marion lubreac

Marion Lubréac

 

 

 

 

 

 

 

 La marchande de glaces 

 Chaque fois que l'été arrive et qu'il menace de faire chaud, toutes les petites fées de QUELIPONT se regroupent sous le grand saule pleureur, en haut de la colline.

Moi la première, j’y rejoins madame Patinette. Si tôt que le jour baisse, nous nous lovons contre elle, les ailes sagement repliées.

Alors, elle se met à raconter des choses tristes et envoûtantes. Elle nous invente des histoires à boules, comme chez le glacier. Des contes au goût de sanglot, de tristesse, d’angoisse ou de solitude. On peut choisir son parfum rien qu’en l’écoutant. Ca fait qu’on a moins chaud, on se sent rafraîchi.

Tout se lape et se lèche, nous dit-elle .Même si rien ne se digère. C'est la loi de la vie ! Quoi qu’il en soit, c'est obligé d'absorber de cette glace-là pour se fabriquer un semblant de coeur figé!

Moi comme glace à boules chez madame Patinette, j'ai pris des grosses boules, solitude, chagrin et peur, avec un supplément chantilly à l'incompréhension. Ce n’est pas terrible comme goût, mais bon, faut faire avec.

Il y a quand même des soirs où on ne choisit pas !

http://lavenuslitteraire.com/Lubreaction.htm#impressionschocolatees






LUI

Abandonné à lui même
Recroquevillé
En sa cavité propre
Abîmé
Profond
Un œil juste
En lumière
A peine
Esquissée...


LUI
L'errant
Pourra-t-il ressurgir
Renaître
Sourdre
Se sa propre pourriture intérieure

LUI

Le prétendant
A l’amour éternel
L'aspirant
Précurseur
De la Lumière
Dispensera-t-il un jour
Une dynamique ensoleillante ?

février 2007


 


Saveur d'amertume

Tes yeux saveur d’étang
De mousse et de lichen
Laissent en moi un goût
Délicieux d’écume.

Panacée délicate de nos amours d’antan
Liqueur âpre d’épices, de miel et de verveine
Autant de souvenirs que ma mémoire déjoue
Je t’aime et t’aimerai malgré mon amertume





Dévoreuse du temps

Lui
Bras noués autour de son torse
Bouche close
Les yeux embrumés de ciel gris
Souffre
A subir trop de solitude
Recroquevillé
Au seul de son absolue
Incertitude

Elle
Mains ouvertes
Happe les nuages
Dévore la pluie
Suce les embruns
Pour nettoyer l'univers
De sa peur
Lui adoucir le rivage.





Renaissance

Accroché aux branches de son sourire
Le corps baigné de mousses odorantes
Aux senteurs d’herbes séchées
Aux odeurs du vent sauvage
Amoureusement
Il flotte
A la chute de ses yeux glauques
Lacs reposants
Rafraîchissants
Ilots paisibles
Où il apprend
L’Expir
A se vider de sa terreur
L’Inspire
A se nourrir de sa plénitude




Impression chocolatée

Ses yeux pailletés
Au long goût de noisettes
Se mélangent
A l'onctueux chocolat de son lourd regard
Impression de saveurs liquoreuses
Liquidités fondantes
Allongements
Harmonie de douceurs alanguies
Tendresse
Du coin des lèvres
Ses mains scintillent
A l'ombre de ses cheveux
...Là
Où sa bouche picore
De délicieux préludes.
Sous sa langue pétillent
De subtiles senteurs sucrées.
Gourmande
Elle se délecte
Des rondeurs sirupeuses aux suaves parfums
Des délices moelleux de ses lèvres pulpeuses...





Bruissement d'eau

Sous son voile, la cascade m’occulte tendrement.
Transportée par son chant, je me laisse bercer.
Sa musique m’emplit. Je m’endors doucement.
J’ai fermé les paupières, totalement enivrée.

Transportée par son chant, je me laisse bercer.
Près du tourbillon blanc de l’écume impérieuse
J’ai fermé les paupières, totalement enivrée.
Je me sais habitée d’une radieuse lumière.

Près du tourbillon blanc de l’écume impérieuse,
Les herbes s’entrelacent au moindre coup de vent.
Je me sais habitée d’une radieuse lumière,
Et les fleurs de pommiers virevoltent en tournant.

Les herbes s’entrelacent au moindre coup de vent
Je me souviens de toi. De tes yeux bien trop tendres.
Et les fleurs de pommiers virevoltent en tournant.
Mon cœur se gonfle encore et ne veut rien comprendre.

Je me souviens de toi ! De tes yeux bien trop tendres !
J’étreins le tronc rugueux pour absorber sa force
Mon cœur se gonfle encore et ne veut rien comprendre.
La sève monte en moi en transperçant l’écorce.

J’étreins le tronc rugueux pour absorber sa force.
Je n’ai plus peur de rien. Je pleure. Tout simplement.
La sève monte en moi en transperçant l’écorce.
Sous son voile, la cascade m’occulte tendrement.





Je ne pourrai pas t'oublier

Quand la mer sur la terre cent fois sera passée,
Et qu’au fil des années nous nous serons perdus,
Je penserai souvent à nos joies, nos fous rires…
Le plaisir renaîtra, comme en rêve, mon aimé :
Je retrouverai le goût du sentiment perdu,
Et t’aimerai encore, comme un coup de tonnerre,
Car jamais, non jamais mon amour, mon aimé,
Je ne pourrai t’oublier.


Oui, tu es à la fois la clémence et la foudre,
Tu es l’enivrement d’un passé bien trop court
Qui veut renaître encore, pour toujours, mon amour.
A te perdre à jamais je ne peux me résoudre.

Si le temps nous sépare, et qu’il veut m’effacer,
Lutte encore, mon amour, lutte dans l ’Absolu
Car même si l’orage écarte mes prières,
Tu seras à jamais en mon âme incarné.

Rien de ces chères années, ne semble superflu.
Si à chaque printemps la vie te semble amère
Souviens-toi que la mort ne peut pas séparer
Ceux qui s’aiment si fort et que tout veut lier.





Suicide

Dans la magie des eaux calmes d’un étang oublié
Au fond des âges, au bout de la nuit des temps,
Le soleil nu se baigne, épuisé, radieux,
Dans l’eau verte et sereine protégé des regards.

Ma beauté douce et chaude, donne moi l’espérance
Efface de mes cieux les souvenirs d’antan !
Pose sur mes yeux lourds et fatigués ta bouche,
Lèche moi les paupières et fais naître l’oubli…

Le soleil nu, velu, se baigne au cœur de l’aube, 
Il se sèche aux orties, paré de saponaires
Et la fuite du temps sur lui glisse et repose
La magie de l’eau verte le fascine et le calme

Mon amour, ma brillance, ô Dieu des éphémères
Dieu limpide aux yeux purs et aux lèvres amères !
Ta blondeur singulière et l’eau verte du ciel
M’hypnotise, me soulève : et je me jette alors

Dans les eaux d’endormance auprès des sagittaires…






OARISTYS

Ma vie, mon rêve, mon univers bleuté, cristallisé,
Tu enroules puis déroules tes longs cheveux de brume et de vent
Mon éternel amour , mon soleil de lumière
Tu me soulèves et tu me portes vers l’ailleurs étincelant !

(Notre oaristys ressemble à la poussière des tombeaux que le vent éparpille
Et notre soumission obédientielle à l’Absolu nous étreint à nouveau)

Tu es chaud comme le feu de la Terre
Léger comme le vent et souple comme l’eau

Tu as la couleur du miel
Un regard de fond d’étang, de mousse
Comment ne pas s’y noyer
S’y laisser mourir
Pour retrouver le calme
Oublier la souffrance
La presque mort…

Mon rêve transparent, ouatiné, ma tendresse
Mon éternel amour, mon soleil de lumière
Soulève-moi et porte- moi solide et fière
Dans l’univers blanc, loin de la détresse,
Loin des buveurs de sang !





A me nourrir de toi

Posée
Toute douce
Goulue
Inassouvie
Au large rebord de tes cils
Je bois l’eau
De ta vie

J’aspire ton amour
Je dévore ton âme
Fais croquer sous mes dents les tourments qui t’affolent

Séduite
Par ta passivité

Les sens affolés
Par ton abandon

Rassurée
Par ton consentement

Calmée
Par ton inertie

A laper ce nectar, viendra la saoulerie
Pour que me submerge
Comme une vague immense
La perte de l’indicible
Que commence l’errance
L’oubli de mon nom
Le déni de mon image…

J’étancherai ma soif
Jusqu’à la déraison
A longues gorgées suaves
Par de lourdes rasades englouties
A me barbouiller le menton
A me souiller la gorge
Sans prendre garde
A la sauvagerie de mon attitude
Au dépeçage orgiaque de mes excès lunaires

Pitoyable bête traquée, je déchiquette et me nourris
Les tempes enfiévrées, absorbant tout de toi
A en vomir mon âme
Ecoeurée, nauséeuse
Gourmande et amoureuse
Jusqu’à mourir de toi

Ah
Que me prenne la folie
Et que me noie l’oubli !

Je savoure le pétillement suave de ton regard vert

Et m’enivre de toi, jamais repue, ni satisfaite

Avide de disparaître à jamais à la violence, à la tourmente
Jusqu'à la béatitude

Sous ma langue
Je goûte la liqueur acre de tes prunelles
Gueule arrondie
Pupilles hagardes et floues
Comme tète la louve chancelante
Et me ressource
Pour trouver la paix

Les yeux noyés
Tête penchée
Tu me regardes
Visage incliné

Je suis en plénitude
A la saveur de ton sourire.

Janvier 2007

 

 

 

 



Oeuvre de U. Boccioni (1910/1911)

Tombe de Glace 

Non. 

Ne t´approche pas de ce miroir. 
Pas si près. 
Pas au point de plonger dans ses yeux pâles.

D´effleurer ses lèvres de ta bouche. 
Ecarte- toi. 
Doucement. 
Et ne fais pas de bruit. 
Qu´il ne décèle pas ton image dans le tain que tu salis. 
Son corps est noué au mien

Vois-tu ?
Tu ne peux pas l`apercevoir 
Mais à l´eau du reflet
Nos âmes se sont mêlées.
Elles dansent
Alanguies

A la surface plane du non perçu des choses
Au-delà des mots
A peine audibles
Juste
Susurrés. 
Bribes de gestes

Esquisses de regards enlacés. 
Etreintes tendres et alchimiques
Posées pour l´éternité
Gravées
Enracinées
Dans la profondeur 
liquide du diamant de son oeil. 
Non. 

Ce miroir n´est pas tien.
Il doit être voilé, car c´est un sanctuaire. 
Ne viens pas le souiller de ton hideux sourire
De ta silhouette profanatoire. 
C´est là qu'il se repose
Eternellement mien
Souriant 
Apaisant. 
Là qu´il m´enlace

Pose ses lèvres sur ma nuque
A la naissance des cheveux. 
Là que nos yeux se boivent à s'enivrer.

 

 



Au coeur du silence


Profondément ancré
Cet amour douloureux
Etale ses rhizomes
S’enracine plus fort
Repu
De ton absence

Silencieux il rampe
Et m habite et me hante
A m étouffer de toi
A me voler la voix
Nourri de tes oublis
Gavé de négligence

Je souhaite avancer
Seule
Le cœur broyé mais l’âme fière
T’aimer sans rien te dire
Pas même
Combien je t’aime

18 janvier 2007



 


Le passage

Afin que vite la douleur s’arrête
Mourir
Pour que plus rien d’elle ne reste
Mourir
Ne pas trahir ce qu’elle a de sagesse
Partir
Et passer au rouge
Vers d’autres parcours…

Les couteaux effilés progressent et s’aiguisent
L’essence
S’arroser
Au jardin trop lourd d’un soleil écrasant
S’enflammer
Comme on se consume pour
Un amour perdu


Il est une île
Un paradis perdu
Il est
De tous
Le seul radeau possible
Le seul aimé
Le seul.

Mourir
Sans lui la vie n’a plus de palpé
Fuir
Une réalité trop hideuse

Lui
Chevalier protecteur
Contre le mal ambiant
Lui
Parti protéger la princesse
Ignore
Notre douleur enfantine
Piétine
Notre peine

Givrée de peur et d’abandon
Elle ne peut ni pleurer
Ni hurler

Elle aime
A l’infini elle aime
A l’odeur du sucre de sa peau
Elle l’aime
Sa chair incluse dans sa chair ne saurait être séparée
Que par sa propre pourriture.

Août 2005 







AMOUR DE PLAGE

PICORÉE DE FRISSONS
TA PEAU OFFRE SA SAVEUR
A L AIGUILLE DE MA BOUCHE

JE SOUPIRE A L ENVIE
DU SEL DE TON TORSE

TREMPE MON REGARD VERT

GOURMANDE

AU GOÛT DE TES PRUNELLES

LARGES OCEANS CRÉMEUX

LAGONS ENCHANTEURS
ET SUCRES

...JE GOUTE AVIDEMENT
AU PIMENT DE TA VIGUEUR
ET T ÉPUISÉ

TE BUVANT DOUCEMENT

AMOUREUSEMENT

GORGÉE DE TES SOUPIRS

août 2005

 

 

 

 

Haïkus de Marion

 

 

En mon éternité

 

Toi

L’être

Au bout toutes

Tes certitudes

 

L’homme

Au bout de tes doutes

 

Toi

Qui n’est heureux de rien

 

Viens te reposer en mon ventre

M’accueillir

En tes branches moussues

 

Que je t’aime

Que tu sentes vibrer l’harmonie

Au creux de nos âmes

Recueillies

 

Repose toi

Arrête ta course

Pose ton cœur

Et regarde

Combien  je t’aime

 

Et sens

Aussi longtemps

Que je serais

Tienne.

 

 

 

 

 

  Douleurs d'entrailles

Toi
Qui a noyé tes soupirs et tes enivrements
Vingt ans
Dans mes entrailles
Comme on vient se rassurer
Dans une tiède moiteur
Comme on s'endort apaisé dans un refuge
Un nid de douceur
Un havre de paix
Toi
Qui a choisi d'implanter la paume de tes mains
La dorure de ton regard
Ta virilité soyeuse
Dans ce ventre inconnu
Toi
Qui a semé ton amour en elle,
A gémi
Haletant sous ses douces caresses

Je ne sais pas qui tu es
J'ai perdu ton visage
J'ai oublié ton nom

Moi
Le ventre vide
Abandonnée dans les ténèbres
Terrifiée
J'ai oublié
Celle que j'étais
Perdu mon reflet dans le miroir

Parce que tu m'as niée

   

 

 

 

 

Tendre maître de ses plaisirs
Orchestrateur de ses désirs
Il s'est fait vague
Et caresse le sable
De sa peau nue
Sous la chaleur de ses baisers
Elle étire l'infinité
De son âme
Au delà d'un frisson 
Délicieux d'écume
Les algues de ses doigts
S'enroulent
Enveloppent La pétillance de son corps
Étirée jusqu'à la grève
Repoussée vers l'horizon
Troublante
Dans sa jouissance
Elle s'oublie
Aux notes de ses lèvres
Et se meurt
Recueillie
Au large
De ses prunelles.

22 avril 2006 Avignon







Amoureusement

Tes mains m'emportent...
Obéir
L'âme offerte
Nimbée de ta puissance
Virile
Humer l'essence
De tes désirs
Oublier la raison
Murmurer ma tendresse
Mon amour
Mon amant
Éperdument
T'appartenir

22 avril 2006 Avignon







 
     
Vous qui me provoquez…

Vous qui me provoquez, qui voulez m’approcher, 
Me voilà devant vous ; venez et écoutez :
Je suis l’illimité, je suis l’être absolu
Je suis ce qui respire sans y être tenu.
Je suis fait de passé, de présent, d’avenir,
Ce que rien ni personne ne pourrait soutenir.

Vous qui me provoquez, venez et écoutez :
J’ai toujours été là, et je vous regardais :
Je suis terre, sang et eau, je suis pourpre et tonnerre,
Et je suis immobile, j’expose mon mystère.
Devinez qui je suis, écoutez bien la fable :
Je suis fait d’étincelles, de foudre, d’eau et de sable…
Image du passé, mystérieuse effigie, 
Je suis proche et lointaine, je me ris de la nuit.
Sous mes griffes je tiens l’être, mais aussi le non-être. 
Regardez, écoutez : vous devinerez peut-être…






Inceste 

C’est moi ta sœur, ô frère Lune
L’incestueuse et l’envoûtante
Ta sœur mais pourtant ton amante
C’est moi ton double ô, frère Lune…

Dans les ténèbres sans un bruit,
Quand vient le noir, tout doucement,
En grand secret, sans un bruissement,
Sous tes draps je suis chaque nuit…

Je viens t’incendier de mes reins,
De mes cheveux t’emprisonner,
Te respirer, te faire brûler, 
Sous les frottements de mes seins…

Je viens te boire et t’avaler
Je viens t’épuiser pour renaître
Passionnément de tout mon être
Je viens mon frère te dévorer.

Abreuvée de tes doux baisers
A bout de souffle, au petit jour,
Moi ta femelle, mon doux amour
Loin de ta couche, je disparais…

 

 

 

Feu d'artifices

Sous un ciel plombé de feu, dessous la lune, mon cœur est mort 
Je reste là, prostrée, l'âme en peine, je contemple avec détresse
Mon passé douloureux. Plus rien ne subsiste tant que le ciel en liesse
Brûle de mille feux. Mon âme est pantelante, et moi j'espère encor'

Pour toi je me nierai, je deviendrais parjure
Les gerbes d'artifices tirent des cris de joie
Moi je me meurs déjà, me languis de tes bras,
J’ai péri dans tes yeux, c'est ce qui me torture

La voûte illuminée, magnifique, bigarrée
Ensevelit mon âme de lumière torturée
Le monde hurle de joie, le ciel flambant crépite.

Sourire. Aimer encore. Écouter. Rester droite.
Quand mon être s'effondre tel sera mon karma
Car il s'est disloqué au soleil de tes bras.

 

 

 

 

Bonheur pastoral


Doux pétales des fleurs des champs
Tombent un à un dans l’herbe drue.
Ils virevoltent et planent au vent,
Doux pétales des fleurs des champs.
Qui parfois se posent sur l’étang.
Prennent des poses saugrenues.
Doux pétales des fleurs des champs
Tombent un à un dans l’herbe drue.

Les enfants rient, c’est le printemps !
Ma fille danse les jambes nues
Virevolte et saute en chantant
Les enfants rient, c’est le printemps
Ils font la ronde se bousculant
Jolies frimousses, belles ingénues
Les enfants rient, c’est le printemps
Ma fille danse les jambes nues

Petit amour vient m’embrasser
Ton cœur si pur sait me charmer
Belle enjôleuse, tendre féline
Petit amour, viens m’embrasser
Comme tes yeux brillent douce câline
Mon petit chat cherche un baiser
Petit amour vient m’embrasser
Ton cœur si pur sait me charmer

Pour ton goûter, tendre fillette
J’irai cueillir la fraise au bois
J’en ramasserai tout plein je crois
Pour ton goûter, tendre fillette
Te donnerai des tartelettes
Des sucreries et du soda
Pour ton goûter tendre fillette
J’irai cueillir la fraise au bois

 

 

 

 

Abécédaire Amoureux

Au crépuscule de nos amours
Balance mon âme
Chancelle ma vie.

Depuis ton départ
Épuisée, j'ai tout perdu
Force
Gaieté
Honneur
Idéal.

Je survis à la nuit
Knock-out.

Le jour viendra bien sûr
Merveilleux de lumière
Nimbé d'une force nouvelle.

Où que tu sois parti,
Pour qui que ce soit
Qu'importe l'éloignement ?

Rassérénée et radieuse
Sans plus de haine ni de rancœur
Tu le sais: je t'attendrai

Unis par l'âme comme nous le sommes
Vois comme notre avenir scintille encore
Walk-over tu resteras autant de temps qu'il le faudra

Xéno tropisme dis-tu ? Que m'importe !
Y a-t-il quoi que ce soit qui me soit interdit ?
ZEN je veux demeurer. En attente de toi. Mon aimé !

 

 

 

 

 Enfermoir Psychiatrique 


Si j’en avais le droit
Je te ferais l’amour
J’esquisserai vers toi les pas de l’espérance
Te prendrais dans mes bras, caresserais ta bouche
Si j’en avais le droit

Tu le sais que je t’aime

Je m'enroulerais autour de ton âme
comme une liane
me gaverais de ta substance
plaquerais ma bouche contre tes lèvres

Avidement

Longuement

Passionnément
Et je t'incendierais
Je t'enflammerais
Je te ferais chavirer la raison
Mon amour
Mon tendre et doux amour …

Empêche moi de te couvrir de ma chaleur 
Mon amour 
Repousse ma tendresse…

Ne reviens jamais plus boire à l'eau de mes yeux
Fais moi juste souffrir 
Par amour

Offre moi la désespérance
De te savoir choyé par la vie
Je veux t'aimer absolument
infiniment…
j'enrage 

Je souffre
Au-delà de ma folie
Je voudrais voler jusqu'à toi
Violer ta fenêtre et ramper en toi

Puiser ta semence
Pour mourir de délice
Va 

Va mon amour
Que je puisse me désincarner
Et te surprendre
Prendre possession de ton corps
Et me frotter à ton âme
Me frotter à t'enflammer
Jusqu'à te posséder
J'ouvrirai une- à- une les portes de ta déraison 

Pour que tu t'offres a moi
Totalement
Dans une extase infinie
Je t'offrirais l'échange dans la fusion totale de nos êtres 
Dans l'inceste le plus pervers de notre gémellité
Dans toute la splendeur de mon instinct de femelle

Je viendrais à toi
Et m'offrirais

Cette offrande diabolique

Formerait le creuset de notre Alchimie,

Mon amour 

 

 

 

 

CAEDES


On sonna à la porte. Dehors, il faisait froid. Il demanda qu’on ouvre. Sans mot dire, en allongeant le cou ce qui lui donnait une allure un peu niaise, une jeune étrangère entra et se dirigea à grandes enjambées vers le feu qui brûlait dans la cheminée. Elle devait avoir environ trente ans, et l’extrême pâleur de son visage faisait ressortir deux grands yeux noirs très fixes. Elle s’accroupit sur la pierre bleue à gicler, là où RENAIN le vieux domestique coupe le cou des canards le dimanche et les jours de fête. Malgré ses manières quelque peu singulières, elle paraissait sympathique et il lui offrit de rester. Elle ôta alors son châle noir et étendit ses doigts gourds au-dessus des flammes qui crépitaient dans l’âtre. S’installant plus confortablement, elle Ramena ses genoux sous le menton, et tout en le dévisageant effrontément, elle se mit à lui raconter n’importe quoi.Lui, médusé, s’écarta imperceptiblement sans rien dire. Il l’observait, étonné par le brusque changement d’attitude qu’il observait. Une lueur triste assombrissait parfois son regard lorsqu’elle parlait. Elle entrecoupait alors son récit de silences imprécis ou de rires hystériques qui le mettaient mal à l’aise. Son hôte ne manqua pas de remarquer en elle une grande perturbation. C’était vraiment une personne très bizarre. Ses yeux un peu fous fendaient son visage sans avoir l’air de le voir, comme si elle lisait à travers lui, ce qui l’emplissait d’une indicible angoisse. Il ne pouvait retenir ce regard fixe. Soudain, la jeune femme lui saisit le bras et lui dit en resserrant son étreinte :« Merci, vous ne pouvez pas vous rendre compte à quel point je vous suis reconnaissante. Et pourtant, je vais devoir vous demander de me pardonner. »
Il se dégagea assez vivement, manifestement agacé par l’attitude toujours plus étrange de sa compagne. C’était le genre de femme encombrante dont on ne savait que faire. 
C’est lui qui, le premier, découvrit son corps pendu dans l’armoire. En ouvrant la porte, il avait été frappé par le visage violet, les yeux révulsés, horribles à voir. Blanc, immobile, le cadavre oscillant de la morte l’hypnotisait. 
« Drôle de façon d’attirer mon attention, songea-t-il. Ce n’est certes pas ainsi qu’elle va m’apitoyer. »
En fait, elle ne lui plaisait plus du tout. Elle ne lui paraissait pas franche. Il se sentait très mal à l’aise en sa présence. Il n’attendait qu’une chose : qu’elle s’en aille. Il sentait malgré tout, contre sa décision intime, qu’elle était arrivée sournoisement à s’infiltrer en lui. Le visage hideusement changé lui souriait et les yeux blancs, si blancs dans ce visage affreux semblaient le fixer. Il se prit à penser que toujours le spectre serait là, à lui sourire. Toujours trop prêt de lui, toujours trop proche. Il se sentait comme happé par la bouche rouge.Il prit la décision de décrocher le cadavre. Il étendit la femme sur le lit et alla ouvrir la fenêtre pour faire entrer la lumière et un peu d’air frais. Après avoir baissé les paupières de la morte, il la recouvrit d’un drap. Il était maintenant soulagé de ne plus voir ce visage figé par la mort. Il avait, au fond de la gorge, une grande envie de vomir. Il était effondré sur une chaise, près du lit où elle gisait. Incapable de rassembler ses idées. La tête vide. Les yeux agrandis par l’horreur de la situation. Il était là, sans pouvoir bouger. A la longue, Il se demanda quand même pourquoi elle était venue se pendre justement chez lui. Par ennui ? Peut-être était-ce de sa faute à lui ? Avait-il fait preuve d’indifférence ? Une sensation de culpabilité l’emplissait maintenant, et il ne parvenait pas à se raisonner. L’attitude fantasque de la femme lui laissait une singulière impression. 
Il se rasséréna en pensant que bientôt, le croque-mort passerait. RENAIN ne s’était-il pas chargé de toute la procédure ? 
 

michel

 

 

marionLubreac@aol.com

 

 

Compteur Marion Lubreac :