RENE DOMENGET

 

 

En toute liberté

Quitte à faire frémir Malherbe dans sa tombe,
Ou de persécuter les mânes de Boileau,
Je veux, lorsque ma muse à s'épancher succombe,
Mes vers ne sentent pas l'effluve du tombeau.

Venant plus de cent ans après les romantiques,
Poètes nous devons poursuivre l'aventure,
Tout au long de nos vers transmettre les musiques,
Vibrer avec le temps, chanter notre nature.

Pourquoi donc enchaîner nos idées dans des fers,
Qui siècle après siècle sont tellement rouillés,
Qu'un troubadour a pu, oui mais c'était Prévert,
Atteindre des sommets, s'en étant dépouillé.

Sans prétendre vouloir le suivre pas à pas,
Conservant la cadence en écartant la rime,
Contre Rapp et Techno menant l'art au trépas,
Repoussons de nos vers tout ce qui les opprime.

Laissons notre pensée courir en liberté,
Aller sur les chemins des plus grands sentiments,
De peindre notre temps faisons notre fierté,
Et laissons au passé ses interdits charmants.

Seul si un beau matin fleurit sous mon bonnet,
Je ne sais quel rondeau, ballade ou bien sonnet,
Pour le respect des Grands, je resterai conforme,
Ma plume bien guidée respectera la forme.

Mis à par ce cas là, qu'importe qu'on me dise,
Classique ou libéré, stoïcien, parnassien,
A nulle Académie mon œuvre n'est promise,
Déesse Poésie reconnaîtra les siens,

En toute liberté je veux laisser ma Muse,
Tracer sur le papier la musique des mots,
Et pourvu qu'à ce jeu, la coquine s'amuse,
L'alternance sera vaine et les hiatus beaux.

 



Requiem pour des Marins

La cloche a proclamé au Pays de Bretagne,
Qu'un enfant est venu sauver l'Humanité,
Et dans tous les salons, entre bûche et Champagne,
Des chants ont célébré cette natalité.
Mais le vent s'est levé, a soulevé les vagues,
Emportant au lointain ce bonheur désuet,
Seul face à l'océan hurlant et qui me nargue,
Je reste cœur chagrin pleurant sur Camaret.

Là-bas sur un bateau roulé par la tempête,
Marin tu perds ta vie à vouloir la gagner,
Au Pays on s'amuse, on rit, on fait la fête,
Ignorant la frayeur du pauvre marinier.
Perdu au fond des creux, dérivant vers le large,
Tu revois les copains des nuits de cabaret,
Moi face à l'océan, debout sur le rivage,
Je reste cœur chagrin pleurant sur Camaret.

Mais la cloche s'est tue au Pays de Bretagne,
A sonner le tocsin s'est éteinte sa voix,
Ils ne sont pas rentrés de l'ultime campagne,
De ce foutu métier c'est la terrible loi.
L'enfant était venu pour recueillir leurs âmes,
Et les porter au ciel dans un champ de bleuets,
Seul face à l'océan plaignant enfants et femmes,
Je reste cœur chagrin pleurant sur Camaret.





La Vision

Mon fils j'étais un jour au sein d'une forêt,
A cet instant si doux où le matin paraît,
Assis, à l'habitude, au bord d'une rivière,
De l'aurore admirant la sublime lumière ;
Le présent, le passé en mon cœur défilaient,
Du pire et du meilleur du très beau au très laid,
Le dessin imprimait l'écran de mes paupières ;
Et là-bas au lointain s'éveillaient les chaumières.

Une fille chantait sous la verte coupole,
Son doux chant s'élevait comme un léger fumet
Une brise sortant de la gorge d'Eole 
Frôlant au passage des sapins le plumet.
Sa chanson éveilla en moi un souvenir
De ce temps où j'avais encore un avenir ;
Entre les frondaisons le ciel était d'azur,
Et à mes pieds coulait l'eau d'un ruisseau si pur,
Que ce chant qui montait tendrement vers les cieux,
Fit de moi un enfant qui entrouvre les yeux.

Et la belle chantait, je la pensais légère
Et courtement vêtue, sautant dans les bruyères,
Cueillant des champignons, du gui ou des fougères.
Etait-elle baronne ou bien simple fermière ?
Elle était au printemps, à cet âge ravi
Où les fruits de l'amour éclosent provocants,
J'en étais à l'automne et lorsque je la vis,
Je crus revoir ta mère à l'âge de vingt ans.





Rêve d'Amour

Déposer tendrement sur ta lèvre mi-close,
Un baiser t'éveillant d'un sommeil si peu lourd,
Effleurer de mes doigts le bout ton sein rose,
Voir tes yeux s'entrouvrir et quémander l'amour.

Serrer entre mes lèvres la fleur de ton sein,
L'aspirer, la rouler, la mordre doucement,
Lentement caresser la courbe de tes reins,
Faire vibrer ton corps d'un long frémissement.

Promener sur ta peau et mes doigts et ma bouche,
Pas à pas m'avancer vers ta belle vallée,
Laisser mon cœur voler au-delà de ta couche,
Avec à ces côtés ta beauté étalée.

Goûter sur ton ventre la sueur de l'émoi,
Et n'étant qu'un manant me prendre pour un roi,
N'ayant pu en ce monde amasser la fortune,
Te tenant dans mes bras j'ai décroché la Lune.

Tremper avec délice ma bouche gourmande,
Aux flots de l'élixir de ta jolie rivière,
Aux délicats parfums de rose et de lavande,
Ceindre de mes lèvres ta précieuse pierre.

Ce rubis flamboyant que ma langue caresse,
M'enivrer de ton vin et boire ta jeunesse,
Faire monter en toi tous les désirs du monde,
Ecouter les soupirs de ta gorge profonde.

Sentir soudain vibrer ton admirable corps,
Avoir tes doigts crispés dans ma noire crinière,
Découvrir en tes yeux éblouis de lumière,
L'abandon de ton cœur et t'en aimer plus fort.

Puis sombrer enfin entre tes jambes ouvertes,
M'engloutir, m'engloutir et m'engloutir toujours,
T'avoir entre mes bras, abandonnée, offerte,
Et connaître avec toi la saga de l'amour.

Me laisser emporter comme sur l'océan,
Au rythme langoureux qui balance tes reins,
Alors que monte en nous l'ivresse du néant,
Mes épaules griffées aux ongles de tes mains.





ATTENTION DANGER

Si vous pouviez un jour, ô! Puants journalistes,
Décider de fermer votre infernal caquet,
Et ne plus inonder pour de vils intérêts
L'écran ou les journaux de propos fatalistes.

Fait pour nous informer vous vous battez pour vendre,
Quel que soit le sujet il vous faut un papier,
Afin de le décrire et d'être le premier,
Un infâme ragot pour vous est bon à prendre.

Brandissant l'étendard de liberté de presse,
Vous discourez de tout, de justice et de fesse,
Ignorant du respect de ce qui est privé ;
L'innocent est par vous traîné sur le pavé.

Pour grossir le tirage de votre journal,
On vous voit à la " Une " étaler le scandale,
Sans révéler la source, et aucune morale,
D'immondes calomnies vous orchestrez le bal.

Si vous saviez combien vos erreurs vos outrances,
Sont source de chagrin, de larmes, de souffrances,
Combien est dangereux d'accabler l'innocence,
Et de la justice troubler la transparence.

Prenez garde pourtant que de toujours vouloir,
Vous repaître de tout ignorant tout devoir,
Vous mettiez en péril la grande liberté,
Pour qui vos " Grands Aînés " ont tellement lutté.

Craignez donc le retour du temps de la censure,
Le temps où parler vrai était une aventure,
Et que d'en abuser votre pouvoir d'enquêtes,
Ne retombe à jamais au fond des oubliettes.




L'enfant qui volait en rêve

Un soir que je flânais
Le cœur à la dérive,
Que mon pas m'amenait
Ô! fleuve sur ta rive,
Je vis l'astre d'argent
Se mirant en tes eaux,
Illuminer l'enfant
Assis près d'un bouleau.

Sa tête aux blonds cheveux
Appuyée dans ses mains : 
" Regarde bien, dit-elle,
Regarde bien Monsieur,
Vois-tu comme étincelle
Ce pays merveilleux,
Où moi j'irai demain…..
Lorsque je serai mieux. "

Longtemps son doux regard
Ce perdit dans tes ondes,
Sous un rayon blafard
Imaginant des mondes,
Perdus au plus profond
De son âme rêveuse,
Que cachait un grand front,
 la blancheur neigeuse.

Puis écartant les bras
Comme ont étend des ailes,
Elle écouta du vent
L'étrange ritournelle,
Courut à petits pas
Comme l'oiseau s'envole,
Ses cheveux voletant
Faisant une auréole,

Moi, je suis resté là,
Ô! fleuve sur ton bord,
Ne voyant que reflets
Dans tes eaux devant moi,
Mais porteur des secrets
De cette enfant malade,
Qui attendait la mort
En rêvant de balade.




La Corrida

Les cuivres ont sonné dans le ciel de Séville,
Réveillant les ardeurs des fougueux Andalous,
Séduisants Hildagos au regard qui pétille,
Aux lèvres mi-closes cachant des dents de loup.
De ces loups assoiffés du sang de leur victime,
Pauvre bête élevée pour n'avoir qu'un seul sort,
Et qui en un seul jour, en un combat ultime,
N'a jamais qu'un seul choix : y rencontrer la mort.

Il arrive au galop au centre de l'arène,
Effrayé par les cris qui montent des gradins,
De ses puissants naseaux s'échappe son haleine,
Et sa tête balance au son des tambourins.
Il regarde au lointain les capes couleur d'or,
Qu'agitent devant lui les banderilleros,
Il entend annoncer l'entrée du picador,
Qu'accueillent les vivats des affectionnados.

Il ressent, au garrot, une brûlure intense,
Que provoque la pique enfoncée dans sa chair,
Douleur qui disparaît, puis revient la souffrance
La banderille a jailli semblable à l'éclair.
Le sang suinte alors de l'échine luisante
Du robuste animal, face au grand matador
Mesurant du regard cette masse puissante,
Qui gratte du sabot le sable au reflet d'or.

Puis se déclenche enfin une danse infernale,
La rouge muleta voltige devant lui,
Comme pour endormir cette force brutale,
Dissimulant le fer sur qui le soleil luit.
Le brillant torero place les véroniques,
Faisant virevolter le pauvre être affolé,
Tandis que dans les airs s'élève la musique,
Paso Doble endiablé que rythme les Ollés.

Le silence est tombé, puis soudain devant nous,
L'estocade a soudain fait tonner les bravos,
Quand devant son vainqueur il plie les deux genoux,
Qui nous dira jamais, ce que sent le taureau





Requiem Eternam

Lorsque je partirai, comme je suis venu,
Sans l'avoir demandé et sans savoir pourquoi,
Lorsqu 'on me couchera sous du granite nu,
Combien seront-ils à suivre derrière moi ?

Seront-ils toujours là tous ces amis fidèles,
Du moins le disent-ils puisque je suis vivant,
Ou bien feront-ils tous comme les hirondelles,
Qui s'envolent à l'automne au changement de vent ?

Où seront-elles aussi toutes les demoiselles,
Par qui j'ai tant souffert tout en les adorant,
Combien seront-elles et laquelle d'entre elles,
Viendra porter mon deuil, bien seule, au premier rang ?

Quand la mort à jamais referme nos paupières,
Que le cœur s'engourdit et le corps devient froid,
Que sur nous on consent à dire une prière,
Qu'est-il cet avenir qui nous remplit effroi ?

Qu'est ce donc ce futur, est-il si attachant,
Que nul n'est revenu de ce lointain rivage,
Qu'il soit beau, qu'il soit laid, qu'il soit bon ou méchant,
Nous en dire les lois, nous en conter l'usage.

Il nous faut donc aller sans lumières précises,
Partir sans grand soutien pour cette immensité, 
Traînant comme un fardeau nos âmes indécises,
Vers ce lointain pays qu'on nomme éternité.





L'enfant aux Hirondelles

Enfant, toi qui vois l'hirondelle,
Qui s'envola vers le lointain,
Pour aller quérir d'un coup d'aile,
Un bonheur qu'elle avait en main ;
Rappelle-lui bien que la cage
Qu'elle a quittée était dorée,
Que loin de ce monde sauvage,
Elle aurait pu être adorée.

Enfant, raconte-lui l'histoire
De ce garçonnet de sept ans,
Qui sans encore le savoir 
Ne vivra jamais comme avant ;
Dis-lui qu'il aurait voulu être,
Celui qui s'en va à vingt ans,
Rassuré, car à la fenêtre
Il voit enlacés ses parents.

Enfant qui parle à l'hirondelle,
Va-t'en aussi dire à sa sœur,
Qu'elle a son amour auprès d'elle,
Qu'il ne faut pas chercher ailleurs,
Dis-lui que l'oisillon réclame,
La tendresse de ses parents,
Pour réaliser le programme,
Qui fait un homme d'un enfant.

Enfant qui parle à l'hirondelle,
Dis-lui bien que ça n'a qu'un temps,
D'être jeune, amoureuse et belle,
De courir après le printemps ;
A toujours chercher le bonheur,
On s'éveille un matin lassé,
Le souffle court les yeux en pleurs,
De l'avoir souvent dépassé.

Enfant toi qui vois l'hirondelle,
Dis-lui que si de noirs nuages,
Sur sa route un jour s'amoncellent,
Mon amour rouvrira la cage,
Mais dis-lui qu'il vaut mieux pour elle,
De ne pas tarder trop longtemps,
Car je sens ma vie qui chancelle,
Vivrais-je toujours au printemps.

Chambéry 1982




France souvient toi

O France il faut te souvenir,
De ce passé presque récent,
Pour éviter que l'avenir
Ne soit l'image du présent.
Ne les vois-tu pas ces chimères,
Ressurgir après cinquante ans ?
Ne sens-tu pas l'odeur amère
Du crime, du feu, et du sang ?
" N'est pas éloigné le vol lourd
Des corbeaux sur nos plaines,
Résonne encore le cri sourd
Du pays qu'on enchaîne. "

Jeunes et gais ils étaient beaux,
De fol amour ils étaient ivres,
Ils sont tombés sous tes drapeaux,
Pour qu'aujourd'hui tu puisses vivre,
Te souciais-tu, en ce temps là,
Du gris ou du noir de leur peau,
Regarde-les, ils sont tous là,
La honte au front dans leur tombeau.
" N'est pas éloigné le vol lourd
Des corbeaux sur nos plaines,
Résonne encore le cri sourd
Du pays qu'on enchaîne.

Malheur à toi, ô! peuple ingrat,
Pareil aux filles sans vertu,
Tu es prêt à ouvrir les bras,
Aux monstres qu'ils ont combattus ;
Regarde-la qui se déchaîne,
L'hydre qu'ils croyaient abattue,
En écoutant ses chants de haine,
C'est leur mort que tu prostitues.
" N'est pas éloigné le vol lourd
Des corbeaux sur nos plaines,
Résonne encore le cri sourd
Du pays qu'on enchaîne. "

Réveille-toi France ma mie,
Et fais honneur à ton drapeau,
Eloigne de toi l'infamie,
Ne te trompe pas de nouveau ;
Cultive, cultive la rose,
La jolie fleur du mois de mai,
Fais que les noirs matins moroses,
Pour nous ne se lèvent jamais.
Fais que s'éloigne le vol lourd
Des corbeaux sur nos plaines,
Qu'enfin s'éteigne le cri sourd
Du pays qu'on enchaîne.

Chambéry 1986


 


Les Amours Vieillissantes

Lorsque les cheveux blancs encadrent son visage,
Lorsque ses seins vieillis encombrent son corsage,
Que même une caresse est un effort trop lourd,
Que seuls restent les yeux pour se parler d'amour.

Lorsque les corps brisés n'ont plus aucun discours,
Que le pas se fait lent, le souffle devient court,
Qu'en allant côte à côte en se tenant la main,
On ose même plus songer au lendemain.

Lorsque notre horizon peu à peu s'assombrit,
Les rides se creusant dessous nos cheveux gris,
Qu'on ne peut plus qu'offrir les restes du passé,
Les rêves d'avenir nous ayant délaissés.

Mais même si nos bras ne peuvent plus l'étreindre,
Pour apaiser ses peurs ou éteindre ses feux,
Même si nos élans ne peuvent plus atteindre,
Ce merveilleux Eden où s'unissent les Dieux.

Il faut savoir garder, là au fond de son cœur,
La petite étincelle, le myosotis en fleur,
Et si même l'on vit son tout dernier matin,
Lui dire encore je t'aime à la Saint Valentin.



La vie n'appartient qu'à Dieu

Nul ne peut décider sur terre qui doit vivre,
Du nourrisson, de l'assassin ou du mourant;
Que nul ne puisse, en aucun cas, fermer le livre,
Qu'il soit médecin, qu'il soit bourreau ou parent.
L'Amérique n'est pas l'exemple qu'on doit suivre,
Tout ne peut se résoudre à partir de l'argent,
Je sais bien que l'appât de la fortune enivre,
Mais sur ce point, sachons rester intransigeant.

L'handicapé n'est pas un enfant infernal,
Et Dieu seul doit rester le maître de ses jours,
Arrêtez de le voir égal à l'animal,
Il n'espère de vous qu'un océan d'amour.
L'assassin a tué, rien n'excuse le crime;
Est-ce en le tuant que revit sa victime ?
Puisque Dieu absout tout, lorsqu'on quitte le port,
Que vaut ce châtiment qui passe par la mort ?

Quant à l'Homme vieilli qui vogue vers la rive,
De cette île inconnue qu'on nomme éternité,
Laissons aller sa barque seule à la dérive,
Sans la fin de sa vie, vouloir précipiter.
Qui sont donc ces juges étalant leur savoir,
Pensant avoir le droit de prendre le pouvoir,
D'indemniser ceci, d'indemniser cela,
Le dollar remplacera-t-il l'homme ici bas ?

Laissons donc aux" Riquain" leur délire argenté,
Gardons comme un trésor la grande humanité,
Qui au fil des siècles nous a fait devenir,
Ce pays devant qui s'ouvre grand l'avenir.
Pourvu que la jeunesse, ouvrant enfin les yeux,
Dédaignant le profit, la drogue et la violence,
Écartant l'illusion d'un monde merveilleux,
Du Feu de ses Aînés conserve la vaillance.

Chambéry novembre 2000

 

 

 

 

 

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Vercors

Un dimanche d'été mes pas me conduisirent,
Vercors, vers les lieux saints de ta terre martyre,
Je crus, un court instant, qu'un hasard capricieux,
Venait de m'accueillir à l'Assemblée des Dieux.
Car ils étaient divins ces êtres intrépides,
Que je sentais frémir sous ces dalles livides,
Couchés, pour la plus part, sous le nom "INCONNU",
De qui le sacrifice est si peu reconnu.

On les a honorés de quelques récompenses,
Que quelques survivants ont au nom de la France.
Mais qui dira jamais à combien fut le prix
De ces vies arrachées avec haine et mépris
Par les infâmes mains de ces cohortes noires.
Étaient-ils des hommes ces monstres que l'histoire
Mit sur votre chemin en ces beaux mois d'été,
Quand vous n'aviez au cœur qu'un seul mot "Liberté" !

Et tout en contemplant ton site magnifique,
J'ai vu se rallumer ces regards angéliques,
Qu'ils avaient eu, jadis, en voyant ta beauté,
Et qui se sont éteints avec tant de fierté.
Oui, dans tes airs flottaient leurs âmes vagabondes,
Qui furent en leur temps le seul espoir du monde.
Et la brise d'été qui caressait tes champs,
Vercors, me fit ouïr les chants des partisans.

Ils disaient ces chants : "Marchons au feu camarades",
Ces voix en s'élevant couvraient les fusillades,
Et mon être ébloui vit dans ton ciel si pur
Une épître de sang se graver dans l'azur : 
"Nuls regrets nuls pleurs, toi qui es de passage,
Écoutes de l'au-delà notre dernier message,
Nous t'offrons en mourant, la Vie, la Liberté,
Ami, pour que tu sois, pour nous, l'Éternité."

Chambéry 31 juillet 2001







La mission du poète

Allez chanter l'Amour aux quatre coins du monde,
En ce début de siècle où revient le danger,
De faire supporter à toi seul l'étranger,
Toutes les infamies de la misère immonde.

Ici, dans nos pays où la richesse abonde,
Rappeler à chacun qu'il nous faut partager,
Que la mentalité des hommes doit changer,
Que le temps est fini d'exploiter le tiers-monde.

Construire l'avenir, faire qu'enfin demain
Nul ne puisse mourir de guerres ou de faim.
Ecarter de nos cœurs toute pensée chauvine.

Va par tous les chemins et dors sous tous les cieux,
En n'oubliant jamais ta mission divine,
Car poète tu es, le messager des Dieux.

Chambéry le 30 octobre 2002



Révélation

On m'avait présenté dans ma prime jeunesse
Un bon vieillard barbu assis sur un nuage,
Espérant faire ainsi progresser ma sagesse,
En adorant un Dieu qu'on voyait qu'en image ;
On m'avait dit bien sûr qu'il avait fait le monde ;
Parlé d'Ève et d'Adam et du fameux péché,
Inculqué pour la messe une ferveur profonde,
M'y faisant assister toujours endimanché.

Longtemps j'ai recherché, étudiant dans les livres,
Écoutant les sermons de grands prédicateurs,
La petite voie frêle et les chemins à suivre,
Pour marcher dans les pas du divin créateur.
Mais jamais n'a jaillit la brillante lumière,
Qui transforme les âmes en vous brûlant le cœur,
Et jamais je n'ai pu, même par la prière,
Rejoindre les sillons du fils, le Rédempteur.

Pourtant, c'était un soir au porche d'une église,
Un jeune homme était là dans un temps de banquise,
Assis sur ses talons, tendant sa main tremblante,
"La charité", disait-il d'une voix chevrotante.
Les fidèles passaient à coté sans le voir,
"Bonsoir monsieur Machin, il fait bien froid ce soir",
Mais aucun ne mettait dans cette main tendue
La pièce de l'espoir pourtant tant attendue.

C'était je m'en souviens un soir de ces Noëls,
Où le froid est si vif qu'il vous brûle la gorge,
Où ton temple Seigneur s'emplit malgré le gel,
De tous les financiers et des maîtres des forges.
Ils passaient fièrement au bras de leurs épouses,
Tous ces bourgeois cossus, ces chrétiens bien pensants, 
Qui préservent leur or comme femmes jalouses,
Écartent tout regard des pas de leurs amants.

Vint alors un vieillard, tout tremblant de misère,
Qui semblait émerger du plus lointain des âges,
Et mes yeux ébahis virent ce pauvre hère,
D'aller vers le jeune homme avoir seul le courage.
"Vois-tu mon petit gars, je n'ai plus que ce pain,
Pour moi c'est le repas de toute une semaine,
Mais faut aider l'ami quand il est dans la peine",
Se séparant du pain, il lui mis dans la main.

Se levant le jeune homme eut alors un regard
Qui entoura le vieux d'une immense clarté
Ses yeux perdaient soudain ce teint dur et blafard,
Ils glorifiaient celui qui fait la charité.
Puis s'écartant alors de son seul bienfaiteur,
D'un pas léger et lent il s'approcha de moi,
Une voie résonnant au profond de mon cœur
Prononça en sentence ces deux mots,"Et TOI !"

Alors il m'apparut combien grande est l'erreur
D'attendre pour te voir d'avoir franchi la mort,
De plaquer sur nos temples ces Ors de malheur
Qui écartent nos âmes des rives du bon port.
Alors que tu es là tout au coin de la rue,
Tu es le vagabond ou la fille perdue,
Tu es l'abandonné, l'égaré sans famille,
Tu es dans cet enfant que l'on viole à Manille.

Chaque instant de la vie partout tu interpelles
Essayant d'obtenir de nos âmes rebelles
Ce fraternel élan qui vaut tous les discours,
Ce petit feu brûlant que l'on appelle Amour.
Amour pour effacer la misère du monde,
Amour pour tous ces gens qui n'ont jamais de droits
Amour de ce Jésus qui rayonne à la ronde,
Amour né dans le sang d'un homme sur la Croix. 

Chambéry décembre 2001




A l'impossible nul n'est tenu

Je repense souvent à ma folle jeunesse,
Garçon impétueux aux matins triomphants,
J'allais le cœur léger tout empli d'allégresse,
Homme, pas tout à fait, déjà plus un enfant.
J'aurais pour le baiser des lèvres d'une blonde,
Ou le regard brûlant d'une brune Andalouse,
Risqué ma vie cent fois de par le vaste monde
Et rendu la rouquine à tout jamais jalouse. 

J'aurais, pour vous aimer mesdames, tout donné,
Dédaigné les honneurs, méprisé la fortune,
Frisé l'indignité, les miens abandonnés
Pour monter jusqu'au ciel vous décrocher la lune.
Mais depuis quelque temps me vient une inquiétude,
Le contact le plus près est sur moi sans effet,

Et au lieu de frémir comme à mon habitude,
Je laisse vos désirs souvent insatisfaits.

Vous êtes bien restées pour moi sujet sublime,
Et à vous bien rimer pourtant je m'évertue,
J'ai pour vouloir la chose un grand cœur magnanime,
Mais ma passion s'égare et se perd dans les nues.
Vingt fois sur le métier je remets mon ouvrage,
Le polissant sans cesse et le repolissant,
Mais est-ce dans ma tête ou bien le poids de l'âge,
N'en déplaise à Boileau ça va moins bien qu'avant.

Chambéry le 9 janvier 2002




En poésie

Viens avec moi dans ma maison toujours fleurie,
Viens je t'invite au beau pays de " Poésie",
J'y vais toujours lorsque la vie me fait chagrin,
Me recueillir environné de gais refrains,
J'entends chanter Léo Ferré et Lamartine,
Le Fou Chantant, Victor Hugo ou bien Musset,
Chagrin s'envole et la vie redevient divine,
Quand Jean Ferrat vient me bercer de ses couplets.

On est si bien au beau pays de poésie,
Empli d'oiseaux, de belles fleurs, de fantaisie,
On peut y voir le grand Merlin, cet enchanteur,
Claquer des doigts pour que jaillisse le bonheur.
Une valse avec Cendrillon ou Blanche Neige,
Et je deviens pour un instant prince charmant,
J'ai Lancelot et son épée qui me protège,
C'est merveilleux je redeviens petit enfant.

Viens sur mon île aux environs de la folie,
Et tu verras combien la vie y est jolie,
Lorsque ta muse est inspirée tu peux rêver
Que les anges du Paradis t'ont enlevé.
N'hésite plus, empruntons le même chemin,
Laisse tomber tous tes soucis, la jalousie,
Calme ta peur ferme les yeux et prends ma main,
Partons tous deux nous perdre dans MA POÉSIE.

Chambéry le 12 janvier 2002 





Lève-toi jeunesse

Je ne te parle pas d'un faiseur de miracles,
De ce mec qui marchait sur une eau trop salée,
Qu'il soit ou non celui prévu par les oracles,
Sa mère, elle, venait, dit-on, de Galilée.
De qui fut-il le fils, là n'est pas l'importance,
Dieu, Allah, Jéhovah, ce n'est pas mon propos,
Je veux tout simplement parler de notre chance,
Qu'il soit né avant nous, voila le coup de " pot " !

Ce gars-là il n'avait que l'Amour à la bouche,
La gloire et les honneurs, lui, il n'en voulait pas ;
Pour les grands de son temps c'était tellement louche
Qu'ils se sont entendus pour prévoir son trépas.
Il disait de partout qu'il fallait nous aimer,
Qu'il ne servait à rien de se faire la guerre ;
Quand on parle d'amour ça ne peut qu'alarmer,
Tous ceux tirant pouvoir à gérer la misère.

Il aurait pu, c'est sûr, lorsqu'on l'a accusé,
Sauver sa pauvre vie, renier ses idées,
Mais il a préféré se laisser crucifier,
Lui au moins, ses idées, il les a assumées.
Quoi ? Comment me dis-tu ? Ce n'est pas un exploit !
As-tu bien mesuré le poids de son histoire,
Comme un simple voleur il préféra la croix,
Les princes de son temps mouraient, eux, pour la gloire.

Vois-tu c'est pour cela que l'on a de la chance,
Il était le premier à montrer le chemin, 
Depuis d'autres ont su mourir pour l'espérance,
Apportant comme lui l'Amour au genre humain.
Alors tu vois mon gars, le mec dont je te cause,
Que tu l'appelles Dieu ou non, moi je m'en fous,
Pourvu que son exemple à défendre la cause
De la Paix soit par toi poursuivi jusqu'au bout.

N'écoutes plus tous ceux qui, parlant en son nom,
Tentent de t'entraîner à bousiller ta vie,
Qu'on les dise dealers ou anges du démon,
Ton avenir n'est pas dans les "rave parties".
Écarte de ton cœur toute idée de violence,
Demain n'est point caché dans l'âme d'un canon,
Ne l'emploi comme hier que pour sauver la France,
Il fallait arrêter l'envahisseur teuton. 

Jeunesse, lève-toi, viens prendre le flambeau,
Qui pourrait s'échapper de notre main tremblante,
Car vois-tu, maintenant, lourd devient le fardeau,
Même si c'est joli une vie militante.
Écoute son appel comme nous l'avons fait,
Car le "Monde ouvrier" est encore en souffrance ;
Les trois quarts des humains ne mangent que brouet,
Lorsque le quart restant festoie et fait bombance.

Chante, chante ces chants tout emplis d'allégresse,
Que chantaient nos aînés, et emplissaient nos cœurs,
Ils nous disaient, aussi, "allez debout jeunesse",
Je suis à tes cotés, avance, va sans peur.
Nous avons avancé en bousculant le monde,
Des militants d'hier poursuivant le chemin,
Il te faut maintenant continuer la ronde,
Et prendre le relais que te tendent nos mains.

Car le monde a besoin d'une révolution
Pour amener enfin le bonheur sur la terre
Qui devra englober l'ensemble des nations,
Et sera à coup sûr la plus pénible à faire.
Il faut encor livrer mille et mille batailles,
Christ au fond de ton cœur il te faudra charger,
Mais pour cela mon gars, point besoin de mitraille,
C'est les mentalités qu'il te faudra changer.

Chambéry le 23 août 2002



Complainte pour la Paix

Je sais près de Verdun ou la côte normande,
D'immenses champs de blé qui ne se lèvent plus,
Où sont venus tomber, malgré eux, sur commande,
Par deux fois tant de gars qui n'avaient rien voulu.

Leur sang a pour toujours stérilisé les terres,
Qu'il s'y dresse aujourd'hui que mille et mille croix,
Rappelant qu'en ces lieux des maris et des pères 
Ont été sacrifiés sur l'autel de vos lois.

Alors, lorsque j'entends cette voix maléfique,
Ce discours fanfaron à l'accent meurtrier,
Porté par tous les vents traversant l'Atlantique,
Mon cœur ne fait qu'un bond et se met à crier.

Ô vous ! Messieurs les grands, vous, les jeteurs de bombes,
Que n'avez-vous été parmi les orphelins,
Dont les seuls souvenirs du père sont des tombes,
Ne caressant jamais qu'une ombre de leurs mains.

Si vous aviez connu sur votre territoire
Vos villes écroulées et vos champs dévastés,
Vous sauriez qu'on ne peut tirer beaucoup de gloire,
D'être le pourvoyeur de tant d'atrocités.

Si l'envie vous reprend de vouloir en découdre,
Que jamais mon pays ne se trouve engagé,
Ô France ! Écoute-moi, que plus jamais la foudre
Ne tombe sur ton sol par deux fois ravagé.

Chambéry le 12 novembre 2002





Classé "sous x"

Comment peut-on lorsqu'on est femme
Donner la vie et puis partir,
Commettre un jour ce geste infâme,
D'un enfant faire un souvenir ;
Ils ne demandaient pas la vie,
Tous ces bambins abandonnés,
Pour oublier une folie,
Fallait-il un jour vous damner ?

Né d'amour ou bien de violence,
L'enfant a le droit de savoir,
Sans chercher toute une existence,
Où est son droit ou son devoir ;
Comment il se peut que sa mère
L'ait mis au monde sans le voir,
Était-elle à ce point mégère,
Pour ne pas lui laisser d'espoir.

On ne peut pas vivre une vie,
Sans de ses jours savoir l'auteur,
Sans jamais ressentir l'envie,
À des parents d'ouvrir son cœur.
Si vous ne laissez pas de piste,
Il va errer dans l'inconnu,
Sans votre amour et l'âme triste 
De ne pas être reconnu.

Que l'on soit garçon ou bien fille,
On n'a jamais, jamais le droit,
Roturier ou fils de famille,
D'abandonner qui que ce soit.
Pour une folie passagère,
Un instant d'oubli, de plaisir,
Peut-on ainsi à la légère,
D'un trait effacer l'avenir ?

Ô ! je sais bien ce qu'on va dire,
Encore un donneur de leçons,
Un vieux poète qui délire,
Qui nous saoule avec ses chansons.
Que m'importe ce que l'on pense,
Si ce poème fait qu'un jour
L'enfant à venir a la chance,
De ne jamais manquer d'amour.

Chambéry le 06 11 2002




La rose s'est fanée 

La Rose s'est fanée, au beau jardin de France,
L'ivraie a reconquis tout le terrain perdu,
A jamais envolée ma dernière espérance,
Mes yeux ne verront pas le jour tant attendu.
J'aurais pourtant aimé, Ô France ! ma douleur,
Voir avant de mourir éclater ton bonheur,
Mais ils sont revenus les faiseurs de misère,
Qui t'ont tant exploitée, méritant ta colère.

Pourquoi a-t-il fallu que meurt le Jardinier,
Qui après tant d'années l'avait fait refleurir,
Car pour notre malheur il était le dernier
Des hommes qui savaient bâtir un avenir.
Après lui ne viendront que de purs " intellos ",
N'ayant pour idéal que leur chère carrière,
Et qui feront rêver le pauvre " populo ",
Mais qui le pousseront au profond de l'ornière.

Ö France ! Mon cœur saigne et mon esprit prend peur,
Tu n'as pour te servir que de pâles valets,
Car ils ont disparu tout les Grands, les Seigneurs,
Qui auraient su donner leur vie s'il le fallait.
Descendants de bourgeois ils sortent de " l'Ecole ",
Et choisissent leur camp souvent au gré d'Eole ;
Son souffle vient d'Ouest ? Ils pantouflent dans l'or ;
L'orage gronde à l'Est ? Ils tournent sans remords.

France, ma blessure, ton peuple t'abandonne,
Tu lui as tout donné, lui, qu'est-ce qu'il te donne ?
Toi qui ne dois siéger que parmi les plus grands,
Il te fallait JAURES, il t'offre TALLEYRAND.
Ô divin créateur ! Écoute ma prière,
Car je vois au lointain l'oiseau noir revenir,
Pour tous les égarés, fais jaillir ta lumière,
Et de mon cher pays préserve l'avenir.

Chambéry le 17 juillet 2002




L'amour en cheveux gris

Ça fait longtemps déjà qu'on ne dort plus ensemble,
Les plaisirs de la chair ont quitté notre lit,
Mais plus le temps s'écoule et plus on se ressemble,
Si ta santé fléchit c'est mon cœur qui frémit.

Nous avons fait tous deux un merveilleux voyage,
Sans avions ni bateaux et sans aller bien loin,
Mais que de souvenirs emplissent nos bagages,
Beaucoup furent heureux et d'autres un peu moins.

La vie nous a porté d'un océan à l'autre,
Et les cieux étaient bleus ou parfois ombragés,
Mais le vent de l'amour rapprochait l'un de l'autre,
Et nos petits chagrins n'étaient pas prolongés.

Bien sûr avec le temps j'ai pris des tempes grises,
Mon pas s'est fait plus lent au rythme de ton pas,
Oui mais je sais toujours raconter les bêtises
Qui provoquent ton rire et te poussent vers moi.

Tu es malgré les ans restée tellement belle,
Les rides sous tes yeux soulignent ton regard,
Et dans son rouge écrin ton sourire étincelle,
Tout comme au premier jour dans ce matin blafard.

Nous sommes là pourtant ta main tenant la mienne,
Tremblants à la pensée de nous quitter un jour,
Profitons de nous deux avant que ce jour vienne,
Une vie c'est trop court pour qui s'aime d'amour. 

Chambéry le 17 juin 2002 





Galipette

Jeune fille où t'en vas-tu ?
Mignonnette, mignonnette,
Plus légère que fétu,
Guillerette, guillerette.

Trouver mon galant vois-tu,
Pipelette, pipelette,
Il est jeune et bien foutu,
La rirette, la rirette.

Il va te trousser sais-tu,
Ma fillette, ma fillette,
Et te prendre ta vertu,
Ma pauvrette, ma pauvrette.

Qu'ai-je à faire de ma vertu ?
Chansonnette, chansonnette,
Vive le fruit défendu,
Pirouette, pirouette.

Pourquoi la garder veux-tu,
Ma fleurette, ma fleurette,
Jeunesse ne revient plus,
Galipette, galipette.





Fillette quand tu nous tiens

Quand je me sens l'âme chagrine,
Je repense à nos rendez-vous,
En compagnie de nos copines,
Qui nous rendait tous un peu fous,
Fière allure et taille bien faite,
Couleur blonde rarement roux
Nous avions tous le cœur en fête,
Et nous campions à leurs genoux.

Menues comme des ballerines,
Elles se mouvaient parmi nous,
Il émanait de ses coquines,
Un parfum subtil et si doux,
Que nous avions pour ces fillettes,
Tous des regards de gros matou,
S'en foutaient bien les joliettes,
Qui n'avaient jamais peur du loup.

Dieu ! Que nos vies étaient divines,
On ne censurait rien du tout,
Qu'elles soient grosses ou bien fines,
Plaisanter était de bon goût,
Mais à tant leurs compter fleurette,
A les caresser jusqu'au bout,
Bien que n'étant pas des lavettes,
Même les plus durs devenaient mous

Mais je crois bien que je devine,
Qu'un quiproquo plane entre nous,
Je ne parlais pas de gamine,
Et vous vicieux que pensiez-vous ?
Je ne parle que de bouteille,
Quand le moral en prend un coup,
Rien ne vaut le jus de la treille,
Pour remettre un homme debout.

Chambéry le 31 janvier 2002 


 

 



°°°°°°°°°°°°°



La Vie

 À nous poser toujours d’éternelles questions,  
Auxquelles nul savant n’a jamais pu répondre,  
D’où vient t-on ? Où va-t-on ? À quelles ambitions,  
Ma chère destinée va-t-elle correspondre ?  

À chercher constamment à savoir l’inconnu,  
À n’avoir peur de rien, en ayant peur de tous  
En oubliant souvent que nous naissons tous nus,  
Nous risquons un beau jour de survivre à genoux.  

À toujours rechercher la vie superficielle,  
À vouloir constamment maîtriser son destin,  
Il arrive qu’un jour, tout nous glissant des mains  
Que l’on passe à côté des choses essentielles.  

À vouloir s’arroger de sa vie le pouvoir,  
La dirigeant en tout, y mettant fin peut être,  
Ignorant l’interdit, refusant le devoir,  
Quand l’Homme n’a jamais la puissance de naître.  

Humanité tu vas précipiter ta perte,  
Ne franchissant jamais les portes du bonheur,  
Sans faire de ce monde une joie, cette fête  
Qu’est venu t’annoncer le Christ rédempteur.

  Pourquoi poursuivre encor d’impossibles chimères,  
En recherchant sans fin des paradis perdus,  
Commençons, il est temps, d’enrayer les misères,  
Cessons de nous conduire en fieffés parvenus.  

Il faut rendre la vie joyeuse, enrichissante,  
En ne laissant jamais personne dans l’ornière,  
Savoir qu’elle est pour nous lumière éblouissante,  
Sans pourtant oublier la vérité première.  

La Vie nous est donné sans demander à naître,  
À peine le jour vu qu’on a déjà grandi,  
Pour arriver à l’heure où il faut bien admettre,  
Qu’on commence à mourir depuis son premier cri.

 1er octobre 2003

 

    

Piège pour femme moderne.

  Elles pensent avoir l’esprit universel  
Celles que nous voyons, en Dior ou en Chanel,  
Envahir les écrans de nos téléviseurs  
Et prétendre vouloir le bonheur de leurs sœurs.

Issues de ces milieux qui, lors de leur naissance,  
Portaient les attributs de la gent dite aisée,  
Toutes ces pécores nous saoulent de leur science  
Se faisant le flambeau des femmes libérées.  

Mais libérées de quoi, pouvez vous me le dire ?  
De ces riches bourgeois entretenant maîtresses ?  
Car est-on bien au fait de toutes les détresses,  
Lorsqu’on ne les connaît que par des ouï-dire ?  

Est-ce dans les salons des plus grands diplomates,  
Ou bien dans ces endroits que l’on nomme branchés,  
Qu’on sait ce que pensât la femme à quatre pattes  
Qui, pour les accueillir, en frotta les planchers ?

  Elles ont pour compagnons, ministre ou président,  
Enfin de ces messieurs suant pas la misère,  
Et se disent brimées, menaçant en hurlant  
Si l’on n’augmente pas chaque fois leur salaire.  

Car elles ont un travail, études obligent,  
Participants, ainsi, à la vie de l’adage  
Qui, je vous le confis, profondément m’afflige,  
« Les mères au boulot et les fils au chômage. »

  À quoi bon s’inquiéter, ils seront bien dealers,  
C’est bien moins fatiguant et d’un très bon rapport,  
Et s’ils sont arrêtés, s’ils ont ce grand malheur,  
À l’erreur policière on criera très fort.

Se s’ont pas aperçues nos charmantes frangines,  
Que pour une « casée » combien, elles, turbinent  
Pour un peu plus de s.m.i.c dans les grandes usines,  
Il faut bien remplacer les forces maghrébines.  

Œuvrer dans un bureau aux plus hautes fonctions,  
Est, pour elles, à coup sûr, une libération,  
Travail est liberté ! Voila leur grand credo,  
Leur bonne ? Elle est là pour garder les marmots.

S’ennuyant sous les ors des « apparts » du seizième,  
Ou bien dans les villas des villes de province,  
Veulent, pour un ego constamment sans problème,  
Le travail pour le jour et pour la nuit les princes.  

« En voilà un macho » ! Vont-elles toutes dire,  
« Qui voudrait revenir sur ce grand phénomène  
De notre société » ! Je ne peux pas en rire  
Tant cette connerie vient attiser ma peine.

Car à travers ces mots l’injure est pour ma Mère,  
La mère de ma mère et la mère de sa mère,  
Cars, elles ont travaillé dur, depuis longtemps,  
Elles avaient pour le moins élevé leurs enfants.

  Vous dites phénomène ? Il faut en convenir,  
La bourgeoise aujourd’hui ne fait plus du tricot,  
De son mâle vedette elle prépare l’avenir,  
Quoi de mieux pour cela que se mettre au boulot.

Je ne vous parle pas de celle qui est seule,  
Pour elle le travail reste la seule issue,  
Quand-on n’a pas le choix on joue pas la bégueule  
Et sa peut éviter qu’elle se prostitue.  

Pour le coup je suis sûr d’en contrarier certaines,  
Qui diront que je suis un infernal butor,  
Même si contre moi leur fureur se déchaîne,  
Pour me faire arrêter nul cri ne sera fort.

Car troubadour je suis et troubadour je reste,  
Pour tant de pauvres gens la vie est si cruelle,  
Ne comptez pas sur moi pour retourner ma veste,  
Ni de me voir un jour faire de la dentelle.

10 novembre 2003

 

Foulard or not foulard.

 Lorsque se seront tu toutes ces péronnelles,  
Qui passent tout leur temps à dire et à penser,  
Tout ce qu’il lui faudrait, ce qui est bon pour elle,  
Ma sœur musulmane pourra se libérer.

  Quand nous serons sortis de la franchouillardise,  
Qui nous fait oublier ce qu’est la liberté,  
Et qui nous pousserait à la laïcardise,  
Ma sœur musulmane pourra se libérer.  

Quand ceux qui l’on trouvé comme un nouvel opium,  
Cesseront d’agiter ce foulard sous son nez,  
Pour pouvoir endormir le peuple au maximum,  
Ma sœur musulmane pourra se libérer.  

Car vous aurez beau faire et vous aurez beau dire,  
Sans jamais hésiter et souvent inventer  
Faisant dire au Coran le meilleur et le pire ;  
Ma sœur musulmane saura se libérer.

 01 janvier 2004

 

 

 Destinées sacrifiées

Mon cœur n’arrête plus de saigner, de mourir,  
À voir tous ces enfants perdrent leur avenir,  
À peine sont-ils nés que l’on fauche leur vie,  
Les poussant à servir une immense hérésie.  

Meurtrières pensées d’êtres à demi fous,  
Qui voudrait voir un jour le monde à leurs genoux.    
La bannière étoilée alourdie de leur sang,
Ne peut plus s’élever et flotter dans le vent,

En berne constamment garnie d’un ruban noir,  
Ses étoiles d’argent pleurent de désespoir.  
Jeune Héros malgré toi que mon cœur te regrette,  
Car ta vie n’est donnée que pour une défaite.  

Lorsqu’on n’a que vingt ans n’a-t-on d’autre destin,  
Que de donner sa vie pour servir des pantins,  
Hommes sans foi ni loi qui sans plus de manière,  
Vous poussent vers la mort pour servir leur carrière.

Infâmes assassins aux mains rougies de sang,  
Que dites-vous aux mères qui pleurent leurs enfants.  
  Loin de l’amour des leurs un à un décimé,  
À peine ont-ils vécus pour apprendre à aimer  

Que leurs vies s’écoulent, s’infiltrent dans les sables  
Pour complaire à l’orgueil de tant d’irresponsables.  
Vampires impénitents que par delà leurs tombes,  
Toutes ces morts pour rien sur vos têtes retombent.  

13 04 2004.

                                       

Aux Pyrrhus modernes.

 

À plus de soixante ans je revois mon enfance,

Ils étaient, eux aussi, deux fieffés saligauds,

Attaquant, occupant, des pays sans défense,

L’un s’appelait Adolphe et l’autre Benito.

 

Comme vous ils avaient d’un immonde mensonge

Abreuvée leur nation en brandissant la peur,

De tout un arsenal qui n’existait qu’en songe,

Pour amener leur peuple à forfaire à l’honneur.

 

Qu’on ne s’y trompe point, je n’aime pas Saddam ;

Mais qui vous a donnez à vous Américains,

Au risque d’embrasser l’ensemble de l’Islam,

Le pouvoir de dicter aux peuples leurs destins.

 

Quoi ! Que me dites vous ? Non je n’ai rien oublié !

Que vous croyez-vous donc ? Nés d’essence divine ?

Quarante vous a vu en valeureux guerriers,

Le père a libéré mais le fils assassine.

 

Depuis ce très grand jour vous n’avez pas cessé

De vouloir imposer vos vues à tout le monde ;

Vous voilà, aujourd’hui, ahuris, médusés

Que vers votre pays il souffle un vent de fronde.

 

Vos dirigeants, amis, sont bouffis d’arrogance

Qu’il vous faut sans tarder maîtriser leurs erreurs,

Pour éviter qu’un jour le monde recommence,

À souffrir sous le feu d’une troisième horreur.

 

Assez de Génocide, abolissons la guerre,

Indiens, Juifs, Arabes, Blancs, Jaunes ou Noirs,

Notre sang est le même et contre la misère,

Unissons nos efforts pour que vive l’Espoir.

 

10 avril 2003

 

 

 

 

  À nos Maîtres

 

Ils étaient imprégnés du sens de leur mission,

Enseigner, démontrer à des êtres incultes

Tous ce qui est séants, la bonne éducation,

Qui pourtant va de soi, mais, bien souvent rebute.

 

Le nombre d’élèves pour eux n’importait guère,

Ils avaient quatre cours réunis dans la classe,

Les un lisaient Perrault et les autres Molière,

Mais chacun était fier le soir devant sa glace.

 

Car on avait appris, ô ! Peu de chose en somme,

Que le moins se retranche et le plus fait la somme,

Que certains mots en « al » font leur pluriel en « aux »,

« Ils chassaient les chacals, montés sur des chevaux ».

 

Craie blanche et tableau noir, ils savaient tous par cœur,

Et ont fait des savants de cancres impénitents,

Sans aide pour cela de vos ordinateurs,

Ne renonçant jamais ; pas comme maintenant.

 

Ils étaient les piliers de notre République,

Ceux que l’on soutenait en face de ses enfants,

Sachant magner l’amour et quelquefois la trique,

Mais où sont dont passé nos bons Maîtres d’antan,

 

5 août 2003

 

 

 

 

  Les moissons perdues

 

Mais, où est dont le temps des joyeuses moissons ?

Le temps où Balthazar courtisait Jeanneton,

Le fringant moissonneur murmurait ses chansons,

À la jolie fleurette encore toute en bouton.

 

Le teint mat, buriné, sous son chapeau de paille,

Le soleil et le vent lui faisaient la peau grise, 

Et le muscle arrondi saillant sous la chemise ; 

Jeanneton frissonnait quand-il prenait sa taille.

 

La faux se balançait à chacun de ses pas,

Animée qu’elle était par un bras si robuste

Que l’effort ne faisait jamais plier le buste,

Et les blés en sifflant se couchaient en un tas.

 

Parfois son fier regard mesurait le labeur,

Le coude reposé sur le fer de la faux,

L’avant bras essuyait de son front la sueur,

Il souriait songeant que son geste était beau.

 

Puis d’un coup large et sûr il battait son outil,

Lui redonnant du fils pour mieux le faire chanter,

On entendait alors traversant l’air d’été

Du fer et de l’épi le tendre chuchotis.

 

Mais mon esprit s’égare à rêver de ce temps

Où d’être paysan avait une valeur,

Où l’on ne parlait pas d’engrais, de désherbant,

Quand-on parlait aux bœufs et pas à un tracteur.

 

Je sais, c’est le progrès, il faut que l’on accepte

Que le monde évolue vers d’autres horizons,

Mais j’en connais plus d’un qui comme moi regrette

Qu’il soit perdu le temps des joyeuses moissons.

 

1er juillet 2003  

 

 

 

Ah les braves pioupious

  Qu’ils étaient donc plaisant nos joyeux militaires,

Ceux que l’on enrôlait arrivé à vingt ans,

En transformant en hommes tous ces grands enfants,

Qui venaient de sortir des jupes de leurs mères.

 

Le clairon leur sonnait l’appel réglementaire,

Et nos gars se levaient pour répondre présent.

D’un fusil ils savaient très bien le maniement,

Même si pour le feu nul n’était volontaire.

 

Aux quatorze juillet, c’était le branle bas,

Il fallait préparer, nickel, tous le barda

Pour aller défilé au son de la musique.

 

Puis tout fiers et heureux du devoir accomplit,

Ayant en défilant rassuré le pays,

Ils allaient au bordel servir la « raie publique ».

  Chambéry le 22 avril 2004

 

  

 Destinées sacrifiées

 Mon cœur n’arrête plus de saigner, de mourir,  
À voir tous ces enfants perdrent leur avenir,  
À peine sont-ils nés que l’on fauche leur vie,  
Les poussant à servir une immense hérésie.

Meurtrières pensées d’êtres à demi fous,  
Qui voudrait voir un jour le monde à leurs genoux.  
  La bannière étoilée alourdie de leur sang,  
Ne peut plus s’élever et flotter dans le vent,

En berne constamment garnie d’un ruban noir,  
Ses étoiles d’argent pleurent de désespoir.  
Jeune Héros malgré toi que mon cœur te regrette,  
Car ta vie n’est donnée que pour une défaite.  

Lorsqu’on n’a que vingt ans n’a-t-on d’autre destin,  
Que de donner sa vie pour servir des pantins,  
Hommes sans foi ni loi qui sans plus de manière,  
Vous poussent vers la mort pour servir leur carrière.

Infâmes assassins aux mains rougies de sang,  
Que dites-vous aux mères qui pleurent leurs enfants.  
Loin de l’amour des leurs un à un décimé,  
À peine ont-ils vécus pour apprendre à aimer

Que leurs vies s’écoulent, s’infiltrent dans les sables  
Pour complaire à l’orgueil de tant d’irresponsables.  
Vampires impénitents que par delà leurs tombes,  
Toutes ces morts pour rien sur vos têtes retombent.

 Chambéry 13 04 2004.

                                     

     

Mourir d’aimer

  Arrivé à quinze ans on veut jouer à l’homme,  
On fume comme un grand, on boit n’importe quoi,  
On veut faire l’amour, en somme on est le roi,  
Certains même parfois sacrifient à « Sodome ».  

Visage ravisant surtout il faut voir comme,  
Elle intrigue les gars éveillant leur émoi,  
Avec ses quatorze ans bien sûr il va de soi,  
Qu’elle a assez grandie et veut être autonome.  

Des parents ont fait fi surtout des bons conseils  
Qui nous gâchent la vie nous cachent nos soleils,  
Ont n’a qu’un seul credo faire tous ses caprices.

  Oui mais à ce jeu là lorsque ont est des enfants,  
Qui sans bien réfléchir imitent trop les grands,  
On peut trouver parfois la mort entre les cuisses.

 26 avril 2004

 

    

Préservons l’avenir

 Quand vous auriez marié tous Lesbos et Sodome,  
Aurez vous infléchi la courbe naturelle,  
Qui, de la nuit des temps d’où s’est redressé l’homme,  
Veut que l’œuvre d’enfant soit de mâle et femelle.  

Oserez-vous offrir aux hommes à venir,  
Ce cadeau insensé d’ignorer leurs racines,  
De ne jamais pouvoir un jour les définir  
Étant des quolibets l’objets que l’on devine.  

N’avez-vous pas pensé qu’un instant de faiblesse  
Voulu par quelques voix d’une minorité,  
Pourrait bien enclencher l’extinction de l’espèce,  
Détruisant à jamais toute l’humanité.  

Grandir entre deux hommes, ou même deux femmes,  
Remplaçant à la fois et le père et la mère,  
Serait pour un enfant trop torturer sone âme,  
Transformant à coup sûr son amour en colère.  

Le voyez vous prostré dans la cour de l’école  
Entouré de bambins l’appelant fils d’homos,  
Être comme l’enfant qui dans son coin s’isole,  
Car on le dit tout droit descendu du cosmos.  

Car, d’où donc viendrait-il le malheureux enfant  
Tout jaune chez les noirs ou tout noir chez les blancs ?  
Il n’aurait même pas le sort de l’orphelin,  
Qui connaissant la mort apaise son chagrin.

  Prétendant vous pencher sur des gens malheureux,  
Vous ne faites, ici, que basse politique,  
En faisant trois bannis alors qu’ils étaient deux,  
Léguant à l’avenir un monde chaotique.  

J’entends déjà de là, la meute me crier,  
C’est de l’homo phobie, c’est de l’intolérance !  
Gardez vous de jouer les apprentis sorciers,  
Et voulant le bonheur, d’engendrer la souffrance.

20 mai 2004

 

   

Qui trop embrasse mal étreint.

 Vous qui avez grandi ombragés de Colombe,  
Pensez à tous ces gars, à ces filles d’antan,  
Qui se sont retrouvés étendu dans leur tombe,  
Avant d’avoir cessé d’êtres plus des enfants.  

Vous qui pour lessiver vos draps ou vos mouchoirs,  
Ne faites qu’appuyer un bouton de machine,  
Songez à ces femmes, qui, aux bords des lavoirs,  
Quelque soit la saison se sont brisée l’échine.  

Vous qui avez au moins le toit d’un H.L.M,  
Pour abriter vos jours, faire chanter vos nuits,  
Sachez qu’un vieux taudis a surpris leurs : « je t’aime »,  
Et qu’à grands coups d’absinthe ils chassaient leurs ennuis.

  Vous qui avez trouvé aux rives des berceaux,  
Toutes ces fées penchées sur vos si jeunes vies,  
Vous devriez trouver vos lendemains plus beaux,  
Au lieu que d’éclairer vos jours de nostalgie.  

Car il vous faut savoir que tous ces grands progrès,  
Qu’aujourd’hui vous semblez, pour beaucoup, dédaigner,  
Seraient dedans nos cœurs des éternels regrets,  
Si par négligences ils étaient effacés.

 24 juin 2004

 

   

L’opium du peuple

 Tu es né chez fauché et rêve de fortune,  
Et bien ! T’as le loto pour décrocher la lune ;  
Tu peux aussi gratter les mille et mille jeux,  
On se raccroche à tout quand on est miséreux.  

Petit gars des cités l’avenir est en pane,  
T’as cas te démerder à devenir Zidane ;  
Pour un qu’est surdoué ils seront cent chômeurs,  
Oui mais çà les médias ils n’en n’ont jamais peur.  

T’as pas un fort Q.I pour poursuivre l’étude,  
T’as cas être dealer t’aura la certitude  
D’en prendre pour vingt ans, ou une balle dans la peau,  
Oui mais çà on s’en fou, dealer, ce n’est pas beau.

À tous ces endormeurs ajoutons le tiercé,  
Pour un qui a trouvé, des milliers ont payé,  
Et le petit dernier, j’ai nommé le foulard,  
T’as vu c’est un des mots rimant avec « connard ».  

Car pendant que tu dors gentiment dans ton coin,  
Eux pensent aux moyens pour s’enrichir demain,  
Un ingénieur chinois payé comme un smicard,  
Tu n’as pas l’impression que çà sent le brouillard.  

Il est grand temps crois-moi d’arrêter de rêver,  
De vouloir arriver plus haut qu’on peut péter,  
De voir un peu plus loin que le bout de nos nez,  
De faire un changement de nos mentalités.

  Car tous les gros malins de la haute finance,  
Qui eux se foutent bien que tu ais de la chance,  
Ça fait longtemps déjà qu’ils ont eu le déclic,  
Ils ont pour t’exploiter transformé Dieu en fric.

21 janvier 2004.

 

     

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Compteur René Domenget : 

 

Compteur Général : 

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