CEPYGE X  

 

 

 

 

! Poète ?

Dire en des mots choisis les choses de la vie
Magnifier les Amours, chanter la mort sordide
Exalter les plaisirs, les regrets ou l’envie
Raconter la souffrance humainement perfide


Etre maître des sons, jouer avec les sens
Jongler avec les rythmes en musicien du verbe
Montrer de l’au-delà ce que l’humain encense
Détailler des miracles aux sensations acerbes


Inspirer l’idéal de féminines âmes
Emouvoir par l’image et créer l’émotion
Dépeindre le détail pour que d’aucuns se pâment
Suggérer en rêveries d’irréelles notions


Le poète a ce don de peindre avec des mots
Les maux du monde entier parfois à demi-mot
Poétisant le laid pour en faire du beau
En artiste il vit, reclus en son tombeau


Le poète par son art de combiner les vers
Fait vivre à ses lecteurs, rêveurs dans l’univers
Après un dur labeur de recherche artistique
Ses rêveries intimes en des formes classiques


Suis-je un poètereau ou un futé poète ?
Auprès de vous Lecteurs, permettez que j’enquête…




 

 

 

Folie

Je vis tout simplement hors folies et grandeurs
Lorsque je suis sujet à la mélancolie
Il me targue de dire avec forces candeurs
Que mon esprit s'évade en rêves de folies

Certes ces états-là sont de courtes durées
Mais me font un bien fou et gèrent ma raison
La sagesse s'acquiert par ces peines endurées
Que maint humain subit au détour des saisons

En cette vie fofolle où tout est frénésie
Je fais l'éloge ici d'une folie certaine
Et suis parmi ceux-là dont l'âme puritaine

A foi en une terre où fleurit la splendeur
Que FOLIE et marottes égayent avec ardeur
De délires, de débauches et de folle hérésie

Hôtel Astoria Stresa.it

Sonnet irrégulier
Les Maissineries VI 20



 

 

 




Anniversaire

Depuis l’antiquité, l’homme adore les fêtes
Faisons donc la nouba tant qu’on peut si l’on aime
Avec forces plaisirs sans les excès bohèmes
Par soucis de garder équilibre en nos têtes

Les anniversaires sont les occases rêvées
Où l’on rit, où l’on boit, où l’on rote, où l’on chante
Où l’on danse à vingt ans, à cinquante, à septante
Lors, mon« ego » se plait à les voir ravivées

Ainsi je vis heureux avec ces sensations
Las, il en est certains qui créent des vexations
Dues aux chagrins cruels et génèrent des larmes

Notre vie serait triste avec juste des charmes
Qu’elle ait des hauts, des bas, je fuis le tristounet
Car je suis optimiste et vous le dis tout net

Sonnet irrégulier
Les Maissineries III.20


 

 

 

 


L’Anthologie et les mots

Écrire et versifier avec style et beauté
Des mots donnant la vie et d’autres primautés
A des vers émotifs et à rimes parfaites
Tendrement composés font ma joie et ma fête

Choisir les mots qui font des bouquets de parole
Être l’élu des foules, être en fait une idole
Être mis en compil au sein de florilèges
Le poète émérite a seul ces privilèges

N’étant point ce poète en ce sens n’étant rien
Par le monde hélas, je suis juste un terrien
Indigne de planer en la chrestomathie
Où dort le merveilleux au creux d’œuvres choisies 

Les Maissineries V.20


 

 



Les passeurs de mémoire

Thème du printemps des poètes 2005

Je fus plongé jadis du temps de ma jeunesse
En des textes en grec, en latin, en français
D'érudits d'occident ayant gloires et succès
Dont les vertus profondes ont créé ma richesse

Ma mémoire a gardé en mon coeur la tendresse
Pour les écrits en prose et poèmes et tercets
Pour les odes et sonnets, les lais et autres essais
Dont les scribes et lettrés ont sauvé la noblesse

De nos jours, fors les lettres où les maths sont en verve
Mes regrets sont réels et ma vieillesse observe
Les oeuvres d'autrefois se muant en grimoires

Ce sonnet que j'écris en vous narrant ma peine
Resterait sans écho s'il n'était les mémoires
De passeurs de talent, sa survie serait vaine

Sonnet III.20

 

 

 

 

 

Accident

En ce long soir d’hiver au coin d’un âtre en fonte
Je revis mes souffrances et les profondes peines
Et les douleurs subies qui glacent encore mes veines
Que ma plume chagrine en ce poème vous conte

Je connais vos bontés et vos atouts précieux
J’ose vous confesser mes larmes spontanées
Dès que revient l’hiver et les débuts d’années
J’avoue sans honte alors mes pleurs silencieux

Ces temps me remémorent de tristes souvenirs
Des souvenirs si forts bien que déjà anciens
Depuis lors mon vieux coeur sans arrêt se souvient
Et ne peut ni douleurs ni chagrins contenir

Lorsque la mort immonde à sa table convie
Un enfant, un angelot, un quidam, une vie
Par un destin cruel, le hasard, la déveine

En ces heures chers amis vous ressentez la peine
Qui survient sans prévenir lorsqu’un être se meurt
Les regrets, la tristesse à tout jamais demeurent

Sonnet irrégulier (Crassi modo) 

Les Maissineries II. 20

 

 

 

 



Sankt Valentin 14.II.20


A l’aube, à l’heure où la grive m’éveille
Par son chant mélodieux qui appelle à l’amour
Dont elle me fait l’aubade, le matin au réveil
Je pensais en ces temps vivre seul
Sans amie ni mamours
De mourir vieux, puceau
D’aller en blanc linceul
Comme un ange au berceau

--------------

Je me sentais alors être un mal aimé
Un fidèle ami, un confiant confident
De jeunes filles aux charmes évidents
Que jamais je ne pensais aimer

-----------------

Aimer, qu’était-ce donc aimer
Si ce n’est ressentir une étrange attirance
Pour un être et de vaines espérances
Comme certes qui sait, ses graines essaimer

------------------

J’étais las, solitaire, impassible et rêveur
Les yeux perdus au loin, dans les brumes du rêve
Un jour, pourtant, des pensées imprévues en mon cœur s’élèvent
J’avoue, je fus dès lors divinement amoureux
Vous connaîtrez, j’espère cet état langoureux
En cette St Valentin, je vous livre le mien baigné de grâces et de douce ferveur

-------------------

Maritim Hôtel Koningswinter.de
Les Maissineries 14.II.20

 

  

 

 



"Quo usque tandem abutere, ( Maria ..)"

Cicero Les Catilinaires

Ayant fait des études en grec et en latin
Me voici affublé par vous d'être élitiste
Ce mot me convient mieux que le mot socialiste
J'ai la masse en horreur lors me plait le gratin

Je fus bercé jeunet quand du mont Palatin
Sont venues me charmer les poésies d'artistes
Dont Pline, Horace, Ovide et moult fabulistes
Qui par leurs références aident à mon baratin

Madame, lisez donc du tribun Cicero
Plaidoyers et discours inconnus de Mao
Ils ont fait la grandeur des lettres d'Occident

Bannissez le latin de l'école et des livres
Une élite pensant vous semblerait trop libre
Rendre le peuple ignare est pour vous évident

Sonnet et pamphlet II.20

 

 

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Martialis modo

D'aucuns amassent argent et biens
D'autres par contre ont peu ou rien
Moi j'erre ainsi parmi ces gens
Sans pour autant être indigent
Ma vie coule selon mes goûts
Certes j'ai eu dons et bagou
J'écris en vers sans qu'ils épatent
Puisque ma bourse point n'éclate
J'irai bientôt rimer ailleurs
Pierre n'est hélas qu'un rimailleur
 
Épigramme  Assmannshausen .am Rhein – Rûdesheim .de

Les Maissineries IX.20

   

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L'esprit 

Rester jeunes d'esprit est un vœu unanime
Mais avec l'âge aidant, parfois l'esprit nous quitte
Et l'humain sans l'esprit, hélas meurt de dépit
Voyez ces pauvres errant, sans but, pusillanimes
 
Condamnés par le sort, doucement anonymes
Hommes plantes advenus tels que des clématites
Leurs yeux voguent ailleurs ou vaguement méditent
Perturbés, abêtis, presque sans patronyme
 
Garderai-je par chance en forme mon esprit
Grâce aux dons alloués par le divin esprit
Indulgents soyez lors, si comme un zombie, j'erre
 
En des lieux de chimères, en ces lieux hors la terre
Où des vivants aimeraient exiler ces cassandres
Oh ! de ces lieux m'enfuir, si je puis en descendre 

Sonnet VI.20 

 

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La mode 

Je ne suis point le seul à bien aimer la mode
J'ose en ce monde avoir une vie de bohème
Si mon cœur  broie du noir, je m'épanche en poème
En sonnets ou sizains, formes passées de mode
 
Pour rester dans le vent, être toujours commode
Gérer mon quotidien et mon pognon de même
Amoureux de la mode et fidèle à ce thème
Je vis les nouveautés, mon coeur s'en accommode
 
Tout m'est plaisir en fait, une ode ou l'inconnu
La mode en général, une esquisse ou un nu
Une musique en vogue enchantent mes soirées
 
Je suis jeune d'esprit, je vis dans le présent
Comme la mer roulant son flux et son jusant
Je vis tantôt reclus et tantôt en virées

 Sonnet VIII.20 La moda si pero mi moda

    

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La France de Maman

 Si fille, j'eusse été
Je serais Marie-France
Pour maman, pas de chance
Par un beau jour d'été
Un garçon lui est né
Je fus lors, son aîné 

Charmé dès mon enfance
Par l'esprit de ma mère
Elle m'apprit sa France
La France de son père 

J'ai pris goût à ses vins
Ses baguettes aux fromages
Aux plages, aux pâturages
Mais n'en fut point chauvin

De souche ardennaise
Luxembourgeois, je suis
De culture française
J'aime à dire depuis


Fraternel, libre à l'aise
Un peu comme en Andorre
La France, en fait j'adore
D'ici, ne vous déplaise 

Ode   XII.20

 à France.Farjat de là-bas (USA)

  

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à ma belle inconnue

Toute de bleu vêtue en sa jupe moulante
Perdue en des pensées, elle semblait hautaine
Indifférente aux lieux en sa démarche lente
Elle allait, elle allait, mystérieuse, lointaine 

D'une fente à sa jupe, sa jambe par à coup
Furtive s'échappait attirant mon regard
Boucles ensoleillées, un foulard à son cou
D'un oeil elle jaugea le vieux à l'air ringard 

Longtemps je la suivis, disparaissant au loin
Comme au fil des années ma jeunesse adorée
Ô! ma belle inconnue, je t'envie néanmoins

Lors, j'envie ta beauté interdite par l'âge
Mais un jour tu seras par cette vie dorée
Délaissée tel que moi, ne crains rien, aie courage

Sonnet  irrégulier V.20

Coo.be

     

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Ma complainte 

Je suis le vagabond
Honni, pestiféré
Le banni moribond
Et oncques préféré

Je suis le troubadour
L'écuyer qui fait rire
Même mes calembours
Sont omis d'ouï-dire 

Je suis las, éreinté
Main tendue à l'aumône
J'ai beau dire et feinter
Ma sébile encore chôme 

Chantonnant par les rues
Je parcours seul la ville
Jadis personne en vue
Ores je suis pauvre et vil

 Poème lyrique X.20

 


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Prison

Du tréfonds de ma geôle
Que nul plaisir n'enjôle
Bonnes gens sans histoires
Oyez mes cris, oyez

 De ce lieu, la prison
Fleurant bon le sison
Où je fais purgatoire
En mes regrets, croyez 

Pour  porter haut mon nom
Du bouge carcéral
Où je suis fourvoyé
Je fais vœu du renon

De mes tares et travers
Quoique ancrés, viscéral
Par ces mots, par ces vers  

  Humains ce jour, soyez
Pitié de moi, ayez 

Prière   Poème lyrique X.20

   

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in memoriam

Saison après saison
Sa force déclinait
Mais toujours sa raison
Encore disciplinait

Compagnon à l'esprit
Calme, malin, rusé
Du métier, il m'apprit
Les arcanes dont user

 Si je n'ai déraison
J'aurai envers Remy
Fin août, chaque saison
Une pensée d'amy 

à Remy V

Sonnet 28.VIII.20

 

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 Paroles et pensées érotiques 

Paroles :

 Sois la bienvenue mon cœur à ma table ce soir
Pour te plaire, O ma reine, j'ai choisi ce palais
Prends place je te prie, n'aie crainte de t'asseoir
Où règnent en ce haut lieu les plaisirs du palais

 Pensées : 

J'ai eu beaucoup de mal à l'attirer ici
Avec ce genre de fille il faut des gentillesses
Enfin elle est présente, j'ai eu bien des soucis 

Paroles : 

Merci mon ami pour cette invite aimable
J'aime et ne refuse point ta compagnie galante
J'adore en effet être avec toi à table
Surtout que je la sais toujours étincelante
 

Pensées : 

Je suis vraiment sensible et ses propos me plaisent
Mais ne lui dirai pas mes sentiments pour lui
A moins qu'il ne me charme et me languisse d'aise
 

Paroles : 

Mon amie, que de joies, de plaisirs vous me faites
Vous êtes bien jolie en cette parure de fêtes
Mon coeur est plein de feux, et pour vous il s'enflamme
Et brûle en cet instant à vous conter sa flamme

  Pensées: 

Elle me plait plus que tout avec sa longue tresse
En sa jupe mini courant au ras des fesses
Déjà je sens EROS en moi croître en  vigueur
 

Paroles :

 Voulant briller pour vous en cette soirée de rêve
J'ai mis mes beaux atours car je connais vos goûts
Oh mais que me dites-vous? Vous êtes un orfèvre
Et me troublez mon cher avec votre bagout

 Pensées : 

Je vais rester de marbre sous ses propos charmeurs
S'il me veut pour amie en son humble demeure
Qu'il le dise vraiment car j'envie vivre chez lui 

Paroles :

 Donnez-moi votre main, votre cœur pour la vie
Je vous jure ma mie d'être amour éternel
Répondez-moi franchement  si vous avez envie
Mon cœur ne peut aimer que femme exceptionnelle 

Pensées : 

Que de plaisirs j'aurai à aimer cette fille
Rien qu' à poser ma tête sur ses jolis nichons
Ou à nicher mes mains en des lieux  folichons 

Paroles :

 Je vous donne mon ami mon accord et mon cœur
Je serai toute à vous et fidèle pour la vie
J'ai eu de grand bonheur en votre compagnie
Vous êtes celui seul qui puisse aimer mon coeur 

Pensées : 

Enfin c'est terminé, je lui plaisais je pense
Il me courrait aux fesses, il est grand temps pour lui
Que cesse cette attente, que j'aie ma récompense 

Dialogues et pensées VI.20

   

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L'enfant et la guerre 

Pour l'enfant que j'étais, la guerre était un jeu
Jusqu'au jour où grand-mère eut raconté la sienne
Entre l'armée française et les hordes prussiennes
Un vingt-deux août quatorze où Maissin fut l'enjeu

De ce jour glorieux, son baptême du feu
Elle me dit l'horreur de sa vie quotidienne
Ou sa crainte à jamais de la gent milicienne
Le martyr de civils, les chaumières en feu

 Il me reste depuis les dépouilles teutonnes
Du Tréhou, le calvaire et les tombes bretonnes
Réunies au Spyhou, l'ossuaire des  morts

Les propos de grand-mère et sa peur ancestrale
Car ce jour ne fut point une oeuvre théâtrale
Pour l'homme que je suis, un rien les remémore 

Sonnet   XII.20

 En mémoire des bretons morts le 22.VIII.1914

à Maissin.be.lux

      

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Des pierres

 Vous êtes, Mesdames, comme les pierres précieuses
Celles-ci nous attirent et on aime les zyeuter
En vos yeux opalins aux doux reflets bleutés
On se plait à quérir un aval pernicieux 

Vos lèvres rubescentes à la moue malicieuse
Que nourrit un sourire aux charmes adamantins
Vos lèvres, ces rubis aux baisers galantins
Nous embarquent rêver en des lieux délicieux

Vos pensées prennent parfois l'âme du diamant
Amenant dans la peine l'habituel amant
Et son coeur se durcit et devient tel l'émeraude

Et vos doigts, ces saphirs qu'évoquerait une ode
Ces joyaux que l'on couvre en baisers et en pierres
Font la joie, le plaisir et le bonheur de Pierre

à Vespertine, la demanderesse

Sonnet irrégulier   X.20

   

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Plaisirs

 Doux plaisir de la vie
Je suis malgré mon âge
Amoureux de poésies
De sensations, d'images

C'est un réel plaisir
Pour moi, d'écrire ainsi
En vers et sans soucis
Mes peines et mes désirs 

Jongler avec des mots
Pour le plaisir de plaire
D'offrir quelques bon-mots
Sans nuire et vous déplaire

 Vouloir vivre avec Ève
Les plaisirs de l'Amour
Ouvrir l'huis de mes rêves
J'adore ces mamours
 
Comblé plus qu'un prélat
Bardé de privilèges
Dont le plaisir d'apprendre
Serait-il sacrilège ?

De n'avoir su m'éprendre
Des plaisirs de l'au-delà ? 

Ode XI.20

    

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A aimer quelqu'un ... 

à aimer quelqu'un en secret
Voilà le passe-temps discret
Du chançard, direz-vous, en chœur
Hélas, mes amis, pour mon cœur
Un dilemme, avec ses regrets

Car l'Amour fait fi des décrets
Tout cœur à ce jeu se soumet
Sans penser, presque sans rancœur
à aimer quelqu'un (en secret )

 Souhaitant un pardon discret
Faites grâce à ce Pierre Crasset
Porter par l'élan de son cœur
Sa conduite, il le sait, écœure

Car toujours, il est encor prêt
à aimer quelqu'un (en secret )

 Rondeau nouveau I.20

    

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Mes bombes de rêves

« I have a dream today » : son rêve
Il fit l'effet d'une bombe
« Faisons fleurir la paix » : mon rêve
Avec l'argent des bombes

Cette idée, suis-je fou, à l'esprit m'est venue
La voici tout de go en un poème pour rire
Idée folle je sais, peut-être malvenue
A vos lèvres amènera ou rictus ou sourire 

Si les maîtres du monde se muaient en colombes
Adieux bombes à gogo, à fission, super-bombes
Sans guerriers moins de morts, d'hécatombes, de tombes
Je vous bombe un slogan : «  Allons Enfants ..faire la bombe. »

 à Martin-Luther King, à Anouar el Sadate mes bombes de rêves
en souvenir des bretons morts les 22.23 VIII.1914  à Maissin.be.Lux

Pamphlet VI.20

 

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Hasard

 Disciple du « az-zahr »
Éminent haruspice
Lors de transes propices
Je tente le hasard

J’achète et boursicote
Des actions à la bourse
Au pif, au gré des cotes
Pour gagner en fin de course 

J’ai acquis des fortunes
Mais, pour hélas des prunes
Jouant fictivement
 
La vie seule au hasard
Me guide activement
Mystérieuse et bizarre

Sonnet irrégulier  
I.20

 

 

 

 

Le téléphone

Le téléphone sonne, sonne, sonne, sonne
C’est énervant et monotone
Est-ce une nouvelle mauvaise ou bonne
Le téléphone sans cesse sonne

Ce messager du temps présent
Est un ami, un confident
Et nous donne joies et de quoi rire
Ou nous apporte des pleurs ou pire

Le téléphone est un intrus
Qui sonne toujours à l’imprévu
Excusez-moi, bien vite je file
On sonne, mais oui un coup de fil

Les Maissineries IV 19..

 

 

 



Couleurs

Lorsque naissent dès l’aube
Les rougeurs de l’aurore
Mon esprit pourtant probe
Ensorcelé, pérore

La nature se vêt
D’ornements enjôleurs
Aux teintes et aux couleurs
Dont elle a le brevet

Les prés et les guérets
Se parent et se colorent
De tons omnicolores
Enchanteurs, guillerets

De même que l’amour
Met en nos cœurs du baume
Voici d’autres royaumes
Où nos sens s’énamourent

Car la vie sans couleurs
De l’aube à la brunante
Serait une douleur
Quasiment aliénante

Ode aux couleurs de la vie
Les Maissineries VI.20


 

 



Divines montagnes ?

Les montagnes sont belles avec leurs blanches cimes
Elles grattent le ciel, imperturbables et fières
Imposant aux humains outre leur masse en pierres
Des fardeaux inhumains pires à ceux de la dîme

Sous leurs dais nuageux, ouatées de corolles
Elles servent d’abris et de haltes faîtières
Où les Dieux olympiens font leurs messes altières

Bercés par les « jodler » et les chants du Tyrol
Ores, ces mélodies chantent la déité
Des divines montagnes ou leur réalité

Hôtel Stern – IMST –Tyrol. at
Les Maissineries VI.20

 

 

 

Le chant des villes
Thème du Printemps des Poètes 2006

Je n’entends plus hélas les vieux chants de ma ville
Ni bise, ni zéphyr comme autrefois n’emportent
Ces bruits d’hier encor familiers en ma ville
Certes ma cité vit mais me paraît bien morte

Je n’entends plus au loin ses matins de rumeurs
Naissant au point du jour dès que les coqs chantaient
Et que les carillons en grand nombre enchantaient 
De leurs sons éthérés clamant la bonne humeur

Je n’entends plus vibrer les pavés du chemin
Sous les pas des chevaux halant leur carriole
Les jurons des charretiers, les gouailleries des mariolles 
Quand ma ville s’ébroue sans ses cris de gamins

Je n’entends plus depuis que d’incessants ronrons
Ceux de moteurs ronflants de nos ans les fleurons
Je n’entends plus muser que ces sons en ma ville
Mes regrets se font jour les soirs à Charleville

Je n’écouterai plus les vieux chants de ma ville
Ils survivent en mon coeur loin de ma morne ville

En Charleville.Mézières.fr.08
Les Maissineries III.20

 

 

 

 


Esclave

L’homme fut de tout temps
Soumis, libre ou esclave
Aux lois nées de conclaves
Ou d’ukases révoltants

Vivre libre est un mythe
L’humain certes est esclave
S’il ne vit comme un Scythe
D’errances et hors enclaves

L’humain est un esclave
Esclave de l’humain
Et subit force entraves
De maints êtres inhumains

Vivre libre est un leurre
Mais l’esclave s’en gausse
Car son esprit se hausse
De ses heurs et malheurs

Chassons de nos maisons
Ces règles enrubannées
Aux idées surannées 
Obombrant nos raisons

In memoria Esopi
Les Maissineries VII.20


 

 

 


de Scientis

Je ne suis point fiché parmi les puits de sciences
Le progrès me séduit s’il avantage l’homme
J’ai par contre en horreur le savant, ce surhomme
Dont l’éthique et les choix frisent un peu l’inconscience

Je ne puis que louer des sciences, les bienfaits
Certes je suis contraint ou désolé de dire
Que moult font l’avenir mais que maintes font pire
Apportant du bonheur comme hélas des méfaits

Je suis admiratif des conquêtes spatiales
Mais nourris certes craintes et phobies sensées
Lorsqu’un maître en ces lieux se plait à encenser

De propos de titan, ses visions très spéciales
J’ai plus d’admiration pour les sciences humaines
Mon esprit se délecte aux fruits de ces domaines

Sonnet irrégulier
Les Maissineries VII.20

 

 

 


En quête de …

Vivre tel l’orpailleur
Lavant l’or de la vie
Ici ou bien ailleurs
Quérir la gente mie

Et l’amour éternel
Vivre cette alchimie
Requête obsessionnelle
Ces rêves de l’ humain
De quête irrationnelle

Viendront qui sait, demain !

Tersa rima 
Les Maissineries VIII. 20

 

 

 




Mes danses

Par petits pas, par-ci, par-là
Les petits rats d’opéras dansent
Virevoltant de-ci, de-là

J’aimais aussi faire une danse
Où mon cœur bat, dans les guinguettes
Lieux que charmaient les confidences

Là, tout mon être est en goguette
J’ose avouer lors qu’il se branche
En cette ambiance où l’amour guette

Les airs de jazz, de rock déclenchent
En moi une ardeur que j’affiche
Sans que jamais mon rythme flanche

Je vais vous paraître fortiche
J’aime java et mazurka
Le swing, le fox-trot, le scottish

Les blues, les slows et la polka
Ces danses quasi somnolentes
Aux tangos j’ai la baraka

J’aime danser la valse lente
Ou la musette ou celles de Vienne
Pour moi les plus affriolantes

Au gré des siècles, elles reviennent

Tersa rima
Les Maissineries IX 20


 

 



La rentrée

Terminées les vacances
C’est le mois des rentrées
Oubliées les errances

En ce début septembre
Sous cet air vivifiant
Comme un régiment
Attendant de rentrer
Nos petiots confiants
Font en rang anti-chambre
Devant le bâtiment
De l’école

En rangs, bien alignées
Les arondes résignées
Attendent toutes folles
Impatientes sans doute
De prendre leur envol

Mais longue sera la route
Que de cris et murmures
Autant qu’il m’en souvienne
Nous étions comme eux
Innocents et heureux
D’atteindre l’âge mûr
Pour quitter notre école

Que dire de ce temps
J’aimerais tant qu’il revienne
Ce temps ..


Les Maissineries IX .19

 

 

 


Abandon

Il est des mots charmants, las celui-là est triste
Ceux fleurant la bonté sont d’admirables dons
Ils détonnent en ce monde enclin aux abandons
Pour de futiles joies qui affligent et attristent

Le monde émerveillé d’enfants abandonniques
Qui s’en va à vau-l’eau avecques les années
S’éloigne toujours plus des rêves surannés
Emmenant les esprits en des lois anomiques

Vous décrire "a. bandon" mes intimes pensées
Désuètes pour l’heure, inouïes, encensées
Par d’insolites vers, composés sans vergogne

Certes en ce bref instant je m’abandonne encor
A l’espoir d’être lu sans que pourtant j’implore
Car même un abandon ne ferait que j’en grogne

Sonnet irrégulier 
Les Maissineries X.20

 

 

 

 


du Vent

Une nuit, lors d’un rêve
Certes peu captivant
J’ai vu soudain Éole
Ce Dieu maître du vent
Me mettre une auréole

Dès lors, ainsi paré
Sans répit et sans trêve
J’ai orchestré pour lui
La gérance des vents
La mousson et ses pluies
Le simoun et son sable
Ou les vents alizés
En ce job responsable
J’ai si bien attisé
De la terre, les vents
Que ce fut tsunami
Torrents, trombes, cyclones

Pardonnez chers amis
L’équipée de ce clown

Ode 
Les Maissineries XI 20.

 

 




le Cinématographe

Je me voyais jadis
Rêvassant aux étoiles
Être épistolographe
De longs films inédits
Du cinématographe
Qu’évoquaient mes pensées

Projeté sur la toile
Par les frères Lumière
L’arroseur arrosé
A son tour arrosé
Enjoua mes pensées

En ma tête et pour rire
Je crée un cinéma
Aux images de rêves
Et du rêve en images
Au point que l’écran crève
Sous les feux de mirages
Et me porte à sourire

Je fais mon cinéma
De scènes coutumières
Qu’il me plait d’agencer
Au sein de mes pensées
Ces jeux de comédie
Enchantent alors ma vie

Ode 
Les Maissineries XII.20


 

 


Sérénade

S i tu voulais , ma mie 
E couter mon aubade
R endre reine ma vie
E vite de surseoir
N e laisse pas l’Amour
A mie, mon tendre amour
D ès cette nuit, ce soir
E ntends ma sérénade

Acrostiche 
Les Maissineries XII.20


 

 


Elle venait d’ailleurs

Munie d’un caméscope
Elle venait d’ailleurs, visiter l’Orient
Déambulant sans voile
En pantalon de toile
Comme en sa vieille Europe

En ces pays, perdue, tout la désoriente
Étrangère, elle est habillée en costume
Ignorante des règles et des us et coutumes

Elle erre en la ville
Parmi la foule, défile
Imaginative et rêvant
Aux mille et une nuits
Conte, qu’elle lisait, enfant
Le soir; déjà elle en rêvait la nuit 


X.Cépygé
 

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