Pascal Lamachère

Pascal Lamachère

   

 

L'espoir du cœur enfant

 

Quand l'enfant s'est penché à son petit ruisseau,  
Il se voit déjà grand et sent où va son fleuve,  
C'est l'aube chatoyante où les cieux sont au beau  

Arrive l'embouchure et les premières épreuves,
Nuages vont, viennent, le temps est incertain,  
L'enfant sonde le bonheur, il va graver ses preuves  

La barque suit son cours, sans penser au lointain,
Comme si un trait ardent cela est, l'instant mire  
Le cœur, mue sans changer, se recouvre d'étain...  

Ô, Joie ! Sens du monde donne tout le sourire,  
Malgré intempéries, que l'âme du cœur d'enfant  
Puisse déployer ailes, se bercer à la lyre

Ô ! Poussières d'étoiles... de là va puiser sang,  
D'encre réaliser, des fenêtres les ailes  
Vont tracer le fleuve dans les cieux aimants  

Tout en s'ouvrant à vie, comme un jeu de marelle,  
Va pouvoir revenir au lieu où ruisseau  
Offre l'antre à soi des saisons éternelles...  

L'adulte s'avance, fardé de bien des maux, 
Certaines des journées en mauvaises surprises  
L'ont un peu effrité, il pose le fardeau  

Mais même éclats voilés, il continue... se grise,  
Donne avec passion, sans compter, sans détour,  
Jusqu'à lie de l'espoir, que bond charnel attise...

  L'espoir du cœur enfant, c'est "aimer" pour toujours...  

Janvier 2002

 

***  

Regard d’été orageux

En juillet, feu la fleur déchaîne ses é-crins.
Un immense océan d'or s'arrime aux rivages !
Le timbre de l'été, est bleuté, sans nuage,
Il s'illumine, forge les manteaux d'airains
En chaire de reflets. Quand arrive l'orage
Tout l'emmagasiné s'annonce le burin.

Je regarde le ciel, je rêve du rivage
Frais de mes automnes. A leur lyre, les é-crins
Sont reliés avec les sens à fleur d'airain !
Sonnant, trébuchant sur le marbre, tel nuages
Nourriciers et gelés, que la main du burin
Seul va pouvoir former, perpétuant l'orage.

L'enchaînement violent concurrence l'airain !
Le haut tapis de gris palpite des nuages.
Au sol le vent frise la sève de l'orage,
Sous une pluie de nuit qui se brise au burin.
Au midi, un diamant à l'aveuglant rivage
Est, larme opaline de l'aube, par é-crins.

Les hirondelles volent bas, laissent les nuages
A d'autres amateurs d'aciers, migrants de l'airain.
Le cœur aimant sert du rêve comme un burin
Des frimas. Vif, éclairé, il oublie l'orage !
Voyage sur sa barque et sort de son é-crin
Les merveilles en vie, pour adoucir le rivage.

Je regarde l'instant affiner son burin :
Papillons, roses, se font voir malgré l'orage,
S'épanouissent en chantant pour eux, leur rivage
Continue d'embaumer l'air du divin é-crin,
Le vent fait fi des murs, des êtres, les nuages
Soulève en un ailleurs, où frisera l'airain !

Un dernier éclat coupe, soubresaut d'orage,
Les cieux tout de jaune. A l'affût le burin
Va finir par s'assoupir au lac, dans l'é-crin
Du miroir retournant, héliaque du rivage
Etoilé. Les rumeurs éléates font l'airain
Disparaître ! Le rêveur reprend ses nuages.

D'été... é-crins sont d'or, gerbes de feu... rivages,
Avec ou sans nuages, aux beaux jours, sont d'airains...
Les orages frappent, sculptent l'air au burin.

Juin 2003

 

***

 

Le linceul de l'été

Il n'est Temps de changer, mais tout est déréglé...
Les feuilles sont jaunies par la pluie de crins d'or,
Elles tombent sur le sol, plombées par la chaleur.

Le lac est un miroir où vont se refléter
Les ombres charnelles, la morsure en essor
S’y insinue, s’y fond, contamine le cœur
De notre terre, enclin à y puiser la source.

Il n’est Temps de mourir, mais toute évaporée,
La douleur trop forte délibère avec corps
De la faune et flore, le feu fait la course.

Brise trouble la vue, mirage est déterré,
Une flamme en éteint d’autres, forge un tombeau  
De cendres, recouvre linceul, pour s’essouffler
Dans les bras courageux des chevaliers de l’eau.

Il n’est Temps de partir, le jour n’est éternel,
L’espace laisse place aux ombres enluminées,
Après le crépuscule, elles offrent une trêve.

Le lac est une glace où vont offrir leurs ailes
Célestes les filantes, et si vous « écoutez »,
La saison déchaînée, sentez ! Passionnée sève,
Voyez ! La rougeâtre homélie murmurer.

Il n’est temps de dormir, l’au-delà attendra,
Mais le glas de l’été est bien trop acéré,
Trame un drôle d’automne, aux tempétueux draps…

Juillet 2003

   

***


Dans la ruelle des ombres

« Ces jours d’été tout se meurt, tout s’efface,  
Jusqu’au flamboyant phœnix dans la glace… »  
Dans la ruelle des ombres, la charpente  
Egoutte toutes les perles de lumière,  
Des petites étoiles gravitent dans l'air,  
La mélopée des éveillés se fait fuyante.  

Dans la ruelle des ombres, les possibles
Passent. De la bouche d'âme, sans un cri,  
Les ondes du feu sacré, sur le parvis,  
S'épanchent, s'endorment, proches de l'inaudible.  

Dans la ruelle des ombres, le grand filtre  
Tente d'officier, mais, le souffle lourd  
Reste comme une gravure, où, malgré le jour,  
S'effacent tous les cieux... et le corps fait la mitre.  

Dans la ruelle des ombres, le rêveur  
Voit passer le sourire de nature, sa muse  
Par terre égratignée, assouplie sa ruse,  
Le rayon déchausse les maux désenchanteurs.  

Dans la ruelle des ombres, les… soupirs  
Reprennent vie, ô ! grâce des élans !...
Marasmes saisonniers se perdent au sang  
Passionnel de nos cœurs qui s’en vont s’assoupir…  

« Pour renaître la nuit au bonheur  
 
Du regard de nos éternelles heures ! »  

Août 2003

 

***  

Reflets marins

Les embruns visitent rivages, estocades,  
Rochers où je suis mer à contempler,  
S'éveillent l'horizon, effluves amenées,  
Transportées à la baie, par moments en ruade.  

Vagues sont nuages des eaux, des éclats de cristaux,  
Des larmes de Gaia, les murmures du TRÈS-HAUT,  
Lyre d'une sirène en joie... aux bateaux sont dessinées
Par rouleaux, dans l'écume leur histoire m'est conté.  

A quelques battements, sur le côté, au temps  
Des âmes suivent cours, bâtissent « monuments »,  
La pointe du clocher touche le ciel assoupi,  
Forêt de souvenirs dans l'ombre est tapie.  

Au lieu où cieux deviennent mer et dôme, 
En fond du feu reclus, je vais et je viens,  
Se repose la mire ; il n'y a pas de somme  
Des pensées de la mer, c'est un trésor sans fin…

  Les fleurs y poussent, voyagent avec les nuages,
Dorent leur profond regard, les pétales aux étoiles,
Puis reviennent pour mourir, soupir du cristal,
Là où abysses offrent l’éternel rivage...

  Mai 2002

   

***

   

Souriez, vous êtes en vie...

Aux lueurs d'une journée,  
Au souffle chaud de l'été,  
En l'eau de Poséidon,  
Les dieux se réunirent.  
Au bout de quelques brasses,  
Ils mirent à discourir  
Leur souffle sur la création.  
Zeus qui prenait la tasse  
Dans sa chamaille avec  
Atlas, voulait refaire  
Quelques bouts d'univers.  
Ra qui s'était mis au sec  
Ne scintillait pas de la  
Même manière. Chacun  
Avait fait son idéal,  
Mais lui, voyait au delà,  
Protégeant la vie, au teint  
De sa lumière, au cristal  
De l'âme prenant grâce,  
Donnant volupté aux formes  
Et aux sens leur mélopée.  
Uranie devant sa glace  
Acquiesçait pour le dôme  
Auquel elle avait donné  
La beauté de son âme.  

"Soyez pas si jocrisse"  
Souffla amicalement  
Eole qui déplaçait sa dame  
Sur l'échiquier d'Ulysse,  
Dans une partie l'opposant  
A Destinée. "Rien ne sert  
De complaindre, rien ne perd,  
Tout se transforme, et l'ère  
Des origines doit aller  
A soi, au linceul des temps".  
Destinée peu hésitante  
Plaça le roi étoilé  
En A ".", puis leva  
Ses pupilles souriantes.  
Empruntes de tendresse,  
Elles exprimaient les voix  
Inextricables, trépidantes,  
Riche au bout de sagesse.  
Eole ne sachant soutenir  
La profondeur envoyée,  
Se contenta d'interpréter  
Quelques paroles à son plaisir :  
"Les voiles se gonflent au vent,  
Au vent silencieux de l'intérieur.  
J'amène les embarcations  
Sur les traces, sentiments  
D'une sensation pour moi vide,  
Et les nuages, seuls fondent,  
Forgerons de leur monde,  
Moi d'eux l'esclave... hors séance,  
Je suis un dieu hors séance...  
J'en deviens livide,  
Je veux que cela change"...  

Zeus qui s'était libéré  
Acquiesça le vent... "L'univers  
A sa lumière qui diffuse  
Une incompréhensible finalité,  
Mais pour nous l'ère doit changer".  
Il lança au destin un regard inquiet...  
Et relança "N'en déplaise aux muses".

  Polymnie et Calliope  
Lisant attentivement  
Chaque mot de la séance  
S'offusquèrent, vertes de sang,  
Au nom de leur essence :  
"Aussi dieu que vous soyez,  
Vous n'avez à imposer  
Vos lois, vous devez respect  
Au cheminement sincère  
Des atomes de l'univers.  
A vous l'ombre d'un Kappa  
Seul pour décider d'un court  
Instant de la vie à jour".  
 

Zeus se sentit trahi  
Et lança de violents éclairs.  
Mnémosyne et la Terre  
S'interposèrent avec défi  
Au caprice sans consistance.  
   
Mnémosyne fâchée lança  
Son éclair personnel,  
Emprunt de son message :  
"Manque une profonde conscience  
Des autres et de leur plaintes  
Au lit de ta colère".  

"La vie est tout en sens  
Et riche de lendemains"  
Souffla le cœur de la Terre  
A l'odieux faisant séance...  
"Souffre au moins tes actes,  
Si tes paroles ne sont que... vent..."  
 

Zeus se cabra, par Eole  
Oragea, frisant brisure...  

Un éclair sur un roseau chantant,  
Tomba sur ses pliures,  
L'obligeant à se donner en obole,  
Pour qu'il n'y ait trop de césure,  
Que le feu puisse tomber à l'eau.  

La tempête commença à faire rage,  
Le temps devint aux humains  
Que Gaia avait pris en son sein,  
Signe du plus mauvais des présages.  
Déjà les valeureux marins,  
Qui voyaient l'océan s'emballer,  
Se demandaient comment du poisson  
Ils pourraient mettre dans leur pain.  

Mnémosyne se mit à regarder
Les filles, puis leur aimable hôte Poséidon,  
D'un regard suppliant. Celui-ci  
N'avait cependant de pouvoir  

Sur Zeus, et Polymnie s'était déjà enfuie.

Mnémosyne dans un sursaut d'espoir  
" Zeus, mon ami, je vous en prie,  
Cessez votre caprice, ne voyez vous point  
Ce que vous faites ? Le mal en fin ?"  

Zeus tempéra quelques instants  
" Ma mie, qui croit encore en nous ?  
Il est bel et bien arrivé le moment  
Où de notre seule manifestation,

Pour ne point tomber dans les choux,  
Possible, est la colère pour à la supplication  
Intérieure pousser, et puis, j'en ai besoin..."  

Mnémosyne tomba des nues,  
Devant l'impatience et le manque  
De conscience de ce grand monument  
Qui des planètes avait aidé à ériger.  

Ra ne voulant plus jouer les drus,  
Décida d'intervenir pour montrer le chemin  
Et aider l'hôte qui se sentait perdu  
Avec d'autres, dans cette chamaillerie.  
Il fit ses rayons plus intenses, trempa ses mains,  
Pour amener et donner chaleur,  
Eveiller en chacun, tout lieu, la vie,  
Jusqu'aux mers, cavernes, toutes profondeurs.  

Euterpe et Terpsichore profitèrent  
De cette accalmie pour se montrer,  
Pour leur don faire partager.  
Des poissons volants dansèrent,  
Pendant que des sirènes symphonie  
Des eaux jouèrent, envoûtante   
A faire chavirer tous les bateaux  
Sur les rivages, rivages de la vie.  
Eole finit par faire silence,  
Acquiesçant sur sa médisance.  
Zeus toujours prêt aux ravages,  
S'effaça de là quelques instants,  
Pour faire ailleurs son carnage,  
En compagnie de Melpomène,  
Qui trouva là, moyen de son talent  
Montrer, faire tomber les chaînes,  
La retenue qui lui était imposée.  

Destinée mis de côté l'échiquier,  
Et se décida à donner une leçon  
A ce dieu aveuglé par sa conscience,  
Pendant que le charmant Poséidon,  
Se démenait pour tous satisfaire.  
Elle demanda à Clio et Mnémosyne,  
De la suivre, courber l'échine,  
Pour contrer, panser les échancrures  
Des cieux. Clio faillit s'échouer  
Dans les bras de Gaia, s'effacer  
Avec les vies dont Zeus ôtait futur,  
Qui brûlaient sans même naître,  
Mais par la main de Destinée,  
Erato et Thalie, en déesses,  
Arrivèrent à la vue du maître  
De notre bout d'univers. Ainsi fait,  
Par delà l'esprit de l'oppresse,  
Elles donnèrent leur pouvoir  
A Mnémosyne, qui trouva la force  
Dans les bras de Zeus, de se laisser choir.  
De ce dernier, la faux quitta l'écorce,  
Se retrouvant à faire tout son travail  
Sans autre aide. Par nature elle devra  
Composer avec tous et des mailles  
Ainsi tissées, notre "bon" dieu, vivra  
Dans les bras de sa douce, l'idée  
Le quittant de vouloir tout régenter.  
   
A Clio les derniers mots de la journée,  
Dans la cour où le "calme" est retrouvé,  
De dire que si cela avait persisté  
Dans l'ignominie, Uranie aurait  
Pu amener les divinités plus haut placées,  
Afin que Gaia puisse reposer en "paix",  
Loin des turpitudes d'un Zeus, forcé  
De ne point répondre à ces idées.  

Tous s'en retournèrent à leur chambrée,  
A l'exception de Ra, qui était appelé  
Ailleurs, et d'Uranie, que les étoiles  
Avaient hâte de retrouver, au voile  
De la Lune lui offrant sa réciproque amitié.  

2001

 

***

 

Petit chant à la vie

Tous nous avons nos peines à porter,  
Nos joies sont là pour nous envoler,  
De petits riens qui forment un univers  
De douceurs, tel un ciel de mer…  
   
Un jour il n’y aura plus de guerre,  
Un jour il n’y aura plus de haine,  
Juste passion du cœur à apprivoiser,  
Juste miel à faire couler dans du fer.  
   
Tous nous avons à l’âme des peines,  
Il faut les laisser cohabiter,  
Exister, pour les petits bonheurs laisser  
Entrer, pour d’étoiles à l’instant s’envoler  

Les peines sont là pour s’exprimer,  
Ont différentes formes d’existence,  
Sur long chemin sont les gouttes de rosée  
A mieux nous faire apprécier le soleil  
   
Les joies sont là tout simplement en séance,  
Enrichies les Rosées qui s’en vont nourrir  
Les graines de rêve, en émerveilles
Eclos sans mur, en fleurs vont s’ouvrir.  

Un jour il n’y aura plus de mesquineries,
Plus de violence, plus de cris sourds sans espoir  
D’entente, plus aucune larme de sang souillé  
Par des psychés déréglés, atteintes de folies  

Folie de ne savoir exister, raison noire…  
Savoir bel amour laisser naître, s’embraser  
Dans tous ses atours, laisser voir cette passion  
Derrière notre miroir, voilà ce qui importe  

Folie de se perdre dans tout ce qui fait mal,  
De solitude de l’âme en explosion…  
Savoir passer murs, pas se perdre en dédale  
D’apparence trompeuse, voilà qui importe  
   
Tous nous avons nos peines à porter,  
Nos joies sont là pour nous envoler,  
De petits riens qui forment un univers  
De douceurs, tel un ciel de mer…  

Le « petit rien » c’est la coccinelle qui s’envole,  
Papillon qui pose un instant sur corolle,  
Une filante saluant le voyageur  
Posé sur l’herbe, en repos pour l’heure  

Le bonheur est tout cela, inextricable,  
Bouillonnant et remuant, lumière ineffable,  
Dirait celui d’amant souriant à la Vie :  
Le bonheur c’est l’amour, pour moi c’est vous ma mie  

Le bonheur est tout cela, inextricable,  
Bouillonnant et remuant, lumière ineffable,  
Bougeant sans cesse, pour père et mère, les enfants  
D’amis à parents, sang de toutes les couleurs.  

Le bonheur, c’est tout ce qui existe,  
C’est vous, nature qui longe la piste,  
Il faut juste nous y ouvrir, et accepter  
Joies et peines, apprendre le tout à partager.  

Il y a aura encore âmes, un jour j’espère,  
Etres Humains, pour dire du cœur, grâce sur terre,  
Il n’y a plus de guerres, plus de tueries,  
Plus de violences sur autrui… « Juste » la vie…


Novembre 2002

 

***

 

Valse à 4 Temps

Il y a très, très, très longtemps, alors que les terres étaient à peines émergées,
Gaia qui s'ennuyait, avant d'accueillir ses amis, parcourait de long en large sa chambrée.

Le jour, elle sentait la fleur céleste de ses écrins chatoyants, la caresser d'une douce aubade,
La nuit, l'oriflamme des cieux dansait avec elle, le silence n'était pas, en elle la chamade,
Mais elle ne savait que faire de tout ce qui était à sa portée, le dessin que lui réservait

Les dieux... Un jour, elle alla voir ce bon monsieur Temps, afin d'éclaircir son éternité.

Celui-ci, dans sa suite douillette, méditait depuis bientôt, oh !... depuis la nuit de la nuit,  
µIl s'était gavé dans la source originelle, empiffré de tablettes de big-bang et d'expansion
A en faire des trous noirs, comme une souris fromagère qui fait avec soin son gruyère. Sa position N'était pour autant pas si confortable que cela, puisqu'elle l'avait emplie de solitude sans vie ; A quoi bon, tant d'infini s'il n'est pas partagé ? Faire le tour de l'univers sans se perdre ?
Ainsi lorsque la dame toute nature vint secouer le sablier de sa porte, il en fut tout émoustillé, D'autant plus lorsqu'il aperçut la visiteuse, après s’être changé et quelques grains avoir enlevé.  
Il l'a fit entrer, la salua d'une pluie printanière, lui fit visiter de sa demeure les méandres.  
Ils entamèrent ensuite la discussion autour de leur fonction, leur destinée, leur préoccupation,  
Et Gaia arriva au vif du sujet, le pourquoi de sa venue. Le Temps comprit de sa visiteuse la déconvenue,  
Pris de compassion, il l'invita à danser, pour se changer les idées, lui promettant de trouver solution.

Le Temps : « Venez danser ma dame, les fées filantes joueront pour nous la symphonie de la nuit des temps,  
Je vous emmènerai valser jusqu'à votre ronde, où si envie vous avez, nous mettrons pensées à nu. »

Gaia : « Mon âme-Temps, vous m'envoyez devenir verte d'autant de prévenance, à en faire frémir mon sang.
Je ne puis qu'accepter, et je vous montrerai les atours et intérieurs de la planète qui fait mon sens.»

Le Temps et Gaia s'en allèrent aussitôt, enlacés l'un à l'autre. Pour leur faire hommage, le cristal de feu  
A leur venue, prit par les envolées de la mélopée, monta plus haut, et les fit baigner dans sa lumière,  
Les nuages se mirent tantôt à gronder, tantôt à s'évaporer en rythme mordoré, le vent se fit brise et tempête, 
La Vie, amie et enfant de la Dame, qui était arrivée et avait posé ses bagages, s'accommoda avec la terre,  
Puis, pour laisser intimité à la valse des deux joyeux enlacés, avec des notes plus tempérées, les cieux  
Se couvrirent, la fleur se courba pour aller au lieu où elle ne les dérangerait, amie qui toujours s'agitait,  
Se préparait avec son cortège à s'assoupir : les feuilles tombèrent pour préparer leur couche, en quête  
Des chatoiements, des oiseaux s'envolèrent vers un ailleurs, les manteaux de chacun en harmonie furent dévoilés.
Quand la musique se fit murmure, prête à s'éteindre, Temps enlaça la Dame, l'embrassa de son entier avec ciel,  
Elle lui répondit en accord, et dans l'immensité de leur plaisir de s'être trouvé, des anges de cristal vinrent,  
Les recouvrant d'un manteau d'hermine, afin qu'ils puissent jouir de leur plaisir en totale impunité, pour que dieux  
N'aient à mot dire, à jalouser. La vie qui avait fait Hommes, des arbres devenus chaumières, ils rentrèrent, frêles  
Devenus, face aux actions de monsieur Température, qui pour faire vivre l'immobilité, s'était assoupi avec le feu.

Quand nos deux amants universels, eurent consommé leur bonheur, du grain s'écoulant, les fées firent  
Rejaillir la symphonie, Gaia se changea pour mettre un manteau de verdure, son amie Vie fit des bourgeons,  
Le Temps revint en sa suite pour admirer tout le travail des astres de la nuit et du jour qui y découvrir leur passion.
Depuis ce moment circulaire, où le sablier a fait faire un tour à la terre, Gaia et le Temps ne cessent de s'offrir Cette escapade, cortège de se fondre en la symphonie, et notre Dame guillerette en sa chambre, d'arborer un grand sourire...

 

Septembre 2002

 

***

 

Les trois « Amis » pour la Vie de la langue française...

  Ils sont plus que trois amis,  
Unis devant le big-bang sur  
Le grand escalier de l'Infini...  
   
La première, ouverte pour donner,  
Le deuxième, plat comme un mur,  
Atlas le cœur univers portant,  
La troisième, à la longévité,  
La complémentarité, la complicité  
S'occupe, donnant et recevant,  
Fière comme pour deux du bébé  
   
La première, prémices forge, soucis  
De la Victoire de la création,  
Le deuxième insuffle l'Infini,  
Brise infinitésimale, incommensurable,

La troisième pour ses Enfants passion  
L'emporte... L'originalité ineffable,  
S'y glissant multitudes de créations  
   
La première, ouVerte pour receVoir,  
Le deuxième repoussant lImites  
De l'horizons et fait le lIen  
Avec la troisième qui porte Espoir  
Aux Etoiles venant en la suite,  
Parfois en filante, saluer quotidien,  
Comme un hommage à l'originelle sève,

Des âmes qui ont pris à ce rêve  
Eveillé corps, fleuris de la graine  
Qui n'a à aucun moment brisé chaîne.  
   
Mais les trois ne sont pas seuls,  
Et ont besoin des autres pour joie.  
En d'autres lieux aussi se cueillent  
L'essence, le sens de ces trois,  
En d'autres cieux, d'autres bouches,  
Où d'autres "amis" en font la souche.  

À nous francophones, à l'élan  
Prononcés d'encre-sang qui le lit,  
Ils sont é-toiles tout simplement,  
"Humblement", unis pour la VIE...  


 

Octobre 2002

 

***

 

Sur les falaises de l'aube...

 

Je regarde la mer au delà du rivage  
Mordoré, au lointain où se côtoient le feu  
De la fleur et les eaux du ventre de la terre,  
Sous le drap de nuit, évanescents nuages  
   
Tout étoilés s'en vont en bascule les cieux,  
Les remous caressent l'air. Cette partie d'univers,  
Qui s'embrase et s'entrouvre aux couleurs des abysses,  
M'invite à y plonger, le corps offert aux nues  
   
Pendant que s'assoupit l'autre partie du monde,  
Par mon cœur s'éveillent le frisson en auspice,  
Les reflets des vagues, les vols d'oiseaux en mus,  
Brise marine, songe aux nouvelles de ronde  
   
Comme une renaissance, au jour nouveau m'apporte,  
Crescendo, se déverse et se soulève l'or bleu,  
Dans un cri rougeâtre prend âme symphonie  
D'aube sur falaises, s'agite la cohorte  
   
Je les contemple, ouvert, sens grisés des creux,  
Jusqu'à ce qu'à l'écume arrivent bonds de vie,  
De ce Temps hors saison, seul comptant la beauté  
Qui semble traverser l'âge sans scission  

Du vieux fort, l'enfant tend la main à l'adulte,  
Des paysages plats, montagneux, sont gravés  
Aux eaux des merveilles, source où prend passion,  
Tout deux me rejoignent pour observer la chute :  

Les falaises de l'aube où s'échouent l'or, les bleus,  
Apportant jour nouveau, s'écroulent sous le feu…  
   

 


Août 2003

 

***

 

Rêve de liberté

 

La liberté serait elle un songe, un fardeau,  
Auquel il faudrait s'enchaîner pour dans ses eaux  
Y plonger, la goûter sans retenue de maux ?...  

Je rêve d'espaces, d'horizons où les verts  
Immaculés viendraient se mélanger aux bleus  
Des cieux enluminés, redessinant dans l'air

Les inspires, aurores, de la fleur de feu...  

Je rêve d'amitiés et d'Amour partagés,  
S'ouvrant à un lieu plus grand que le visible,  
Les bonds s'écumeraient sur le grand feu paisible  
Pour l'attiser et les creux abyssaux panser...  

Je rêve d'elle sur un tapis satiné,  
Volant au dessus du sable fin, des pétales  
Maritimes, vers l'océan d'or raffiné,  
Au seuil étoilé, prêt à se fondre au cristal... 

Je rêve de tambours, de lyres, en harmonie,  
L'âme, le cœur, convolerait la symphonie,  
Par les mains tous les sens éveillés fleureraient  
L'ivresse lunaire, embruns passionnés...

 

Je rêve d'eux, du chemin, de la paix sur terre,  
Se découvre entre la haie, les statues de sel,  
Le temps, ce vil ébardeur, compose les airs  
A sa façon, montre que rien n'est éternel ?...  
   
Je rêve d'immenses lacs, de nature en fleur,  
De nuages sains, de souffles purs, aimants,  
L'encre coulerait des roseaux, contant les pleurs  
D'une vie entière, odifiant le charmant...  
   
Je rêve, liberté d'être, sans préconçu,  
Où bouche de l'âme serait entendue,  
Lois nous seraient naturelles, s'appliqueraient  
Sans asservissement au dogme argenté...  
   
Je rêve éveillé, de l'aube au crépuscule,  
Même tout endormi, du vent libérateur,  
D'une déesse et d'une vie sans torpeurs,  
Oscillant entre ombre et lumière en bascule...

  La liberté serait elle un amour, un cadeau  
Qu’il faudrait arroser de rêves, pour dans ses eaux  
Baigner, la partager sans retenue de maux ?...

 

Juillet 2003

 

***

 

Fils des instants chanteurs 

C'est la fin de l'été, moisson chantonne l'air,  
Les couleurs mordorées ont laissé sur les herbes  
Trace du sceau d'airain, du feu parfois acerbe  
De la fleur au chemin, tant elle a mise à l'envers  
   
Retourné aux nuages, le temps laisse songeur.  
Non loin de la chaumière le bosquet à l'instant  
Danse, enlace le vent, parfois crapahuteur.  
Le baume se déclame aux teintes des relents  
   
Paysage gravé de demeures paisibles  
Engrange souvenirs, joie au cœur bondissant.  
Peuplent et dépeuplent au gré, les mûrs aimants,  
Les nuances rythment le chant du champ en cible  
   
Non loin de la forêt, moisson épanche l'air,  
Se faufile entre les épis, rires de nous, enfants.  
L'atmosphère est grisante, elle imbibe la terre,  
Y restent étoiles pour conter nos élans...  
   
C'est la fin de l'été, mais les saisons s'enfilent,  
Les années sont passées, mais seuls, tous ces instants  
Ne prennent de valeur, sans renaître au moment ;  
Magie qui est à fleur de frisson, vibre au mille...  

 


   
Novembre 2003


***  
 

Bouteille à l'âme air rougeoyante

 

Toi, le fleuve que je n'ai jamais de corps vu,  
Vous, berges, de tant de pieds inconnues,  
Toi, océan des airs rougeoyant où cavalent,  
Vous, nuages, là où se fond, se forge le Graal  
   
La distance nous sépare. Terres, montagnes, mers,  
Sont prêtes à me piéger dans leurs splendeurs,  
Mais rien ne peut retenir l'âme du rêveur,  
Qui fasciné, se sublime et s'évade à l'éther  
   
Dans l'eau du fleuve, les remous je suis,  
Je fais le voyage de leur source, aux abysses,  
Je vois le creux des vagues, Gaia qui rugit,  
Je vois la cohorte du fond qui au souffle s'immisce  
   
Face aux fières bâtisses de nature, qui ont côtoyées  
Bien plus d'aubes et de crépuscules que l'humanité,  
Je me fais à la fois silence et chant du feu,  
Au goût du sacré, je m'épanche, me fonds des yeux  
   
Je vois sur les rochers les légendes de la mère,  
Dans la brume aux teintes mordorées l'acte du père.  
Je vois les âmes qui se parlent, qui s'échangent,  
Les bris, les nœuds, les liens tissés en frange  

Je vois les messages dans les bouteilles de l'air,  
Les bulles de songe qui renferment les vœux des cœurs,  
Des aimants, des plumes voyageuses, des âmes sœurs,  
Je vois et entends les contes des ombres et de lumière  
   
Je sens ces histoires agitées qui finissent et commencent,  
Les ritournelles, sempiternels retours, au cours des avancées,  
Mais si la marche du large n'attend pas, dans l'immensité  
Brassée, mon esprit grave, cet instant immobile, cette présence

  Fondue de toutes les larmes, un échantillon de l'éternité…

 

Décembre 2003

 

***

 

 

En un lieu sur terre...

  L'aube - silencieuse - se lève,  
Là bas où il n'y a de trêve,  
Sans guerre, douceur de nature...  
   
Tellement de lieux, pays, différents,  
Ce pourrait être, avec ou sans murs,  
Un c'est déjà beaucoup trop...  
   
J'y imagine des enfants au chaud,  
Voler dans leur bras des aimants,  
En bulle de songe ce qu’ils leur volent...  
   
L'insouciance d'une vie  
Au courant d'un long fleuve  
Où le sang ne s'y fait obole...  

Obole à une croyance, fi  
De tolérance, fabrique veuves  
Qu'ils vont emprisonner  

Derrière un rideau de rejet,  
Leurs enfants déjà mortifiés,  
Sanglots amers sont refoulés  

Ils ne peuvent courir les rues,  
Ne peuvent jouer en toute liberté,  
Seulement en songe rêvasser  

Mais, de leur âme décharnue,  
En ont ils en corps la force ?  
Il y a des lieux où naître  
Il ne fait pas en corps bon  

Il y a des lieux où l'écorce
De se couvrir, où champs paître,  
Sur les arbres, n'a le temps,  
Ne seront jamais, où les ronds  

Sont ceux que font les avions  
A explosion, les tutures piégées,  
Où les graines ne peuvent germer,  

Où les pétales des fleurs sont courbées,  
Des yeux en brisure, rivières salées,  
Arrosés par une pluie putréfiée  

Il y a des jungles avec organisés
Les assassinats, de végétation ou béton,  
Les oiseaux, on ne les y entend  
Chanter, s'amusent à, ou sont écrasés.  

L'aube a trépassé, est arrivé le son  
Du carillonneur les mains en sang,  
Une journée nouvelle a commencé,  
De boucheries ou "simples" rejets  

Se déchire dans la chair des frères,  
Des frères, ainsi nous sommes tous nés,  
Et qu'importe, nés de la même terre mère,  
Des frères en famille, il y en a sûrement  
Qui sont dans des opposés camps,  

Pourtant dans les maux en accord...  

C'est arrivé ou arrive près de chez vous,  
L'ère où toutes les peuplades étaient en guerre,  
Proche de Cro-Magnon, n'est pas loin derrière,  
L'air haineux, assoiffé, il y a furieux partout !  

Il y a des lieux, où l'espoir  
Au cœur se nourrit de voir  
L'aube prochaine, feu d'or s'élever,  
De pouvoir les étoiles contempler,  
Chaque souffle qu'il leur est accordé,  
Vont le transformer en un océan,  
Où fées, lutins et autres se côtoient,  
Où le réel rejoint l'imaginaire,  
Où un lapin de son terrier sortant,  
Se souciant guère des naturelles lois,  
Parle de sa vie aux oiseaux en fer...  

Il y a de ces lieux, où poussière  
Très vite redevient, retombe, père  
D'hommes prétentieux qui pour - Dieux - s'incombent  
Le devoir des autres, d'en diriger,  
De creuser in-con-sciemment leur tombe.  
D'humanité ils s'en sont dissociés,  
Leur faudra beaucoup de savon pour âme nettoyer.  

Il y a des intérieurs, où la symphonie  
Est coupée, des montagnes ont été poussées  
Sur des sentiers privé de la liberté  
D'exister, de sentir la lune, la nuit,  
S'offrir en toute charnelle simplicité.  

Il y a des intérieurs, où patentées,  
Les couleurs de la mer au ciel  
Ne sont plus qu'ocres, desséchés  
En l'élan du ritournel fiel.  
Le coucher - tonitruant - arrive,  
Dans la journée, sur des rives  
Souillées, de toutes les créatures  
Y sont passées, gel du futur…  
En un lieu sur terre,  
Les loups et louves d'eux se sont exilés,  
Dans la nuit de l'éternité,  
Il y n’y a plus que cinquième saison,  
Des larmes de roses fanées pour pleurer,  
Du cœur, la seule chanson...  

 

Octobre 2002

 

***

 

Bises d'automne...   

Souffle la musique endiablée,   
Dans le temps des mortes dansantes   
Où vacillent les élancés,   
Où se peignent les élégantes,  
De vif les étoffes d'amantes,   
Quand les airs de par gourmandise  
S'en vont en ronde surprenante,   
Vent des sens va te faire la bise.   
   
Le coquin est à écouter,   
Rentre par serrures et fomente   
En les demeures enrubannées,   
Fait valser les feuilles par fente,   
Du carillon la flamme enfante   
Mots de passion en assises,   
Pousse cohorte en avenante,   
Vent des sens va te faire la bise.  
   
Charitable, il rend tout de frais   
En aubade craie prévenante,   
La prairie de ces colorés,   
Rend vif, les armures flottantes,   
Force étoiles larmoyantes.   
Les âmes, corps nuages, frisent   
Pour un message en joie vibrante, 

Vent des sens va te faire la bise.  
La plus belle pensée, Oh ! Ma Gente,   
Du cœur, au doux silence en guise,   
Je vous envoie affriolante...   
Vent des sens va te faire la bise.

 

Septembre 2001

 

***

 

Soleil hivernal nocturne

Les pas de neige marquent tout de leur cru,  
Les lumières tiennent en éveil les cieux,  
La pollution au ralenti dans l'avenue,  
Sous forme de caisses en métal, s'évanouit au lieu  
   
En exergue, les feux donnent le ton du chaud,  
Sans y toucher, se marient avec le manteau immaculé  
Pris entre les empreintes, fondues en eau ;  
Dans le restaurant en marge, se consomme l'amitié  

Des songes se traînent sur le trottoir,  
En laisse un chien profite du parfum de liberté,  
Le maître, lui, moi, vous, dans sa tenue du soir,  
Fait sa route évasive au sein de l'air glacé  
   
Des passants sont venus, d'autres viendront,  
Marchant solitaires ou à deux, une pause à leur façon,  
Ou se faisant un ciné en face, guibre d'une époque,  
Pour vivre de ces instants qui pour rien ne se troquent  

Un cœur s'y balade, se crée une faille du temps,  
Les hiers, aujourd'huis, demains, se réunissent,  
Ici, devant les miroirs de pierres, sublime présent  
De vie qui avive les bonds des âmes en glisse  
   
Ici et là, nous avons fait nos jeux d'enfants,  
Ici et là, nous nous sommes élancés en riant,  
Ici et là, les muses ont fait couler l'encre sang,  
Ici et là, nous nous sommes croisés en pensant  

À ces hiers où l'insouciance nous faisait sourire,  
À ces aujourd'hui où la flamme nous fait frémir,  
À ces demains où nous pourrons oublier le souffrir,  
À ces rencontres gravées qui fleurent bon le chérir...  
   
Des nuages, perlent en dansant les flocons d'étoiles,  
Les pas du blanc cassé pour d'autres se recouvrent,  
Continuent d'avancer à petit, les caisses de métal,  
À des sens, un soleil hivernal nocturne s'ouvre…  


   

Décembre 2003

 

***

 

 

Début de journée 

Le soleil déverse tous ses écrins dorés  
A l'aube où les maisons et les rues, se réveillent ;  
Les étoiles restent là à illuminer  
La douce nuit de l'univers, leur émerveille !  
   
A l'aube où les maisons et les rues se réveillent ;  
Dans le ciel se dessine début de journée.  
La douce nuit de l'univers, leur émerveille !  
Filantes parfois, songes sont à soulever.  

Dans le ciel se dessine début de journée.  
Chantent oiseaux, butinent toutes les abeilles ;  
Filantes parfois, songes sont à soulever,  
Comme si Fées d'un coup en faisaient le miel.  
   
Chantent oiseaux, butinent toutes les abeilles ;  
Nuages dessinent ce qui est à rêver ;  
Comme si Fées d'un coup en faisaient le miel,  
Le soleil déverse tous ses écrins dorés.  
   

 

Avril 2003

 

***


Printanière pâmoison

  Rien à signaler avaient soupiré les roses,  
À l'ombre de tous les murs cristallins  

De son poste immobile, en hypnose  
Sous pointes de feu la fleur et ses crins,  
Pourpre sondait l'ère du souffle, l'élan,  
Ses pétales de soie en oraison  

Rien à signaler soupirait la saison,

Depuis peu encrée à la fragrance printemps

 

De son poste enraciné, au seuil  
De l'aube, le doux crachin, sentait venir  
Rosaline, mais dans le bruissement du ciseleur,  
Toutes ses feuilles prenaient le ton de l'écueil  
   
Rien à signaler dans un long frémir,  
Ont soupiré les chairs des roses en chœur  
  La brise commençait avec peine à fleurer  
Les épines, portant sous brise les rumeurs

Des mélopées, la faim à périanthe fleur  
De Mauve, qui vibrait sous l'armure surannée  
   
Rien à signaler hésite le fond du puits,  
Expirent aux parois, en abat, les clapotis  
   
Les plantes au vert, se serrent tout contre  
Le sol sous le poids de tous les bariolés,  
Les majestueux agitent les bras dénudés,  
En maestros, l'horizon du mutin montrent  

Rien à signaler ne soupirera la chanson  
Sous l'alcôve des pétales caressées par passion  
À l'heure où les astres font des ronds,  
Où les fées s'apprêtent à remonter les cieux,  
À la floraison, porte attention en radieux,  
Le petit prince qui espère arroser du frisson

  Dansent alors les pétales, en pleine agitation,  
Son pinceau grade trace de la printanière pâmoison...  

 

***

 

Souvenirs saisonniers

 

Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti,  
De ces soleils/pluies incessants, du vent frisson,  
Des roses, papillons et abeilles pour l'occasion  
Parés de leurs merveilles… Quand le parvis  
Est ensoleillé, y reviennent les hirondelles,  
D'amour s'envolent colombes même sans ailes,  

Les murmures de la terre sont pleins d'espoir,  
De vert, les fleurs s'ouvrent, leurs fragrances  
S'offrent par vibration des corolles, sortent du noir  
Cieux émoustillés, nuages, parfois blanc. La science  
Du cœur entend l'univers graver sa symphonie.    

Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti,  
Du temps du radieux, de l'après printemps…  
Le temps de l'été qui déchausse, déshabille,  
Où parfois, en voulant trop en faire, la fleur de feu  
Brûle la terre, la chair, puis monte le sang  
De Gaia qui tend à se rebeller, oscille

Les corps soumis à l'orage, coupe les cieux  
Avec éclairs... Puis reviennent douces nuits,  
Les journées soupirantes, où lune et étoiles  
Miroitent, chamade pousse le jovial,  
Où l'ombre des arbres sont rêvés du puits.  

Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti  
De ce bout de vent, ce vent  
Qui se balance et avec pieds grandit…  
Qui tourbillonne et dépose  
Les feuilles, par les branches chant  
Transporte, amène à la rose,  


Par terre, larmes des cieux pour nourrir  
Cristal... Ce bout de vent qui raisonne  
Avec les fruits de la saison, par automne,  
De peur de s'y perdre, partir  
Ont préféré les hirondelles, ailleurs

Retrouver le calme, en harmonie de leur coeur...  
A l'aubade languissante, s'ouvrent et se ferment  
Les fenêtres, les ramages se font bohème.  
Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti,  
De ces morceaux gelés, glacés,  

Sur les fils ondulés et sur les toits,  
Déposés... Le vent petit à petit  
A amené les étoiles du ciel givrées,  
Parfois de "simples" perles d'émois  

Fondues, autour des fleurs assoupies  
Formant un voile nourricier, les recouvrant  
Pour qu'elles s'ouvrent au printemps,  
Que d'amour elles éclosent à la vie...  
Mais l'hiver s'est avancé en se gardant bien  
De demander à la cohorte son avis,  

Infligeant son sort... Pour en faire fi,  
Nos coeurs au chaud se sont couverts les mains.    
Dis ? ! Te souviens tu, te souviens ti,
De ce que cela fait de voir les bourgeons  
Germer de nouveau, d'humer les créations  
Qui sortent de leur immobilité, la vie  
Par écrins d'or inspirer la passion ?

  Dis ? ! Te souviens tu, te souviens-ti,  
De ce que cela fait de voir les changements,  
De garder au fond éveiller son coeur d'enfant,  
D'avancer et de rester soi pour sourire de vie ?...   
Saisons filent, souvenirs de chair et d'esprit y font sursis...

   

 

Février 2003

 

***

Fée d’étoile

 

Les yeux s'envolent, au vent qui pleure,  
Les gouttes du ciel virevoltent,  
S'écrasent sans finesse sur le parvis  

La fée d'étoile en un battement annonciateur,  
Oscille d'une poussière de songe, note  
Tapis de feuilles, la saison en son lit  

Suinte et exhorte, l'amour au devant  
De la scène, à se donner, à voyager,  
Telle colombe annonciatrice de La Paix  

De cœur en cœur, de mains au chant,  
La fée d'étoile poursuit sa quête,  
Murmure l'espoir, donne de sa baguette  

Comme une muse, elle valse de maux  
En mots, d'âmes en oriflammes, de haut  
En bas, d'espoir en foi, elle s'embrase  

En une filante, du ciel à la terre,  
Elle va donner conscience, faire Vibrer  
Les cristaux désirant se trouver en chaire  

D'ailes, fait jaillir au jour bonheur d'air,  
De leurs cages retenues, sortiront la beauté,  
Les voiles tomberont, viendra la félicité,  
Celle où il n'y a de violence, de guerre...

 

 

 

© Pascal Lamachère, tous droits réservés

 

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