ANDRE LABROSSE

dit EPERVIER

 





 

Admirativement

 Des yeux éblouissants, un beau silence d’adolescent.
Des bras puissants, des badigoinces caressantes.
De la vie pure au-delà de toute espérance.
Une plage douce, le corps-à-corps à l’infini.
Le serment d’amour, l’ultime promesse.
Un calendrier éternel, le duo passionné.
 

Franchise commune, des moutards acceptés.
La famille idéale, la parole respectée.
Et l’amour!  L’acceptation de ce parcours.
La joie, l’alliance irréfutable d’une vie.
Un bonheur sincère, aucun tumulte affreux.

Une paix cérébrale, des roses sans cesse parfumées.
Du respect, une monotonie effacée, sans heurt.
Un spectacle continu, vieillesse agréable.
L’accomplissement véritable, deux cœurs soudés.
L’enthousiasme, des baisers encore savourés.
Un bouquet charmant, décor encensé.

 

 

 


Un certain Noël

Une joie givrée dans un scintillement coloré.
Le bambin ébahi s'amuse, douce brillance.
Le salon embaume d'un air désordonné.
La cheminée réchauffe l'accueil d'enfance.

Une chaleur caresse ce décor fluorescent.
L'ambiance chatouille des cadeaux immaculés.
Réjouissance, le visage devenu diamant.
De l'amour, l'instant émerveillé.

Des guirlandes entourent l'aspect heureux.
L'emballage d'aisance, le rire non suspect.
La farandole, l'insouciance, le feu.
Gentille douleur effaçant l'irrespect.

La fée du logis arbore la complaisance.
Des mains d'amitié , des baisers succulents.
Le festin commence en cette cadence.
Des propos savoureux, de l'encens.

L'envoûtement, musique gracieuse, délicieuse.
Je crèche dans ce décor éblouissant.
Une soirée salvatrice, des paroles harmonieuses.
De belles caresses, l'humain devenu garnement.

Un royaume évocateur, neige pluvieuse.
L'harmonie, la festivité d'une nuit étoilée.
Le traîneau attend, accolades chaleureuses.
Un souvenir mémorable, l'esprit enchanté.

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Pluie d'automne

Tu glaces mon corps timide,
Eau impersonnelle, infatigable.
Tombent gouttelettes, petites rides
Sur mon visage lisse, affable.

Bruine insatiable aux pas démesurés.
Vent frisquet à l'approche d'un crachin.
De la peine mouillée, mouchoir saccagé.
Trottoir diurne face à ce destin.

Imperméable camouflé, larmes pleurardes
Au moindre sanglot, frisson d'émotion
Piétinement dans l'eau sans gimbarde.
Aucun amusement, c'est la rémission.

Fenêtre aveuglée, sombre présage.
Pluie diluvienne, un dehors massacré.
Poète à ton lutrin et sois sage!
Pureté de l'instant, vitre immaculée.

Automne cuivré, chaise basculante de sagesse.
Repos résigné à la tombée d'un jour grisâtre.
Feuilles détrempées, esprit évasif, paresse.
Nuit humide, sommeil près de l'âtre.

 

 

 


Automnale

Averse mensongère, gouttelettes vitreuses.
Usurpateur, viscosités sinueuses.
Ténacité, chasseresse d'un été emmailloté.
Oppression squelettique , des branches bécotées.
Méchanceté parmi les coloris incolores.
Nudité d'un vent bruyant, bicolore.
Amusement des feuilles, indiscipline.
Lavement des cumulus, adrénaline.
Évaporation d'une main orpheline.

 

 

 

 

 

Bécoter

S’embrasser doucement.
Lèvres mouillées, l’extase!

Un plaisir sensuel, divin…

De la jouissance, l’expression d’aimer.
L’absolue tendresse, l’ivresse.

Un partage, une fusion délicieuse.

Une largesse d’esprit au bonheur.
Le baiser merveilleux, l’ardeur.

La complaisance d’un contact.

Délivrance de nos sentiments.
L’apogée, corps aimants.

Se savoir amour éternel.
Le pourquoi du désir affectif.

Sagesse adorable d’un sourire.

De la vie entière, un béguin.
Plus que cela! L’apothéose…

S’embrasser tout simplement
Encore… et encore…

 

 



La bassesse

Crier en silence l’horreur d’un canon sanguinaire.
Le crachat de la honte, la mort qui circule…
De la substance rougeâtre, la puanteur nauséabonde.
La rage de l’injustice, l’enfance étouffée.
La mitraille d’une peau saine et bafouée.
Des pleurs difficiles dans un regard destructeur.
L’oubli pénible de la guerre, d’un passé inutile.
Encore et encore de la haine insipide!!!
Le désir de dominer inlassablement, souffrance!
L’obus qui tressaille sa fumée, aveuglément.
Agenouillé, prière d’un arrêt, absolument.
L’esclavage des mots, le rire hypocrite.
Le trône élevé gracieusement, mains souillés.
Qu’importe! La gloire resurgit débilement.
Nuages obscurs, désolation, la maigreur des idées.
Paix souhaitée, yeux rougis, espoir éphémère.


Crier en silence, corps horizontal en délire.
Crier… entendre l’appel et pourtant!
Crier la soif de vivre, l’impossible destin.


*Un poème dédié au conflit Liban-Israël

 

 

 

 

Le rire

Le plaisir de s’esclaffer, l’amour de la parole.
Se raconter des faits majestueux, le plaisir d’antan.
Des mots savoureux, la sagesse de l’histoire.


Se souvenir, des sourires de pleine satisfaction.
Se savoir heureux dans un prolongement anecdotique.
Le dire sans restriction aux tympans intentionnés.


La saveur du racontar , simplicité honnêteté.
La richesse d’un passé, l’expérience d’une vie.
Des étapes merveilleuses en des regards de satisfaction.


Nous voilà vieillesse en des gestes jouvenceaux.
Le rappel de plaire en des propos victorieux.
Un parchemin splendide, l’esquisse d’un visage angélique.

 

 

 

 

 

Lettre à mon père

Ce mot tendre glisse sur mes lèvres émues.
J’aurais tant aimé le dire avec volupté et passion.
Plutôt un silence, un muret infranchissable.
Deux êtres étouffés par l’incompréhension du moment.
Un étranger maquillé sans oser dire nos vérités.
De la solitude entre deux hommes en débandade.
Disgrâce d’amour, de la douleur impraticable.

Un lit d’hôpital, enfin de l’émotion grandissante!
Un regard soudainement expressif, de belles paroles…
Un merveilleux sourire, se comprendre subtilement.
Un Papa humain dans une conversation extraordinaire.
La douceur atmosphérique, un détail non subtil.
Être heureux dans un contact sincère et bénéfique.
De l’amour paternel, conviction aveugle.

Par un après-midi, le malheur d’une mort certaine.
Un long corps étendu sur un drap impersonnel.
Déception atroce, un retard incalculable à comprendre.
Presque la fin, il ne reste que la prière terrestre.
Un départ… un couloir froid et démuni d’affection.
La réalité d’un « joyau à jamais perdu », malheur!

Nostalgie, la raison bafouée, pleurs étouffés.
Un beau souvenir dans un écrin jalousement étoffé.
Le pathétique d’une vie entière, des émotions incontrôlables.
Une vie continue Papa malgré une fin trop rapide…
De la substance au prochain rendez-vous de ta personne.
Un espoir divin, je le désire au plus profond de moi-même.
Cher Papa, simplement un au revoir, je l’espère…

 

 

 

 

 

Un homme en colère

Une rage excessive, j’étouffe ma fureur.
De la désobligeance, un rien m’accapare.
Je longe la vie dans un désordre absolu.
Le soleil est noir, la lune fort chagrinée.
Je piétine mon univers, les yeux clos.
Je pleure la morosité d’une vie quelconque.
Respirer le mal incrusté, cadenassé.
Un monde impersonnel, l’hypocrisie amère.
Le poing terrible dans un accès retenu.
Un corps flasque, nature indomptée.
Le désir de profaner, l’ultime chemin.
Les jours s’écoulent… un cœur en déroute.
La parole prononcée maintenant et à jamais.
Se divulguer pour mieux respirer librement.
La tête pénible à comprendre l’indifférence.
L’aurore espérée d’un renouveau exploité.
La vieillesse qui chatouille mes velours.
Des pas malveillants, aveuglés sans direction.
Un espoir minime dans un bonheur louangé.
Je marche l’horreur d’un destin inassouvi.
Le semblable d’une vie trop bien tracée.
Sommeil où l’oubli se partage à l’infini.
Un jamais jusqu’à la mort interrogée.
Livre fermé, plus de mots, vive solitude…

 

 

 

 

 

 

Kébec

Je chante ma fierté auprès de ces colons,
De ces bâtisseurs de la terre non affranchie.
Je chante bien haut leurs courages indéfinis
En des muscles puissants dans l'action. 
Je chante leur ténacité à la langue française,
Le droit à la parole sacrée d'un peuple fier.
Je chante bien droit , tout près de ma chaise,
Dans un élan sublime d'amour de ma chair. 
Je chante devant ce drapeau si souvent bafoué.
Heureusement l'harfand des neiges veille auprès de l'usurpateur!
Je chante sachant que le lys aromatise notre nationalité
Flottant gracieusement à travers les peuples avides de notre bonheur. 
Je chante avec respect toutes ces têtes de richesse
Qui donnent à notre race l'emblème respecté.
Je chante notre savoir, notre accueil apprécié
Auprès des gens de ce monde rempli d'ivresse. 
Je chante l'avenir qu'un jour, nous deviendrons un pays
Dans une sagesse, dans une harmonie entre nations.
Je chante une réalité juste et sincère, sans mépris;
Que notre culture flotte partout à travers les horizons. 
Je chante ma foi envers les humains dans leur honnêteté.
Que la lumière bleue scintille dans un rouge compréhensif.
Je chante sans avoir besoin d'armes enflammées.
Je chante l'espoir, le doux parfum décisif. 

http://epervierlepoete.iquebec.com


 

 



Fleur de lys 

Te souviens-tu de ton passé,
De tes patriotes combattant pour la liberté?
Te souviens-tu de ces fiers colons
Bâtissant un pays avec décision? 
Te souviens-tu des hivers pénibles
Où le scorbut devenait horrible?
Disséminant cette race, cette souche solide :
Des bras de bâtisseurs intrépides? 
Te souviens-tu des humiliations de notre descendance,
Le dos courbé pour un emploi de pitance?
Le maître payant ses « esclaves » de quelques deniers;
Peuple en déroute respirant quand même sa fierté? 
Un jour , le peuple haussa les épaules et sa grandeur.
Les esprits se mirent à créer, sans crainte, sans peur.
Aujourd'hui, la réussite comble cette lignée honorable.
La forteresse indestructible de nos gens sont admirables. 
Souviens-toi que maintenant nos pas sont alertes.
Le monde nous regarde avec avidité et sans perte.
La fleur de lys flotte dans l'immense univers.
Notre grandiloquence porte l'étendard de nos Pères. 
Québec, terre d'accueil des nationalités.
Québec, peuple d'une grande patience illimitée.
Souviens-toi de tes ancêtres et de ta force d'esprit.
Honneur à ta race! Honneur à ton pays! 


epervier50@msn.com





 

Souvenirs Papa

Te souviens-tu Papa de ton rare sourire
Qui égayait l’intérieur de mon cœur dévasté?
Te souviens-tu Papa ce beau souvenir
Que je garde profondément dans un écrin bien caché?

Te souviens-tu Papa de ton séjour à l’hôpital
Où la conversation fut étonnante et harmonieuse?
Te souviens-tu Papa de ce rapport amical
Et du bien-être de cette scène merveilleuse?

Te souviens-tu Papa des discussions animées
Avec Maman dans un langage féroce et disgracieux?
Te souviens-tu Papa de mon désir de vous séparer
Pour ne plus vous détruire et tenter d’être heureux?

Te souviens-tu Papa des silences des soirées passées
À lire ton journal sans expression émotive?
Te souviens-tu Papa comme j’aurais aimé te parler
Mais tu représentais (hélas!) l’ennemi d’une voix vive?

En ce jour de la fête des Pères, je suis d’un calme surprenant.
L’émotion de ces rappels m’offre de la peine et du réconfort :
Le regret de ne pas avoir été un ami, un fils plus aimant.
La joie d’avoir connu l’esquisse de ton sourire… avant ta mort!!!

 




Arrière-saison

Des branches apeurées, je voltige.
Un vent envahissant, fustige.
La nudité d'un tronc, crainte.
Sifflement nocturne, feinte.


Couleurs bizarres, costume.
Température maussade, rhume.
Cliquetis déchirants, malveillance.
Frissons acharnés, offense.


Sapinage verdâtre, résistance.
Un bouleau blanchâtre, magnificence.
Un sourire belliqueux, porte fermée.
Un foyer invitant, pièce réchauffée.


De la somnolence chagrinée, ciel gris.
Feuilles tourmentées, bon appétit!
Un regard splendide, apothéose.
Enfin l'admirable, douce pause.




 


L'abus

Des mains vieillies ont cajolé ma peau de jouvencelle.
Douze ans!!!  L'innocence d'un corps fragile.
L'illusion de mon enfance à jamais sans appel.
Trahison, envahissement, sensation puérile.

Silence morbide, solitude amère d'un toucher.
Mes faibles seins, un trophée à ce vil cerveau.
Ma vie entachée à peu de frais, je suis blessée!!!
Des larmes secrètes, quatre murs sans écho.

Vie austère, perturbation d'un esprit saccagé.
La vie s'effiloche dans un noir implacable.
Le corps maladif n'est plus jouissance parfumée.
De la rancoeur voilée, gestes inexplicables.

Chemin rocailleux à comprendre l'injustice.
Enfin la parole, délivrance d'un terrible mal.
Vivre et non survivre, nulle supplice.
Esquisser un certain sourire plutôt banal.

Aujourd'hui de l'espoir, souffrances expliquées
Le trémolo d'une voix émotive, douce révolte.
Lourde peine, souvenirs bafouillés.
Rideau fermé, existence désinvolte.

De la douleur, encore de la douleur, rien que de la douleur.

 

 




Sénescence

Peur de vieillir, ma main vacille dans l’incertitude.
Je tremblote par crainte de mots malveillants.
Dépendance de esprit, pénible servitude.
Le corps tressaille, gestes indécents.


Refuge d’un lit non moelleux et saccagé.
La peau crevassée par la douleur constante.
Je pleure en silence, yeux mouillés.
La parole éteinte, raison déficiente.


Mes pas chancelants, on ceinture ma vie.
Plus de gestes élégants, l’animal dompté.
La peur, la hantise démentielle, le mépris.
L’esclave sénile dans l’urine inondée.


Jours douloureux, nuages persistants.
Le ciel n’apporte plus ses joies égayées.
De la passivité, solitude, de l’encens.
La mort approche, délivrance parfumée.


Nuit orageuse, le souffle étouffé.
Pupilles vacillantes, une mort tragique.
Cercueil blanchâtre, squelette inanimé.
Enfin le doux retour d’une vie angélique…






Karim

Un enfant esseulé, papa lointain.
De l’amour outre-mer, peu visionnaire.
Une photo, des photos, pauvre festin.
Aucun baiser, terrible galère.


Le prendre dans ses bras, le cajoler.
Une ritournelle, ciel rempli de joie.
Des jeux enfantins, liberté de s’amuser.
Un paternel à sa place avec émoi.


Du chagrin entre deux palmiers chétifs.
De la douleur dans l’attente d’une surprise.
Un départ désiré, un vouloir non abusif.
S’apercevoir, cadeau, mille bises.


Un espoir qu’un jour s’illumine…
La chair de ma chair, enfin!!!
Des nuages, il est temps que l’on dîne.
Une famille, maman heureuse en ce matin…






L’abus


Des mains vieillies ont cajolé ma peau de jouvencelle.
Douze ans!!! L’innocence d’un corps fragile.
L’illusion de mon enfance à jamais sans appel.
Trahison, envahissement, sensation puérile.


Silence morbide, solitude amère d’un toucher.
Mes faibles seins, un trophée à ce vil cerveau.
Ma vie entachée à peu de frais, je suis blessée!!!
Des larmes secrètes, quatre murs sans écho.


Vie austère, perturbation d’un esprit saccagé.
La vie s’effiloche dans un noir implacable.
Le corps maladif n’est plus jouissance parfumée.
De la rancœur voilée, gestes inexplicables.


Chemin rocailleux à comprendre l’injustice.
Enfin la parole, délivrance d’un terrible mal.
Vivre et non survivre, nulle supplice.
Esquisser un certain sourire plutôt banal.


Aujourd’hui de l’espoir, souffrances expliquées
Le trémolo d’une voix émotive, douce révolte.
Lourde peine, souvenirs bafouillés.
Rideau fermé, existence désinvolte…

De la douleur, encore de la douleur, rien que de la douleur…






S’aimer

J’aime l’amour, la vie d’un baiser.
Rêvasser d’un bonheur supplié.
Sentir un doux vent, mille caresses.
Être l’extase d’un corps sans paresse.


Fermer les yeux, un sourire de jouissance.
L’immortalité d’une fusion, d’un corps.
Être l’apogée d’une grandiose prestance.
Aisance d’une peau, frémissement d’une flore.


Le calme d’un toucher, effleurer des sensations.
Trembler d’émotions dans l’ivresse d’un instant.
Douce musique où le rêve n’est qu’action.
Sublimité que je désire, doux amant.


J’aime l’amour dans un silence merveilleux.
Une nudité correcte, tout près d’un feu.
Des images que je souhaite, douceur extraordinaire.
Chaleur exquise , je veux tellement plaire!!!



 


Fragrance d’amour

Un corps feutré de caresses.
Une peau chaude d’ivresse.
L’amant, cette gentille canaille,
Étendu sur une douce paille
Lèche des baisers enivrants
Dans l’attente du mot gémissant.


Tu es l’enchanteresse maîtresse
Aux cheveux remplis de tresses.
L’esquisse d’une admirable ingénue
A la peau rosée merveilleusement nue.
Je bois tes larmes sensuelles
Dans un plaisir d’une ritournelle.


Odeur charnelle, chaude passion,
Le lit accueille nos splendides actions.
Un sourire mouillé, des yeux provocateurs.
Le regard tracé d’une belle chaleur.
Nuit de sensation, souvenirs inoubliables.
Rideau fermé dans l’inexplicable…


 

 



Le beau voyage

D'une aile magique, offrez-moi le rêve imaginaire.
Parcourir la terre dans mon esprit fertile.
Donnez-moi la sagesse de construire des châteaux
De m'imprégner entre les murs la beauté des choses.
Être l'apothéose dans l'émerveillement de la nature.
Converser avec les habitants d'un monde merveilleux.
Traverser avec plaisir des trottoirs insolites.
Rire de la vie dans une harmonie complète.
Se savoir justesse parmi les beaux moments.
Transiger la parole, s'instruire en regardant.
Prendre l'oiseau mécanique, voler , encore voler.
Des nuages éternels à la possibilité d'une imagination.
Se sentir léger dans un paysage luxuriant.
Des mains qui bénissent le jour de l'humanité.
Etre près d'une fenêtre et contempler le faste.
Se balancer dans les jardins et s'étourdir merveilleusement.
Crier tout haut le plaisir, la dégustation d'un repas.
Emmagasiner des images pour le reste de sa vie.
Je suis l'affolé qui n'a de yeux que pour la beauté.
Vivre un bonheur à l'extase d'un cour réjoui.
Se baigner dans une mer doucereuse, affectueuse.
La volupté de l'instant au charme constant.
Un jour, peut-être. le rêve instruit
Dans une belle farandole au regard splendide.

 

 

 


L'arbre

Fendre le bois
Au cœur de l'arbre blessé.
Grandeur de bon aloi
D'une écore saine, bien tissée.

D'une hache acérée coupe sa sève.
Des pleurs, des pleurs en émoi.
Le tronc fléchit puis crève
A cet assaut de choix.

Fendre la vie,
Le bras feuillus desséchés.
Le maître humain à l'infini
Dans sa gloire aveuglée.

 




Festivité

Un sapin gourmand de lumières
Pétille de splendides cadeaux.
Tout autour, de jeunes paupières 
S'affolent dans un bel écho.

Réjouissance dans cette famille joyeuse.
Décor féerique d'un rouge éclatant.
Des sourires d'enfants, danses fougueuses.
Un plaisir enchanté, mille diamants.

Un Noël poudreux d'une neige affolée.
Rires somptueux en des petits pas menus.
De l'innocence à des jeux cristallisés.
Boules de neige dans la rue.

Carillons, carillonnez dans l'espace enchanté.
Guirlandes nous entourent avec bonheur.
Chantons, chantez en ce temps festoyé
Dans l'admiration de nos ferveurs.




Velours

Glisse dans mes veines un espoir érudit,
Un parchemin inachevé.
Trace des sillons sinueux de partage,
Point de cailloux !
Un fort vent de justice dans une mélopée.
De la douceur, des caresses à travers monts,
Je le désire !
Essoufflement d'une prière acceptée, louangée.
Des mains douces à l'appel d'un Dieu béni.
Alléluia!
Agenouillé, tout n'est que cendre et poussière
Dans une imagination savoureuse, mortuaire.
Me voilà liberté entre cumulus et radiosus!

 

 

 

 



Ah ! l'Amour

Je t'aimais d'un seul regard
Malgré mes habits de clochard.
Divinité de ton sourire majestueux
A mon corps blessé, souffreteux.

Je t'adorais d'une mélodie sensible,
D'une voix douce, presque audible.
Une silhouette charmante, veloutée,
Des sens intelligents, éveillés.

Je percevais tes émotions secrètes,
Tes moindres pensées indiscrètes,
Une beauté infinie par le vent,
De la jouissance de son affluent.

Je mendiais un léger baiser,
Une salive de ses lèvres parfumées.
Un fou qui hante son esprit liégeux
A la  mesure d'un amour, d'un jeu.

Je devenais le prince chevaleresque
Chassant mes nuit cauchemardesques
Dans un rire satisfait, habitué
Aux rêves éblouis d'une bien-aimée.


 

 

 

Paupérisme

Je suis pauvreté dans un corps décharné.
Je nage entre deux vertèbres moribondes.
Vie terne dans une cellule peu féconde.
Pain transi dans un plat horrifié, blessé.

Un cour en déroute dans un pas d'ermite.
La faim criarde d'une mélopée attendrie.
Une soif de vivre dans l'aisance indéfinie.
De la constance d'un foyer qui crépite.

Un appel sonore qui bat à l'unisson.
Justice d'une parole qui crie sa chanson.
Douce pensée d'un avenir désopilant.

Un courage mélodieux, divine vertu.
Une force tangible qui perce le sang.
Une gloire à en finir dans une rue.


 

 

 

 

Migration

Une saveur d'orange, d'un rouge, d'un jaune.
Explosion de couleurs d'un magnifique aune.
La chlorophylle éblouit le feuillage luisant.
Un décor explosif des plus charmants.

Les feuilles virevoltent sur mon épaule léger.
La pluie nettoie le sol d'un naufrager.
Tardivement, une fraîcheur côtoie la région.
Le  matin frissonne dans une forte contagion.

La mouche s'immobilise et meurt en ce déclin.
L'azur témoigne de sa faiblesse, peu enclin.
Les ombres craquent l'horreur de septembre.
Un tapis froissé, coloré d'ambre.

Les oiseaux migrateurs grattent le ciel blessé.
Une symphonie chatoyante, un air oppressé.
Des caresses  surprenantes , faible respiration.
Un gémissement, une branche, une congestion.

Une cheminée s'étouffe dans l'ombre humide.
Les lumières s'estompent en une pluie timide.
Un brouillard chevauchant l'incertitude.
Un repos caché par habitude.

 

 

 

 

 

Débine

Chemise terrassée par la misère,
Bas troué par l'incompréhension,
Des rats savourant ma faible chair,
Un ciel percé, basculant, indécision.

Du pain transi, un estomac transparent
Des yeux d'espoir en une vie charmante.
Des mains tendues, des baisers d'encens
Vers une jouissance des plus cohérentes.

Que ma plume parfume ces corps meurtris
D'une douleur incomprise, indécente.
Des rires moqueurs aux pauvres esprits
D'une société squelettique, puante.

Un soleil d'assurance à ces mamans balayées
Par l'indigence, par un cœur totalement détruit.
Robes calcinées d'un noir terni, lacérées;
Miséréré d'une croix, des pas indéfinis.

Nourriture de l'âme en cette terre inculte.
Des mots handicapés, blessure d'une caresse.
Prière d'un repos, montagne d'un culte,
Apaisement, espoir d'une sagesse.



 


La valse retrouvée

Je valse lentement
Dans tes bras Maman.
Tes joues de diamant
Reflètent l'encens.

Tes mains rosées,
Digne d'une pureté;
Un toucher admiré
Par ton fils aimé.

Enfin, te voilà!
Tout près de moi,
Rempli de joie,
Que d'émoi!

Te perdre, jamais!
Douce paix.
Un régal, un mets.
Ça me plaît!

Je valse doucement,
Baiser d'enfant,
Heureux, décent
A travers champs.



 



La maison de plâtre

Chaumière conspuée d'incohérence.
Plafond tapissée de suie.
Cerveau valétudinaire, pénible déroute.
Des couteaux acérés, sanglants.
Un lit désobligé, en pénitence.
Des pleurs souillés, de la rage.
Lieu maudit, mort latente.
Des pas inutiles, secrète farandole.
Une Muse fragile, silence d'amour.
La soif de survivre? Des mains tremblantes.
Parfois des rires, un amusement.
De la visite inopinée, sourire agacé.
Un cour froissé, hantise inoccupée.
De la poésie, une plume ravissante d'esprit.
Aucun ami, Thébaïde à tout jamais.
De l'espoir, un jour peut -être. 
Une retraite, enfin! De la vie , de la vie.

 

 

 

 

L’oiseau

L’oiseau froissé tente un envol,
Trébuche maladroitement sur le sol.
Ses ailes blessées pavoisent ses déchirures.
Aucune force ne vient armer cette pauvre armure.

L’oiseau tente à nouveau de planer vers le vent.
L’effort est suprême, l’énergie de tous les instants.
Une pluie diluvienne fracasse ce corps meurtri
Vers une descente abrupte et presque sans vie.

L’oiseau pleure sa liberté, son inconfort.
Ses cris perçants éveillent le ciel en renfort.
L’élan ne supporte plus ce beau désir.
La nature implacable chante ton délire.

L’oiseau caresse un autre effort animal.
Un terrain plat sans obstacle infernal.
La brise l’aide et soudain même vocalise…
Douleurs insupportables, le chant d’une crise.

L’oiseau doit partir, s’envoler vers les cieux ;
Regarder de là-haut son esprit heureux.
La mort l’attend… prédateurs insatiables
S’acharneront vers une agréable table.

L’oiseau s’incline, une nuit obscure.
Le cercueil s’approche le long des murs.
Je suis l’oiseau qui recherche une létalité.
Le couteau déchire la vie avec légèreté.


 

 

Un jour, ce sera…

Tu entends crier la mort, que c’est étrange !
Le sang traverse ta peau, quel mélange !
On mitraille le mur, les corps en décadence.
La démocratie est emprisonnée dans sa pénitence.

On viole cette douce enfance, quel saccage!
On frappe un corps démuni, quelle rage!
L’humain respire sa haine sans ambages.
Le cannibalisme transporte ses lourds bagages.

Interdiction de rire de ces automates, quel effroi !
La majuscule devient minuscule, quel émoi!
L’être se déchire en esclave cherchant son toit.
Domination, persécution; telle est la loi!

Tes mains ne peuvent plus écrire, quelle offense !
Tes yeux s’exclament dans le noir, quelle souffrance !
On te bouscule dans une humiliation de démence.
Tu es un clown misérable dans ta méfiance.

L’instant s’achève… La vie ferme ses portes…Enfin !
Le désordre s’atténue, l’aventure terminée; voilà le destin !
Dehors tout est calme, vent léger balayant les odeurs de la mort.
Une belle aventure sur cette planète : les silences, les remords.

 

 

 

 

 

Un paysage

Journée clémente, soleil au rendez-vous.
Ciel bleuté sans discours dans un décor si doux. 
Champs verdâtres, rocailleux, chemin sans clou
En direction d’un univers imaginatif et flou.

Lac frissonnant par la crainte d’un vent violent.
Des chevaux broutant une terre inculte de diamants.
Roches de Caïn piétinant une ondulation de sang.
Le corps difficile à parcourir ce pénible champs.

Des bâtiments fléchissent à la mesure des années.
Les chauves-souris charment l’endroit dans un désir amusé.
Territoire saccagé, l’hiver approche d’une neige dorée,
Campagne dépourvue de richesse animée.

De par la fenêtre, l’inertie complète d’une peinture incertaine.
Le paysage fixe, l’harmonie des couleurs qui se traîne
Nonchalamment dans des actions lourdes de peine
Par une solitude grandiose loin des rires sous un chêne.

Éloignement de ce carrousel d’une vie médiocre et insensée.
Pas de chansons à l’horizon, des joies plus ou moins effrénées.
Le pied trace son chemin ver le lointain d’un nuage blasé.
Les images défilent dans ce cerveau à la mémoire fatiguée.

 

 

 

 

 

Quatrain

l'Été est la saison
Saison est la chaleur
Chaleur est ma demeure
Demeure est ma chanson







Cher Papa,

De lourds barreaux nous séparent…
J’aurais désiré te serrer la main,
Te dire que je t’apprécie sincèrement
Malgré nos différends.

De lourds barreaux nous séparent…
La justice a installé ses miradors.
Si je t’avais écouté , je serais avec toi.
J’ai bouffonné tes dires malicieusement.

Je te salue mon cher Léopold !
Je sais , j’ai trahi ta confiance.
Cependant en ce jour très particulier,
Je penserai à toi dans l’attente
De ton… PARDON

De ton fils repentant,
Charles

 

 

 

 

 

Le rideau s'ouvre

L'épaisse fourrure blanche
S' envole par ce beau dimanche.
Un renouveau de la nature
Éveille l'amour des choses.
Une terre se voit en roses
Parmi ce monde d'azur.

Un chant multicolore de cris
Danse sur les flots en débris,
C'est la débâcle de joie
Qui coule sur des yeux
Avec un regard de gueux :
L'affolement dans un émoi !

Vent plutôt craintif et hagard,
La douceur se réveille en retard.
Malgré cette touche vieillotte,
La bonne fée récolte les semences
D'espoir et de magnificence.
Un hourra! La voilà dévote.

L'humain paisible en sommeil
Ouvre l'écrin de vermeil.
Quel beau spectacle !
Un portrait digne d'un maître !
Un joyau qui veut apparaître
En haut du sommet, d'un pinacle.

L'euphorie se mêle au rire
D'une jeunesse qui joue à vivre
La vie d'un siècle époustouflant.
Un chemin se trace dans le roc :
C'est la merveille du troc !
Une vraie naissance d'enfant !


 

 

 

 

Alléluia !

Un vent gaillard souffle l’horizon de sa torpeur.
Une douceur chatouille nos visages un peu endormis.
La froideur se disperse laissant place à une chaleur
Soudaine, profonde se glissant en véritable ami.

L’entité se réveille détachant d’un bouton
Son manteau blanc par crainte que l’hiver
Revienne dans un assaut où le moribond
Crie l’infâme de cette saison amère.

Par un matin ensoleillé, les champs ouatés de blanc
Chassent, avec l’aide du vent, cette froideur indigeste
Offrant l’espoir d’une nourriture aux mendiants
Le réveil chaleureux d’un amour céleste.

Les lacs murmurent des clapotis bruyants.
Le ciel est habillé d’oiseaux voltigeant de bonheur.
Les arbres acclament de leurs branches cet élan.
Le renouveau s’installe dans l’espoir, loin des pleurs.

Les bourgeons viendront dessiner leurs coloris
Dans un paysage d’amour et de respect.
La symphonie verdâtre entonnera avec harmonie
Des notes délicieuses d’un bon mets.

Le nouveau-né découvre une nature en plein éveil.
La chasteté l’entoure pareil à nos premières années.
Saison acclamée dans sa prestance de vermeil.
Louange à ce cycle où l’espoir est illimité…


 

 



L’Unique

Mon seul compagnon, ma poésie.
Ma seule compagne, ma bien-aimée.
Ma seule joie, de composer.
Mon seul désir, de l’embrasser.

Ma seule sensation, de tenter la mort.
Ma seule consolation, incapable d’agir.
Le seul son, ma musique dite classique.
Mon seul réconfort, dormir…dormir…
Mon seul oubli, d’être frénétique!
Ma seule paix, humer le dehors.

Mon seul espoir, taquiner l’enfant.
Mon seul rêve, être infiniment heureux.
Mon seul cœur, comme il est malheureux!
Ma seule chance, un jour peut-être Maman?

Le seul tintement que j’adore, le glas.
La seule ivresse, m’enivrer dans l’oubli..
Ma seule chaleur, tes caresses Mariette!!!
Mon seul désarroi, un prochain démuni.
Ma seule déception, un amour en alerte.
Ma seule honte, une église en trépas.

Mon seul silence, de dissimuler mes soucis.
Mon seul refuge, cette petite pièce pour le dire.
Mon seul désespoir, c’est de vivre!!!
Ma seule faim, c’est d’arrêter… ma fin…


 

 

 


Belle !

Tu es belle dans tes caresses inassouvies.
Ton corps se dessine à merveille dans ce lit.
Tu es belle de compréhension, sans aucun cri.
Une tête harmonieuse dans des cheveux ravis.

Tu es belle partageant un silence gracieux.
Tes lèvres m’accueillent dans un pouvoir heureux.
Tu es belle dans un parfait accord d’amoureux.
L’amant s’en trouve très chanceux!

Tu es belle même dans tes retenues acceptées.
Tu dégages un parfum fort aromatisé.
Tu es belle dans tes jouissances libérées.
Le bonheur se côtoie dans deux corps béatifiés.

Tu es belle dans un respect dissimulé vers l’élan.
Tes ébats s’expriment dans un beau chant.
Tu es belle dans un sourire d’enfant.
L’ivresse me comble de baisers brûlants.

Tu es belle, belle à ravir dans un corps magnifique :
Douceur, harmonie, paroles véridiques.
Tu es belle, belle, belle… et frénétique !!!
Je t’aime ma Belle dans un délire scénique…

 

 

 


La Femme

Je suis la femme de l’oubli
Dans cet univers de la petitesse.
Je suis la femme qui prie
Dans un silence de paresse.

Je suis la femme qui pleure sa solitude
Dans un désir profond de m’envoler
Sous des cieux moins acerbes, moins rudes.
Je suis la femme au visage blessé.

Je suis la femme aux pensées troublantes
Qui s’éloigne à travers un fils ému.
Je suis la femme déchirée trop bien pensante :
La droiture, la noblesse dans la retenue.

Je suis la femme qui parcourt le monde virtuellement
M’offrant de l’amour en douces paroles…
Créant un scénario de baisers brûlants.
Je suis la femme qui étouffe en paraboles…

Je suis la femme qui se libère de sa vie chronométrée,
De son rire intérieur qui fait mal à tout instant.
Je suis la femme qui s’envole vers son destin enchanté.
Je suis la femme tout simplement, tout simplement.


 

 

 

 

Le monde se déchire dans un spectacle navrant.
Le monde proteste mais se ferme les yeux de
crainte à affronter la misère, les injustices.
Le monde a faim, a soif de vivre, d'être en paix.
Le monde n'a pas besoin du long couteau de la mort.
Le monde a besoin de roses, de l'amour, de l'amitié.
Le monde affronte son avenir et les génération à venir
seront confrontées à ce malaise du passé.
Le monde est dur, peu affable.
Le monde s'enlaidit dans un découragement total.
Le monde se cache laissant aux autres la sale besogne.
Le monde deviendra une bombe et tout éclatera et la fin
sera fort probable un soulagement.
Le cycle reprendra son cours en espérant que le peu
de la race vivante aura la sagesse de la droiture
et de l'honnêteté mais hélas! l'humain a dans ses gènes
ce "microbe" du chasseur, de la domination.
Le monde? je ne connais plus.
Mérite-t-il notre douceur, notre compréhension?

 

 

 

 

l' Epervier 

 

Un voilier berce mes caresses aphrodisiaques.
Comme témoin, la mer dans sa vaste étendue.
La houle marque le rythme de nos ébats émus.
Notre nudité frôle nos corps démoniaques.

Dans cette barque vélivole, tout n'est qu'amour.
Lee toucher lustré de sa peau m'emporte dans un désir marinier.
L'océan nous envoûte d'un air salin et désiré.
Pour un instant, le monde nous appartient sans détour.

L'Épervier, de son nom, glisse sur les vagues enchantées.
Les mâts, solides au vent, emporte nos joies poétiques.
Nos regards en témoignent loin de la mesquinerie des portiques
Cheveux d'ébène, la marée guide nos tendres baisers.

Basanés, nous sommes deux corps étoilés
Dans un firmament où le paradis ouvre ses voiles de misaine.
Je voudrais marcher sur les flots auprès de ma douce sirène,
Suivre le courant sans égard à mes futures destinées.

Au loin, un port, une île qui entoure la terrible réalité.
Je t'admire ma Belle aux yeux nébuleux de tristesse.
L'au revoir pénible de tes étreintes, de tes caresses;
Un souvenir ineffable de cette tendre envolée.

 

 

 

 

 


Le banc public

Un parc quelconque dans un quartier anonyme.
Je regarde passer les gens désabusés aux pas rythmés.
L’hiver s’est enfui , les bourgeons éclatent dans de belles rimes.
Un vent doux balaie ce pauvre sentier pollué.

Un jeune couple s’arrête devant ma personne.
Ils s’embrassent avidement sans se soucier
Et puis me voyant dans un sourire de Madone,
Ils quittent d’un pas alerte, rires fort saccadés.

Sans m’apercevoir de sa présence inopportune,
Un vieillard au paletot déchiré crachant sa misère,
S’étouffant dans ses peines grelotte ses rancunes.
Le visage défait , il se lève blasphémant sa chair.

Quelques minutes s’écoulent, une aguichante femelle
S’assoit maladroitement dans un désir charmant.
Je le regarde mâchouiller sa gomme charnelle :
Une gourgandine de plus dans un corps dément.

Aucun parler de ma part, elle se lève dandinant ses callipyges.
Pauvre Vénus décrépitée par le temps dans un maquillage atroce
Et puis une vieille dame fort gracieuse, sourire oblige,
Me salue d’une voix aiguë et bien précoce.

Elle me parle sans arrêt de la virtuosité de son piano,
De l’enchantement de la musique dans son cœur d’enfant.
On l’a dit folle!!! Elle doit déménager sans dire mot.
Je la console de cette injustice dans un regard délirant.

Elle se lève péniblement dans un sourire d’une grand-maman.
Dos courbé, elle s’éloigne vers son destin cimenté
Par la douleur, le chagrin tout en entendant l’encens
D’un refuge vers un repos sans doute mérité.

Pas très loin, des jeunes jouent au ballon
Dans des cris discordants de désinvolture.
Aucun souci, le jeu transperce l’horizon
Dans un tintamarre entremêlé de voitures…

Bientôt ce sera la fin de ce jour particulier.
A mon tour de me lever avec candeur
M’éloignant discrètement d’une société
Où ma plume m’attend avec chaleur…

 

 

 

Vivre !

De la vie à s’étouffer d’amour,
De la joie qui se gonfle éternellement,
Des baisers d’une suavité de velours;
C’est moi, rien que moi, simplement…

De la chance qui se colle à mon corps,
De l’envie des autres et quelques rires…
Mais qu’importe! Je n’ai point de remords.
Seulement que de l’amour à offrir!!!

De la vivacité au jeu de l’amour infini,
Situation bienfaitrice de toute ma personne.
Que de plaisirs vers un avenir plus que béni!
Que de satisfaction, O ma « Belle Madone »!

 

 



Beauté

Douce évasion de mon cœur
Où se glisse un amour des plus chaleureux.
Beauté inassouvie d’une fleur
Qui s’épanouit en des pétales de feu.

Baiser que je désire en une fuite désespérée
Pour que le malheur s’évanouisse à jamais.
Étreinte savourée par des mots étouffés
Jalousement gardés dans notre doux palais.

Mélange de rêve et de réalité insouciante,
Une vie qui s’achemine dans un bonheur.
Folle envie d’aimer cette biche aimante
Qui s’offre à moi sur un plat de fleurs.

 



Soirée

Piège d’amour depuis longtemps désiré,
Saveur délectable d’une musique veloutée
Où le cœur s’extasie d’une lèvre aimante
En ces minutes glorieuses et offrandes.

Corps dénudé de toutes impuretés insalubres,
De la joie s’y installe ignorant le lugubre
Y faisant place à l’amour de plusieurs nuits
Où l’habitude n’est peu à l’approche du fruit.
Feu crépitant de mille baisers flamboyants,
Je te désire dans une ardeur plus qu’enfant.
Immortalité du geste, c’est l’amour sincère
D’une vie qui nous offre une belle galère.

 



Mon « Moi »

Tu es mienne au plus profond de moi,
Tu es ma Reine sous un silence évocateur.
Tu es le joyau qui en fait foi,
Tu es ce que je désire avec ardeur.

Tu es ma planche de salut vers l’apogée,
Tu es mon désir frisant la folie.
Tu es mon destin pour y rester,
Tu es mon corps au rythme du défi.

Tu es mon soleil, mon sourire, ma gaieté,
Ma force, mon regain, mon espoir de tous les jours.
Tu es tout et plus encore, ma Bien-aimée ;
Tu es un Amour et plus que mille discours…

 

 

 

 

 A Jean Ferrat

Chansonnier endiablé,
Moustache en bataille,
Chansons ivres de liberté,
Le cœur en chamaille.
D’une lointaine France,
Un Québécois te salue!
Je connais ta chance;
L’inspiration m’est connue.
Te voilà rempli de notes
Dans une tête d’un Cuba.
Des idées pas aussi sottes
Pour un guérillero en pyjama.
Je voudrais « ta montagne »

Pour te dire ma joie de t’écouter.
Oui « Que c’est beau la vie! » en campagne;
Ce silence de nature qui sait t’embellir.
A moi de cajoler ta voix humaine,
Un filtre merveilleux pour le poète.
Regarde!  Ton sourire reflète la Seine
Pareil à un vol splendide d’une alouette

 

 

   

A tante Darce

Simplicité d’un geste à sa grandeur,
Charme d’un sourire exquis;
Divine personne avec grand cœur
Par des mots tracés et bien définis.

Sentier à l’honneur d’une famille
Dont la race ne peut s’éteindre.
Pensée merveilleuse qui brille
Sur un chemin dont on ne peut feindre. 

Force de vivre sans pareil
Où l’image n’est que sourire.
Entourage de vermeil
Dans l’apothéose du désir. 

Espoir dans un cœur débordant,
Ressource inébranlable d’amour.
Un esprit des plus confiants
Où s’étincellent vos mille atours.

 

 

 

 

 

 


Rencontre

Que regardes-tu mon enfant?
Je vois un ciel bleu et j’en suis content!
Pourquoi tes yeux sont si tristes?
Je cherche ma Maman et cela m’attriste!

Tu as ton Papa, il peut te consoler!
Non, il est parti… vagabonder…
Tu es seul sur ce chemin rocailleux?
Oui et je suis très malheureux!!!

D’où viens-tu petit chérubin?
Là-bas… très loin, très loin…
Tu t’es sauvé, n’est-ce pas?
Peut-être? Je suis si las!

Où allais-tu réellement?
Je ne sais pas? Dans les champs…
Tu aurais pu te perdre à tout jamais!!!
Et pourquoi pas, je suis si distrait!

Tu ne veux pas que je te raccompagne ?
Non !!! J’aime trop la campagne!
Mais tu ne peux rester ainsi!
Je suis si bien ici!!!

Bientôt, il va faire nuit…
Et après, ça vous ennuie!
Mais non! Je crains pour toi.
Je n’ai pas peur… Moi !!!

A ce que je vois, tu es un petit gaillard !
Non, je crains que l’on m’égare…
Je n’ai pas raison d’être méchant !
Je le sais… je suis confiant !

Alors viens avec moi te réchauffer !
Il ne fait pas froid… pourquoi y aller ?
Tu n’as pas envie de dormir ?
Je ne dors jamais… je déteste souffrir !!!

Sans doute, tu fais de mauvais cauchemars !
Je ne veux pas fermer mes yeux, être en retard.
Mais où vas-tu exactement ?
Tout droit! On m’attend !!!

Tu m’intrigues beaucoup !
N’ayez crainte, je suis en sécurité partout.
Tu es bizarre pour ton âge ?
Je ne m’inquiète point! Je n’ai pas besoin de bagage.

Qui es-tu? Un petit ange descendu du ciel ?
Peut-être? Je vais… je viens… je cherche l’arc-en-ciel.
Décidément, tu es un mystère complet !
Pardonnez-moi, je dois partir… je suis prêt !!!

* * *

A la montée du chemin, l’enfant disparut miraculeusement
Et l’homme , dans toute sa béatitude, resta dans l’enchantement.
Après plusieurs années, il raconta à ses enfants et petits-enfants
La merveilleuse rencontre d’un petit garçon à la recherche de ses parents.

 

 



Sois belle !

Sois belle
Et parle-moi…

Doucement en des mots veloutés
Dans un ton calme et reposant
Avec vivacité, charme et volupté
En des paroles savoureuses d’enfant.

Sois belle
Et parle-moi…

Pour que mon cœur dérouté raisonne en beauté
Dans un plaisir où la sagesse prédomine mes actions
Avec retenue et silence d’un ciel bleuté
Dans une grâce infinie en exclamation.

Sois belle
Et parle-moi…
Caresse mon corps de tes mains de velours
Donne-moi l’extase du plaisir silencieux
Où je me repose dans tes bras d’amour
Dans une nuit discrète à l’abri des yeux.

Sois belle 
Et parle-moi…

L’automne arrive dans un éternel dépouillement.
Nos corps frissonnent dans l’émoi d’un départ.
Le vent balaie nos mots tendres capricieusement.
La tendresse s’enfuit sous un lourd regard.

Sois belle
Et parle-moi…

Juste une dernière fois… Ne te détourne pas de mon visage.
Je pleure ta joie, ta passion, tes étourderies.
La porte se referme et le rideau entoure ma cage.
La solitude s’évanouit dan un mirage d’une nuit.

 

 



Ma raison de vivre

Je te caresse et tu ne bouges pas.
Je te bouscule sans effort, nonchalamment.
Étendue sur la table sans fracas,
Impersonnelle dans ton bleu miroitant.

Je te regarde avec sensibilité et amour.
Te saisir dans mes mains et te respecter.
Un partage de mes émois avec amour.
Froidure de ton corps d’un noir blessé.

Tes traits déçoivent mes doigts habitués
A sillonner ton parcours dans un chant délicat.
Plutôt le silence, la bouderie de continuer
A me guider allégrement dans ce repas.

Chagrin douloureux, tu pointes mon désarroi.
Comment pourrais-je m’exprimer sans te saisir
Dans un élan harmonieux rempli de soie ?
Dehors, il pleut! La grisaille de mes désirs.

Comment puis-je me disputer devant une si grande beauté?
Ma force s’infiltre en toi. Tu esquisses mes douleurs.
Tu m’apprends la tolérance des mots justifiés.
Ne t’éloigne pas de mes mains caressantes de fleurs !

Pas un seul mot énoncé devant une sagesse louangée !
Que vais-je décrire dans cette pièce étouffée d’innocence ?
Tu es si belle , allongée reposant tes mots respectés!
Donne-moi le plaisir d’envelopper ta magnificence!

Le jour décline… un cierge allumé pour une belle poésie.
Tu roules devant moi… à mon grand plaisir, je t’accapare
Dans un sourire… entre mes doigts, j’écris et j’écris…
Ne me délaisse plus, le poète est péniblement en retard.

 

 



Une vie remplie

De mes énormes mains, j’ai souillé la terre.
De par les chemins, j’ai bravé les mers.

O toi regarde-moi, regarde ce que je suis :
Fort, robuste dans la force de l’âge! 
O toi malin qui se croit en défi,
Méfie-toi de l’humain en paysage !

Que penses-tu de mon courage illimité ?
J’ai tant connu la boue, la souillure
Que ma vie ternie ne peut que déchirer
Ma peau inodore rendue trop sûre.

De mes énormes mains, j’ai souillé la terre.
De par les chemins, j’ai bravé les mers.

Plus j’y pense, plus je m’attriste
En regardant défiler mes souvenirs.
J’y pense et je voudrais être juriste
Pour adoucir la misère qui se déchire.

De mes énormes mains, j’ai souillé la terre.
De par les chemins, j’ai bravé les mers.

Bravant tempêtes et malédictions des eaux,
J’ai voulu appartenir à la race des flots
Qui émotive tellement les cieux.
Je n’ai su aimer que la vengeance.
Pour tenter une sorte de supercherie,
J’ai franchi toute défense
Et la morale en fut bannie

De mes énormes mains, j’ai souillé la terre.
De par les chemins, j’ai bravé les mers.

La rage de maudire des années éphémères,
La conscience devenue point facile,
Je traîne mes pieds de poussière
S’enfonçant dans une glaise d’argile.
Le blanc transforma mon manteau
En des rides prononcées et cachées.
Mon corps fut transpercé d’un couteau :
Jamais plus, je ne vis l’imagé.

De mes énormes mains, j’ai fini de souiller la terre.
De par les chemins, j’ai trouvé un refuge : le cimetière

 

 



Le bouquet

Une rose éblouissante, éclosion de sa jeunesse.
Un sourire quelque peu mitigé mais sincère.
Ses pétales se transposent dans un parfum de caresses.
L’amour se développe sans misère.

De cette fleur esseulée vint une odeur agréable :
Deux fleurettes jumelles dont l’attachement est sans pareil.
Sasha et Marie-Eve, deux effluves admirables ;
Surprise totale dans une douce vermeille.

La tige résiste dans une vie de silence, de souffrance.
L’émotion s’étouffe à la grandeur de Nathalie.
La maman se recherche dans une vie sans cadence.
Routine, les jours s’effilochent de mille débris.

Éclosion d’une autre existence, William :
Petit clown à la vitalité d’un tam-tam.
Une famille à l’apparence heureuse et sans problème
Mais hélas , le mot magique n’est plus : Je t’aime !

La rose, difficulté à survivre dans ce monde impassible
A la recherche du bonheur, d’une olfaction crédible.
Tout n’est que désarroi, fléchissement désabusé.
Tu t’enveloppes dans une serre pour redorer tes pétales blessées.

Décision, départ, les épines tentent d’accabler ta résistance.
Autre alcôve, respiration de joie, vie sans pénitence.
Malgré ta fragilité, un bonheur s’installe dans une paix méritée.
Le « silence » de tes pensées, de ta vie future est encensée.

Les bonnes odeurs sont revenues dans l’acceptable.
Tu brilles dans une beauté chaleureuse, dans un avenir d’espoir.
Tu guides tes pas, tu chasses l’intrus indésirable.
Tu es Nathalie avec un caractère loin des déboires.

De ton enfance, petite fleur fragile sans but;
Tu hausses maintenant les épaules éloignant les rebuts.
Tu parfumes tes jours dans tes propres décisions.
L’assurance envahit ton esprit avec acclamation.

Le bouquet jouit d’une santé à la mesure de ton moral.
Chasse les mauvaises odeurs, laisse pénétrer l’amour,
Toujours l’amour dans une conscience florale
Où le mérite est de vivre un bonheur entouré de velours.

 

 

 



Silentium

Chaumière isolée sous un regard feutré,
Nuages impénitents, sans bruit maléfique.
Pièce saccagée dans une expression étouffée.
Dehors, la nature grogne un mutisme diabolique.

Un fête gonfle la joie des participants.
Tout autour, des notes entremêlées de plaisir.
Et moi, aucune tonalité, aucun entregent.
Je suis étouffé dans ma sphère en délire.

Une femme au corps splendide d’envie
Laissant dégager sa peau au gré du vent.
Je lui parle sans mot dans un esprit
Où mon corps s’abstient d’un désir brûlant.

Un ami qui ment dans une facilité débordante
Trahissant par la parole un lien intarissable.
Bouche bée, je scrute l’ennemi dans l’attente…
Mon comportement est obtus face au minable.

La nuit, des soupirs craintifs et maladifs.
Crier mon désarroi, exprimer mes cordes vocales.
Aphone, souffrance, mon intérieur chétif…
Je titube aveuglément dan un corps volage.

Un parler discordant pour une action frivole.
Des mots désordonnés, fragilité de mon être.
Aucune syllabe, de la douleur qui s’envole…
Larmes éteintes, effacement pour ne plus paraître.

Un cimetière, fosse non recouverte par la mort.
Dernier pas, refuge assuré sans intonation.
Exaspéré de me battre pour mon faible corps.
Yeux clos, vent silencieux dans une détonation…

 



Le jouet

Dans un placard, un ourson en peluche tout jauni.
Je le saisis tout ravi que j’en prenne possession.
D’un œil plus gros que l’autre, il semblait être un génie;
Les bras ouverts, heureux de sortir de ces années d’omission.

Ma faible jeunesse dans un rêve presque imaginaire.
Ma tête voltigeait ailleurs dans un mépris de la réalité.
J’inventais des mondes irréels aux mille éclairs
Dont j’étais la vedette suprême, incontestée.

L ‘adulte veut se souvenir mais hélas! des crevasses
M’empêchent d’ouvrir le grand-livre de la vie.
Je pose des questions mais on me répond par des paperasses.
Tête baissée, l’étranger titube péniblement sans appui.

Pareil à un ourson défiguré, le chemin est nulle part.
Pour consolation, des mots à la recherche d’une vérité
Qui ne viendra jamais. Tout se résume au pénible retard
Des années perdues dans la nonchalance d’un cœur blessé.

Pénibles souvenirs qui ne donnent que du malheur.
Tête maladive qui m’harcèle dans des secousses atroces.
A l’aube d’une décision, je suis perdu me dissimulant dans les fleurs
Pour que l’arôme apaise mes haines sous une épaisse écorce.

Ourson de mon enfance, une certaine mutilation navrante…
Je ressemble à ton personnage : inanimé se cachant dans le noir.
Fatigue inlassable, pourquoi toujours pleurer d’une voix délirante ?
Allez mon cher ourson, je t’accompagne à l’abri de ces faux miroirs.

 

 



Les ailes de la liberté

Dehors la froidure glace les cèdres enneigés.
Tout n’est que respect dans cette nature violente.
La blancheur fige les êtres déroutés
Et voilà que des oiseaux m’enchantent…

Leur arrivée soudaine dans les perchoirs
Dénotent leur fragilité à survivre.
De frêles chardonnerets crient leur désespoir
Nourriture! Nous voulons vivre !!!

Sans plus attendre, je leur offre des graines nourricières.
Se mêlent des geais bleus jasant de satisfaction
Et maintenant des mésanges dans une fierté altière.
Petits êtres de douceur en cette terrible saison !

Je les scrute dans des mouvements sans arrêt.
Leur courage, une leçon de vie admirable!
Un respect m’envahit dans une humble paix.
J’envie leur liberté d’un regard agréable.

Le jour s’estompe… Il se cachent de la gelure.
L’Etre Suprême a créé votre beauté mais pourquoi souffrir ?
La douceur, votre royaume ; la terre, la douleur, l’azur…
Allez! Voltigez votre grâce pour mieux m’éblouir…

 

 



Madame !

J’aimerais vous écrire de belles choses,
Harmoniser mon cœur dans une odeur de roses ;
Vous faire apprécier mes joies de la poésie, 
Danser nos corps dans une parfaite harmonie.

Madame,

J’aimerais connaître le balbutiement de vos belles paroles
Sur un ton harmonieux d’une douce maîtresse d’école
M’enseignant l’art de vivre heureux en peu de mots
Dans un sourire majestueux au-delà des maux.

Madame, 

J’aimerais être l’accomplissement de vos rêves insensés,
De beaux décors théâtraux dans une démarche rêvée.
La puissance des gestes à la portée de notre imagination
Dans un souffle de vie admirable avec animation.

Madame, 

J’aimerais être moi-même, vous cajoler tendrement,
M’exclamer en prose d’une voix douce d’enfant.
Vivre un bonheur tant souhaité d’un soleil d’espoir
Où la vie s’accroche, se reflète dans un miroir.


Madame, 

J’aimerais balancer mon corps dans une vivacité d’amour.
Des baisers sincères où l’on oublie la réalité de tous les jours
Laissant le mal planer vers le lointain indiscret
Faisant place à des étreintes de légèreté et de paix.

Madame, 

Donnez-moi cette chance de connaître l’ivresse de la chair
Dans un rythme satisfaisant sous une couverture d’hiver
Dont la chaleur serait l’ultime union de notre amour éternel ;
Secrètement, avidement à l’intérieur d’une fenêtre en dentelle.

 

 

 



La Penderie

Une chambre soyeuse aux draperies fleurdelysées,
Des murs accueillants, des tapisseries invoquant l’amour :
De la chaleur, de l’intimité dans un espace esseulé :
Ma Fleur des champs s’est envolée au lointain de l’azur.

Regard pénible d’un meuble chaleureux en particulier.
Mes yeux humides ne peuvent retenir l’émotion grandissante.
J’ouvre les portes du passé d’une main blessée.
Le cœur se déchire, l’image se fixe…robes scintillantes !!!

Je les caresse doucement, j’hume encore son parfum indélibile.
L’euphorie est à son comble! Je tremble!!! De beaux souvenirs
Se glissent dans ma mémoire ineffaçable des plus crédibles.
Je réfléchis aux images d’antan, ses lèvres douces pour m’éblouir…

Sur un cintre, robe flamboyante d’un bleu immaculé.
Une plage où la lune témoigne de nos ébats incalculables.
Des baisers encore des baisers dans une brise calculée.
Nos corps étendus, éperdus se chatouillant sur le sable.

Et maintenant mes yeux admirent cette robe rouge d’admiration.
Une soirée entre amis où son corps se moulait divinement.
On l’enviait! Les mâles se regroupaient avec décision.
J’étais là, fier de ma compagne, de son immense perfection.

Par après , une robe blanche d’une pureté évangélique.
Le prêtre , dans sa dignité, confirme notre union indéfectible.
Le voyage… Venise avec ses gondoles dans un décor mirifique.
L’apothéose de nos désirs, les serments d’amour à peine audibles.

Et voilà que mes doigts touchent cette robe rose à peine effeuillée.
Des champs, de la lumière, de la vie, un bonheur délectable.
Nous dansons l’extase, l ‘ivresse de nos esprits comblés.
Un moment savouré dans un silence friable.

D’autres robes frôlent mon bras dans une affection grandissante.
Une robe verte tombe par terre. Je la regarde avec compassion.
Une soirée, de la musique, de la danse; tout m’enchante…
C’était l’amour!!! Un lit accueillant nos belles actions.

La terrible robe noire enveloppe nos bras chancelants.
La mort incroyable!!! Le feu brûlant sa chair doucereuse…
Comme partage, une mémoire vive de nos gestes aimants.
Je ferme la porte de ce trésor. Fin de mes joies heureuses…

 

 

 


Mon pauvre ami

Un jour, je t’ai transporté sur mon terrain :
Chétif, démesuré, tes bras difformes et maladifs.
Je t’ai encouragé, je t’ai parlé en doux refrain.
Je caressais tes aiguilles, je te savais tardif.

L’été, le soleil pointait ta faible structure.
Tu étais seul au milieu de cette étendue.
Mes pas se dirigeaient vers ton armure
Où je ressentais un mal de te voir si déçu.

Le bent balayait ta carcasse handicapée.
Je te savais malheureux, rempli de laideur.
Je te confiais mes blessures, mes larmes non désséchées.
Parfois tu frissonnais pour me dire de ne plus avoir peur.

Avec les années d’encouragement et d’une voix sincère,
Tu es devenu ma fierté car ton ramage est splendeur.
Ton habit verdâtre embellit mon cœur et ma chair.
Tu es confident silencieux, entouré de chaleur.

Cet été, mon esprit bafoué, je t’ai délaissé avec regret.
Mes douleurs intenses ont parsemé un terrible oubli.
Dans ta fierté, tu as effacé tes immenses plaies.
Tu es devenu mon ami; ne lâche pas, je t’en prie !

Les gens ricanent quand je te parle avec sincérité.
Croyance infuse mais je sais que tu me comprends.
Tu es ma consolation et j’ai hâte à cet été!
Tu seras une merveille de la nature et du vent.

Et dire que je voulais t’arracher à ta terre nourricière
Car tu semblais si désespéré, un mal de vivre que je connais.
Soudainement, je fus ébloui et exaucé par mes prières
Tu es beau dans ta sagesse, ton esprit me plaît !!!

De ta petitesse resplendit ta grandeur déployée.
Je t’admire et je te respecte avec émotion.
Je veux être comme toi : survivre dans la fierté.
Je te salue et je te remercie de ces douces leçons…

 

 

 



Le Bel Age ?

Vieillir en silence, le dos courbé,
N’être qu’un objet, une statue esseulée
Dans une pièce sombre et détestée.
Que des souvenirs d’une vie dorée!

D’une chair martyrisée par les larmes,
La société n’offre aucune alarme.
Tu n’es que rebus et pourtant tu as du charme.
Ta vieillesse te désole n’offrant peu d’arme.

On a hâte que tu meurs donnant raison d’une délivrance.
Tu indisposes par tes maladresses, tes fausses cadences.
Parfois on te rend visite mais quelle pénitence !!!
On te regarde avec hypocrisie, d’un rire qui offense…

Un jour viendra où mon corps alignera une charpente de Pise.
Je serai délaissé, abandonné de tendres bises…
J’attendrai la mort ou peut-être, j’irai vers sa banquise
M’empêchant l’humiliation, les douleurs d’une crise…

...........


Souffrir moralement déchire ton esprit et ton corps.
Souffrir moralement, tu n'as plus la conduite de ta personne.
Ton cerveau titube... Il est à la merci des idées noires.
Le monde incertain envahit tes neurones et ne respecte plus
ta conduite personnelle. L'inverse est le domaine le plus
indigeste que l'on peut vivre. Ton cerveau a de la difficulté
à se diriger convenablement. Souffrance mortelle...
Souffrance terrible...


 

 

 


A ma fleur émouvante

La pluie tombe sur un soir tranquille,
Le chant muet regarde monter l’écho
D’une plume qui s’attarde dans l’île
Où j’ai vu naître l’amour des flots.

Des sinistres années ont séché mon envie,
Le désespoir a bien voulu me corrompre.
La colombe du matin a tué la vie
Emmenant souvenir pour que tout se rompre…

Seulement l’image parfaite d’un sourire,
Le doux parfum de tes baisers brûlants;
Un portrait mal dessiné pour souffrir,
Une chaîne rouillée par les neiges d’antan.

Le sommeil déchire mon âme pétrifiée,
Mes doigts hantent le désir d’une étreinte.
Le regard dans le lointain desséché
Puis c’est le noir dans une atroce feinte.

Des pleurs ruissellent mes joues endolories,
Elles sillonnent mes rides de vieillesse.
Mon divan caresse ma chair presque nourrie,
Je suis le sanglot dans ma forteresse.

Que de tourments dans ces yeux éplorés,
Joli bouquet de mes années folles !
O toi, Fleur émouvante qui m’a délaissé,
Pourquoi m’avoir grisé dans cette farandole ?

André Labrosse (
Épervier) Lac St-Paul, Québec

Site Epervier : http://epervierlepoete.iquebec.com
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Courriel : epervier50@msn.com

 

 


 


 

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