nouveau temps

 Une nouvelle façon pour me faire sortir de cette impasse

 

 Une conjugaison qui dira que sans l’être

 Tu l’as toujours été

 Et, que si tu vis au passé

 Je te vois au présent l’être à jamais

 Il ne me reste qu’à te conjuguer au futur présent passé

 

A toutes les personnes au pluriel et même au plus singulier

 

Je n'aime plus ce je
Ce jeu qui me tu
Et vole vers les toi
Ces toits recouverts de tu il
Grandis et plein d'et moi
Mais pourvu d'une seule elle
Une aile articulée autour du je nous
Et je te pries, j’aimerais.., a vous
Que tu voudrais avec moi, mais  sans elles
Voler vers d'autres paradis ailleurs, m’aime sans ils

 

Qui ?

 

connais les mots dits?
Qui, repères ces âmes noires?
En provenance du paradis
pour emprisonner l'étoile du soir

Qui, utilise les lettres démembrés?
Qui, arrache les mots des phrases
Pour reconstitués des sonnets momifiés
Dans le laboratoire de poésie qui s'embrase?

Qui, utilisent toutes les parties du cœur?
Qui, décortique vivante l'émotion et l'amour?
Qui, autopsie le sentiment sans rancœur?
Qui, l'encre aux doigts dégoulinant fait sa cour?

 

Il est temps !

 

 Le temps dans ses serres froides fait foisons
Il bute, arrache et tape sans raisons
Les bras étendu en deux uniques saisons
D'une main il éteints et de l'autre recueille les passions

De notre avenir bientôt au passé
Il ne reste au devenir que le choix d'avancer
Alors, retiens de tes doigts fragiles ses minutes volatiles
Alors, entretiens en toi les rêves, même les plus futiles

Car quand chaque pas deviens une raison d'espérer
Il faut se réjouir et entretenir l'instant sans penser:
Que deviens le devenir quand du temps il deviendra le passé?
Qu'elle raison a l'avenir de ne jamais se laisser devancer?

 

Quatre saisons

 

La vie de l'homme est a l'image de l'année
Elle se décline en quatre saisons…Dont l'été
Du printemps que j'ai du mal a mettre au passé
J'espère cette saison au jour sans fin faite pour aimer

 

Mais le temps s'écoule et viendra l'automne
cette meurtrière et douce saison monotone

Dont même les arbres dans leurs inestimable grandeurs

Ressortent amaigris de ce combat face à  l’aigreur

 

De ces ages  l’homme se prépare au passé

L’être n’est plus que des souvenirs à engranger

Il regarde encore a demain mais sans trop s’éloigner d’hier

Dans ces jours gris en devenir, dans ces soupçons d’hiver

 

Et puis viendra la saison rancœur

Celle ou souvent la folie deviens sagesse

Quand sans lendemain au fond du cœur

Les êtres s’éteignent et deviennent mollesse

Et apprennent aux espoirs des printemps de la jeunesse

A attendre auprès d’eux de devenir plus vieux

En portant dans leurs cœurs l’espoir de notre détresse

Cet espoir que surtout ils ne feront pas mieux qu’eux

Dans ce monde mort ou l’on  ne vis que de l’illusion

Même et surtout celle de notre humaine perception

 

L’ironie

 

 Je t’aime, mais je circule

 N’y a-t-il plus ridicule ?

 Je t’aime, mais je mange

 N’y a-t-il plus étrange ?

 Je t’aime, mais je vis

 N’y a-t-il  antinomie ?

 Je t’aime, mais je respire

 N’y a-t-il encore pire ??

 

 

Si !! Nous nous sommes aimés

Mais, pas dans les mêmes années

Mon dieu, que je goûte a ton ironie

Je ris beaucoup, beaucoup, beaucoup plus fort depuis

 

A une lettre prés

 

 A une lettre prés aime deviens âme et aimer deviens amer.

 A une lettre prés mon âme amère se perd d'aimer ton âme.

 A une lettre prés j'aime amer deviens j'aime t'aimer

 

Sur ma page blanchie, je retire une lettre

Et de cette blanche magie, je relie deux êtres

 

A un mot prés je ne t’aime

A un mot prés je ne pense a toi

A un mot prés je ne veux tes bras

 

Sur ce vélin surfin, sur ce mélange de fibre de bois

Je retire ce nœud déteins, qui nous sépare  toi et moi

 

A une phrase inverse je te hais

A une phrase inverse je veux ton malheur

A une phrase inverse je n’ai plus que rancœur

 

Sur cette blanche peau a l’envers je tatou  tous mes rêves les plus doux

Puis expose au devant du miroir tous les maux durs de mon désespoir

 

 A une lettre prés aime deviens âme et aimer deviens amer.

 A une lettre prés mon âme amère se perd d'aimer ton âme.

 A une lettre prés j'aime amer deviens j'aime t'aimer

 

Les êtres plats

 

 De cette bienheureuse dépendance, de la soif inassouvie de mon errance, qui me mène souvent les pas accrochés à l’esprit dans des endroits dégoulinants d’envies.

 De cette solitude immense à crever, mais qui m’agrandis en me réduisant a un seul  et me désaltérer en m’assoiffant de questions dans la recherche  de mon oasis de perplexité.

 Lorsque les mots ne sont que des ruptures dans mon cheminement, lorsque ouvrir ma bouche créée un vide dans ma vie et que je me sens beaucoup plus serein avec la cicatrice recousue dans le silence, je déambule de mon ailleurs au milieu de ce qui se pousse.

 Au large de son quotidien mais en son centre, je patauge et me retire de son être au contour sans relief, flaque humaine, personnage a mille têtes et milles envies.

 Un regard sans même de dégoûts, parfois de l’ironie me fait voir ces êtres là, ces personnages aux corps qui s’allongent et s’étirent le long des murs en début de nuit, tous au plus lisse tous au plus plat.

 Ils s’écrasent de toute leurs humaines particules et glisse, huilant, gluant vers d’autres parois.

 Toujours plus lisse toujours plus plats je les vois serpentant qui s’adapte a la moindre fissure dans leurres humaines grandeurs.

  Les bas reliefs publicitaires si finement placardées se collent si intimement aux façades qu’on pourrait les croire faites de la même matière que les murs sur lesquelles ils s’accrochent, il ne semble plus rester un moindre espace entre l’image et la pierre. Et cependant je les vois se  rapprocher ces êtres plats pour se disputer la minceur, s’écrasant toujours glissant huilant au-dessus mais au plus prés si indissociable qu’ils en deviennent qu’un seul.

 Même de face je les ressens de profil, uniforme dans leurs diversités car tout collé amalgamé, intime.

 

Le mariage de l’ankou

 

 C’est un jour de pleure comme le début d’un mariage

 Une cérémonie qui viendra clore ton long concubinage

 Les êtres s’embrassent pour ressentir en commun

 La musique résonne en accords lourds dans son coin

 

 

 Nous sommes tous habillés de ridicules

 Et toi aussi mais tu es seul a l’autel un peu plus en recul

Certains vérifies que les manches et le bas retombent sec bien droit

Le tien ils l’on coupées sur mesure sur toi, au plus prés ce costume en bois

Ils s’avancent tous m’étreignent et m’embrasse comme si j’étais le marié

Et pourtant je suis là comme eux à l’attendre ta seule et unique fiancée

 

Je ne pleurerais pas mon père, tu le sais

Tu me l’as appris et je t’ai toujours admiré

Et pourtant pour ton mariage tu aurais pu me la laisser

 

Une larme en ce petit jour

Comme un seul geste d’amour

Une seule me couler à la joue

Pour ton mariage avec l’ankou

 

 Les amants merveilleux et inaccessibles

 

Dans le crépuscule d’un silence bienfaisant, sur la plage à cette heure désertée, la mer prépare sa couche à l’ombre de ses oreillers minéraux.

 Ses vagues aux teintes argentées en finissant, étalent en rythme dans leurs bruissements sa couverture chaude d’aluminium.

 Au ciel le soleil prévenant viens réchauffé le lit de sa bien-aimée, ses faisceaux lénifiant et doux viennent en rayonnement apaisant, se déployer caressant sur le sable. Sa réverbération miroitante sur le rivage ressemble à un sentier lumineux, il semble par son reflet indiqué le chemin doré à sa dulcinée.

 Le tendre amant semble si soucieux du bien-être de sa tendre, si inquiet, au point qu’il lui balise le chemin de sa couche de peur qu’elle ne s’égare dans la nuit troublante.

  Il lui trace le chemin de ce lit ou il ne viendra jamais la rejoindre, ce lit de solitude, ce lit que ne viendrons jamais combler les chuchotements et les cris de l’hyménée.

 Une couche qui ne recevras jamais deux corps s’étreignant du désir de se remplir de l’autre, une couche qui ne garderas jamais le souvenir du  parfums de deux corps emmêlés, une couche qui n’aura le choix que de s’imprégner de pleures dans sa contrainte de l’éternelle pureté virginale.

 Le vent en ami consolateur essaye par la douceur mélancolique de ces accords qu’on ne retrouve parfois que dans la pureté des accents de la harpe celtique, d’atténuer la peine de la douce.

 A chaque soir en de nouvelles partitions remplies de délicatesses renouvelées il puise dans le fond de son cœur les amours qu’on lui a criés. Car il retient de ses doigts fragiles les derniers souffles suffoquant de plaisir des amants et leurs mots alourdis de tendresse.

 Ces mots qui peuvent être plus complet que des caresses, plus effleurant, plus cajolant, ceux qui se disent dans un souffle gonflé de trop de retenu et qui s’échappe dans une respiration.

 Ces mots plus précieux et intimes que notre nudité et qui pourtant peuvent se dissoudrent et retomber dans l’oubli, inutiles dans le silence si personnes n’est là pour les recueillir.

 Ces paroles inconsistantes et qui pourtant se font paradoxalement plus pénétrantes, lorsque notre quête du bonheur et de la volupté de l’autre nous pousse à vouloir l’aimer de l’intérieur.

 Ces mots qui sont plus que des caresses qui nous glissent des mains, qui font plus que des frottements alanguis, le vent les guettent et les ramassent.

  Puis, l’âme chargée de ces cadeaux passionnés, il revient s’échouer tendrement auprès de la belle. Ses bras s’ouvrent alors comme des lèvres qui s’oublient dans un baiser et  laisse s’écouler au rythme de ses pulsations ces histoires d’amours enflammées, comme un baume au creux de l’oreille de la si précieuse.

 Mais même le vent entêté ne fera se refermer cette plaie ouverte, la délicieuse pleure.

 J’entends son râle atténué dans le son des vagues, je la sais les dents mordant dans son oreiller et les ongles meurtrissant son drap.

 Demain matin la plage sera scarifiée par les marques de son malheur et les hommes marcheront dessus sans même respecter sa douleur.

 Pour ce soir la nuit clémente chasseras encore de sa lente progression les hommes du drap de sa virginité et de son affliction et recouvrira du deuil protecteur cet amour, l’amour des amants merveilleux et inaccessible.

 St Malo s’endort le vent déjà emprisonne les syllabes d’amour pour demain, j’essaye en une dernière velléité avant qu’il ne me prennes jusqu'à ma dernière syllabe.

  Je t….

 

Etude d’entomologie

 

 Etude d’entomologie :

 

 Le poète est aux yeux de l’homme une créature curieuse, même l’entomologie dans sa recherche d’identité n’a jamais très bien su ou le classer.

Car cet être imparfait ressemble a un homme et cependant a l’étude sous tous les microscopes jusqu’au moléculaire, il semble de toutes ces parts et ces contours être fluctuant.

L’homme qui le regarde le voit se dilater et dans un alternat sans régularité se contracter, il semble  pulser en arythmie.

 Ses rythmes chaotiques sont si déroutants que dans le doute il vaut mieux le laisser seul car comment savoir si la phase suivante sera d’expansion ou de rétractation. Comment savoir si l’on peut l’approcher ou le fuir, les indices sont tellement infimes et ces êtres si peu nombreux que les études seraient bien trop coûteuses et leurs utilités bien dérisoires.

 Les savants ont cependant acquis la quasi certitude qu’il n’était pas dangereux pour l’homme, alors nous pouvons le laissé déambuler parmi le commun.

 Les hommes qui les ont chassés et côtoyés pendant quelques temps rappellent cependant qu’ils sont salissant en effet des sanies mystérieuses s’écoulent de plaies en progression sur leurs flancs gauches, les mères attentionnées ne devraient pas laisser leurs enfants s’en approcher car même si cette matière ne semble pas nocive nous n’avons pas encore assez de recul dans nos études pour être certain qu’elles disparaissent au lavage.

 

 Dernière question : sont ce là des êtres humains ??....

 

 Etude humaine :

 

 Le poète dans sa détresse est atteint d’une infirmité dégénérative qui dés sa naissance dilue la partie gauche de sa cage thoracique, cette infirmité lui produit des écoulements de matières qu’il se sent obligé détalé mais qu’il ne comprend pas.

 Les organes accessibles, de l’intérieur il est en contact avec l’infinitésimale et l’infini, traversé par les éléments et le temps il ressent jusqu’au plus petit frémissement.

 Lorsqu’il ressent la  douce émotion, il devient le vent tendre et enveloppant des passions, il remodèle alors d’un souffle dans le ciel le champ de nuages et reforme les vagues en visage.

 Les yeux fermés il perçoit la suave fraîcheur de la brume et l’air piquant et iodé qu’éparpillent les embruns. Le parfum des fleurs imprègne tous ses intérieurs, son cœur est embaumé de pétales de roses et son cerveau enivré possède toutes les odeurs grisantes qu’exhalent les champs de blés. Tous ces organes sont bronzés, accessibles et réchauffés par les rayons du soleil.

 Ses veines charrient le bruissement des arbres caressés par le vent, les pulsations qui le parcourent  indépendamment de celles de son cœur ressemblent au rythme des marées. Ses artères véhiculent des couleurs inconnues, son sang n’est pas rouge ou bleu, il est  ciel, mer, soleil, ruisseau enfin de la couleur que ses yeux ont aspirés.

  Il respire par les yeux et aspire des paysages que son humeur rend merveilleux. L’espace se déforme au rythme de ses inspirations, il entre et ressort de lui, le ciel  et la mer chantent en lui de se savoir aimer de toutes leurs humeurs, ils savent devant lui n’avoir rien a cacher car toujours plus touché il se laissera encore plus humblement dénudé devant leurs intimités...

 Mais, aux crépuscules sanglants de nos sentiments suppliciés sur l’autel de nos dérisoires ambitions avariées, il s’écroule gémissant en tas sur la terre, blotti comme sur le sein de sa mère.

 Car  ses organes trop innervés perçoivent de par leurs trop grandes sensibilités  chaque particule de poussière  comme une griffure. Le moindre grain de sable provoque en lui une déchirure.

 Ne vous étonnez donc pas d’être réveillés par ses hurlements déchirants de douleurs au soir de lune, lorsqu’il reçoit en éclats d’acier les maudits sans aménités et les mots tus et glacés.

 Entouré du désert de nos existences, poussières d’aimer, les mots dits sans amour même dans un souffle propulsent des grains acides dans cette sécheresse du verbe et lui dissolvent le cœur a vif . Regardez le blême dans le désert jauni  de nos espoirs pourrissants. Regardez le recroquevillé et gémissant, tout écorché encore vagissant, fragile et impuissant dans son acharnement.

 De ses mains crispées il essaye de se refermer, il essaye de retenir ses humeurs malsaines et puantes qui s’écoulent de ses plaies à vif et purulentes. Car l’affliction le gagne tel l’infection de la gangrène, mais il a beau rechercher il ne trouve pas la solution antiseptique et analgésique qui  le soulagera. Quelle pharmacopée viendra à bout de ses plaies d’humanités.

 Comme il se traîne, se pauvre hère, cette pauvre chose gagné par la fièvre de son affection en sachant que ses plaies mêmes resserrées, comprimées presque solidaires ne peuvent retenir le flot des mots qui s’échappe de cette fêlure  d’être.

 Mais parfois pris de panique, il faut le voir courrant, appelant de sa voix sans timbre car exhalé de ses poumons perforés, il faut le voir alors s’agripper aux êtres, aux passants et de ses yeux misérables, larmoyant, mais exorbités ils les regardent de toute son envie de hurler, de crier jusqu'à s’époumoner.

 Mais ils n’entendront même pas l’ombre d’un murmure et ils ne leurs monteras même de leurs âmes aucune compassion, pas commisération sans cette parole née de compression.

 Ses mots non pas plus de poids que le vent qui les emporte, ils crèvent juste un peu plus rosées que des bulles de savon en prières irisées sur les frondaisons.

 Et lui toujours geignant, il le sait pourtant être le seul à les entendre crier ses bulles sans plus de consistances que ce qu’on veut bien leur donner.

 

Dernière question : sont ce là des hommes ??....

 

A la ligne de ton cœur

 

C'est une après midi sale qui me coule sur la tête et les pieds, je vois mon espérance en même temps que mes voeux couler dans l’eau sale vers le caniveau. Les yeux tristes je remonte mon col, la tête un peu penché j'avance, je ne vois personne et personne ne me vois.
Les nuages s'écoulent sur la terre, je ne ressent pas la pluie comme belle et familière, elle m’est aujourd'hui grasse et collante, crasse, elle me noirci et terni ce qui me sert de coeur.
Dois je continuer d'essayer d'aimer ou laisser au temps et au quotidien le soin d'éteindre en moi jusqu'a l'espoir d'espérer ?

 Les preuves de mes espoirs sont pourtant là ! Oui là sur mes bras, chacun de mes  songes se grave dans le sang et les bleus et laisse sur ma peau en lignes noir sur mon corps trop crémeux le souvenir de ton image.

 J’ai rêvé de toi mon amour… Regarde dans le creux de mes mains solitaires sans les tiennes.

 

  Regarde!! Regarde, ces couleurs subtiles qui t’imprime et me désespère. Regarde la marque que font mes doigts dans mes poings qui se serrent.

 Regarde! Ces coulées de sang dans mes mains comme des nouvelles lignes que je voudrais au destin.

 Et cependant parmi toutes celles qui se créent, ou celle qui s’obstine, je sais que dans ces paumes inutiles, il me manque une ligne.

 J’ai interpellé les plus grands mages aucun n’a su trouvé de réponse,

 Je les ai vu pourtant leurs regards d’égarés, d’éperdus les yeux fiévreux dans l’étude de la lune ou a la recherche du signe dans leurs boules cristallines. J’ai écouté leurs discours de leurs voix hésitantes, ils n’en finissaient pas de trancher en de longues allocutions abracadabrantes. De longues harangues qu’ils voulaient terminés toujours abruptement en des solutions qui n’étaient pourtant qu’hypothèses et péroraisons.

 Mais moi qui n’ai pourtant rien de leurs éruditions et ne crois ni aux augures de leurs vieux livres blanchissants, ni à leurs créations oiseuses pour cacher leurs manques de compréhension. Moi qui n’est d’instruction que celle que je me suis inculqué, je connais la ligne qui me manque, c’est une ligne aux pourtours fragile et délicat, une envolée parfaite dans la continuité de la mienne  et qui s’adapte si parfaitement qu’on pourrait croire en la voyant, être l’autre lèvre de la même cicatrice.

 Cette cicatrice que nous a laissé la hache de l’exécuteur du temps, lorsque  la vie du haut de sa médiocrité jalouse de ne pas ressentir ce que nous ressentions nous a séparés de sa lame aiguisée pour s’y intercaler.

 Croyait elle la maudite qu’il suffisait de laisser du temps avec de la distance pour que la lèvre de ma blessure ne recherche pas sa voisine ?

 Croyait elle ? Que l’oubli me fera oublier que ce qui me manque, c’est toi !

 Et que dans ma main de toutes ces cicatrices d’illusions une seule mais vraiment nécessaire. Et c’est la seule qui me manque, c’est ma plaie d’émotion, c’est ma marque de souffrance, ma recherche d’affection.

 Alors je rêve, je rêve de refermer la plaie de nos deux corps séparés.

 Alors j’essaye par ma douleur d’imprimer chaque nuit une nouvelle vie, une vie comme si,  en appuyant sur une touche je revenais en un instant a la ligne. Au début de tout et que mes mots simplement s’imprime  en émotion en revenant à la ligne… à la ligne de nos cœurs...

 Mais a chaque matin lorsque j’ouvre mes yeux en même temps que mes poings, je désespère car la cicatrice s’est a nouveau refermée et je sais déjà a l’instant du levé que cette nuit il me faudra a nouveau sculpter ta précieuse image au ciseau de mes ongles les plus sauvage.

 

Une âme de béton

 

Je sui né et est grandis dans les murs, et n’ai jamais très bien réussi a m’en décoller, d’ailleurs de profil si vous regardez bien vous verrez mon corps aux viscères pendantes et au sol une mare suintante.

 Je suis né dans les murs et j’ai souvent écouté mon cœur résonner au creux de ma tete et de mes poings lorsque je frappai ma matrice pour m’en décoller.

 Je suis né dans les murs et ne m’en suis jamais réellement éloigné mes yeux sont souvent minérales et en sont encore parties intégrales.

 Je suis né dans les murs et la plupart le ressentent ma démarche rectiligne est roide sur les trottoirs et dans les rues froides.

 Je suis né dans les murs et je m’habille de ciel lorsque je trouve le papier encollé mais il ne fera jamais que me recouvrir et jamais réellement m’imprégner.

 Je suis né dans les murs et suis encore aussi dur que ce béton armé qui faisait tenir ma stature, tous les coups lorsqu’ils me touchent ne font qu’égratigner superficiellement ma couche plâtrée mais toujours debout.

 Je suis né dans les murs et je ne ressens rien et cependant j’ai essayé d’imprimer des émotions comme des brûlures sur mon entité.

 Je suis né dans les murs et mes pas ont étés très douloureux pour me décoller de ce que j’étais. Je me suis battu contre ma profonde nature qui ne demandé qu’à attendre que le temps me sclérose et m’obture. Il m’a fallut me forcer pour mettre en mouvement ces graviers et ce sable a fin qu’ils s’écoulent dans le temps.

 Je suis né dans les murs et parfois j’y retourne pour regarder tous les murs que je ne suis plus et  ceux qui le sont encore, et lorsque je passe j’ai l’impression de voir le trou béant qui m’attend parmi eux.

 Je suis né dans les murs et ne voyait comme évolution qu’une nécessaire et rapide destruction. J’ai prié souvent pour que le bouton soit sous mes doigts pour détruire en même temps tous les murs, dont ceux qui me soutenaient afin qu’ils n’est pas le temps de se voir s’écrouler.

 Je suis né dans les murs et combien de fois n’ai-je pas rêver qu’une tailleuse de pierre vienne me chercher avec tout son attirail et détache mon corps à grands coups sourds de burin, de masse et d’amour.

 Je suis né dans les murs et mes gestes depuis les années ne sont qu’a peine plus dégourdis, mes bras sont à peines ouverts tous mes gestes que je voudrais affectueux me semblent étranger. Comme un simulacre d’affection saccadé sans souplesse en des mouvements gauches et gourds, empotés et lourds.

  Je suis né dans les murs et mes mots d’amour que je voudrais étincelant ne sont que des graffitis gris sans reliefs qui s’étalent sur ma grisaille de l’ensemble. Ils proviennent de ma solitude comme les tatouages que je m’étais inscrit dans ma peau à l’encre de chine quand j’étais ado. De personne a personne.

 Je suis né dans les murs et j’en suis toujours un, lorsque je me penche pour essayer de sentir une fleur de partout je craque et ma présence face à la mer ressemble à une pustule qui la transformerait en cloaque.

 Je suis né dans les murs et je sens aujourd’hui la tapisserie qui se décolle et commence à pendre ridicule comme un de ces drapeaux pathétiques qu’on colle au fronton de nos grandes maisons de rhétorique.

 Je suis né dans les murs et la grisaille me rejoins laisser moi encore un peu rêver que je ne suis pas que de béton et qu’il existe quelque part des êtres de chairs, de sang et d’émotion.

 Je suis né dans les murs et le froid est un de mes éléments constitutifs quoi que l’on fasse les rayons du soleil ne donne qu’une illusion de chaleur en surface, le centre et le cœur s’efface.

 Je suis né dans les murs et mes lèvres ne savent pas sourire lorsque j’essaye je sais que cela ressemble plus a une grimace qu’a un soleil qui éclairerai ma face.

 Je suis né dans les murs et le vent m’effrite et m’enterre, un jour je serais réellement dans le ciel le vent et la mer lorsque je serai en poussière.

 Je suis né dans les murs et l’on ne peut demander à un enfant sans futur de construire le passé d’un homme sans avenir.

 

 

 La poussière des jours

 

 Dans le paysage ravagé de ton cœur encore tout endolori et bleuté, les bourrasques dévastatrices des sentiments d’hier,  alliées aux froides rigueurs de ta vie d’aujourd’hui, érodent et effritent les images de tes tendres instants.

Tes souvenirs se réduisent en des poudroiements volatiles et blanchissants, en d’infimes particules microscopiques, aériennes et pénétrantes qui s’infiltrent et recouvrent tout, mais qu’un balayement de tes yeux alliés à ton cœur  remet sans cesse en suspension.

 Ton regard en passant sur les lieux atones ou les objets inanimés, est un souffle turbulent qui soulève des nuages de poussières nostalgiques. Ces nuages qui t’assombrissent et filtrent la lumière de tes jours en des souvenirs de teintes gris et cendres.

 Mais…, même la poussière malgré sa frêle légèreté, est soumise à la gravité, la force de l’inertie l’attire, la rassemble déjà, en de simples petits tas et bientôt la fixera. Il te faudra un jour faire l’effort de vouloir la remuer pour la voir de nouveau s’envoler.

 D’ailleurs dans le déroulement monotone de tes jours ennuyeux, viennent les heures paresseuses qui adoucissent et t’ankylosent, les marbrures que t’on faites tes nuits d’échauffourées contre l’absence se font également moins cuisantes, les bras repliés sur ta poitrine comme un ancien bouclier tu peux presque déjà te relever.

Dérobe toi à la surveillance du guide nostalgique dans la traversé de ton musée, toutes ces salles et ces tableaux aux reliefs qu’atténue le souvenir tu les connaît sans plus les regarder. Ton hiver même dans ses tourments estompe les pics et les vallées il ne te reste plus que l’impression, comme ses sons étouffés de neige que porte l’onde dans les maisonnées.

 Maintenant lorsque tu déambules dans les cellules de tes souvenirs que tu as depuis longtemps forcées, tu te prends pour un peintre disparu, qui flânerai dans les pièces aux œuvres recluses d’un esthète. Tes yeux s’accrochent aux siens dans le regard critique qu’il jette aux fresques qui l’entourent, il prolonge l’idée de son présent dans notre passé.

 Mais cependant parmi tous carrés de toile, il t’arrive de plus en plus souvent d’être attirée par une œuvre qui resplendit, ton regard s’interroge et reste perplexe, quel est cet artiste de génie qui a su capturer si parfaitement l’intensité éclaboussure des rayons du soleil ? Tu t’approches, et trébuches d’émotion pour mieux lire ce nom.

«Huisseries Aluminium », tu reste ébahie, voilà ce n’était qu’une fenêtre…

 Un rectangle plus clair qui t’attire et scintille dans ta tristesse. Ne te retiens pas et laisse aller au-devant les minutes rieuses, laisse les telles des maquilleuses d’opérette te grimer de leurs couleurs tapageuses et sonores.

 Aujourd’hui encore ton sourire se réalise dans l’effort d’une grimace, tes traits se contracte dans le désir bienséant de faire bonne mine en communauté, et pourtant tu donnes l’impression de l’accueillir avec ravissement cet étranger que tu ne sais plus loger.

 Tu lui accordes bien encore parfois une place du bout des lèvres, mais tu t’y opposes du fond des yeux.

 Il ne lui reste plus à cet éternel cabotin, qu’à enfiler les défroques dérisoires de l’ironie et du cynisme pour s’essayer à tordre la commissure de tes lèvres. Il y parviendra l’entêté et tu pourras ensuite recommencer ta quête.

 Un cœur attendri n'est sans doute pas assez résistant pour enfoncer un mur, mais il peut frapper à une porte et l'ouvrir même et surtout si elle est entrebâillée. Alors, aiguise tes mots pour ce jour, rassemble les et portent les a ébullitions dans la chaleur de forge de ton esprit amoureux.

Lorsque tu les verrat rougir dans ton fourneau d’espérance puis blanchir sous l’assaut répété des flammes de ta tendre langueur ravivée, lorsque tu les verra se tordre et se liquéfier dans le brasier de ton envie d’aimer, alors recréé les, donne leur leurs consistances, leurs véritables réalités, forme les, bat les si il le faut et de ton amour façonne l’œuvre.

 Que tes mots soient à l’image de ton être aux dimensions jamais défini, car tellement béant que partout il s’étend.  Fait les courbes comme l’ourlet de ta bouche et accrocheurs comme ton regards emprunt de douceurs. Défini les fragiles dans ton trouble, précieux dans la singularité de leurs tendre émotion, mais cependant si résistants par leurs grâces et leurs générosités. Et à l’autre bout prépare toi a pousser, a tirer.

 Le manche de l’outil sera alors entre tes mains, juste là, tu le tiendras sur le bout de tes lèvres mais il te faudra  encore faire levier de toute la force de ton envie d’aimer.

 Ton cœur se fera boussole et magnétisé recherchera l’aimant, tu le trouveras cet être entrouvert aux parois opaques au commun et de verre pour toi. Ses façades se feront protectrices, lorsque les temps seront trop rigoureux, blottie alors contre lui, il te réchaufferas de sa présence et tu pourras regarder a travers lui les hivers s’étendrent sur le monde, frileusement emmitouflée dans la chaleur de son affection.

 Alors, s’envolera dans l’air chantant de son sillage d’amour, la poussière de tes jours.

 

Le feu

 

Ce feu, aux crépitements en flamboyances et en murmures…

Ce feu.., qui n’était, il y a un moment, qu’une légère touche, esquisse de tache pastelle au rougeoiement tourmenté, vacillant a la chaleur hésitante et flaccide, flammèches peureuses et craintives a la sortie de son berceau d’âtre sombre.

Ce feu en vrombissements d’enfance, aux ailes lumineuses et a la voix en craquements sec et rebelles, prend appui de ses mains chaudes et flammes sur le bord de la margelle pour déborder et s’éparpiller dans l’obscurité en de gerbes lumineuses et ondulantes et volutes étincelles flamboyantes.

 Le flot a la sortie de son brasier pétillant, s’apaise alors doucement, le coupon lumineux retenu aux marches de l’autel se déroule lentement en de souple déploiement  de vagues soyeuses, mielleuses coulées platine hors du lit de son foyer. Son écoulement régulier sur le sol maintenant hydraté de clarté, ressemble dans sa tiédeur, au débit musical et glougloutant emprunt de sérénité de la paisible rivière nonchalante, aux berges tendres et accueillantes ou les amants viennent puiser l’inspiration pour leurs plus caressantes émotions attendries.

 L’œil de l’esprit suit son cours, s’abreuvant dans son lent parcours, de secrets paysages miroitants et purs, en d’étincelants reflets rêveurs sur l’obscur.

 Parfois, cependant, des ombres pales s’enflent en de lente pulsation rythmique, tel de curieuses baudruches aux corps tordus et gonflant affectés de tics.

 Dans ce paysage que les flammes a notre dos rends fantastique. Le cauchemar en embuscade alors nous guette, s’avançant dissimulé parmi notre armée de squelettes, aux larmes que nous avons soigneusement aiguisés sur le fil de pierre figés de souvenir du visage de nos nostalgiques martyrs.

 Mais, tu es là, mon âme, étendue sur ce tapis de nuit qui pétille et se reflète, sur cette toile que la magie que dégage les courbes de ton corps font de maître.

Dans ton envahissant regard brûlant, le mien se perd, et je sens se consumer au cœur de l’été le bois amer et noueux de mes années. Les craquements du feu se mêlent alors au déploiement de mon amour honteux, honteux, je ne sais ou détourner mon regard pour que je puisse te voir sans que tu n’ais à me regarder. Que ne suis-je miroir pour te renvoyer l’image de ton onirique beauté, je t’aime.

 

Hameçon

 

Sous l’onde éclaboussée par le vent blanchissant, le palais transpercée par un hameçon rouillé, le poisson au regard affolé ouvre tout grand la gueule et les ouies aux courants d’océan.

 Sa posture dans son déchirement de souffrance, se voit moins qu’en cri de muette agonie, moins qu’en hurlement de secrète douleur, comme la recherche dans la forte texture iodée de l’âpre travestissement du goût amer et ferreux de l’acier. 

 Si le courant est haleur,… et qu’il s’y laisse dans l’erre sans résistance, si la houle est en molécule parfumée et qu’elle voile ces papilles de mer. Alors, l’écervelé recouvert d’écaille oubliera, oubliera et vivra le temps au présent d’une courbe vague.

 L’âme sereine il frétillera d’illusion dans l’immensité océane, se croyant aussi libre que les molécules qu’il glisse dans son parcourt, slalomant d’un peu a sa gauche, à un peu a sa droite, heureux et vivant dans sa boule familière, dans l’espace oublieux sans contraintes des tractions du fil qui s’embobinera d’une manière fluide, sans a coups, souplement ou presque.

 Presque, car parfois le rappel d’une atroce douleur lui démantibulera la mâchoire, et la souffrance trop vive le transformera en ruades nerveuses et spasmes endiablés, saccades violentes et incontrôlées, il ne sera plus que tortillement rapides en contractures violentes, espace vivants en crampes et en surexcitations paniquées.

 Etrillé dans sa somnolence, il recherchera l’affrontement, matière face a l’inconsistance et s’épuisera dans de chimériques et dérisoires joutes de l’élément stable face au fugitif.

 De ce combat sans adversaire, lorsque le fil se sera accidentellement et sans signes précurseur tendu d’un coups sec, il ne lui restera dans la bouche que le goût du sang d’amertume, ce goût, affres de la défaite éternelle, cette aigreur incontinente qui se fera de plus en plus présente jusqu'à la permanence.

 Dans son cheminement ondulé, le poisson qui est sans mémoire, ressent la peur lancinante grandir en lui. L’angle se réduit, le resserrement l’amène à côtoyer d’autres de ses congénères et dépassé par des boulets argentés, il voit bien sans plus avoir à imaginer, s’effacer au devant de lui ces prédécesseurs. Il aimerait alors battre plus mollement, mais la traction devient irrésistible et du fond de ses yeux sans paupières il voit s’approcher la tache floue et indistincte du bastingage et de la lumière.

 

 Amalgamé dans la caresse tiède et l’odeur du vent, un tintement métallique pénètre l’âme et, comme le vent fait frissonné le derme et le parfum exacerbe le sens, ce carillon  infiltre la molécule et la  corromps  comme l’acide oxydation marque le temps même dans l’acier le plus éblouissant.

 Assis sur un banc de bois vermoulu, le dos est figé dans une attitude roide et solennel, un être est là en posture dans l’éternité. L’immobilité qui lui sied si bien, l’entretien dans une gangue en une auguste et altière majesté.

 Si bien que l’homme sans oreille le considérera comme un ornement minéral, fruit de la lente agglomération saline des souffles qui prennent l’écume sur le bout des doigts du vent.

 Mais le bruit lancinant et écorchant est là, un bruit de métal huilé aux résonances clair dans le silence absolu, c’est le cliquetis agaçant du mécanisme inéluctable qui se remonte.

Sans passion, le pêcheur triste laisse aller ses milliards demains en de milliards de moulinets, ses orbites sans horizon, sans yeux qui fixe ne reflète rien mais perçoivent tout.

 Là bas un reflet argenté saute hors de l’eau, que lui importe au pêcheur sans sommeil que se poisson recherche l’ivresse dans l’asphyxie, ou bien qu’il cherche a tenter dans un saut périlleux d’appréhender l’avenir, d’ailleurs peut être ne voulait il simplement que ressentir ne serai ce qu’une fois la caresse du vent duveteux sur ces écailles et s’éblouir de ses yeux d’abysse dans l’astre tiède.

 Que lui importe…, un saut hors de l’eau…, un peu de mou sur le fil…, deux tours de moulinets en plus.

 

 Par coeur

 

 J’ai la tristesse en moi, je pleure des mots qui ne viennent pas. Ma gorge est douloureuse de ne savoir les évacuer, des mots si simple et si imposant qu’ils prennent toute la place.
Je remonte ma chemise et observe détaché les enflures et les déformations que font les désirs qui me rongent. Ils sont comme des petits monticules nerveux en déplacement, autonome et douloureux cherchant en panique frénétique la sortie dans se cœur qui les renferment bien plus qu’une prison.
Je les entends dans mes battements qui raisonnent en sons graves et caverneux percutés ses parois épaisses rugueuses.
BOUM ! BOUM !
Parfois lorsque mon isolement se lézarde dans la promiscuité encombrante, je fais semblant, et je lève la tête et je tends l’oreille pour rechercher avec les autres d’où vient ce bruit.
BOUM, BOUM !
Font mes mots contre mes parois rêches et froides en fracas violent.
BOUM !
Avant de retomber épuisés en laissant a chaque fois une tache sanglante, BOUM sanguinolente qui s’agrandit au sol comme une mare après la pluie.
Mais au contraire d’elle, jamais le soleil ne viens dans cette geôle l’assécher, et cette mare s’agrandit et leurs trempent déjà les genoux.
Alors furieux et de plus en plus effrayés ils redoublent d’effort et s’écorchent de plus en plus frénétiquement dans la peur de se noyer sans avoir vu le jour. BOUM ! BOUM !
Je les entends dans ma solitude hurler leurs souffrances de ne pouvoir trouver l’espace pour se développer, comme une graine qui n’attend qu’une terre pour germer.
Alors je les prends sur mes genoux comme des enfants en manque d’affection et a voix basse je leur raconte ce que sera dehors lorsque je les laisseraient sortir. Je leurs explique qu’il n’est pas temps, que le jour est encore debout, et que même les amants attendent la nuit pour s’ouvrir a l’autre comme les maudits.
Puis, je les raccompagnes plus misérable encore avec des yeux remplis de cette fatalité de l’épreuve, lorsque l’enfant sait que le parent lui a menti pour le rassurer, mais qu’il devra encore affronter seul sa peur et sa souffrance.
Ils vont alors trop éreintés et saignants pour se jeter encore contre les murs de l’indifférence, se blottir dans l’ombre d’un coin plus obscure, les yeux peureux et hagards fixés sur cette porte qui jamais ne s’ouvre.
Boum, boum
Un peu calmés jusqu'à la prochaine fois.

 

Le rabot du crépuscule.

 

L’astre d’or s’écrase dans le bout rougi d’un mégot sur le bord d’un cendrier.

 C’est l’heure où le jardinier du ciel se démet de ses défroques d’horticulteur pour s’adonner tel le violoniste de son archet à la symphonie du rabot de crépuscule.

 L’œuvre s’élève et retombe de la lame de l’outil qui vibre et amoindri, la main déliée le guidant de son assurance, tandis que le reste du corps n’est plus qu’un support oscillant qui tremble et transpire sa passion fiévreuse.

Les doigts noués dans leurs acharnements désespérés, trouvent la virtuosité divine qui les constitues et laissent s’échapper les notes cristallines qui en même temps quelles se créent et éclatent de toutes leurs sublimes magnificences, détruisent la toile qui les composent dans la panorama qui se réduit.

 L’œuvre est là, dans la construction de la beauté qui naît sous la fluidité câline de l’outil qui l’anéantit.

 Mais tout est beau, le mouvement qui créé celui qui détruit, l’âme qui se réduit en copeaux dans la sculpture qui grandis et s’attaque même à nos raisons, lorsque le cœur las de soumission se laisse aller à la confusion.

Dans le trouble de l’émotion analgésique, celle que provoque l’hébétude narcotique, lorsque le corps mou n’est plus de nous qu’une enveloppe théorique.

 L’œil se retire alors, dans la fixité d’un regard que l’on dis perdu au lointain, sous l’hypnotisant balancier du rabot régulier.

 Le rêve chloroforme de sa main recouverte d’un voile léthargique la conscience, et l’esprit englué dans son apathie ne perçoit plus qu’à peine les modifications subtiles du grignotage infime.

Et cependant les traces de son œuvre sont là.

  Là, dans les hurlements panique des oiseaux qui s’égosillent pour couvrir le grinçant supplice du jour qui se réduit, du jour qui s’enfuit dans l’harmonie qui monte crescendo et deviens pour eux si intolérable qu’ils préfèrent se rendrent sourd, la tête rentrée dans le silence emprisonné de leurs ailes protectrice.

 Là, dans les fragrances puissantes et lourdes dont  les fleurs s’entourent pour masquer les exhalaisons corrompus du pourrissement du jour. 

 Là, dans ces couleurs et ces contrastes qui se réduisent en de fin émincés de copeaux de grisaille vaporeux, et ne laissent sur le sol que de la poussière ombrée, de la limaille de fer que le soleil balai dans les renfoncements de nos portes cochères et les avancés de nos coins de rues.   

 Là, dans ces tas qui montent et grossissent sur leurs bases qui s’évasent jusqu'au moment ou ces édifices toujours en construction deviennent si pansu et imposant que leur poids romps leurs équilibre et qu’ils s’effondrent lourdement en d’épaisses cataractes noires et ténébreuses sur nos chaussées.

  Roulant, rugissant dans son flot jusqu'à en envahir nos avenues, le crépuscule monte dans les rues. Sa vague venant déjà de retrancher le lointain répands l’incertitude au creux de nos cités, l’homme sent le doute qui l’envahit, ses pieds y pataugent déjà, il regarde sa montre, la marée monte il est temps de rentrer. Car son espace se réduit au fur et a mesure que la nuit s’avance et débouche nos artères, elle fait le vide et draine la peur dans son sillage, telle une cohorte de pestiférés annoncée par le tintement des cloches, elle voit a son approche les hommes fuirent et les portes claquer.

 Chaque interstice sera ainsi colmaté, les écoutilles hermétiques refermées, la passerelle rentrée, le bathyscaphe est prêt à l’immersion.

 Les familles se regroupent, se serrant prés de la bouche d’oxygène d’une ampoule halogène et priant secrètement pour que le domicile résiste encore et ne laisse pas pénétrer les miasmes de la noirceur.

 

 Le menuisier rejette son corps tremblant en arrière après un dernier accord, la sueur coulant de son front perle aux cils de son œil hagard.

 L’établi est maintenant vide, le rabot reposé à coté de lui, il s’ébroue et s’en va, le regard triste et l’oreille remplie de musique.

 

Miel

 

Un après midi de miel, un après midi ou le soleil avait oublié son couvercle étoilé et laissé dégouliner de brillantes souillures de ciel sur ses parois sucrées.

 Un après midi d’enfance ingénue, un après midi ou la terre toute souriante, les yeux refermés de délice, penchée la tête pour se gaver du liquide sucré.

 Un après midi, ou trop goulue, elle laissait dégorger le surplus de sa bouche sur son menton espiègle, jusqu'à ce que les rigoles viennent s’échouer en de longues traînées de faisceaux lumineux sur la plage.

 Un après midi ou je voyais ces rayons humidifiés se nouer aux grains de sable et s’enfuir en des affluents étincelants vers la mer, des milliers torrents roulants,des milliers de turbulences remplies de scintillement précieux.

  Des millions de rus de clarté, des millions de torrents irradiés de mille petites lueurs irisées qui se regroupaient en des chemins d’étincellements dorés aussi rougeoyant que des ruisseaux de métal en fusion.

 Et je restai là, les yeux brûlants, larmoyants de les regarder, croyant sentir a mes pieds la chaleur de fonderie, dans ces débordements des coulées platine sur le sable doré.

 Je restai là, en étonnement, perclus dans cette soudaine perplexité, l’esprit absorbé dans de vains calculs, le cerveau engourdi de ville qui m’empêchait de ressentir dans ma nature….humaine, et pendant que je réfléchissais lourd de mes certitudes a combien d’étincelles il faudrait pour allumer ne serait ce qu’un ruisseau, pendant que je disséquai l’instant au scalpel de ma raison, mon regard s’est écarté suivant le cours de ses rus illuminés et a atteint l’océan tout étincelant de ses profondeurs.

 Il en était déjà plein !!

  Plein, et sa clarté éclaboussée le ciel. Au loin mon regard enfin égaré discerné une légère brume, comme un duvet de chaleur sur son ventre creusé.

Qu’il me semblerait doux de rentrer dans son essence réchauffée, je m’imaginais sortant, plongeant dans ses vagues éblouissantes, cherchant à m’éblouir dans ses abysses, les yeux écarquillés mais éblouis avec les paupières qui se plissent.

 Je me voyais dans ses replis, tirant a moi les vagues comme on tire les couvertures le soir pour s’endormir, légèrement isolé presque en rêve dans ce monde aquatique. L’âme battante dans ce monde si silencieux pour nos oreilles frustres, si silencieux qu’on pourrait le prendre pour un univers presque endormis peuplés de créatures oniriques.

 Je me voyais virevoltant, voltant comme un papillon d’océan a la poursuite d’animaux fantasques et fantasmagorique, appelant d’un battement de mes ailes lumière des dauphins et des baleines aux corps éblouissant.

Puis comme un jeune dieu je me rêvé le quittant tout dégoulinant de sa robe étincelante, accompagné jusqu’à ces berges par des rayons bondissants, le sourire aux lèvres, semblant détaché des contingences matérielles, un souffle d’éternité vers une presque humanité.

 

 Délétère

 

L’âme s'enfuit délétère dans le cœur des rues tristes, chaque pas fait un bleu ma tete.
Le front baissé est un signe de fierté, la grandeur de l’être ne se perçoit qu’a genoux.
Tu me vois comme je suis des cheveux sans les yeux une larme d’océan qui s’écoule dans l’air perturbé du son inarticulé de la circulation.
Je veux retrouver l’air prisonnier du fond de l’océan, je veux aller me baigner dans les criques du ciel, partout, partout mais ailleurs
Le fruit de la dignité de l’homme est là devant moi, écroulé par terre me tendant la main si haute comme si mon âme était là.
Seuls leurs regards abaissés me voient, certains me reconnaissent et me parle comme si…
Mon cœur de nuit brûle le jour, je n’ai pas d’amour et pas de pitié, je le dis, alors pourquoi est-ce moi qui dois m’arrêter et leur parler ?
Je respire l’air maudit de vos prétentions, amour, pitié, humanisme et bien sur, attention et prévenance envers son prochain.
Je n’aime pas l’homme, et essai de ne porter aucuns des principes de nos sociétés, je ne veux pas de ces idéaux que sont la jalousie et la concupiscence et qui portent pour vous un autre nom, l’ambition.
La richesse créera toujours la pauvreté, pourquoi, est-ce moi qui dois m’arrêter ?

 

 

 Jusqu’au tréfonds des secondes

 

Demain, j’ouvrirais a nouveau l’empilement des tiroirs vident. Recherchant de mes mains lasses dans le suintement des minutes d’abîmes, les manches retroussées, les bras dégoulinants enfoncés jusqu’aux tréfonds des secondes dans les entrailles du temps. Le front contracté et l'oeil allumé, pour en rechercher, en extirper l’organe dans le gemme du temps qui passe.

J’en crève

 J’aurais comme à chaque fois, le cœur qui m’élancera douloureusement, dans la crispation de mes doigts sur la poignée qui m’échappe. Hésitant à ouvrir, pour gagner du temps, pour espérer encore un peu,  pour garder encore l’illusion que quelque chose puisse s’y trouver.

 J’en crève

 Le regard lointain, dans la posture du rêveur d'infini, me forçant d’imagination et serrant les poings, peut être pour essayé de me faire pleurer (tu sais, que tu ne le sais pas, me dirais je alors) essayant de me dissimuler qu’il n’y aura rien une fois de plus.

 J’en crève

 Je rêverais, hésitant, atermoyant dans le jeu de mes crispations, serrant jusqu’à la douleur et desserrant lentement. Rouvrant la main pour que la poignée vienne taper sur le montant, et qu’elle face raisonner le son qui vient de son cœur et de son battement. J’écouterais le bruit qu’il me renverra en retour, cherchant les contours dans un son plus graves, de la consistance dans des sons plus purs.

 J’en crève

 De la dimension dans cet immense univers vide, un écho dans cet assourdissant tintamarre acoustique.

 Une vibration en réponse…Une vibration a mes pulsations, comme une onde légère sur la surface glacée qui s’étire et agrandis le champ de vision lorsque le regard la suit.

 J’en crève

 Et puis il faudra bien que je les ouvre ces dimensions prisonnières…, un soupir qui se finira dans le grincement du bois qui gémi lorsque je rouvrirai la cicatrice dans sa nouvelle intégrité retrouvée. Lorsque a nouveau je le séparerai de lui-même, pauvre être, il sera alors comme moi, béant et dans un déséquilibre inachevé.

 J’en crève

Encore une hésitation dans mes paupières fermées, puis le regard qui se baisse comme le prisonnier face à sa fatalité, et…

 

Fils

 

A toi mon fils, toi aux yeux brillants, irradiés par l’innocence virginité, blessés par la moindre dureté, et au cœur si grand..., si grand que tu pourrais pour apaiser le courroux des éléments remplir de tes larmes les creux d’océan.
Toi qui vois dans les nuées gazeuses, dans le bouillonnement des fontaines, des remontés de geysers albinos, nacrées a la pureté lessivielle des avalanches neigeuses.
Toi qui m’agrandis en pensant que la réponse a tous les problèmes et a tous les soucis, que le jouet cassé, le mur à refaire, l’ardoise à remplacer, c’est « papa !».
Toi que je modèle dans mes conceptions sans trop savoir si je n’ai pas tort.
La liberté sans la dépendance, la nécessaire envie sans la nécessité, l’autonomie dans l’attachement, la sensibilité sans le besoin de quelqu’un dans la faiblesse.
Toi, qui me vois aussi parfois assis, songeur, le regard triste et lointain, perdu dans la brume matinale, comme le dernier filtre voilant le monde du vide et du néant.
A toi, qui m’approche et semble me connaître.
Toi que j’attends et vais chercher.
Toi, l’espoir de mon monde, toi que je regarde déjà les yeux levés, je dois avouer ma faiblesse, ma honte.
Je ne pourrais changer le monde mon fils, mes mains sont trop frêles.
Je ne pourrais changer le monde mon fils, les loups mutent du troupeau qui bêle.
Je ne pourrais changer le monde mon fils, il faudrait tout changer mettre la mer à la place du ciel.
Alors, que puis je t’apporter mon si bel enfant qui dort, mon merveilleux, mon doux ange aux yeux fauves et aux doux cheveux d’or.
Je me perds dans l’infini, je regarde le ciel, et me sens si petit, chacun de mes pas est une fuite vers l’avant, en perpétuel déséquilibre prêt a tomber et…, je me reprends.
Regarde, le ciel est bleu, la montagne fini et la mer mouvante, tout est bien !
Le vent nous souffle des histoires qu’il a emporté au fil de ses cheveux, il nous parle de temps est d’immensité.
Me donneras tu la réponse, toi qui sais sans avoir besoin de connaître? Toi me diras tu, s’il te plait, comment un souffle si frais et vivifiant peut il être si vieux ?
Un morceau d’espace entre les dents il avance et le dépose a celui qui sait écouter. Tiens, entends la plainte qu’il fait lorsqu’il traverse ses rochers, est ce un son d’ici ? Ou la complainte instrumentée d’un amant écarté.
Il en a caressé des êtres et des ruisseaux avant de nous arriver, c’est sa mémoire que l’on sent en soit lorsque le soir notre cœur se serre tendrement a regarder un soleil se coucher.
De combien d’ignominies as t’il était témoin?
Combien de corps vieillissants as t’il traversé?
De nouveaux nés vagissants s’est il échappé?
Je l’entends hurler des champs de bataille, murmurer des agonies dégoulinant de tripailles.
Mais il sait aussi le fracas des tempêtes, les mélodies des rivières et le bruit des marées.
Viens laisse moi t’enlever, écoutons le bruit qu’il fait dans une vallée.
Viens écoutons, le soufflet de sa respiration qui reprends, lorsqu'il souffle tendrement les braises du printemps.
Viens, écoutons sans rien dire, l’âme serrée l’une contre l’autre.
Viens, je ne te dirais rien tu me diras le tout.
Dis moi mon fils, dis moi

 

Je démos

 

Les mots dits, se cachent du jour et ne sortent que la nuit

Les mots tard, s’enfuient lutte illusoire du temps et de ses avatars

Les mots dermes se frottent, espoir des caresses sans épidermes

Les mots d’elle, défilent comme une éternelle ritournelle

Les mots cœurs, se moque balle de l’amant un plein coeur

 

 

L’aime au présent, et rester l’éternel absent

L’aime au passé, et vouloir tout cassé

L’aime au futur, en appréhendant la prochaine blessure

 

L’émaux bleus, ciel cassé sur un puzzle reconstitué

L’émaux rouges, cœur brisé d’un amour oublié

L’émaux noirs, espoir concassé sans futur passé

 

Ligatures

 

 Chère ange aux paupières recousues de sel, ton  âme, cœur aveugle, solitaire, sans guide, cogne, se heurte aux angles vifs de ta prison froide.

 Une larme, une larme, comme un filet alourdi jeté sur l’ovale pure de tes lèvres.

 Une larme, une larme, lame cicatricielle et dévorante qui te laisse au coins des rides des yeux, et d’un visage d’affamé touts les creux.

 Une larme, une larme… petit torrent attendrissant, d’insupportables brûlures chlorhydrique, caresse scintillante du fouet cinglant, petite perle d' étincelance, délicate épure du diamant, qui te défonce les jours du maillon acide des sanglots qui s’enchaînent, comme de nouveau liens perforants qui envahissent ta gorge pour t’étouffer de tes cris et ligaturés tes lèvres.

 

 Tes mots ne sortent plus que dans la souffrance douloureuse du verbe, dans le cri de la chaire mortifiée qu’on martyrise, torture du dernier appel supplicié d’une respiration qui s’épuise.

  Ton visage est voilé par la tristesse, comme un voile de grisaille et de crêpe, deuil de ton amour, asphyxie émotionnelle, qui te donne cet air de panique d’un visage prisonnier, étouffant dans un sac plastique.

 Et je m’attend a t’entendre hurler « A l’aide » lorsque tu dis bonjour, tellement, tellement, chère ange, l’expression tes lèvres aux sourires blanchies…(Que tu es belle, que tu es belle, ne me souris pas, j’aurais tellement envie de te serrer, ne me souris pas, que tu es belle, tout m’attire a toi, j’ai des crampes aux yeux, redresses toi, fuis,  redresse toi, vie)…tes lèvres aux sourires blanchis, semblent exécrer l’air qu’elles aspirent comme le noyé dans la mer vomi.

 Prisonnière des limbes, tu te déploies de l’elle, de tes jours d’inconsistance, d’un battement du rhumatisme d’existence, le geste est en souffrance, le désir alourdi de l’obligation du nécessaire.

 La vie t’arrache le mouvement… (Ton regard est si fragile, regarde moi comme un miroir, seulement pour t’y mirer dedans, regarde moi, vois toi), dans le soufflet pénible de ta cage thoracique, aspirant par nécessité le peu d’air qui t’entoure.

 Douloureusement, chaque aspiration est douleur.

 Les grimaces qui secouent parfois ton visage, pourraient passer pour un sourire, si seulement… (J’écoute ta voix, elle me fait si mal, elle est si belle, elle va me manquer lorsque tu ne seras pas là. Dois je te le dire ? Te le dire ? Que je suis un coeur de sol couvert de boue où tu peux patauger pour reprendre ton vol) …si seulement, elles étaient accompagnées du chant cristallin de ton rire.

 Mais ici, ici, il te manque les molécules, celles qui feraient vibrés les cils, l’air si ténu ne transmet même pas les cris, ou si assourdi.

 Prisonnière d’un espace ou même tes cris sont inaudibles, tu te débat puisqu’il le faut, tout est question de dosage, pas assez d’air pour te sentir revivre, mais assez pour ne pas mourir et tu te défends, tu te défends d’avoir envie, dans la peur de tomber en syncope puisque chaque effort, chaque mouvement, raréfie un peu plus l’air ambiant.

  Equilibriste de la vie en perpétuelle recherche d’équilibre, réfléchir ou vivre ? Tenir ou tomber ? Aimer ou mourir ?

 

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