Johale

 

 

 

 

 

 

Pleins et déliés

Ton absence creuse dans ma mémoire

Des lettres capitales

Plus de mots, plus de souffle, juste ton souvenir

 

Plaies de liens

Le fil de toi est si fragile

Sa soie s’épuise

Ton regard m’emprisonne en son dernier moiré

 

Pâles cygnes

Ils glissent sur mon lac

Fantômes clairs

Entre tes plumes j’aurais dû écrire plus d’amour

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques soieries, paroles d’ange,

Ont bâillonné mes émois gris.

Ton océan ouvre le pli

D’un sommeil aux rêves étranges.

 

La brûlure de ton soleil

A éclairci ma nuit troublée :

Vivre, vivre et ne plus penser

Qu’aux étoiles qui appareillent !

 

Prendre les collines de terre

S’en barbouiller comme une peau,

Devenir bulle de ruisseau,

Faire couronne du tonnerre.

 

Vivre, vivre et ne plus penser

Qu’aux étoiles qui appareillent !

Cueillir le sang au creux des treilles

Boire au nectar de tes baisers.

 

Et même si tes mots épées

N’ont caressé qu’une chimère

J’aurais vu les amours entières.

 

Ton regard est éternité.

 

 

 

 

 

 

   

Les paupières d’hiver fardées de frais frimas
Tout alourdies de bise et violettes de froid
Ont brillé ce matin de milliers de soleils.
Des boules de Noël hivernant dans la treille
De la morte saison, de nos cœurs en manteau,
Ont offert au jardin de bien jolis cristaux.
Un clignement de miel dans la soie du feuillage
A déposé l’été au creux du blanc corsage
De la robe de gel qui pare nos contrées.
Mon esprit a frémi, mon âme a fredonné
La chanson des beaux jours à l’ombre des parfums
Dont le baume d’oubli terre les ans défunts
En offrant aux poumons un air méridional.
Dans l’œil de ses pépites, il déploie ses pétales
D’arbre du renouveau l’élégant mimosa,
Et, d’une main gantée à l’éclat délicat, 
Allume le printemps traînant encore ses rais 
De guirlande aurifère aux fragrances dorées.



 

 

Saute, saute

Sauterelle
Sur tes années de ballon
Prends ton cœur de trampoline
Rebondis sur ses jupons
De tes rêves en couleur
Tricote un grand chapiteau
Fais un cirque de tes peurs
Dompte tes lions de pipeau
Et de la toile enfantine
Fais un ciel de coralline
Grand enchanteur de prunelles
Saute, saute,
Sauterelle 
Sur ton printemps ménestrel

Saute, saute 
Sauterelle
Sur tes sucettes d’instants
Élance-toi de la terre
Pour la marelle des ans
Vole aussi loin que tu peux
En emportant tous tes rires
Accrochés à tes cheveux
Sème au moins quelques zéphyrs
Dans nos cœurs de centenaires
Reprise leur goût amer
Avec quelques ribambelles
Saute, saute, 
Sauterelle 
Sur ton été tourterelle

Saute, saute 
Sauterelle
Que ton temps de jouvencelle
S’étire en longue réglisse
Au-delà des arcs-en-ciel
Les cieux sont souvent austères
Alors emplis de bonbons
Tes souvenirs bayadère
Et de jeux saute-mouton
Ta mémoire en pain d’épice
Pour que les jours de jaunisse
Tu retrouves un peu de miel

Saute, saute
Sauterelle
Sur le tremplin aux mille ailes
Et puis fais comme il se doit
De ses points de vers usés
De ses mots un peu froissés
La dentelle de ton choix.
Saute, saute
Sauterelle
Mon amour suivra le pas.

 

 

Espoir 

Innocente jeunesse, j’allais le coeur ouvert
Sur les falaises claires pêcher les idéaux,
Mon filet déployé pour engloutir Cythère 
Et l’océan entier des amours en troupeau.

Hélas dedans mes rets ce n’est qu’une amourette
Qui prit l’eau de mes bras pour la mer des Sargasses
Et glissant de mes mailles en jouant des arêtes
Ne laissa qu’une écaille à mes trophées de chasse.

Alors, désespérée, j’allais les mots ouverts,
Fière figure de proue d’un bâtiment en rimes
Et je chantais la soie des poètes amers
Pour qu’au fond de leur gouffre les sirènes m’arriment.

Hélas dedans les flots ce ne sont que méduses
Qui m’ont tendues leurs fils de paroles piquantes,
Et mes malheureux vers devant ces piètres muses
Ont ravalé leur fougue et leurs couleurs naissantes. 

Décidée d’en finir, j’allais le corps ouvert
Pour appâter les ans en pêcheuse de gros,
La ligne était pourvue de mon âme éphémère 
Voulant ferrer la mort, j’espérais le tombeau.

Et joie ! Quand le bouchon disparut de la page 
Ce n’est pas une faux pour couper ma détresse
Mais un éclat de vie qui revint au rivage
Mêlant rire d’enfant et espoir d’allégresse. 




 

 

 

 

 

  Un fantôme erre en mon château,
Mon abri de peau et de pierres.
L’antre intime de mon credo
Se tord, se tait, me sidère.

Son empreinte entrouvre mon huis
En découvrant mon âme lige ;
Mes sens en rêves interdits
Se fondent en un doux un vertige.

Il est là, partout, il me suit,
Ses ombres pâles me possèdent,
Sa chaleur spectrale remplit
Les moindres creux que je concède.

Dans les plis de ma réticence
Il entre à pas de feu follet
Et si je n’avoue sa présence,
Mon revenant a mes secrets.

Je le laisse comme une esquisse,
Cet amour aux nimbes de miel,
Emplir mon désir de délices,
Ma raison de regrets pastel.


  Ce matin il a neigé

Neigé des enfants partout dans la campagne
Des flocons de bonnets, des tempêtes de rires
Des boules de bambins en pays de cocagne
Des cristaux de bonheur capables de confire
Dans un sucre de joie les cœurs les plus amers.

Ce matin il a neigé
Neigé dans les cieux blancs des martinets d’hiver
Aux cris si cristallins, à trouer les nuages,
Aux plumes acérées de fraîcheurs argentines
Qui, sillonnant le plaine de ma trop sage page,
Ont bousculé les mots en perles enfantines.

Ce matin il a neigé
Neigé des étoiles de nez, des bêtises de joues
Des rhumes insouciants au fond de lits aimants
Des doigts gourds de plaisir, des écharpes de toux
Des sirops d’escargots qu’on boit en grimaçant
Et des berceuses chaudes des lèvres de maman.

Ce matin il a neigé
Neigé des souvenirs à la pelle
Devant la porte du présent
Un bonhomme de neige laisse pousser ses ailes, 
Des congères de billes m’embrassent en passant.






 

 

   

Évasion

Ce soir, le vent murmure.
Il respire pour moi tous ses enchantements.
En glissant ses doigts d’air dedans ma chevelure
Il tisse des nœuds d’or aux souvenirs d’antan.
Des mots doux s’enfilant sur ma toison rebelle,
Broderies de fils clairs en lianes d’années
Qui s’accrochent au temps, écrasant carrousel
Comme l’ancre sans crocs du navire échoué. 

Il conte les secrets des terres et des montagnes
Les légendes des hommes, des fées et des lutins  
En apportant la vie des pays de cocagne  
A tous ceux qui ne sont que rêves pérégrins.  
Des pensées d’évasion aux filaments lumière  
Emportées dans les bras de très sages moulins  
Dont les paroles grains, les saluts crucifères,  
Ensemencent les cœurs d’espoir et de bon pain.  

Éole se mélange aux cheveux d’Ophélie
En entrelacs de tombe et reflets d’outremer,  
Il souffle sur les eaux et fait voler le lit
De la nymphe alanguie dans sa couche d’éther.
Pour qu’aux soirs d’amertume et de froide saison  
La vierge, en passant, nous pleure son destin  
Et caressant nos joues ou frôlant notre front,  
Puisse un peu réchauffer l’or pâle de son sein.


 

 

Éphémère

Sur son fauteuil de tronc, la feuille se dérobe.
Elle défroisse les plis de ses atours dorés
Et se mirant dans l’air tout empli de rosée
La voilà qui se pâme à l’ambre de sa robe.  

« Avez-vous vu, en bas, comment ma mine est belle,
Alors que tout est mort, comme je resplendis.
La Nature pour moi à un goût d’infini  
Et devant ma splendeur, m’a choisie éternelle ».  

A ces mots effrontés, le vent fou de novembre
Souffle sur les jupons un peu trop empourprés  
De l’éphémère dame aux rêves insensés
L’arrachant, d’un coup d’air, au boisé de sa chambre.

De sa chute sans fin la feuille est spectatrice
Ne pouvant croire au bout de ses jours papillon,
Sans voir que l’avenir se cache en ce bourgeon,
Blotti dans la chaleur, au creux des cicatrices.

   


 

Union

Ce soir ma belle amie, je n’ai vu que le feu
De tes yeux voilés d’un éventail trop sage
Dont les ondes d’azur naviguant en mes cieux  
Se sont mariés à l’eau de mes espoirs mirage. 

Lorsque ta bouche à clef a soufflé son parfum
De trésors d’horizon agrippés à tes lèvres
Les noces métissées de mon hiver défunt
Et de ton doux printemps ont consumé la trêve. 

Et quand ton cœur naissant s'est offert à la danse
En glissant sous tes peurs de moucharabieh
C’est l’union du désir de ta tendre cadence  
A mon amour phénix qui a fleuri l’été.

   

 


Passe-passe

  J’aimerais que mon cœur ne soit qu’un passe-sang.
Faire la circulation, un métier reposant :
Par ici les globules chargés de bon air frais.
Par là, vers le dehors, ceux qui sont pollués.
Juste des va et vient et quelques battements.
J’aimerais que mon cœur ne soit qu’un passe-sang. 

Mais mon cœur est aussi un passe-sentiments.
Fermé ou épanoui, tout dépend du moment.
Parfois il se déchire, comme page d’un livre
Qui nous a fait pleurer et qu’on ne veut plus vivre.
Ou alors il explose tout rempli de l’instant
Où le corps et le cœur deviennent des amants.
Mais mon cœur est aussi un passe-sentiments  

Aujourd’hui, il est vide. Son baume l’a quitté.
Il n’est plus que douleur, le filtre est déchiré.
La maladie d’un autre a touché son essence.
Il a laissé le mal dévorer sa substance.
L’illusion le fait battre, le réel c’est qu’il meurt.
Aujourd’hui mon cœur n’est qu’un passe-douleur.

   

 

 

 


Goût d’orage

La lumière se fait électrique
Des couleurs exaltées éclatent dans les reins
De la nature vierge.
Le filtre des nuages sculpte un relief plein  
Même aux plus plats destins.
Dans la lourdeur de l’air
Une mouche qui siffle  
Comme balle. Début d’hostilités.
L’air est lourd, enclume des poumons
Le forgeron céleste en façonne encore une
On entend les éclairs jaillir d’entre ses mains.
Simple fétu de paille pliée sur mon lopin
Me voici hologramme dans ce tableau divin.  
En l’instant, la seconde, c’est le plus que présent
Qui me fait seule au monde dans l’attente tendue
Du moment où l’orage s’effondrera dessus
Mon îlot de fatigue, ma terre de brisure.
Premières gouttes d’or viennent alors se mêler
A la mer de ma peau, et leur tiédeur glacée  
Refait vivre mon corps, lave sa lassitude.
Tête ivre, bouche ouverte, je  m’offre aux caprices,
A la violence mâle de ce coup de chaleur.
Je vibre, je renais, la vie recoule en moi,
Ma tempête de l’âme ne peut pas faire long feu
Contre, toute puissante, la colère des Dieux.

   

 

Arbres d’océan

  L’océan les observe
Depuis des siècles.
Mouvement perpétuel
Contre statues d’éternité.
Leurs corps absorbent le vent.
Ils filtrent les ébats
Les jours où dans l’amour,
Furieux, désespérés
L’eau et l’air s’unissent
En passion de tempête.  

Ils scrutent l’océan
Et les hommes.
Leur front tordu se plisse
Pour boire l’horizon.
Leur cou s’est trop penché
Pour voir les jeunes filles
Inaccessibles ondines.
Mais leur désir se rompt
Contre le sable, à chaque marée.
Ils les ont tellement voulues
Ces douces demoiselles
Qu’à trop les regarder
Le rose de leur joue
S’est fondu en leur sein.
Et quand l’été les prend
Ils se parent du fard
Qu’ils ne caresseront que lorsque,
Bien après, leur feuillage d’ombrelle
Rafraîchira de vieilles dames dignes
Feues beautés du printemps. 

Car eux sont toujours là
L’océan les observe
Ils scrutent l’océan
Et les hommes
Et les bancs des jeunes filles âgées
Qui ne reviennent plus
Des bancs vides
Des bancs d’hiver
Qui s’appuient sur l’éternité de leur tronc.

   


 

 

L’heure bleue

La flèche est décochée.
Elle se fige en vibrant entre l’ombre et le jour,
Une flèche pointue du coq des alentours  
Annonce aux diurnes de fin des heures troublées.
C’est la pointe du clair, c’est la queue de la nuit.
L’éclipse du matin, majestueuse scène
De lumière en filets mêlée aux corps d’ébène.
Fine aiguille du temps où l’œil de l’aube luit
Dans un éclair bleuté. Et de ses cils dégouttent
Des perles de fraîcheur ruisselant de rosée
Que boivent les étoiles aux rayons éreintés.
Puis elles replongeront dans leur sofa de voûte
Et laisseront la place au carrosse éclatant
Du prince aux cent chevaux dont les flammes crinières
Lècheront le chant pur des oiseaux aurifères.
Leur aile de ramage éveillera, charmant,
D’une plume enchantée la nature princesse
La belle aux bois dormants qui attend le baiser
De l’aurore timide aux yeux encore ombrés  
Par l’éclat de la nuit aux si douces caresses.


 

 

 

  Mon il

Mon il est explorateur
D’un continent qui se croyait perdu
Fendu par la lame de conquistadors barbares
Son miel a ravivé la flamme du volcan écorché  
Au printemps de ce monde, il sème le sol
De graines de tendresse
Abdication du cœur
Mon il est paysan  
D’une terre aride, sauvage, cruelle  
Patiemment, laissant passer l’orage
Labourant les angoisses, son soc a travaillé  
A l’été de ce monde, il récolte la fleur érotique
Qui ne se savait pas exister
Abdication des sens

 

Mon il est architecte
D’un château de sable
S’écroulant à l’assaut vague des larmes
L’indulgence de ses doigts repose chaque grain
A l’automne de ce monde, il construit un palais
D’inespérées merveilles
Abdication de l’âme 

Mon il est mon rivage
Mon continent, ma terre, mon palais
Il poudre l’univers de sa douceur musquée
De son amour béton contre vents et marées
A l’hiver de ce monde, il aime
D’un amour simple et beau
Abdication de vie

   



Esclave blanche
 

L’esclave blanche a le cœur noir,
Cœur noir de suie, de désespoir.
Suie du regard des yeux lubriques
Qui se reflètent en têtes obliques
Dans sa vitrine de bazar
Dans son miroir un peu hagard.
Désespoir océan d’années
Dix-sept printemps déjà noyés.
Larmes de sang des ventres lourds
Frappant en elle comme tambours.
Larmes de rage des bouches grasses
Papillonnant sur la rosace
De son corps d’ange perdu
De ses lèvres d’enfant déchu.
Les coups de fouets de ses galères
Ont lacéré ses jeux de verre.
Les passants voyeurs n’ont rien vu
Bandeaux sur âme de vertu.
Alors sur le trottoir lac,
Jetée comme chat en un sac,
L’esclave blanche a le cœur noir,
Cœur de suie, cœur de désespoir.

   

 

 

 

Souvenirs

Le miel du temps passé coule à flot en ma bouche ;
Les éclats d’enfants clairs tissent des tabliers
A carreaux blancs et bleus, pavage aux ans farouches.
Je m’arrache au présent titubant sous mes pieds.  

Mon corps se souvient des tartines épaisses
Des bols gras matinaux  énormes et fumants
Dont les volutes rêve étaient blanches promesses
Nous remplissant le ventre et l’âme tout autant.

  La maîtresse radio posée sur l’étagère  
Grésillait nos journées de moineaux batailleurs.
Elle jetait ses chansons, ses jeux de ménagères
Ensemençant juillet de musique couleur. 

Dans la bassine cuivre aux reflets qui flamboient
Nous mangions les étés collés de confiture
Comme soleil couchant sur le bout de nos doigts,
Nos rires étoilés de petits points de mûres. 

Nous étions chevaliers d’herbes hautes –châteaux,
Combattant les moutons comme dragons féroces
Armés d’une brindille ongles noirs au pommeau,
Tours de foin défendues par nos plaies et nos bosses.

  Les rus prenaient appui sur nos ponts pacotille
Pour se gonfler en fleuve allant jusqu’à la mer,
Des coquilles de noix devenaient nos flottilles
Les gâteaux du goûter sonnant fin de ces guerres.

A boire cet élixir de rêves et de rires
Nous, tout petits ailleurs, poussions comme géants
Tailladant d’un seul poing les monstres d’avenir
Cachant dans les replis nos peurs et nos tourments. 

Mais si nous avions su que passe le passé
Nous aurions rêvé plus et joué davantage
Souvenir pointilliste et cœur en pointillés
Tissant des fils de soie à l’accroc de nos âges. 

 




Vagues

Les vagues en délire  
Accrochent les nuages de doigts incendiés.
L’espace se rétracte entre flammes écume
Sous le déchaînement de la bête affamée.
Les spasmes de son corps endiamanté enfument
Sa tanière de roc comme un chaudron brûlé,
Débordé, bouillonnant sous l’animal qui hume
Le navire insolent qui sera sacrifié.
La mer a le mal d’elle-même
Sa fureur rouge l’effraie.  

Les vagues en soupir
Bercent de leurs rondeurs les plages alanguies
Éphémères baisers s’offrant à chaque grain,
Interstices d’amour remplissant l’infini.
Ces liquides ébats d’eau et de terre en lien
Étourdissent le sable en plaisir friselis
Parcourant l’or des peaux de voiles aériens,
Caressant les nuées de plaintes clapotis.
La mer se désire elle-même
Son amour blanc lui plaît. 

Les vagues en dormir
Enivrées de soleil sur la page empourprée
Couchent leurs bras de pieuvre et leurs jambes d’épaves.
Les ultimes rayons se jettent en bouquet
Sur les draps de satin que l’horizon enclave.
Des écailles de feu, étincelles moirées,
Agonisent l’éclat que déjà l’ombre lave.
Une douceur marine embaume la soirée.
La mer se replie d’elle-même
Un sommeil noir la tait.  

   

 

 

 

Parenthèse  

Jours coulant à l’envers du monde
Dans une folie rouge, dans un abandon blanc
Dans leurs matins exsangues et leurs nuits furibondes
Plus rien n’est comme avant. 

Rouge torrent crachant de sa bouche ogresque
Des litres de chansons qui consument les peurs,
Temple de taureaux sacrifiés en tueries arabesques
Peuple crachant un soleil pourpre en pleurs.
Dans la Messe du vin, dans l’oraison du sang
Les hommes à genoux prieront pour leur salut
De pêcheurs enivrés  en transe de l’instant
Brisant la carapace d’une douleur tortue.
Leur vie courbe éclairée aux fantômes d’alcool
Dans les vapeurs d’oubli qui effacent les tâches
Se pareront d’ivresse comme d’une auréole.
Puis un matin pâteux les instincts en relâche
Reprendront le train terne et gris du quotidien.
Les confettis salis, les trottoirs en nausée,
Boiront l’artificiel d’un karcher diluvien
Pour se fondre aux eaux troubles des fausses libertés. 

Jours coulant dans le sens du monde
Dans une apathie rouge, dans un souvenir blanc
Dans leur soleil d’usine, leur soirée moribonde
Tout revient comme avant.

 

 

 

Coup de coeur un jour de neige

Oui nous marchons sur la tête avec de la neige au sud ! 
Les nuages de terre ont neigé à pierre fendre
Des flocons de magie dans le ciel de travers
Je marche sur la tête et n'oublie pas de prendre
Un parasol d'hiver avec mes pieds en l'air ...



 

johal@wanadoo.fr 

 

Compteur Johale : 

 

Compteur général :