MANNY

 

   

 

DESTIN...

 Les doigts se tendent, le cœur respire

L'air du temps, fouetté par rafales.

Aussi, va-t-il prendre comme point de mire,

Les feuilles bruissantes qui dévalent.

 

C'est la parade avec tous ses froufrous,

Les cotillons verts, bleus, arc-en-ciel.

On oublie que c'est la fête des bonbons

Que l'on croque sucrés comme le miel.

 

L'harmonie défile au pas de charge,

Trop rapides tous ces airs ringards ;

Certains trébuchent, d'autres sont sages,

A faire semblant ; c'est déjà trop tard.

 

Les balcons sont noirs de gens rieurs,

Le linge continue d'y flotter invariable.

C'est plein de multiples drapeaux moqueurs,

Caricaturant la raison bâtie sur du sable.

 

On se faufile à travers les gouttes de pluie ;

Comme le Destin par delà l'existence.

Il est là à nous accompagner dans la nuit,

C'est le point blanc d'une évanescence…

 

 

 

 

COQ...

 Le tissage indigo vire dans la démesure,
Filant à plate superposition les crochets,
Hors des invariables longueurs de coutures,
Fixées comme un coq au vent à son clocher.

 

Egérie, conseillère à faire sortir du vide,
De la sous-estimation et du mal mental ;
A ne plus retourner dans ces lieux livides ;
Où la nausée envahie la vie anormale.

 

Tout est à découvrir dans la seule fleur au soleil,
Les formes sont là sous d'autres lumières,
En contre-jour, éblouissantes, bien réelles.
Sous un pavé respire le sable primaire.

 

A se sentir plus léger, début de l'aboutissement,
Que lentement l'évaporation laisse distiller,
Comme un refrain rêveur et enchantant,
La morosité envenimée qui défile…

 

 

CARPE DIEM...

 L'ombrelle n'est plus de saison quand le froid

S'engouffre dans l'âtre où s'amuse le feu ;

A s'élever, virevolter, à faire craquer le bois,

Où quelques bûches ont partout des noeuds.

 

 Le "Chat Lumière" aime s'envelopper de chaleur,

Celle de longs bavardages où son esprit rebelle,

Anticonformiste, se détend enfin avec bonheur,

Avec chaque histoires et situations nouvelles.

 

 L'humeur change, les tiédeurs prennent le large,

Accrochées aux mâts de cocagnes bariolés

D'oripeaux, bardés de médailles d'éclairage ;

Tantôt scintillent, frappées d'une lame d'épée.

 

 Nul regret, nevermore, croquer à toutes dents,

La suffisante nourriture d'un sursaut de survie ;

A laisser venir le fol déferlement du présent

A ce point, flux et reflux, carpe diem, eh oui !

 

Il existe ce soleil réparateur sous forme nue,

Aux allures fauves, sauvages et masquées,

Il empêche de se dandiner à une corde tendue

Entre terre et ciel ; ainsi ne plus vouloir exister...

 

 

VOLUTES...

 Les lèvres sur cette main que l'on chérit,                       

Provoque l'éthylisme qui fait divaguer

Parmi les volutes épaisses, qui s'enfuient

Vers ce doux naufrage, havre de paix.

 

La bruine s'enveloppe d'un vin de vigueur,

Près de ce lampadaire qui rigole aux éclats

Et se moque, qu'il est là contre la peur

De voir un jour partir les sorcières au Sabbat.

 

La lumière s'évanouit dans un voile lointain,

Dans cette profondeur, que seule la nuit connaît.

Elle s'en va, le regard brillant et serein,

Emportant avec elle, le livre d'une histoire vraie…

 

 

REVERBERES...

 

Pensif, lascif, le verre se fâche poncif.

Quelque part les réverbères s'allument vifs;

Senteurs, lenteurs, le Monde se lève hâtif.

Quelque part la lune donne son air captif.

 

As- tu vu dans ses yeux un rayon vespéral ?

Là-bas, peut-être, - au tabac chique caporal -.

Faut-il cracher, ce mélange aigre santal ?

Aux Cyclades, soufflées par un vent sentimental.

 

La brise se répand aux vagues saumâtres,

Au jour de la nudité, sans voile cadre

Furtif, évasif; les luttes sont âpres,

A travers le prisme, l'arc-en-ciel d'une nacre...

 

 

ENVOL...

 

La lune se pose sur l'arbre

Que les étoiles nourrissent

Des lumières d'au-delà.

 

Les branches, rose des vents,

S'orientent vers la nuit;

Derrière les remparts

Aux créneaux d'obscurité.

 

Les racines aux larges coudes

Puisent la terre mamelonnée,

Vers ces profondeurs où le cri

S'exténue aux instants.

 

Là-bas, les feuilles d'or,

S'envolent au vent levant...

 

 

BONHEUR...

 Dans tes yeux, le bleu d'azur du ciel

Se suspend aux parfums des rêves,

A la profondeur des airs qui s'éveillent,

Au son de ta bouche, d'une douce trêve.

 

Ton corps, ta peau blanche et câline,

Voluptueuse comme une frêle essence,

Frémit aux premières caresses malignes;

Emportées par l'ivresse des sens.

 

J'aime sentir ton coeur contre moi,

L'écouter battre de toute sa chaleur

Et se blottir ensemble sous un toit

D'une maison que j'appellerai " Bonheur "...

 

 

 

FENETRE...

 Debout contre la fenêtre,

Dehors le ciel se tache de nuages.

 

Enfin la vie s'offre à moi,

Embryon de l'envol éternel.

 

Se laisser pénétrer, savourer de boissons vivantes,

Juste le temps de ce léger coup de brise,

Où les yeux s'éblouissent et que la voix chante

Ces airs tiédis par une nuit indécise.

 

Ce n'est qu'un rêve évanouit, perdu dans l'air

Que la nuit sombre envoûte de ses charmes;

Que l'innocence sait faire aimer et plaire,

Comme le vertige lunaire des traits d'une femme...

 

 

BONHEUR...

 Dans tes yeux, le bleu d'azur du ciel

Se suspend aux parfums des rêves,

A la profondeur des airs qui s'éveillent,

Au son de ta bouche, d'une douce trêve.

 

Ton corps, ta peau blanche et câline,

Voluptueuse comme une frêle essence,

Frémit aux premières caresses malignes;

Emportées par l'ivresse des sens.

 

J'aime sentir ton coeur contre moi,

L'écouter battre de toute sa chaleur

Et se blottir ensemble sous un toit

D'une maison que j'appellerai " Bonheur "...

 

 

L'ARBRE AU SOLEIL...

 Dans ma tête, il se passe des choses;

Des fleuves, des forêts ou des océans,

Tous à la fois surgissent comme des êtres.

 

Le miroir d'une flaque, perlée de soie,

S'accroche aux feuilles qui sustentent

A l'arbre aux mille moulins à prières.

 

Le frisson du vent d'Autan bat l'âpre fiel;

Qu'impressionnent les yeux à fixer le ciel,

Et à écouter ce calme des solitudes dénudées,

Où les bois pleurent de leurs écorces mouillées…

 

 

LICORNE...

 Le lys en parterre dans la vallée de la pierre blanche;

C'est ici que commença la légende de la licorne,

Cet étrange animal à la corne d'or, qui tranche

D'un seul coup de tête les esprits qui fanfaronnent.

 

Les rus d'eau ne sont à l'origine d'aucunes sources;

C'est le ciel dispensateur qui les nourrit en jets diffus,

Comme une sorte d'ombre disparate, sans la moindre cause

A s'aventurer, déjà dans cette jungle, aux herbes touffus.

 

Les chemins de traverse se croisent et se perdent là où

Aucunes traces vraiment perceptibles, sous les pas adroits,

Avancent en zigzaguant; comme si la panique prenait un fou,

Furieux de n'avoir jeté sa folie par-dessus les toits…

 

 

CLOCHARD...

 

Dans la rue se frottent les gens,
Les regards furtifs ne voyant pas,
Le clochard philosophe qui à l'instant,
Eternue et pense qui vivra, verra.

 

La soupe est souvent bonne au coin,
Près des lampadaires bleuissants ;
C'est là que tout le monde se rejoint,
Pour s'éclater d'un rire bon enfant.

 

Les pavés sont souvent souillés,

Par un mélange de larmes tristes ;
Mais aussi celles d'une destinée,
Qui voie s'envoler le temps très vite.

 

Quelquefois le bitume se soulève,

Pour laisser pousser hors de terre,

Une multitude de roses de rêve ;
Qui caressent des seins imaginaires.

 

Le tout est arrosé, nourrit d'une pluie ;
De grosses gouttes lourdes, d'une légèreté,
Comme le baisé suave d'une nuit,

Dans laquelle on se blottirait rassuré...

 

 

LACTESCENCE...

 

Quel bonheur de sentir monter en soi,

Toute cette vie suprême, toute simple ;

Amalgame de sensations et d'émois,

Enfin que les visions claires soient humbles.

 

Au petit jour quand les frimas s'animent,

Le voile se lève, virevolte dans les airs

Plus ascendants, d'un coup sans déprime,

C'est le commencement sensible d'une ère...

 

Les sensations sont des couleurs d'aquarelles,

Diluées aux larmes douces du cœur ,

On peut le laisser pleurer, c'est naturel,

Son sang est translucide, plein de senteurs.

 

La lactescence imaginaire sort des entrailles,

C'est elle qui permet de prolonger la vie,

Bien au-delà de celle qui nous tenaille,

A chaque instant où toujours on a fuit…

 

 

DUNE...

 L'horizon zigzague jusqu'à la plage ;
L'étoile de mer luit à des années lumières :
Une est très proche, exilée naufragée,
Des vaguelettes dispersées sombres et claires.

 

Le front se perle de vin vigoureux,
Un frais souffle hèle un appel ;
Celui des blancs coquillages mélodieux,
Aux messages délavés sans nouvelles.

 

On entre dans cette large grotte ;
Par l'immersion sans branchies.
Le regard se pique et se frotte,
Avide d'une vision d'un pas franchi.

 

Le rêve n'est là à vouloir songer,
A un moment d'égarement suspendu ;
Aux dunes se déplaçant sans danger,
De recouvrir le lieu des puits perdus…

 

 

 

 

 

 

 

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