Emilie GUILLEMOT

 

   

 

 

 

Mon p'tit jardin

Mon p'tit jardin, il me ressemble.
Quand vient le soir, ses feuilles tremblent.
Il est sculpté par des poupées,
Dont le visage est effacé.

Mon p'tit jardin, n'a pas de nom.
Il cache des nains, et des dragons,
Toutes sortes d'êtres pas ordinaires,
Ou bien peut-être, est-il désert...

Mon p'tit jardin doit être hanté.
Écoutez bien, vous entendrez,
Des plaintes à vous glacer le sang,
Ou quelquefois des rires d'enfants.

Mon p'tit jardin m'est réservé.
C'est comme un labyrinthe sans fin.
Si par malheur vous vous perdez,
Vous n' reverrez pas le matin.






L'Asie dans ma vie

Mon continent voilé d'encens
Que j'ai rejoint en titubant
Lorsque les habits noir de jais
Etaient les plus appropriés

Je suis venue trouver chez toi
Un refuge, une épaule, la voie?

Ma douce Asie, ma douce amie,
Qui m'a fait vivre de beaux voyages
Où nul n'a besoin de bagages.

Sur ton sol, j'ai pu vivre mes rêves
Et ma douleur a fait une trêve.
Ta musique m'a fait oublier
Mes yeux rougis, ma gorge serrée

Dans tes jardins, derrière un temple
J'ai enterré ce qui me hante
Et j'ai prié pour qu'il pousse là,
Un arbre qui sera fier de moi







Maman

Au souffle que je sens derrière moi
Quand je suis seule, là, dans ma chambre
Quand soudainement il fait si froid
Je prie et tu sembles m'entendre.

A ma plus chère étoile au ciel
Imperceptible mais si présente
Tu baignes ma vie dans ton soleil,
De ta présence si rassurante

Entends-tu vraiment mes prières?
Celles que je crie au fond de moi?
Il m'arrive d'être si en colère
Pardonne les doutes que j'ai parfois.

Cela fera sept ans bientôt
Ne peut-on revenir en arrière?
Sept ans c'est long, sept ans c'est trop,
Que je traverse seule ce désert...






Princesse des Iles

Des perles noires pour te parer
Et mes mains pour te sublimer.
Un drap de ciel pour te border
Le soleil pour t'accompagner.

Demande-moi ce que tu voudras
Car sommeille une princesse en toi.
Ne baisse pas les yeux, s'il te plaît,
Je te pardonnerai ta beauté.

Sur les îles les plus reculées
J'accosterai pour te louer.
Sur les visages les plus discrets
Je susciterai la volupté.

Une simple évocation de toi
Leur corps entier en tremblera.
Le monde mérite de te connaître
Car sans toi il court à sa perte.





Terre - Merre

Croyez-vous vraiment naïvement
Que j'allais sans fin m'incliner?
À force de trop me piétiner
Une force sans nom sort à présent
De mes entrailles, du plus profond,
Douloureux magma en fusion.

Mais prenez garde, tristes invités,
Seules créations que je regrette,
Je vous ai nourris sans compter
Il est temps de payer la dette.

Amer bilan de ma bonté
De mon relief je vous rayerai
Puisque c'est au-dessus de vos forces
De prendre soin de mon écorce.

Moi votre mère, moi votre Terre
Je vais dormir, j'ai trop donné.
J'ai pourtant tout fait pour vous plaire
J'ai pourtant été votre alliée.

Des fruits pourris, des fleurs fânées,
Des arbres morts avant d'être nés,
Des eaux gonflées pour tout cacher
Et le feu pour tout purifier.







Larmes d'âme

Si les yeux sont miroirs de l'âme
Moi mon âme saigne il est trop tard.
Le verre s'est brisé sous la lame
Depuis l'annonce de ton départ.

De mes yeux perlent des larmes d'ivoire
Qui se cristallisent sur le sol
Si nombreuses que je ne peux voir
Ton ombre qui prend son envol.

Ta lame taillade la surface
De mon miroir déjà fêlé.
Ton absence blesse mon âme lasse
Et crève mes yeux déjà brûlés

LE GOUT DE TES BAISERS
Fermer les yeux, succomber
Nos infinis mélangés
Juste le temps d'un baiser
Faire pâlir l'éternité.

Balayer toutes ces années
Où avant de te croiser
Pas morte pas tout à fait née
J'ai fait semblant d'exister.

Oubliant la gravité
Je me laisse dériver
Au gré du mouvement de tes cils
Ma vie ne tient qu'à un fil.







Mélancolie

C'est comme une vague
Un voile de nuit
Qui me caresse

Un doux murmure
Qui me torture
Et qui me presse

Quand chaque souvenir
Est une écume
Qui sèche au vent

Quand vos visages
Entre mes mains
Glissent comme le temps

Dans ces moments
Je ne suis plus
Qu'un sentiment

Mélancolie
Un doux prénom
Qui me va tant







Fauve

Deux grands yeux noirs comme des soleils
Quand je te demande un conseil
Toute la sagesse dans ces yeux d'or
A quoi rêves-tu lorsque tu dors?

Parfois raide comme un militaire
Lorsque tu vas jouer à la guerre
Contre des mouches imaginaires
Je m'allonge et te laisse faire.

Aussi câlin qu'indépendant
Parfois gris, blanc, selon le temps
Sur les murs, les ombres t'interpellent
Tu deviens fauve, mon faux rebelle

Toi tu t'en fous de l'univers
Qu'il tourne en rond ou de travers
D'un coup de langue tu ferais taire
Les angoissés, les coeurs de pierre...








La vie en roses

Le visage contre terre
Ivre de poussière
J'effeuille une rose
Un pétale pour chaque chose.

A presque vingt ans
J'ai déjà trop vécu
Vieilli par les ans
Que j'nai pas encore eus
Abusé par des gens
Que j'nai que trop connus.

Dormir au fond des eaux tranquilles
Que personne ne trouble jamais
Dormir au fond c'est si facile
Et laisser le sort décider.

Brûlée par le soleil,
Piquée par les abeilles,
Mon ombre salie dérape.
Me cacher dans les bois
Et fuir je ne sais quoi.

Si la vie me rattrape...
Mais est-ce-qu'elle l'envisage?






Ma déclaration

Quand malgré moi tu m'envahis
Tes mots sont cinglants comme la pluie
Une douleur tout en douceur
Un électrochoc de bonheur

Dans le jardin de mes regrets
La fleur jusqu'ici ignorée
Qui timidement mendie de l'eau
Tout comme j'ai besoin de tes mots

Lorsque je joue seule dans le noir
Un élan sur ma balançoire
Le héros que je suppliais
Quand dans ma chambre les ombres grinçaient

J'aurais aimé que tu me chantes
Que tu m'inventes, que tu me hantes,
Qu'un jour je puisse frôler ton monde.
Le ciel en sang, sous une rotonde,
Une discussion sans bruit, sans fin,
Rien que nos yeux perdus au loin







Spasmo

Courbée en deux je crie
Le son s'est évanoui
Ma gorge trop gonflée
Suffoque de non-dits
De phrases inachevées
De mots profonds enfouis.

Comme une sirène échouée
Dans une baignoire vidée
S'asphixiant lentement
Faute de soins urgents.

Mon cour à cent à l'heure
Qui trébuche affolé
Se décroche en douleur
Refuse de m'écouter.

Cherchant en vain un air
Que je ne m'accorde pas
Leur regard de travers
Le quotidien pour moi.

   

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