MARCEK

Des Mots d'Amour

Marcek et La Fontaine 

Des sujets graves qui me tiennent à cœur !

Un peu d'Erotisme ...?

Fantaisies

 Alerte aux bois

Le muguet

In Memoriam

La Rose

La chaleur des épices

Naufrage

Virginales Violettes

Virginales Violettes

Couleurs jardin

Belles Dames

Violi Viola

Il pleut tout doucement

Le temps festoie

Abécédaire sylvestre

Accident

Amour cassonade Il faudrait dire ...

Les mots

Les mots sont gouttes...

Supplique

Et la rose, toujours

Haletants

Que la rose soit

Rêve perdu

L'arbre à cames

La dinde disait à Dindon

Bonifacio

Au naturel

La robe blanche

Si tu savais

Au coeur du souvenir

En rose et Bleu Le Rumeur

Journée de la Femme

 

Les Gaz Gros Jean comme devant

Chouchou

 

 

 

 

 

 

 

 

Chouchou 

Chou blanc, chou vert chou rouge
Que personne ne bouge
Chou cabus, chou chinois, chou pommé
Sans hésitation : consommez !
Ces crucifères généreux 

Sont des remèdes merveilleux
Que le jardin met dans l'assiette
Bénéfiques à tous bilieux
Incomparables pour les yeux
Usez-en sans modération
Et ceci jusqu'à réplétion !

De ces légumes aux repas
Vous pouvez faire vos choux gras !
Le chou farci perd son allure bucolique
Quand de lardons et de saucisse on le garnit
Il réveille les appétits mélancoliques
Sa farce réjouit les plus aigris !
Quand de Bruxelles nous arrive la famille
De ces jolies Bracicassées 
Petits choux exquis qu'on habille 
De beurre avant de fricasser
Avec quel plaisir on s'attable
« Passe-moi donc le sel, mon chou ! »
Et l'on vit des joies ineffables,
La serviette autour de son cou…
D'aucuns diront les flatulences
Provoquées par ces aliments
Qui leur font souvent remontrance
Les plongeant en quelques tourments
Mais le jeu en vaut la chandelle
Et la santé passe avant tout
Et tant pis pour les ritournelles
Des vents provoqués par les choux !







Gros Jean comme devant

Un ours dormait en sa tanière
Dans l'attente du renouveau,
Acagnardé sur sa litière
Rêvant de soleil clair et chaud…

Gros-Jean, tapi dans la clairière
(Ayant déjà vendu sa peau
Au marchand de Belle-Rivière)
Escomptait toucher le gros lot !

Armé de son puissant tromblon
Il avance avec précaution,
Pensant déjà tenir la bête
Qu'il croit endormie, sourde et quiète.

C'était compter sans la nature
Qui parfois change le destin
Des chasseurs de bonne figure
Mais animés de noirs desseins !

A l'étourdie, entre une abeille
Dans le logis, et, sans façons
Elle pique l'ours à l'oreille
Et le réveille tout de bon !

Effaré, notre plantigrade
Surgit brusquement au grand jour :
Le chasseur en prit pour son grade
Et s'enfuit comme un gros balourd.

Il revint à Belle-Rivière
La queue basse, et sans son tromblon, 
Honteux devant ses congénères
Qui rirent de sa prétention !

Moralité : 
Ne vendez pas la peau de l'ours
Avant que de le tuer 
De la part des moqueurs,
Vous n'auriez que huées!





Journée de la femme 

J'ai pioché le meilleur, Mesdames je vous jure ! 
En ce jour de la femme, il me faut honorer 
Le meilleur des maris que la Terre eût porté 
Même si ça le gêne un peu aux entournures 
Et que sa modestie en soit un peu froissée ! 
Vous décrire en détail ses qualités, je n'ose 
Ce serait bien trop long en vers tout comme en prose 
Et je ne voudrais pas éveiller convoitises 
Jalousies ou désirs chez les dames conquises 
Par la description de tant de qualités 
Qui les ferait venir et se précipiter ! 
Sachez bien qu'avant tout son regard me chavire 
Et les ans n'y font rien pour calmer mon délire 
Il est pour moi l'amant, le père, le mari 
Le compagnon parfait que j'ai toujours chéri ! 
Mais j'arrêterai là mon beau panégyrique 
Car je vous vois messieurs aussi un peu sceptiques 
Et jaloux de surcroît. Laissons donc le sujet 
Et je vais de ce pas accomplir ce projet 
Qui ne me lasse pas après autant d'années 
Gâter mon bel aimé et toujours l'adorer ! 





Les gaz

Oui, vous avez raison : je suis intarissable
Au sujet de ces vents au sortir de la table
Ou au cours d'un repas discrètement émis
Et qui de notre corps sont les fervents amis !

Pourquoi donc tant rougir de l'humaine chaudière
Fonctionnant à plein gaz telle un calorifère
Et libérant des vents chauds et bien parfumés
Que certains délicats ont horreur de humer !

Certains pets sont soufrés, souffrez que je le dise
Même si votre nez, madame la Marquise
Se fronce à cette odeur émanant des enfers
Pour vous qui préférez l'odeur du poivre vert

D'autres pets insolents parfumés au méthane
Risquent de vous chasser quand vous ouvrez les vannes,
Des élégants salons où vous traîniez vos guêtres
Et où ne sont admis ni soufre ni salpêtre !

De la pétomanie, si vous êtes adepte
Il vous faudra ôter les odeurs indigestes
Pour les nez délicats ou peu habitués
A ces relents grossiers qui vous vaudront huées

Des foules perverties aux senteurs hygiéniques
Décapées aux savons et aux antiseptiques
Si loin des vérités des parfums corporels
Qu'elles s'acharnent à tuer le goût du naturel !

Et si les bruits aussi heurtent l'âme sensible
D'un immense courroux vous deviendrez la cible
Alors, n'insistez pas, exilez donc vos vents 
Dans quelque cabinet discret en un couvent !

 


La Rumeur 

Elle se nourrit de ragots 
Et se complaît en démesure 
« Je vous le dis 
La chose est sûre 
Je le tiens de source informée ! » 
Et vite de la propager… 

De bouche à oreille 
Elle s'enfle 
Grandit , s'affirme 
Et se répand 
Comme la lave du volcan 
Elle brûle sur son passage 
Langues et foies des médisants 
Qui la vomissent tout crûment 
En flots de biles innommables 

Les plus belles réputations 
Sous sa hargne se démantèlent 
Les langues ont la partie belle 
Sous le manteau des malfaisants 

Mais quand le mal est fait, bernique 
On y piétine la logique 
La folle du logis répand 
Ses insanités à tout vent 

Combien d'innocents en prison 
De vies brisées ou de suicides 
Pour avoir de la calomnie 
Subi le sinistre poison ! 

 

 


En rose et bleu


Tu es mien,
Je suis tienne.
J'ai reçu ton amour
Comme un cadeau des cieux

Force et douceur
En toi
Je bois à ton regard
Me nourris à tes mots

Dans nos bras enlacés
Le monde se rassure
Le baume de ton cœur
Répare mes blessures

Il n'est point de matin
Où je ne ris de voir
Nos images unies
Dans le bleu du miroir

Au berceau de tes yeux
J'invente cet enfant
Qui doit venir un jour
Sanctifier nos serments
Eclairant notre vie
Des promesses de l'aube,

Rose de nos printemps

 


__,_._,___

 

Au cœur du souvenir

De tendres souvenirs
Se réveillent soudain
Au seul bruit de mes pas
Dans la maison déserte.

L'âme de tous ces jours
Qui ne reviendront pas 
Vacille, feu follet
Courant de pièce en pièce.

Quelques photos jaunies,
Des draps blancs dans l'armoire,
Un parfum demeuré
Au revers d'un manteau,

Des gants dépareillés,
Un carton à chapeau,
Où nous avions rangé
Nos lettres amoureuses.

Et je lis maintenant
Ton écriture alerte
En pleins et déliés
Comme l'on n'en fait plus.

Si je ferme les yeux
Sur ces jours disparus,
Surgit ton rire clair
Ressuscité dans l'ombre…

 

 

 


La robe blanche

De sa petite robe blanche
Il sortait un parfum troublant
C'était sa robe du dimanche
Qu'elle mettait dès le printemps.

Parfum de lys, parfum de roses ?
Je voudrais bien m'en souvenir.
Je baisais se paupières closes
Sur ses larmes et ses soupirs.

Elle ne pouvait pas comprendre 
Qu'il est dur d'attendre à seize ans
Et que j'aurais voulu la prendre
Et la dévorer goulûment.

Mais c'était l'époque lointaine
Où, pour préserver leur vertu
Les filles souffraient mille peines
Et avaient de la retenue.

Je relevais sa robe blanche,
Et, m'enivrant de son odeur
Je posais tout contre sa hanche
Ma tête lourde de bonheur…

 

 


Si tu savais! 

Les délices se jouent de nos esprits chagrins, 
La langue ne résiste au sucre sur la main, 
Cristaux blancs de l'oubli, retour à notre enfance. 
Autour de nos désirs, un parfum se balance 
Echos de matins familiers, 
Rêves chagrins vite oubliés 
Sous la douceur d'une brioche tiède. 
La volupté survient aux effluves d'un thé 
Versé d'une main attentive. 
Et le feu qui crépite; brûlante cheminée, 
Le coeur de la maison palpite, 
Des voix montent en brouhaha, 
Joyeux, les souvenirs se pressent: 
Mathilde avait alors des tresses 
Que je tirais...Jeunesse! 
Si tu savais comme le temps nous presse! 

 

 

 

 

Bonifacio

Dévorées par la mer
Assaillies par les hommes
Tourmentées par le vent
En multiples assauts
Ses falaises de craie
Etraves de bateaux
Cinglent au long des jours
Vers le sud de la Corse
Aux cris désespérés
Des mouettes du temps !

La mer s'en va berçant 
Le voilier passager
Aux lueurs du couchant
L'heure est à la douceur :
On la voit si paisible !
Mais ses flots enragés
Ont brisé sur l'îlot
Les crânes des marins
Rejetés par les flots
En ce funeste jour 
Où, sans trouver d'abri,
La belle Sémillante 
Aux Lavezzi périt !

Aux cris désespérés
Des mouettes du temps,
Près de Bonifacio
La blanche citadelle,
Un vertige nous prend,
Quand s'élèvent soudain,
Apportées par le vent,
Les plaintes des mourants
Au cœur de la tempête…







Au naturel

Friselis de l'eau pure
Qui part à l'aventure
Apportant ses murmures
Au vent qui s'émerveille

Frisettes et frisures
Végétale toiture
Feuillage en découpures
Sur le ciel

O ciel !
Que la nature
Est belle !






C'est un jardin

C'est un jardin aux charmes cachés
Où vient se réfugier Dame Beauté
Un jardin où fleurit l'absinthe
Où s'enroulent les coloquintes
Toutes de cuir damasquiné
La menthe au parfum sarrasin
La pomme d'amour , le raisin
Sont des présents pour les corbeilles
Et le papillon de soie bleue
Le lézard vert avec l'abeille
Y sont heureux
Dame Beauté cueille les fleurs
Si diverses en leurs senteurs
Que le vent léger qui les frôle
S'étourdit du soir au matin
A leur arôme
Lorsque la nuit sur le jardin
Etend son manteau de satin
Et que se ferment les corolles
C'est alors que, venu du ciel
Comme messager du soleil
S'annonce le bal des lucioles







La fleur 

Elle fut cueillie par la page, 
Mise à sécher en ses replis 
Blancs et raides comme surplis 
Amidonnés pour la grand-messe. 
Survint une grande détresse 
Au cœur de la fleur capturée. 
Plus de fillette délurée 
Courant au pré la prétentaine 
Ou s'en allant à la fontaine 
Rejoindre au frais quelque galant 
Ses rubans voletant au vent ! 
Plus de soleil dans la prairie, 
Plus de lunes en féeries, 
Rien qu'un hiver immense et blanc 
Dans un silence étourdissant 
Précédant son heure dernière… 
Jusqu'au jour où l'on découvrit 
La page, et que quelqu'un l'ouvrit 
Et s'écria : « La jolie fleur ! 
Elle sera pour vous, mon cœur ! » 
Et, mise dans un médaillon, 
La fleur retrouva la fonction 
Confiée aux fleurs depuis toujours 
Etre ambassadrices d'amour ! 

 

 

 

 

  La dinde disait à Dindon.

Quand vous enflez vos caroncules
Faisant la roue ainsi que paon
Vous êtes , ma foi, ridicule
Au plus haut point, vous rengorgeant !

Songez-vous au sort pitoyable
Qui vous attend, qui nous attend
Vous allez trôner sur la table
Et j'irai vous accompagnant !

En cette période de fêtes
L'homme sourit sournoisement
En contemplant nos silhouettes
Dodues et de gras débordant

A l'étal de la boucherie
Il compte bien nous afficher
Déjouons cette fourberie 
Voyez, nous sommes tous fichés :

Les plus gros seront mis en cage 
A quelques jours du réveillon
Pour partir, il faut du courage
En aurez-vous, mon cher dindon ?

Le dindon, furieux se rengorge
N'écoute pas cette souillon
Cette dinde obtuse qui forge
Des sornettes à sa façon !

Dans la basse-cour il s'arroge
Le droit de décider du sort
De ses condisciples, sans toge
Ni robe, sans fastes ni or !

Entrez au dindonnier, ma chère
Et taisez votre sot caquet
Mettez-vous vous plutôt en prières
Ce soir, derrière le baquet

Où demain madame Jeannette
Viendra pourvoir à nos besoins
Versant la part de sa brouette
Car de nous elle prend grand soin

Ainsi souvent parlent les mâles
Aux femelles sous-estimées
Par des habitudes tribales
Non encore, hélas, périmées

Alors qu'il est souvent fort sage
D'écouter plus humble que soi
Surtout lorsque l'on est en cage
Et que l'on se prend pour le roi

Les femelles sont plus futées
Personne ne contredira 
Cette éternelle vérité
Sauf les mâles, ça va de soi

La dinde au doux habit de plumes
Discrète autant qu'il se peut
S'effaça le soir dans la brume
Laissant Dindon au coin du feu.

Et Dindon rôtit à la flamme
Dépouillé de son bel habit
De son orgueil en oriflamme
Comme en ont beaucoup de maris !

Noël, Noël criait la dinde
Tandis que l'époux rôtissait
Il me prenait pour une dingue
Alors que je l'avertissais !

La dinde redevint sauvage
Sur les pentes du Mont Ventoux
Où les beautés de son corsage
En mirent plus d'un à genoux !

Messieurs, ne prenez point ombrage
De cette fable ! En vérité,
Quelques uns d'entre vous sont sages.
Et aux autres de méditer !




   

 

L'arbre à cames

L'arbre volait, imperturbable
Dans un ciel de nuages gris,
Roses et bleus,
Couleurs aimables
Qui dérident les plus aigris
Point d'oiseaux
Donc point de ramages
En ses branchages
Et rameaux
Mais déjà un travail sauvage
Oeuvrait , aux hospices
De l'eau
Mailles sanglantes des racines
Enserrant cames en saillies
Avides de la belle ouvrage
Qui maintenait notre arbre en vie
Et que je tourne et que je tranche
Que j'articule les débris
Que je maintienne la cadence
Aussi bien le jour que la nuit
Cames huilées en permanence
Poursuivaient leur danse suivie
Pour que de sève en abondance
L'arbre se retrouve assouvi !

 

 

 

 

Vous me lassez !

Vous me lassez Monsieur, avec vos jérémiades
Vous étiez autrefois un passeur de pommade
Et vous me louangiez, lorsque j'étais jolie,
Mais ce temps-là, goujat, pour vous est bien fini !

Vous trouvez mes bouillons clairets et insipides
Mes rôts fades et durs, et votre oeil trop limpide 
Ne me caresse plus d'un air concupiscent
Comme aux charmants repas du temps de nos printemps !

De vous je suis lassée , je vous donne congé
Mes larmes vont sécher, par mes soins épongées 
Quant à vous, chevalier à la triste figure:
Déguerpissez, si vous n'aimez mes confitures !






Ronde et fessue

Ronde et fessue
Ferme et dodue
La tomate au jardin s'éclate,
Se faisant pour nous acrobate
Sur des piquets d'entraînement
Où elle s'accroche hardiment .

Le soleil lui fait les joues rouges :
A midi, quand plus rien ne bouge,
A l'ardeur des rayons brûlants
Elle s'offre complaisamment

La voici pimpante et candide
Luisant sous la chaleur torride
Telle un cadeau du Paradis
Sous l'oeil ébaubi des radis

Jamais rien ne la décourage
Elle brave même l'orage
Et s'enorgueillit des grêlons
Qui lui ont laissé quelques gnons !

Quand une main enfin la cueille
Croyez-vous qu'elle nous en veuille ?
Elle réclame le couteau
Et donne sa chair en cadeau
A notre appétit qui réclame
Et qu'elle satisfait, pauvre âme !

On l'oint d'huile, on la ravigote
Avec de l'ail, de l'échalote
Le sacrifice est accompli
Sans autel, cierges ni surplis !


(Hommage à la pomme d'amour)


 



A son corps défendant 

Le cour fendu en deux 
Et le corps en détresse, 
La voici devant nous 
Quémandant la tendresse. 
La vie, on le conçoit, 
Ne l'a point épargnée 
Et ses nombreux pépins 
Peuvent en témoigner ! 
Il coule de ses plaies 
Une sève éloquente 
Quand sa chair ingénue 
S'ouvre à nous, pantelante, 
Mais nous resterons sourds 
A tous ses arguments 
Et nous la croquerons, 
A son corps défendant ! 


(Hommage à la pomme d'amour)


 



Naissance d'une rose 

Mettez dans une goutte d'eau 
La tendre fraîcheur d'une aurore . 
Saupoudrez de poudre de soie, 
Versez des souffles de tendresse 
Au cour de gaze qui s'enroule 
En volutes ponctuées d'or . 
Déroulez d'intimes fragrances 
En écharpes d'oscillations 
Et vous verrez, 
Sous le soleil qui se balance 
Surgir la fleur en émotion . 


En hommage au tableau de Kasia visible ici : 

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=590 







Prière 

La démence du ciel veut châtier les hommes, 
L'horizon se fait noir sous le splendide dôme 
Zébré par les éclairs qui mitraillent les nues . 
Grondements répétés, par l'écho retenus, 

D'une voix de stentor exprimant la colère 
Voici les roulements terribles du tonnerre 
Et ses imprécations par la voûte amplifiées 
Résonnent jusqu'au cour des enfants terrifiés . 

La pluie cingle le sol et grossit les rivières, 
L'homme supplie les cieux à son heure dernière 
Aux fureurs du brasier qui foudroie son abri, 
Il se jette à genoux et le voilà qui prie ! 







Tant de beauté 

La blonde chevelure ondoyante 
S'anime au soleil de la rive 
Le vent passe et froisse les feuilles 
Tendres cheveux 

Ophélie ou bien Lorelei 
Réincarnée ? 

Dérivent les eaux 
Scintille l'onde 
Au reflet des secrets enfouis 

Ô la douceur poignante 
De cet instant qui passe 
Et ne reviendra plus ! 






Ce fruit malappris 

Le fruit d'Églantine 
Est Cynorrhodon 
Ah ! Monsieur, je n'ose 
Décliner son nom ! 
Sa mère si belle 
Et ses joues rosées, 
Lui, le fils rebelle 
Aux gestes osés . 
Elle, sous l'ombrelle 
Des feuilles posée, 
Lui qui vitupère 
Les joues enflammées 
Églantine espère 
Qu'il va se calmer 
Se calmer ? Bernique ! 
Il est endiablé . 
Une vraie bourrique, 
(Quel affreux garçon !) 
Il lorgne les fesses 
D'un air polisson . 
Oserai-je dire 
Qu'on le nomme aussi 
D'un mot fort obscène 
Qui le met en scène 
D'odieuse façon ? 
Que l'on me pardonne 
Ce mot incongru, 
Le fils d'Églantine 
Est un  gratte-cul ! 







Orage 

Faut-il encor des cieux implorer la clémence ? 
Ô bergère du ciel rentre tes blancs moutons 
Les arbres sont si noirs, témoins de la violence 
Que le tonnerre fou jette comme un brandon ! 

« Orage » hurle le vent qui mène la cadence, 
« Eclairs » dit l'horizon sous un déluge bleu 
« Tonnerre » dit l'écho ivre de remontrances 
Envers cette nature osant un double-jeu . 

Et l'homme épouvanté, tapi dans la caverne 
Où l'averse glacée a renversé le feu, 
Auprès de ses enfants que la tempête cerne 
Tremble dans sa fourrure en se cachant les yeux. 



Poème en hommage au tableau de Lucie: "Orage" visible ici: 

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=584

 

 





Poursuite 

Un lac bleu dont l'oeil pur reflète 
En son miroir l'azur d'été 
Bleue, la robe de la fillette 
Qui lève au ciel un blanc filet. 

Poursuite de ces proies fragiles 
Qui volettent au gré du vent 
Anneaux de soleil si mobiles 
Douces antennes palpitant ! 

Jolis papillons en mouvance 
Par la cruauté des enfants 
Au pré de ces fleurs qui balancent 
Vos corps délicats et vibrants ! 


En hommage au tableau d'Arlette Paradis visible ici : 

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=588







Jours de fiel 

Assez, assez de sang aux murs de l'innocence ! 
Dans un ciel d'ipomée le fracas des obus 
Ces armées commandées par des hommes obtus 
Les rêves piétinés aux sentiers de l'enfance 

Assez, assez de pleurs aux nuits des fiancées 
Dont l'avenir se meurt en larmes purulentes 
L'aube jadis nacrée a des couleurs sanglantes 
Où sont les jours de liesse aux tambours cadencés ? 

Il n'y a que du fiel dans les bouches amères 
Et les yeux sont éteints 
Le corps déchiqueté, la colombe est exsangues 
Et son âme se plaint 
Où sont les jours de miel et ces plages de rêve 
Où scintillait la mer ? 







Ce puits 

Ce puits sans fin 
Où s'abreuvent nos peines, 
Enraciné dans les boues du passé 
Pierre après pierre, jour après jour 
Il nous faut le démanteler . 
Regarder sans cesse en arrière 
Si souvent nous fait trébucher 
Il faut marcher dans la lumière 
Du temps qui nous est accordé !






Sous les ravenalas

Ô Muse, assez rêvé
J'ai trop écrivassé
Écartelant le verbe
Et chassant le phonème
Il est bien temps, vois-tu
Oui, bien temps que l'on aime !

Allons muser ma mie
Sous les ravenalas
Dont les tiges dressées
Me rappellent tes tresses
Le gazon est si doux
Ma charmante maîtresse
A l'ombre de ses palmes
Où je pourrai délier
Tes tresses
Et boire le nectar
A ta bouche traîtresse !

Sous les ravenalas
Nous chercherons les perles
Échappées du logis 
Des graines épandues
Et de colliers sans fin
Aux couleurs de turquoise
Je pourrai souligner 
La courbe de tes reins,
Sournoise !

(Les souvenirs d'Octave)

Ravénala : plante de Madagascar voisine du bananier (famille des 
musacées)







Lacrima Christi 

A la messe du vin je veux te convier : 
Sous les voûtes fraîches et obscures, 
Dans la pénombre où seule filtre 
La lumière dorée d'un soupirail, 
Nous cheminerons doucement 
En un silence de chapelle, 
Ecoutant monter du fond des cuves 
Le sublime Hosanna du vin . 
Et dans le cristal d'un verre 
Nous goûterons, recueillis, 

Une larme du Christ 


Ce vin italien porte un nom bien singulier. La légende précise 
d´ailleurs que chaque année, se forme dans la cuve une larme, 
rappelant ainsi au viticulteur la gloire qui l´attend au paradis. 

Le Lacrima Christi ´Larme du Christ´ est avant tout un vin blanc 
issu des cépages Greco et Fiano. La vigne pousse sur des terroirs à 
dominante volcanique. L´appellation comprend également quelques vins 
rouges, rosés, et liquoreux. L´appellation se trouve dans la 
province de Parme, sur des vignobles aux flancs du Vésuve. 



Poème écrit en hommage au tableau de Maïté Segat visible ici: 

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=599 




 

Et la rose, toujours.

Et la rose, la rose, et encore et toujours, 
Qu'elle soit de satin, de somptueux velours,
Étamines tendues qui couronnent en grâce
La robe juponnée qu'un papillon déplace,

Qu'un léger vent retrousse au détour d'une allée
Alors que, trop lassée d'une chaude journée
Elle fléchit un peu sur sa tige, et s'endort
Aux lueurs d'un couchant prodigue de ses ors.

Quand la soir la ranime aux baisers du serein
Sa grâce se déploie, son charme est souverain.
Elle envoûte nos nuits, lorsque, tel un encens
Nous viennent ses senteurs au charme évanescent .


 

 



Haletants

Notre place
Sur la Terre
Est petite,
Assurément .
Nous avons 
Bien du mérite
A nous agiter
Autant !
Et nous courons :
Vite, vite,
Il faut rattraper
Le Temps !
Croyez-vous 
Qu'il nous précède ?
Vous vous leurrez
Braves gens.
Nous courons 
A notre perte
A ce rythme
Haletant,
Car c'est lui
Qui nous talonne
Jusqu'à nos derniers moments.

AH ! LE TEMPS !



 

 



Que la rose soit ! 

« Et que la rose soit » 

Dit-il. 

Et de soie fut la rose 

En robe purpurine 

Et de chair , et de sang 

Et son parfum violent

Fit frémir la narine 

Et trembler de désir 

La main du TOUT-PUISSANT ! 







Rêve perdu 

Je le croyais perdu 
Ce rêve d'une rose 
A nulle autre pareille 
Au parfum soutenu 
Il surgissait parfois 
Ce rêve d'une rose 
Quand la vie était grise 
A mon cour éperdu 
Il gommait la laideur 
De la rue sous l'averse 
La crasse des pavés 
Et la lèpre des murs 
Il effaçait les cris 
La laideur de la guerre 
Et l'horreur continue 
Il berçait mes terreurs 
Ce rêve d'une rose 
Et consolait mes nuits 
Et je voyais parfois 
Sous mes paupières closes 
Apparaître à minuit 
Cendrillon de satin 
A la jupe en corolle 
Au petit pied mutin 
MA ROSE merveilleuse 
A la beauté enclose 
Et qui prenait ma main. 


Les évènements actuels réveillent pour moi les souffrances du passé.
Je pense à tous ces enfants innocents soumis aux horreurs de la 
guerre. 
Que refleurissent un jour pour eux les roses du bonheur!




 

 

 

Supplique au Printemps boudeur

Printemps fêtard qui pétarade
Et envoie l'hiver au placard
Où donc es-tu ?
Bien en retard
Tu te lèves d'un air maussade
En habit gris de promenade
Et les soubresauts de l'hiver
Ses incartades
Te laissent coi !
Es-tu malade ?

Tu laisses pendus au vestiaire
Tes pourpoints légers qui ondoient
Décidément tu me déçois
Tu restes sur ton quant à soi
Et je déplore tes manières
Sors donc vite de ta tanière
Et enfile tes bas de soie
Retenus par des jarretelles
De bon aloi !

Mets des fleurs à nos boutonnières
Cours qui festoient
Et la lumière sur les toits !

 

 

 

 

Les Mots 

Laisser venir les idées à soi 
Prétendre qu'elles sont vôtres 
Les coucher sur la page 
Comme on couche une belle fille 
Sur la paille, le cœur battant… 
Battre le fer pendant qu'il est chaud 
Ils s'envolent si vite, l 
Les mots ! 
S'enfoncer peu à peu 
Dans leur lacis épais 
Pousser les branches mortes 
Avancer au vif du sujet 
Creuser l'écorce s'il le faut 
Avec le côté tranchant 
De la plume ou du crayon 
Faire couler la sève , 
Gemmeur précautionneux 
A la limite du vertige 
Humer l'essence 
S'en imprégner 
Se laisser enfin dériver… 

Jusqu'à l'ivresse 






Les mots sont gouttes...

Les mots sont gouttes d’encre déposées sur papier
Telle l’aube qui pose ses perles de rosées
Pour venir embellir la journée qui commence
Et résonner en nous tout comme une romance





 

 

 


Amour cassonade 

Amour cassonade 
Jolis grains dorés 
Sous ta langue rose 
A sucer 

Amour cassonade 
Cristaux sensuels 
Dispersés 
Sur ta peau de miel 

Amour cassonade 
Doux ongles laqués
Je suce tes doigts 
Sucrés 

Amour cassonade 
Je n'ai jamais trop 
De tes sirops 
De pavot 

Amour cassonade 
Et noir chocolat 
Dont je ne suis 
Jamais las ! 

Amour cassonade 
Mon corps se languit 
De guimauve 
Au patchouli ! 

Amour cassonade 
Tendres sucreries 
Que nous dégustons 
Au lit ! 

Amour cassonade 
Tant et tant de jours … 
Qui dit que s'use 
L'amour ? 



 

Il faudrait dire…

Mais il faudrait dire
Le bruissement bleu du vent
Dans les branches
Le lacis noir et charnu
Des rameaux qui soupirent
Sous la main légère
Il faudrait dire aussi
La valse du soleil
Et de l'ombre
Unis, de l'aube
Au couchant.
Mais, silence :
Un oiseau blanc
Jaillit de l'arbre
Et s'envole
Trait d'union éternel
Entre la Terre et le Ciel !

Poème dédié au tableau de Chris Laure "Envol"
Visible in : Galerie magique
Du site lespoetes.net

 

 

 

 

 

Accident

L'autre jour, j'ai perdu ma tête
Dans les escaliers
Elle a rebondi, rebondi 
Sur les marches en faisant 
Un bruit sourd
J'ai eu peur que ce bruit
Alerte la concierge
Mais non , 
Tête basse
Elle était occupée 
A laver le vestibule
Et j'ai pu passer incognito !
D'ailleurs, même si 
Elle s'était retournée
Elle n'aurait même pas pu 
Me reconnaître
Puisque je n'avais pas de tête !
J'ai donc suivi ma tête 
Dans la rue
Que pouvais-je faire d'autre
Sinon la suivre ?
J'avais la tête un peu perdue
Car cette situation bizarre 
Me perturbait : on le conçoit
Mais je n'ai pas perdu la tête 
Pour autant ! 
J'ai réussi à la suivre 
Et au bout de quelques heures de promenade
Je ne me prenais plus la tête,

Non : j'avais seulement la tête un peu vide
Par moment, comme 
Une sensation de manque
Bien sûr, ma tête roulait 
Devant moi 
N'en faisant qu'à sa tête
Sans que je puisse la rattraper
Mais je m'entêtais toujours à la suivre
Tout en lui lançant des invectives 
A tue-tête :
Allons ne fais pas ta tête de cochon
Reviens !
Mais elle me faisait la tête
Et je craignais tant 
Qu'elle ne revienne plus 
Que je contenais mon irritation
Avec cependant une folle envie 
De lui faire une tête au carré !

Mes pieds commençaient
D'ailleurs à protester
De cette course saugrenue
Après ma tête
Mais je me suis entêtée
Et , comme nous passions 
Devant la Tête de l'Art
J'ai proposé à ma tête 
De s'arrêter pour déjeuner !
Et devant une alléchante
Tête de veau à la vinaigrette
Ma tête a bien voulu
Considérer qu'elle serait mieux
Décidément, sur mes épaules 
(Elle a la tête solide, ma tête !)
Et nous avons sereinement 
Terminé le repas 
En tête à tête !


 

 


Abécédaire Sylvestre

Abattus et brisés, avez-vous vu les arbres? 
Béante est la forêt, et ses fastes perdus! 
C'est le vent déchaîné qui les a tous détruits! 
Démon impétueux, créature macabre 
Et qui souffla , rageur tout au long de la nuit! 
Frênes de nos forêts, qu'êtes -vous devenus, 
Géants aux bras lancés en ultimes prières 
Hêtres dont les oiseaux s'élançaient vers les nues 
Ivres de liberté et de joie printanière 
J'ai vu autour de moi s'inscrire le désastre: 
Kermès déchiquetés aux feuilles torturées 
Lançant leur désespoir vers les tristes nuées 
Mélèzes chancelants ou effondrés à terre 
Noyers déjà mourants! Et des larmes amères 
Ont coulé de mes yeux contemplant la forêt 
Privée de sa beauté, comme déshonorée! 
Quel sort, quel sort cruel s'est acharné sur nous 
Reverrons-nous un jour ces arbres relevés 
Saurons-nous protéger la forêt des désastres 
Terrible est la nature en ses emportements 
Une nuit peut suffire à ôter de la terre 
Vingt années de labeur. O sublimes palmiers 
Washingtonias radieux ondulant sous le vent 
Ximenias qui ornaient les serres des savants 
Yuccas majestueux et qui poussaient en nombre 
Zizyphe radieux, je pleure sur vos ombres! 



 



Le temps festoie

Le temps festoie sur mes blessures
Le cour à vif
Le corps à Sang
Les chiens noirs de ma solitude
Hurlent toujours
Dogues sanglants
Je vois leurs lèvres qui écument
Je serre en vain
Mon cour tremblant
Entre mes bras .

Tant d'amertume
Et jamais de soleil levant
Les cris
La soif
Les hurlements
Et ce sang qui suinte
Sans fin
De mes blessures !

 

 

Il pleut tout doucement 

Il pleut tout doucement sur le gazon bien vert 
L'escargot, quant à lui, reste toujours couvert 
Mais la limace luit sous les gouttes friponnes 
Qui clapotent gaiement et d'argent la couronnent! 

Le lézard est tapi sous les tuiles du toit 
Il attend le soleil, mais il ne le voit pas 
Un fin rideau tout gris enveloppe les nues 
Et le lézard frissonne , et il se sent tout nu ! 

Dans le terreau bien doux, le ver blanc se fabrique 
Une coque marron d'où sortira, magique 
Le cétoine doré, qui luira , sans égal 
Sur la rose joufflue dont il fait son régal ! 

Il pleut tout doucement sur le jardin ravi 
Et les oiseaux patients, attendent, dans leurs nids 
Ils ont de petits becs et de petites plumes 
Et leur maman, pour eux, craint trop qu'ils ne s'enrhument. 

Alors, ils restent là, au chaud, dans le duvet 
Mais on entend souvent leurs petits cris discrets 
Et la pluie qui descend du ciel se fait très douce 
Pour ne pas détremper les jolis nids de mousse ! 


 

Belles dames

Elles étaient, les belles dames
Très guindées dans leurs fins atours
Robes longues, corsets, les femmes
Cachaient leur corps, la nuit, le jour.
Avant qu'une belle se pâme
On lui faisait longtemps la cour
Et les regards brûlaient son âme
Plus sûrement que beaux discours.
Elles ne savaient de la chose
Que quelques mots peu rassurants
Dits par une mère qui n'ose
Troubler l'âme de son enfant.
Et quand au soir du mariage
Leur chaste corps était forcé ,
A jamais se froissait la page
De l'amour que l'on outrageait !




Violi Viola 

Violi Viola chantait la pastourelle 
Quand au pâtis se serraient ses moutons, 
Violi, Viola, et nul besoin d'ombrelle 
Pour épargner la blancheur de son front .

Sous la fraîcheur du petit bois de chênes 
Elle trouvait couchette à sa façon ,
Otant jupon et caraco sans gêne 
Seulette ici, et bien loin des garçons .

Mousse fleurie, moelleuse fougère 
Pour oreiller, et l'ombre pour berceau .
La brise amie soufflait l'odeur légère 
Du chèvrefeuille enroulé en arceaux. 

Quand le sommeil prenait la pastourelle 
Bras étendus, comme dort un enfant ,
Sur son cou blanc venait la coccinelle 
Brillant ainsi qu'une goutte de sang .

Violi Viola, dans le pré, les violettes 
Tremblaient un peu de peur des moutons blancs ,
Et se trouvaient de bien jolies cachettes 
Pour échapper au long troupeau bêlant .

Violi, Viola, prends garde, pastourelle , 
Un vagabond passe sur le chemin ! 
Va t-il froisser ton cou de tourterelle 
Et t'empoigner de ses robustes mains ? 

Le va-nu-pieds voit l'enfant qui sommeille 
Et cherche un peu dans le creux d'un buisson ,
Pour lui offrir sans qu'elle ne s'éveille 
Un frais bouquet , violettes de saison ! 



Couleurs jardin

Mon jardin étincelle aux couleurs du beau temps !
Les céanothes bleus ruissellent en cascade
Le long des escaliers où part en promenade
L'abeille au corset d'or sous le soleil vibrant

La cerise au verger met sa robe luisante
Qui brille sous la feuille et attire les mains
De joyeuses volées de petits galopins
Dont la bouche empourprée rit de façon plaisante !

Le ciel est d'un bleu vif avec quelques nuages
Blancs et crémeux à souhait, poursuivis par le vent.
Les chênes sont parés d'un vert vibrionnant
Où l'oiseau radieux se gausse de nos cages.

Le long de l'appentis, le vieux rosier grimpant
Éclabousse de sang le mur gris et sévère
La rose s'éblouit d'une vive lumière
Pareille à ces joyaux que l'on voit au couchant.

Cascade de douceur en rose de tendresse
La pergola subit le charme envahissant
Des pétunias, émus des baisers frémissants
De soyeux papillons avides de caresses

L'éclair d'un merle noir passe sur le gazon
L'air pétille et s'emplit de limpides chansons
Des messagers ailés de la joie printanière
A l'oreille ravie de l'humble jardinière.

 


Virginales Violettes 

Virginales Violettes 
Volutes de soie Vivantes 
Dès le réVeil du Printemps 
Vous ViVez de presque rien 
D'une goutte Vacillante 
Sous le Vent léger d'aVril 

Vos bouquets de fleurs serrées 
Ornaient le reVers des robes 
En gage d'amour ViVace. 
EVanescente senteur 
Sur le beau sein Velouté 
Dont il Volait la chaleur ! 

Lorsque reVenu du bal 
Il retrouVait dans l'eau fraîche 
Son beau maintien Virginal 
Il épandait dans l'alcôVe 
Une rêVeuse senteur. 


"Tu feras acheter vendredi un bouquet de violettes, 
pour que cela sente bon dans le salon" 
Frédéric Chopin de Londres 
à W. Grzymala, son meilleur ami (21 novembre 1848) 





Naufrage 

L'épave s'échoua au sable désolé 
En semant les lambeaux de la désespérance. 
Emportés par le flot en folle transhumance, 
Les débris du bateau vinrent s'amonceler. 

Les mouettes fuyaient au bord d'un ciel voilé 
En mutilant l'espoir de leurs cris de souffrance 
Enlacés par les eaux écumant à outrance 
Les cadavres gonflés purent se dévoiler 

Il nous sembla que Dieu pour maudire cette île 
Illuminait d'un feu l'aire jadis tranquille 
Mais qu'un vent délétère empestait à jamais 

O Seigneur, toi qui déchaînas ces tristes eaux 
Aux morts, aux pauvres morts, enlève leur fardeau : 
Mets donc en Paradis leur âme, s'il te plaît ! 


 

La chaleur des épices 

Elle avait des cuisses douces 
Qui fleuraient bon la marée 
Un joli parfum de rousse 
Embaumait sa peau salée 

Ses yeux couleur d'algues vertes 
Où flottaient de lourds désirs 
M'incitaient aux découvertes 
A la source des plaisirs 

J'ai navigué tant et tant 
Lui offrant mes bons offices 
Que je connais maintenant 
La chaleur de ses épices 

Du cumin au coriandre 
Dont se parfumaient ses reins 
Du carvi aux graines tendres 
Que je mangeais dans ses mains 

Je vous tairai les brûlures 
Du poivre et certains piments 
Il y avait, je vous le jure 
De quoi devenir dément ! 

Le curcuma teinté d'ambre 
Illuminait bien des nuits 
Et saupoudrait notre chambre 
Des lueurs du paradis 

Au cours de ces longs voyages 
Où paprika et safran 
Mettaient des notes sauvages 
Nous nous découvrions amants 

Emus du pouvoir magique 
De nos désirs confondus 
Cinglant vers les Amériques 
Aventuriers éperdus… 




 

La rose 

La rose de mon cour 
A subi l'infamie 
Elle saigne depuis , 
Et sur l'arbre de vie 
L'écorce est tant rougie 
Qu'on ne pourra jamais 
Essuyer sa douleur 

Qu'est-il de plus affreux 
Que cette rose en pleurs 
Qui n'a connu du jour 
Que d'horribles blessures 
Et qui depuis, cloîtrée, 
Refuse l'aventure 

Elle s'abreuve au soir 
De gouttes de lumière 
Qui coulent lentement 
Vers ce cour affamé 
Et la rose murmure 
En ultime prière 
Qu'elle voudrait mourir. 

Mais qui pourra l'aider ? 

Poème écrit en hommage au tableau de Joana Michaud "Blessure" 
Visible dans la Galerie d'Art Magique du site http://www.lespoetes.net/ 

 

 

In Memoriam

Vous parler de ces pleurs, et de ces hurlements,
De l'épouvante assise aux marches de l'enfance,
De ces monstres brutaux prédateurs d'innocence
Qui firent basculer nos cours dans le néant !

Parler de ce jour-là qui fut interminable,
De l'ignoble fureur d'un destin aveuglé,
Et de la Liberté, en ce temps bâillonnée
Qui ne put empêcher ce crime insoutenable.

C'était au mois de mai, un jour sur notre Terre :
Dix otages choisis, dont mon très jeune père,
Fusillés par la main des sbires de celui

Qui fit trembler le monde à l'orée de l'enfer.
S'ouvrirent au printemps les portes de l'hiver
Pour l'enfant qui ,depuis, n'en a jamais guéri.

En mémoire des martyrs du 21 mai 1944, à Frayssinet-le Gélat (46)




Alerte aux bois! 

L'orthographe se perdrait -elle 
Dans les sous-bois impertinents 
Où on la dévêt follement 
Tout en déchirant ses dentelles? 
Je vais remonter les bretelles 
A ces loups-garous impolis 
Qui se livrent à ces folies 
En arrachant ses jarretelles! 
Alerte aux bois! Ouvrez les yeux 
On brutalise l'orthographe 
Oui, deux très grands loups à moustaches 
Se sont emparés de la belle 
Soutenant outrageusement 
Qu'il n'est vraiment pas important 
De la respecter à présent! 
C'est un délit sans précédent... 
Venez vite, Monsieur l'Agent!!! 
L'orthographe se dévergonde 
Pourtant elle était bien gironde 
Avec ses règles appliquées 
Ses exceptions circonstanciées 
Et ses mille difficultés 
Qui savaient nous émoustiller! 
Je vous le dis , tout se relâche 
Si l'orthographe devient lâche 
A quoi peut-on se raccrocher? 
Le monde va se renverser 
Et nous serons bien avancés 
Allons, la belle revenez! 






Le muguet 

Muguet, muguet , jolie fleur 
Née en odorant parterre 
Dans le jardin de grand-mère 
Et cueillie avec douceur! 

Les clochettes frémissaient 
Et l'on croyait les entendre 
Chanter une chanson tendre 
La chanson du joli Mai! 

Nous choisissions patiemment 
Les tiges à l'odeur frêle 
Grand-mère riait ,quand elle 
Recevait ces beaux présents! 

Quand refleurit le muguet 
Je revois le beau parterre 
Au jardin du presbytère 
Qui a gardé ses secrets!

Clochettes du blanc muguet 
Neigez à loisir 
Dans le parterre si frais 
De mes souvenirs ! 




Amour d'automne  

Allongée devant moi,
Déshabillée de soie
Doucement parfumée,
Et alanguie déjà,
En ta pure beauté
Tu me parles d'hiver
De neige et de frimas,
Pourquoi ? Dans ton cœur enroulé
Je vois déjà la mort.
Tu m'offres ta beauté,
Les senteurs du dehors
Où le vent si léger
De cet automne doux
A caressé ton sein
Et effleuré ta joue...
Mais j'imagine en toi
La brièveté des jours,
Je devine, à te voir,
Qu'elles me sont comptées
Ces heures délicates
Où je puis t'admirer,
O rose parfumée
Que je viens de cueillir
Dans le jardin mouillé
Où tu allais mourir !

 24 novembre 2002

 

 

 

A une jeune fille

Elle était douce, elle était tendre,
Elle donnait du pain aux oiseaux.
Ah vraiment, je ne peux comprendre 
Pourquoi elle est partie si tôt !

En passant devant la prairie
Où elle allait se promener,
Je vois des fleurs, et suis surpris
Que le printemps l'ait oubliée…

Car je voudrais que la nature
Prenne le deuil, en son honneur,
Et dédie à son âme pure
L'hiver glacé en son linceul.

Mieux vaudrait que l'humble mésange
Perdre ses cris à tout jamais :
Je trouve tous les chants étranges
Depuis qu'elle s'en est allée !

13 novembre 2002

 

 

 

L'Autan 


Il s'époumone, crie et revient à la charge !
Il hurle, ce dément, et sur nous, il décharge
Des tombereaux de feuilles et des branches coupées,
Quelques plumes d'oiseau, à un nid arrachées.

Il imite le bruit des marées déferlantes.
Une meute de loups, soudain vous épouvante :
Mais non, ce n'est que lui, vrai gibier aux abois
Qui hurle à votre porte et vous met en émoi.

Est-ce, du Gévaudan, la Bête ressuscitée,
Ou la Tarasque folle, de Provence échappée ?
Il effraie les enfants bien blottis dans leurs lits,
Et il les fait trembler au milieu de la nuit !

Il s'entête le jour, et poursuit les nuages
Qui fuient, ou noirs ou blancs, menés au pas de charge,
Ébouriffe les chênes, ploie les saules dorés,
Les prive de leurs feuilles qu'il nous lance à poignées.

Les enfants, agités, s'emballent et cabriolent
Et, aux récréations, s'envolent en courses folles.
Il emporte les lettres du facteur, mécontent,
Ébranle les volets qui battent tout le temps.

Mais quel est ce démon, qui se complait à Castres,
Albi ou Puylaurens, provoquant des désastres
Quand revient l'équinoxe, en automne, chez nous :
C'est l'Autan, notre vent, le reconnaissez-vous ?

20 Octobre 2002

 

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Clin d'oeil

Ne cherchez pas le Tamanoir,
Mon bureau est un vrai foutoir !
Il s'y entasse des papiers
Des dictionnaires, des cahiers
Et la machine à imprimer.
Et moi, poétesse fébrile,
J'écris, loin du bruit de la ville,
Dans mon antre, bien protégée,
Entourée de tous mes papiers.
Et dans le parfum de mes livres
Mon âme pour vous se délivre,
Le temps a suspendu son vol :
Je m'élance et prend mon envol.
-Mais où est passé le Tamanoir ?
Vous ne le verrez pas ce soir !

7 novembre 2002


Le moulin amoureux 

Un beau petit moulin, ancré dans sa prairie
Attendait patiemment, par une belle nuit
Que le ciel s'entrouvrit, pour voir enfin la lune.
Il voulait, en effet aller tenter fortune
Auprès de l'astre clair qu'il voyait si souvent
Venir dans la beauté de ses voiles élégants.
IL tomba amoureux de sa Muse lointaine
Un jour qu'elle s'avisa d'aller bleuir ses ailes
Et de le transformer en prince étincelant,
Lui, toujours malmené par les ardeurs du vent
Et trimant tout le jour dans la blanche poussière
Des graines écrasées par la pesante pierre.
Ses ailes gémissaient sous les assauts du vent,
Le meunier ronchonnait, n'était jamais content,
Et le pauvre moulin aspirait à la paix
De ces nuits si tranquilles où Séléné venait..
Ce soir, c'est décidé, il va dire à sa belle
Tout l'amour, la passion, même, qu'il a pour elle.
Elle sera séduite, il le sent, il le sait!
Et dans la nuit bleutée, il attend, oppressé.
Soudain, très lentement, les nuages s'entrouvrent
Et le petit moulin, ému, tremblant, découvre
Sa belle qui l'espère et qui lui tend les bras!
Osera-t-il enfin la rejoindre la-bas?
Mais il ne peut, hélas, s'arracher à la terre.
Il a beau s'allonger et étirer ses ailes,
Sa princesse lointaine est toujours hors d'atteinte
Ils doivent renoncer à la sublime étreinte!
La lune, désolée, lui lance ses rayons
De ses ailes, il essaie d'atteindre les plus longs:
Hélas, la nuit s'achève, et l'astre disparaît...
L'amant abandonné demeure dans son pré!
Si vous passez un soir dans la belle prairie
Où le petit moulin poursuit sa triste vie,
Cachez-vous dans le bois, pour voir les deux amants
Etendre l'un vers l'autre, leurs bras, si tendrement ! 

 



Obsession

Je ne suis pas d'une nature compliquée,
Mais je dois, pour être heureuse, être obsédée
Être obsédée par ton regard d'un vert changeant
Où je suis à la recherche des sentiments

De ton âme qui m'échappe, mon doux tourment
Comme un beau poisson qui glisse dans son étang...
Être obsédée par la page qui me retient
Le soir, et m'attire encore dès le matin,

Écritures vagabondes au fond de moi,
Qui m'obsèdent me harcèlent, même en tes bras
Où je plonge te retrouver dans cet étang
Pour me noyer dans tes yeux verts, ô mon amant... 

 



S'accepter

Depuis que je ne fais plus ces régimes idiots,
Qui sapaient mon moral et décharnaient mes os,
Mon cerveau, rassuré, ne craignant plus disette
Me comble de bonheur et fait des galipettes!

La joie est revenue, et, malgré les douleurs
DE l'arthrose tenace, je respire le bonheur:
Mon teint est rose et frais, pas de rides suspectes,
Mais le rayonnement d'un corps que l'on respecte.

L'ai-je martyrisée, cette pauvre enveloppe 
Corporelle! Non, je ne parle pas de clopes!
(Je n'ai jamais fumé de ma vie), mais de régimes
Vains, et déséquilibrés un véritable crime!

Je perdis des kilos, en regagnai autant...
Ah! On peut en parler de ces beaux charlatans
Qui vous laissent entrevoir des lendemains chantants
Et vous laissent tomber, ayant pris votre argent!

Il faut, pour s'accepter, un long cheminement,
Mais au bout du chemin, on est toujours content.
On met du quarante-six, du quarante-huit, même,
On n'en fait pas mystère: il suffit que l'on s'aime.

Se culpabiliser pour un verre de vin,
Se refuser toujours quelque aimable festin,
Si on est invité, se serrer la ceinture,
Toujours se réprimer, quelle belle imposture!

Car le corps, trop privé, se venge à la fin
Il ne supporte plus cette terrible faim,
Le cerveau, mécontent, se grippe et se détraque
Et, à la fin du compte, on est toujours patraque.

Sans vouloir s'empiffrer, il faut se contenter,
Et ne pas s'affoler pour quelques bourrelets
Devenus, pour les hommes, belles poignées d'amour
Mais qui nous brident à nous, en nos plus beaux atours!

Défendre son image, c'est aussi un combat:
Car le regard des autres, ne se décide pas 
Toujours à vous prendre telle que vous êtes.
Tant pis, il faut choisir : ou "être" ou "paraître ! »

La vie n'est que combats, j'en ai menés souvent
Mais ne me parlez plus de régimes à présent.
Je veux vivre sainement, sans me martyriser,
J'ai jeté mes dépouilles, une autre femme est née!

Et si mon bel époux louche sur des gazelles
Qu'il ne s'avise pas d'aimer quelque donzelle:
Je sais veiller au grain, et de près ou de loin, 
IL paiera chèrement l'entaille au parchemin... 

 




Solitude habitée

Je suis là, comme en veuvage,
Sans mon bel ange aux yeux verts
Mais je suis toujours très sage,
Vivant dans son univers

Qui m'atteint, chaque seconde
Me traverse et me libère
Comme barque sur les ondes
Emportée par les flots clairs.

Et le feu de ses prunelles
Vit en moi, le jour, la nuit
Apporté à tire d'ailes 
Par l'Amour qui nous unit... 

 

 

 

Amoureux de la lune 

Joli moulin, posté en attente du jour,
Tu contemples le ciel et ses nuages lourds
Où Séléné la belle a mis une clarté
Qui coule sur tes pierres, en voiles éthérés.

Tu somnoles, on dirait, fatigué du labeur,
Et la lune enchantée, t'entoure de douceur
Elle vient saupoudrer tes flancs de sa lumière,
Elle bleuit tes murs et caresse tes ailes…

Deux arbres silencieux se tiennent près de toi,
Ils craignent cet envol que, peut-être ils prévoient.
Pourraient-ils t'arrêter, si par divin mystère
Tu montais jusqu'aux cieux, t'arrachant à la terre ?

Oui, tu voudrais partir, mais elles te retiennent
Ces ailes crucifiées qui refusent l'envol
Alors que tu voudrais te libérer des chaînes
De ce cruel destin qui t'a cloué au sol.

Le vent soufflera fort, demain sur la prairie,
On entendra la meule écraser avec bruit
Les grains de beau froment, les graines aussi dorées 
Que le visage doux de ta lointaine aimée…

5 novembre 2002




Grenouille sans chaleur =Grenouille sans voix ! 


Une belle grenouille, exilée en Ariège
Et venue de Gaillac, où régnait le soleil,
Se trouva tout soudain, et privée de sa voix
Et privée de l'amour, comme vous l'allez voir.

Cette grenouille verte a décidé un jour,
De surseoir à ses chants de joyeux troubadour
Trouvant que, en Ariège, il faisait trop mauvais
Que son lit était froid, au-dessous des noyers !

Elle aurait bien voulu un endroit plus propice,
Épanouir sa vie sous de meilleurs auspices,
Mais elle ne put trouver sous ces arbres épais
Le moindre petit coin de mare ensoleillé.

Où est, de mon Gaillac, le bassin murmurant
Où de joyeux marmots appréciaient tous mes chants ?
Disparus, son climat et ses vignes empourprées
Par les doigts de l'automne, et de raisins parées !

La grenouille, on le voit, était bien nostalgique
Et malgré son ardent amour pour la musique,
Chaque jour qui passait, la voyait dépérir,
(Sans cependant aller jusqu'à vouloir mourir !)


Elle avait beau, le soir, tricoter des écharpes,
S'entraîner, le matin, à jouer de la harpe,
Taper sur des tambours, souffler dans des roseaux,
Elle ne put tiédir les immobiles eaux

De la mare trop froide où elle vivait tranquille,
Loin de l'agitation et des bruits de la ville…
Elle décida un jour de ne plus se donner
A son ardent époux, et de se résigner

A sécher, à flétrir, à devenir stérile,
De mettre un point final à leur ardente idylle.
En effet, elle pensait aux futurs rejetons,
Qui, presque aussitôt nés, deviendraient des glaçons !

Donc, ne tourmentez plus cette future mère :
Rendez-lui et ses chants , et sa gaieté première !
Étêtez donc ces arbres et coupez ces roseaux
Afin que, dans la mare, il fasse un peu plus chaud !

29 Octobre 2002

 




Hymne à la Poésie

Combien libérateur est cet acte d'écrire,
Et qui nous pousse là en un joyeux délire
Laissant de notre plume échapper tous les mots
Que l'on n'avait jamais osé dire tout haut !

Sans cesse des lambeaux de phrase, dans ma tête
Tourbillonnent et me font une joyeuse fête ,
Jusqu'à ce que je prenne une plume, un stylo,
Que je les fasse naître, en maîtrisant leur flot… 

O ma Muse enchantée qui me guide aujourd'hui,
Qui m'a fait émerger d'une profonde nuit,
Tu es le phare aimé des poètes heureux :
Le monde s'offre enfin à nous sous d'autres yeux.

On vivait, enfermés dans une vie austère :
Tu arrives, divine, et ta main nous libère.
Entre alors dans nos cœurs, éclairant notre vie,
Le sublime et ardent flambeau de " Poésie ".

4 novembre 2002




Rêves de Poète

Le poète nourrit son imagination
Au nuage qui passe, à l'aile d'un papillon
Il est toujours humble et attentif, le poète,
Il marche bien souvent en relevant la tête,

Regarde les étoiles, converse avec les anges
Écoute le doux chant de la belle mésange.
Il ressent des frissons et des frôlements d'ailes…
A l'écoute du monde, il trouve la vie belle !

Il ne s'inquiète pas trop de son compte en banque
Préférant les beaux rêves, aux espèces sonnantes,
Allant boire à la source ombragée par le pin,
Écoutant les cigales en émiettant son pain.

Puis, il se met à l'ombre et, repliant sa veste
Y repose sa tête pour une longue sieste,
Nourrissant son esprit à la source des rêves,
Bercé par le bruit sourd des vagues sur la grève…

Quand arrive le soir et que tout s'adoucit,
Que les étoiles d'or brillent à l'infini,
Il rentre enfin chez lui, s'incline sous la lampe
Et, sous sa plume, naissent des rimes éblouissantes !

17 Octobre 2002



© Marcek    Ecrire à l'auteur : marcek@wanadoo.fr


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