Lionel Daigremont

 

 

 

 

  Amour Perdu

Rêvant d'être prisonnier de tes boucles rousses
Mon appel resta une bouteille à la mer
Et ce silence me laisse un goût amer,
J'abandonne car je n'observe que ta frousse.

Comme je vois qu'il est impossible que l'on s'aime,
Tu es mon amour mais je ne suis pas le tien,
Finalement de nous qu'obtiendrons-nous? Rien!
Stérile restera tout l'amour que je sème.

Et je vous ton visage au rouge écarlate
Comme la passion liberée quand mon coeur éclate
Et tu pars, courant telle une gazelle apeurée.

Ainsi gâché est tout l'amour que j'ai donné
Et si en fin de compte je t'écris ce sonnet
C'est parce qu'en le déclamant, j'aurais pleuré.

23.10.1998

 

 



Soleil Jaloux

L'éclat de tes yeux fait rougir le soleil
Qui se sent détroné par tes deux étoiles bleues
Et ses rayons sont devenus des larmes de malheureux
Si chaudes qu'elles déclenchent une canicule sans pareil.

Mon coeur s'étouffe donc , s'anime puis s'affolle
Et bat suivant un rythme aussi endiablé
Que l'atmosphère extérieure fauchant les blés
Mourant asphixiés sous une chaleur folle.

Mais aussi tes yeux m'aveuglent et me sonnent
Telles deux fléchettes pointues qui m'empoisonnent.
Devant toi je m'étonne de rester debout.

Est-ce leur rare beauté qui me le permet ?
Je ne le sais pas mais je les ai tant aimé
Que je comprends que le soleil soit si jaloux.

8 Mai 1999


 


Le Spleen du Solitaire

Je suis l'homme qui n'a rien au bout de ses bras,
L'homme qui, tout seul, est condamné à se taire,
Mis à l'écart, rejeté, je suis solitaire
Si diamant est de valeur, moi je n'en ai pas.
Je suis un homme qui passe et qu'on ne voit pas,
Je suis une âme sans alliés ni adversaires,
Ma personnalité est cloitrée dans la pierre.
Je ne suis personne, on ne me connaît pas,
Je ne suis qu'une impression de déjà vu,
Pour des tas de gens qui ne m'ont jamais connu,
Et qui ne n'ont jamais osé aller vers moi,
Car percer mon mystère les glaçaient d'effroi.

Pourtant j'aime être seul, n'être que moi même,
Etre mon modèle, mon Dieu, mon emblême,
Peu importe les étiquettes qu'on me colle dans le dos,
Elles ne sont que tempêtes dans un verre d'eau.
Car l'imagination dessert l'information,
Sur moi, tout n'est que croyance et suspiction,
Des légendes et parjures qui me dévastent,
Faute d'en avoir, j'ai une influence néfaste.
Con car inconnu, étranger car étrange,
Je suis un vent froid qui quand il passe dérange.
Tous ces bruits dans mon oreille meurent, bourdonnent,
Car je n'écoute plus les commères qui klaxonnent.

J'ai trop vécu avec ma seule compagnie,
Si bien que mon ombre et mon reflet sont partis,
J'ai trop longtemps affiché mon mépris par mon silence,
On m'a infligé la solitude pour sentence.
Pardon! Au nom de l'amour et de l'amitié,
Deux joies que j'avais moi-même, à tort, sacrifié.
Je ne sais plus qui avait tiré en premier,
Mes amis, je veux juste me réconcilier.

30.4.2000

 



Comme dans un rêve

Dans un champ jonché de tournesols affolés,
L'amour s'épanouit, fier, dans les roses rouges,
Le vent s'éteint, le criquet se tait, rien ne bouge
Mise à part une blonde que l'herbe enrôlait.

La si douce chaleur me caresse l'échine
Et sa voix vient soudain me chatouiller l'oreille,
Elle se confond avec le soleil à merveille
Avec le diable au corps, d'ange est pourtant sa mine.

Son grand sourire blanc me noircit les pupilles,
Ses yeux bleu cobalt me rougissent les papilles
Et j'égare mes vers, violé par sa beauté.

Je touche sa crinière fauve de flanelle,
Elle s'approche de moi, frêle et sensuelle,
Sur ses lèvres, le retour des réalités.

26.4.2001

 

 



Brune aux yeux de Mirabelle

Brune angélique aux yeux de mirabelle,
Tu m'envoûtes, sorcière au charme de princesse,
Tu éblouis ma vue par des brumes épaisses
Et fais tourner ma tête comme une manivelle.

Ange tout de noir vêtu au vol d'hirondelle,
Ton souffle est à lui seul une frêle caresse
Qui fait chavirer ma raison dans l'ivresse
De la si belle chorégraphie de tes ombrelles.

Ton visage sur mes yeux se taille la part belle,
Puis devant eux, un sourire menaçant se dresse
Et un éclat de rire m'attaque et me blesse...

Je me damnerais pour ton nom ou ton adresse
Mais tu es bien sûr insensible à ma détresse,
Brune démoniaque aux yeux de Machiavel.

3 Janvier 2002

 

 



Coeur

La droite de mon coeur est un point d'interrogation:
Une question en suspens limite ses battements.
Le flot des maux de l'inconnu provoque des tourments
Qui inhibent toute effusion d'évasion de passion.

A gauche de mon coeur, une autre interrogation,
Renversante, excitante, haletante et saisissante,
C'est l'inverse de la première, qui sans cesse me hante,
Pourquoi fermer la porte vers la grande émotion?

Au centre de mon coeur, le siège de l'exclamation,
Pourquoi de rancoeur et envies de rêves en fleurs,
La peur de l'erreur emmêlée à l'horreur des douleurs,
La soif des eaux de l'amour coupée par l'appréhension.

Les sentiments se perdent, de l'oreillette au ventricule,
Le temps d'un souffle c'est une idylle entière qui brûle
Par phobie du ridicule ou pire de réussir.

Entre deux interrogations, c'est un vide écarlate,
Une zone rouge expirant qui du chagrin se dilate,
Et, faute de rugir, il s'inspire à n'en plus finir.

19.7.2003




Crédit Passion

J'étais venu avec des comptes à régler,
Prêt à tout pour assurer mon avenir.
Je vous ai découvert et j'ai rien vu venir
Et dans vos yeux d'argent, je me suis aveuglé.

Votre sourire désarmant ne m'as épargné
Et à forcé peu à peu mon coeur coffre fort.
M'obligeant à investir dans le réconfort,
Comme persuadé qu'on à tout à y gagner.

Mais peut-être suis je pour vous sans intérêt,
Que j'accorde trop de crédit aux illusions.
Puis je ne me sens pas prêt pour vos réactions
Mais j'y perdrai à vous adorer en secret.

Vous êtes banque de mes insondables désirs,
Si bien que je n'oserais emprunter le coeur,
Risquant de payer des agios de rancoeur
Et de m'endetter de couteux et vains soupirs.

Peut-être mon doux conte est-il à oublier,
L'échec sera sans doute lourd à encaisser
Et je devrai de mes larmes le financer.

Avant que mon espoir n'arrive à échéance,
J'aimerais savoir si il y a une assurance
Qu'il y ait une ouverture ou un simple billet.

13.8.2003


 

Où sont les demoiselles ?

Où sont les demoiselles, pures frêles et belles ?
Celles qui nous dévorent de leurs yeux de prunelle,
Ces innocentes a qui l'amour donne de larges ailes,
Qui préfèrent aux fusions charnelles le bleu du ciel.

Que devient-elle la femme d'une flamme éternelle ?
Non mais vous l'avez regardé la femme actuelle:
Volant de héros en héros en faisant sa belle ?
On leur apprend aujourd'hui a être des hirondelles,

Des oiseaux migrant entre les princes charmants,
Des abeilles qui butinent l'essence des idylles.
Regardez donc, ce qu'elles deviennent les filles
Il y a un venin derrière leurs regards ardants.

Elles ne rêvent que de voir des hommes baver en bronzant,
De sélectionner leur chéri comme dans "Opération Séduction",
Et de lui couper les ponts à la première occasion.
Histoire de profiter de la vie jusqu'au passe-temps suivant.

On peut toujours essayer de rester romantique,
Imaginer une muse fine, sympathique et fidèle,
Dont le regard est une rivière de perles
A laquelle on s'abreuve, alcoolique.
Ivre d'une beauté gravée pour l'éternité.
Une muse qui ferait fi des honneurs matériels,
Préférant aux bagues des baisers sensuels,
Et un amour qui traverserait les étés.

Où sont elles parties, les grandes demoiselles :
Auxquelles on succombait d'un élan irréel ?
Et qui par je ne sais quel lien surnaturel,
Restaient avec nous, dévouées et fidèles.

15.7.2004

 




Les yeux d'une femme

Les yeux d'une femme sont le reflet de l'âme,
Ils sont si limpides ces fleuves intrépides...
On les croit timides, en fait ils sont perfides,
Si l'on s'y évade on y voit naitre des flammes.

C'est dans ces fenêtres que l'envie se déclame,
Il se dessine des feux follets dans le vide
Humidifié qu'est leur sémillant translucide,
Ils sont le théatre des passions et des drames.

Ce sont des palantirs du meilleur et du pire
Ils font des zéphirs doux quand d'amour ils respirent,
Ils font un ouragan lorsqu'ils sont mécontents,

Suffisent parfois entre nous pour tout se dire
Et pour tout se permettre ou ne rien s'interdire,
Ce sont deux angelots sur un nuage blanc.

7.1.2005

 



Jalousie Printanière

Heureuses, regardez les épanouïes,
Radieuses en regardant leur soleil briller,
Les fleurs se dévoilent de leur jupon habillé
Ouvertes et somptueuses dans l'embellie
De leurs jours comme dans un élan de tendresse
Elles captent la douceur d'un astre de sentiments
Dont la chaleur va toujours plus en grandissant
Un océan d'étreintes, une orgie d'ivresse.

Ces fleurs qui s'abandonnent aux bras puissants d'Hélios
Et les couples qui s'envolent au souffle d'Eole
Et moi qui m'isole dans une camisole
Capitonnée par des bras inaccessibles,
La rage et la jalousie me prennent pour cible
La débauche des fleurs me fait maudire Eros.

24.4.2005

 



Conjugaisons


Le verbe "aimer":
Voilà bien un verbe que j'aime conjuguer,
Que j'ai employé trop souvent à l'imparfait
Ou au conditionnel sans rien de concret.

J'aurais aimé le conjuguer au présent,
A l'âge où c'est normalement impératif,
A tous les modes, à tous les temps,
A l'actif, au furtif ou au passif.

A l'heure où d'autres le conjuguent au gérondif
S'aimant, semant, les superbes amants,
Certains à l'imparfait du préservatif
Le conjuguent à trois avec leur enfant.

Moi je n'ai aimé qu'au passé composé,
J'ai un passé simple et imparfait,
Quand j'eus cru que c'était plus-que-parfait,
Je n'étais hélas, pas l'heureux aimé.

J'ai surtout aimé au singulier,
Jamais à la première personne du pluriel,
Jamais aveugle, jamais pieds et poings liés,
Mais au conditionnel, les yeux vers le ciel.

Si seulement, si j'étais, je voudrais...
J'aimerais conjuguer au passé mon désir.
Mais bien que j'eusse aimé en secret
Je n'ai pu conjuguer au futur mon plaisir

J'avais bien appris l'amour interrogatif:
M'aiment-elles ? Laure Isabelle ou Luce ?
Mais leur avis était toujours négatif
Encore aurait-il fallu que je le susse.

Aimer ne reste qu'un infinitif agressif
Que je veux réaliser jour après jour
Un objectif qui me laisse évasif
Je veux le substantiver en amour

Mais mon sort est indicatif a présent
Mon coeur est ouvert, nerveux, irrité
J'aurais voulu vivre ma vie en aimant
Même si ce n'est pas au futur de l'éternité.

25.8.2005

 

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