Michèle BRODOWICZ


 

MAGICIEN DE LA NUIT

Quand s'effondre la nuit sur les âmes meurtries,
Tu saisis au rebond l'amertume des larmes,
Des larmes de rouille, des sanglots d'agonie,
Des amours vert-de-gris dépouillées de leurs charmes.

Attaché à tes cils, un diamant de lune
Diffuse ses reflets de tendresse nacrés
Sur la page noire d'un ciel d'infortune,
Orne la voie lactée de ses clairs argentés.

De ta plume trempée dans l'encre des étoiles,
Tu copies l'Univers, et des yeux vagabonds
Aux cernes de chagrin cherchent entre les voiles
Un mot, une lettre, un éclat d'horizon.

Si la lune s'éteint dans des eaux de douleur,
La flamme de tes yeux rallume la chandelle,
Et, la plume à la main, élégant et seigneur,
Tu écris le Bonheur en lettres éternelles.

28.07.03 
 



Les baisers de l’aube 

Dans mes cheveux défaits ta main se réveille ;
De tes doigts délicats, tu ôtes les sanglots,
Les sanglots de lune veillant sur mon sommeil
Quand l’obscur de la nuit étale son manteau. 

Les baisers de l’aube, au velouté des cieux,
Posent sur mes lèvres l’ivresse de l’amour
Et l’aurore se pend à l’éclat de tes yeux :
Ô douceurs de miel et soleils de mes jours ! 

Quand glisse sur ma joue une larme de rose,
Le velours de ta main recueille son parfum,
Embaume l’air du Temps qui, en prenant la pose,
Songe à la caresse d’un murmure divin. 

Tandis que le matin dégrafe son corsage,
Les rêves étoilés ferment leurs paupières.
Et j'offre à ton regard l'envie d'un paysage
Qui toujours sera tien, demain tout comme hier.
 
 15.07.03

 

Dans tes yeux 

 

 De l’aurore à tes yeux il n’est d’instant plus doux 
Quand tu cueilles le jour au bord de mon sommeil,

Que d’un doigt caressant, de mon front à mon cou,

Tu dessines la vie aux couleurs du soleil.

 

Dans tes yeux océan paisibles et limpides,

Je jette mes doutes et mes illusions

Perdues dans l’eau grise du temps des amours vides

Et des pluies de rêves aux mortes passions.

 

Quand ivres sont tes yeux, tes mots brûlent ma peau

Et je pars en voyage au pays du désir

Et nos corps, enlacés, fêtent le jour nouveau,

Une aube nouvelle aux accords de plaisir.

 

Un éclat dans tes yeux et l’imparfait se noie ;

Les souvenirs heureux, écumes de délices

Aux arômes d’amour et aux pensées de soie,

Ces héros morts-vivants, ressurgissent… complices.

 

Aux rêves de lune, aux lueurs éphémères, 

Aux voiles de la nuit, j’ai fait mes adieux ;

Egarée dans le noir, j’ai su ta lumière

Quand mon coeur s’est baigné dans tes yeux amoureux.

 

J’ai vu des océans aux vagues de l’envie 

Mais ils étaient petits et leurs ondes troublées

C’est dans ton océan, celui où j’ai grandi,

Que je voudrais vivre, vivre et mourir d’aimer.

 

 

 

Le Regard d'Aphrodite

La campagne s’endort. Le temps est immobile.
Saignent en silence les ondes de l’étang,
Écoulements de sang, traces indélébiles
Des sanglots d’un ciel mourant en se noyant.

L’ombre des grands arbres se couche sur la berge :
Esprits vêtus de noir, spectres de l’enfance
Tapis au fond de l’âme, leur maison, leur auberge
Qui, au détour d’un soir, surgissent du silence.

Au loin, les montagnes endeuillées par la nuit,
Entre ciel et eau, plantent leurs doigts d’épines
Dans l’Olympe sanguine, en ce jour qui s’enfuit,
Et l’empêche de choir dans les eaux purpurines.

Il n’est plus bel instant qu’un coucher de soleil ;
Quand nos yeux se plongent dans la mer sidérale
D’un univers serein où le Beau émerveille,
Nous sommes l’Univers, la Nature triomphale.

Ils sont doux ces moments où, rempli de ciel,
Le cœur ourlé d’amour contemple l’infini,
Sublime l’horizon et voit l’essentiel,
Se penche sur le Temps et sourit à la vie.

Sur l’âme se pose le regard d’Aphrodite ;
D’un battement de cils, elle charme les rêveurs,
Rassure les enfants que la frayeur habite
Et parfume les draps aux senteurs du bonheur.

3/005/03 

  La mort en survie

Quand la vie et la mort s’emmêlent dans leurs temps,
Résonnent les tambours, sur la place du cœur, 
D’infidèles soldats aux desseins méprisants :
Un remake assassin des douleurs et des pleurs.

C’est à l’heure des moissons que renaît l’infamie,
Que les blés se couchent sous un ciel amer
Écrasés sous le poids d’une mort en survie :
C’est un champ d’épines où se repaît l’enfer.

Inexorables jours d’une âme qui s’ennuie,
Quand aurez-vous fini de creuser mon tombeau ?
Je ne suis qu’une ombre dans l’âtre de la nuit,
Perdue dans un pays oublié sous les eaux.

Ô soldats du malheur, armée des souvenirs,
Habillés de larmes, d’amertume et de rouille,
Assassins d’espérance, venez me voir mourir :
Vous avez pris ma vie, emmenez ma dépouille.

Brûlez ma mémoire, les cendres semez-les
Sur le champ déchiré où les blés agonisent 
Et que germe l’amour sous un ciel bleuté,
Terre de liberté aux tendresses exquises.

040603



 

Le désespoir entoure l’ivoire de ses secrets
Et envahit ses silences de mélancolie.
Elle recouvre de candeur son intimité
Pour étouffer l’exigence de son ennui.

Des larmes d’espérance éclaboussent d’amour
Un bouton de rose au rouge de la passion.
Elle le saupoudre de ses envies de toujours
Pour que s’éternise son parfum d’affection.

Un soupir, par ses rêveries, ensorcelé
Étreint sa nudité offerte au firmament
Et soulève les miettes de son cœur brisé
Qui jonchent le sol de sa citadelle d’argent.

Elle s’échappe, quelquefois, de son univers
En traversant une passerelle étirée
Jusqu’à un paradis suspendu dans l’éther
Pour retrouver, enfin, son désir d’exister

17/12/01


Horizon de sang

Il est des horizons en lames de rasoir
Qui, de leur tranchant, découpent la peau du soir
Tels des orfèvres au zénith de leur talent
Ciselant les larmes pour en goûter leur sang.

Ils tailladent dans l’âme et y glissent leur cœur,
Puisent tout ce qui est utile à leur bonheur,
Pressent le soleil pour enflammer leurs nuits
Disparues dans le puits des années qui s’enfuient.

Il est des horizons qui se noient dans leur sang
Et se figent à jamais sur le fil du temps
-Témoin indifférent des souffrances sans cris-
Pour embellir les cieux des vapeurs du Paradis.

Les brumes lissent leur chevelure rougeoyante
Sous les reflets de la lune sanguinolente
Réjouie d’offrir aux nues un lit haut en couleurs
Où s’endormiront les chagrins et les malheurs.

Il est des horizons oubliés des passions
Qui referment les portes aux douces saisons.
Il est des horizons en lames de rasoir
Qui, de leur tranchant, coupent le fil de l’espoir.

11/2002


Le mot

 Il est un murmure, une charmante musique
Aux sons mélodieux, un rythme frénétique ;
Sous l’émoi il chavire et, dans le bleu des flots
Que le ciel azure, il suit le fil de l’eau.
 
Comme un ruban d’amour, il se noue, se dénoue ;
Rond comme un anneau d’or, il épouse le nu,
Se brode en fils de soie sur les draps de la nuit
Et l’aurore en velours en voit naître les fruits.
 
Émoulu à l’amer, il abîme le coeur 
Il se ronge en silence ; une sourde douleur 
S’écoule de la plaie en un mince filet
Et s’en va rejoindre les autres égarées.
 
Dans le foyer de l’âme, il réchauffe à la flamme
Des rancoeurs endormies l’acier de sa lame
Et comme la lave d’un ancien volcan,
Il jaillit de l’ombre méprisant et blessant.
 
Si, usé par l’ennui, il ne sait plus que dire
Souvenirs et regrets, partir et devenir,
Il creuse le tombeau d’une vie en lambeaux
Où les larmes sèches y trouvent le repos.

 Qu’ils soient doux ou émus, acides ou déçus,
Caressants ou cinglants, manqués ou  éperdus,
Nourris à l’eau de l’âme, ils sont des mots du coeur,
De l’amour, de l’amer, du bonheur au malheur.

16/04/03

 


Dans les eaux du Temps

Torrents, rivières, mers aux larmes salées,
Fleuves et océans aux humeurs imprévues,
Prenez les oripeaux que la vie a froissés
Aux saisons de l’ennui et des révoltes tues ;

Le silence se noie dans le bruit de vos eaux,
L’ami des jours déçus et des nuits opalines,
Tel un cri retenu qui s’éteint dans les mots
Sur les lèvres d’hiver aux gerçures sanguines.

Sous le souffle du vent se creusent vos rivages
Et se ride le Temps dans vos flots onduleux,
Agonie de l’âge déformant les visages
Aux bonheurs oubliés dans l’océan des yeux.

Rêves et étoiles allument vos miroirs
Et brûlent les douleurs, grimaces du passé
Figées dans les glaces noires du désespoir,
Sur le bûcher de l’âme où le coeur s’est penché.

Vos courants emportent les instants immobiles
Et le printemps renaît sur la peau nue du jour ;
Sous les draps de l’aube voyagent les idylles,
Petits poissons-lunes aux couleurs de l’amour.

Que vous soyez torrents aux cours enflammés,
Rivières ou mers, fleuves ou océans,
Emmenez les chagrins des hier conjugués
Et montrez le chemin de la vie aux amants.

12 05 03

Elle et la Solitude


Sur les routes de pluie, elle promène son ombre,
Une peau de chagrin au gris du désespoir,
Un trait ridicule devant le soir qui sombre,
Un doigt menu pointé vers un horizon noir.

Elle colle à la peine, sa confidente intime,
Et partage les pleurs de la vie en péril
Demandant au destin le droit au râle ultime,
Au passage à trépas, à la rive tranquille.

Parfois l’ombre s’endort sur les routes fleuries,
Un instant de répit sur les bords du soleil,
Un faux-semblant d’amour, un faux-semblant de vie
Mais un instant de vie au pays des merveilles.

Le ciel pour capuche, elle reprend sa route
Le dos lourd de larmes et son âme meurtrie ;
Son amie fidèle, repère de ses doutes,
La suit dans l'abîme, dans la nuit engloutie.

Sur les routes de pluie, son ombre rôde encore
Refaisant le chemin, ce douloureux parcours
De l’amour sans retour, de l’amour à la mort :
Elle et la Solitude : une histoire de toujours.

19.04.03

 

 

Vertiges de mai


La forêt murmure sous la brise légère
Des voiles de brume s’accrochent aux ramures
Aimant le velouté des feuilles premières,
Jeunes damoiselles en robes de verdure.

Tandis que le jardin égoutte ses sanglots
S’invite le soleil dans la grande bâtisse,
Couvre de jeunesse le nid des tourtereaux
Parfums de cannelle, de miel et réglisse.

Une rose en bouton et un brin de muguet
Enrubannés d’amour et des douceurs de l’aube,
Tendre délicatesse au charme désuet,
Ont cueilli la rosée d’un matin émeraude.

De l’éveil du désir aux doigts qui caressent,
Des corps qui se tendent à mourir de plaisir,
Le soleil du printemps met les cœurs en liesse,
Des flammes dans les yeux et dans la voix soupire.

Ô joli mois de mai, toi si souvent chanté
Aux balcons de l’amour par tant de troubadours,
Tu remplis de bonheur le cœur des dulcinées
Et reviens toujours, doux comme du velours.

030503


Lave

  

 

Une atmosphère étrange enveloppe le soir

Comme si la mort jetait un voile de respect

Sur le jour tournant la page de son histoire

Et guettait l’instant où ses yeux se fermeraient.

 

Un silence qui retient le temps qui s’enfuit

Comme si un volcan de son sommeil paresseux

S’éveillait doucement de ses siècles d’ennui

Et l’annonçait en fronçant ses sourcils anxieux.

 

Les oiseaux veillent. Ils ont senti rôder la mort…

Entêtée, affamée, elle cherche sa pitance,

Bascule les rochers, bouscule le décor,

Invite le volcan à cracher son essence.

 

Pour s’éclaircir la voix, le monstre vocalise

Et les alentours, secoués par sa puissance,

Ainsi que du cristal chancellent puis se brisent

En un fracas assourdissant de dissonances.

 

De son haleine jaillissent des fumées noires,

Des vieilles roches à la rancune incendiaire

En écrasant la vie fuyant son désespoir

Et en lui arrachant le cœur et ses lumières.

 

Les corps, ensevelis sous un linceul de cendres,

Sont les victimes de la folie utérine

D’une mère trop désarmée pour se défendre

Contre les attaques de la passion divine.

 

Les océans, les lacs, les torrents, les rivières

Déversent violemment leurs furies maladives

Pour repousser plus loin la mort et la misère

Espérant effacer les douleurs affectives.

 

Une atmosphère étrange enveloppe mon cœur

Comme si la mort quittait les émotions meurtries

Laissant danser le feu, la passion, le bonheur

Sur les pages d’un livre ouvert sur l’infini.

 

Sous ma peau habillée aux couleurs de l’hiver

Que recouvre la neige des fleurs éternelles

Voyage la vie, le sang, destin de ma terre,

Ma lave en effervescence perpétuelle.

 

11/2002

 

L’amour et le vent

Comme les cerfs-volants ont besoin de la brise
Et de mains complices pour sillonner les airs,
Pour enlacer ce vent au souffle qui courtise
Et porter haut leur vol dans un ciel bleu clair,

L’amour ne peut vivre sans le moindre murmure,
Sans cette passion qui brûle sous la peau,
Déluge de lave, fureur et éclaboussures
Recherchant l’estuaire où s’apaisent les maux.

Comme l’azur s'égaye aux couleurs du bonheur
Sous les regards aimants et attentionnés,
Émerveillés aussi par ces voiles de douceur
Qui ondulent au vent leurs cheveux libérés,

Sur l’océan des cœurs voguent les rêves bleus,
De leur douce écume ils caressent les rivages ;
L’alizé soupire sur les corps amoureux 
Où les grains de l’âme dessinent leurs voyages.

Puis, le vent et l’amour, sous d’obscures raisons,
Retiennent leurs souffles et figent leurs émois,
Avalés par l’ombre qui tue les passions,
Noire silencieuse ou glacée dans l’effroi.

La vie est suspendue aux lèvres immobiles,
Douloureuse agonie avant la renaissance ;
Des instants futiles fixés au mur fébrile
Avant que ne tombent les briques du silence.

Comme l’oiseau de feu, l’amour, le vent aussi,
Leurs ailes repoussées, des cendres revivront :
Les cerf-volants cassés reprendront forme et vie
Et les cœurs écorchés, l’amour réapprendront.


Il est des nostalgies…

Il est des nostalgies qui, comme des musiques,
Jamais ne nous quittent et traversent les ans,
Viennent de temps en temps, en notes romantiques, 
Jouer la mélodie des souvenirs d’antan.

Elles prennent des chemins que l’on croyait fermés,
Condamnés, archivés, oubliés dans le Temps
A la course impatiente, au trajet sans arrêt
Et nous laissent regrets, rêveries et tourments.

Puis, au détour d’un mot, d’un air, d’une émotion
Le souvenir revit, étourdit le présent,
Une image d’hier, le cœur, une passion,
Un instant fugitif pleurant ou souriant.

Un sursaut vers hier, vers les années perdues
On refait son parcours, on prend une autre route,
On dit « C’était ma vie » ou bien « Si j’avais su » !
On a choisi sa voie mais subsiste le doute.

Souvenirs en mémoire, ô flux libérateurs,
Retours vers le passé si l’humeur est chagrine
Pour conjurer le sort ou chercher les erreurs,
Pour trouver un appui, pour ôter les épines.

Il est des nostalgies qui effleurent la vie,
Des baumes de velours comme des mains aimées
Séchant l’âme peinée d’un nuage de pluie, 
Puis s’en vont retrouver leurs jardins si secrets.

09/04/03



Le souffle du silence

J’ai refermé la porte aux bruits de la souffrance
Muselé tous mes cris et étouffé ma peine.
J’ai emmuré mes maux et j’entends le silence
Il me pousse en avant, loin de toute la haine.

Que claquent les bottes dans ce monde en folie !
Je n’ai plus que mes mots qui meurent sans fracas,
Morts pour la poésie, fauchés en pleine vie 
Quand souffle le silence et résonne le glas !

L’écho de la guerre cogne à la fenêtre
Et les larmes du ciel à la couleur du sang
Glissent sur les vitres, les ultimes lettres,
Souffles de silence griffonnés et aimants.

Que vos chars avancent ! Moi je bats en retraite ;
A la Paix, à l’Amour, vous répondez « Aux armes » :
Je refuse le vent qui souffle malhonnête,
La pluie sur le sable, les sanglots et les larmes.

Ne criez pas si fort, des cœurs pleurent dehors !
J’ai refermé la porte au son des décibels ;
Du souffle du silence au souffle de la mort,
Je n’entends que le bruit des cercueils que l’on scelle.

07/04/03

Prélude

à ma fille Audrey 

Je t’entends encor jouer Bach et son prélude
Assise devant un piano trop grand pour toi
Et ma main caressait toujours, par habitude
Tes cheveux d’or frôlant le tabouret de bois.

Ton sang, à la couleur de la musique slave,
Bouillonnait sous tes petits doigts qui tant souffraient
De courir après les notes et les octaves
Qui reculaient à mesure que tu avançais.

Chaque soir, le temps s’arrêtait de respirer
Laissant le métronome rythmer la cadence
De tes soupirs fatigués et découragés,
De tes sourires après toutes tes souffrances.

Petite fée musicienne te souviens-tu
De nos regards émerveillés quand tu jouais ?
Te rappelles-tu de nos souffles retenus
Quand tes doigts graciles dansaient sur le clavier ?

Je t’entends toujours jouer Bach et son prélude,
Assise devant un piano trop grand pour toi
Je revois ma main caressant, par habitude,
Ta longue chevelure douce comme la soie

Mais ce soir, le piano est encor orphelin
Les notes solitaires enfermées dans le noir.
Je te revois petite fée aux doigts si fins
Avant que tu n’écrives ta page d’histoire.

Tu as bien grandi et le piano a vieilli
Pourtant flotte dans l’air ce prélude de Bach
Que tu jouais au commencement de ta vie
Au lieu d’aller sauter à pieds joints dans les flaques.

Je t’aime tant ma petite fée musicienne.

01/2003

 

 

Douceurs d’été

             

Tandis que le jour revêt ses habits de nuit

Et demande à la lune d’être l’écrin des roses

Montélimar écoute s’éloigner les bruits ;

Sur mes épaules je sens ta main qui se pose.

 

A la terrasse des cafés, les soirs d’été,

Les noctambules viennent goûter la douceur,

Les amoureux se chuchotent des mots d’aimer

Et dans la fraîcheur réécrivent leur bonheur.

 

Les arbres couchent leur ombre sur les allées

Pour que, fondu sous les coups ardents du soleil,

L’asphalte ne brûle les rêves sous nos pieds    

Et nous interdise les marches vers le ciel.

 

Une odeur de miel parfume l’air du soir

Et nous entoure dans une douceur d’amandes,

- Une étrange atmosphère sous un ciel d’espoir -

Et nos yeux ne sont plus que bouquets de lavande.

 

De mille étoiles d’or revêtu, un manège

Où des chevaux de bois à l’allure élégante

Et à la robe aussi blanche que la neige

Suivent la musique joyeuse et galopante

 

Tandis qu’assis sur le rebord de la fontaine,

De nos mains nous dessinons des cœurs de Provence

Qui s’enlacent sous le doux regard de Sélène

Et nos lèvres retrouvent le goût de l’enfance.

 

Quand les terrasses se vident, les soirs d’été,

Et que s’éteignent, une à une, les lumières

Une sensation envoûtante vient nous caresser

Et nous entraîner sur le petit pont de pierres

 

Où sur un banc de bois les amoureux s’embrassent,

Où les cœurs et les corps s’aiment à l’unisson

En attendant que la ville éveillée les chasse

Et laisse naître au soleil d’autres passions.

 

03/2003



 

A l’autre bout du jour


1 - Dans ma valise

Tels une fresque de vie aux teints de jouvence,
Les paysages s’arrondissent ou s’étirent,
Le soleil bégaie encor sa fluorescence
Et de ses rayons d’or caresse mes soupirs.

Le printemps est ici et il peint sur sa toile
En touches délicates son bonheur d’aimer,
Ce bonheur issu des rêves et des étoiles,
Éternel ailleurs si souvent imaginé.

Les âmes ne connaissent aucune frontière
Et dans leur miroir les cœurs trouvent l’infini ;
Les yeux dans les yeux, la peau sur les mots d’hier
Et l’émotion voyage au centre de la vie.

Les larmes des vagues soulevées par le vent
Cognent contre les parois de mes souvenirs
Puis s’abandonnent sur les rivages tentants
Avant que la peur ne revienne m’engloutir.

Dans ma valise, au milieu des émotions,
Des souvenirs, des regrets, des espoirs aussi
J’ai mis des mots d’affection et de compassion
Un méli-mélo étrange de bouts de vie.

2 - La voie du temps

Combien sommes-nous, à cet instant, sur un quai 
Cherchant la flamme, parmi l’ombre des regards,
Cet éclat d’amour que la lune nous enviait
Quand, la nuit, nous vivions notre amour comme un art ?

Sur les voies roule, incertain, le convoi du Temps,
Ce Temps béni ou maudit, selon la saison,
Les illusions perdues sur la route des ans
Et tes cris, pour que ne s’égare ma passion.

Un caprice du temps effacera les pas
Ou un tapis de fleurs recouvrira la suie,
Une histoire s’achèvera ou commencera :
A l’autre bout du rail, le soleil ou la pluie. 

A l’autre bout du rêve il y a Toi et Moi
Tenant notre cœur et nos espoirs dans les mains,
L’amitié et l’amour sur nos chemins de croix
Que nous posons au creux de celles du destin.

3 - Au bout de l'horloge

L’ancienne horloge, perchée en haut de la tour,
Tourne l’attente. Chacune de ses avancées
Est un pas qui me rapproche de toi, Amour ;
Écoute ce cœur pressé de te rencontrer !

Le hasard, curieux, patiente au bord de nos yeux
Le regard plongé dans l’âme et ses profondeurs
Épiant l’envol de nos flammes vers les cieux
Ou coulant, comme le Titanic en son heure.

Le téléphone résonne son impatience 
Et le Temps son apesanteur dans l’ascenseur.
Le printemps, arrivé avec deux jours d’avance,
A collé son mercure à la vitre en sueur

Guettant l’heure où les mots se perdront dans nos yeux,
Où nos doigts traceront le pays de nos lèvres
En suivant l’onde de nos désirs amoureux
Qui voyagent dans nos corps bouillonnant de fièvre.

A l’autre bout du jour il y a Toi et Moi
Tenant entre nos mains nos rêves de demain,
Ton amour et le mien sous un ciel qui flamboie
Liant leur foi sur le boulevard Saint-Germain.

Alors que le soleil décline doucement
Pour éteindre son feu dans le lit de la Seine,
Sur les quais les amants échangent leurs serments
Jetant à l’eau, pour qu’elles s’y noient, toutes leurs peines.

La pleine lune languit que vienne son tour
De nous recouvrir de son aura de douceur
Et d’allumer la Tour et tous les alentours
Tandis que nos yeux brillent déjà de bonheur.

4 - Sur le quai, mon cœur

La ville s’étire, Paris s’éveille à la vie
Et le jour déroule ses lumières pionnières
Sur les draps chiffonnés de la nuit alanguie ;
Un jour nouveau efface les traces d’hier

Tandis qu’une voix hurle dans les haut-parleurs
Que le train du retour vient m’ôter à l’amour ;
Sur le banc des douleurs je dépose mon cœur : 
Prends-le quand, toi aussi, tu feras demi-tour,

Quand à ton point de départ tu retourneras
Que cœur un peu plus lourd, le pas un peu plus lent
Pensant à nos yeux, à nos mains laissés là-bas,
A nos bouches qui recueillaient nos mots manquants.

Du soleil de printemps, je ne suis plus que l’ombre
Que le train écrase sans remords ni regrets
Sur les rails de la vie retrouvant le sombre,
Le jour et la nuit en ondes peinées.

Avec dans les yeux une flamme nouvelle,
Je reprends le Temps là où je l’avais laissé
En poursuivant le rêve du rêve éternel,
Rêve devenu vivant quand tu m’as aimée.

03/2003
              ...........

 

Ô toi, douce mélancolie

Il est des jours où le ciel est un grand glacier,
Le toit du monde emporté par un ouragan
Jette les nuées contre le mur déchiré
De mon cœur englouti dans le noir du néant.

Les heures tournent la clef de la nostalgie,
Dans la serrure du temps rouillée par le chagrin,
Ouvrent la porte aux pluies de la mélancolie,
Aux larmes de glace qui perlent sur ma main.

Dans ce ciel imaginaire où la neige est bleue,
Tombent des étoiles aux couleurs de l’abandon
Venues cueillir le souvenir des jours heureux
Sur les coussins encor parfumés de passion.

Il est des jours où le ciel creuse la mémoire
Comm’ la pluie des sillons dans la terre assoiffée
Où l’eau serpente en recherche de son histoire,
Sa source, sa mère nourricière attentionnée.

Les heures tournent les aiguilles à l’envers
En quête de l’incendie brûlant l’océan
Et de la lave enflammant le lit des rivières
Avant de couler sous ma peau comme un torrent.

Dans ce ciel imaginaire aux froides couleurs,
La lune et le soleil ont le teint de la mort
Attendant que le bonheur chasse leur pâleur
Et habille le firmament d’étoiles d’or.

Il est des jours où le ciel joue de son archet
Et arrose le coeur de ses notes pluvieuses.
Ô mélancolie, que j’aime en toi me plonger
Et faire de l’absence une pause merveilleuse !

260303



Entre le vide et demain

Le ciel grimace et ses lèvres grises menacent
La pluie me poursuit, pose ses pas dans les miens
Je courbe le dos sous ses larmes qui me glacent
Entre le vide et demain je n’attends plus rien.

Que les dieux s’épanchent sur les terres stériles
Je quitte le port et emporte le soleil
Entre terre et ciel, l’horizon est immobile
Entre le vide et tes mains, demain sommeille

Je pars à la recherche de ces brins d’espoir
Qui se sont perdus entre hier et aujourd’hui
Entre tes doigts le fil du temps cerné de noir
Etire son ennui et me plonge dans la nuit

Verse tes sanglots ! Dans les flaques d’eau j’avance
Le Temps, l’or des jours et le cœur lourd sous le bras
Hier se traîne, immense est déjà la distance
Entre ici et demain, les traces de mes pas

Mes yeux me portent vers des rivages apaisés
Où l’absence et le silence ne pleurent plus
Dans mon sac à dos, des souvenirs plus légers
Entre le vide et la vie, l’obscur s’est rendu

Les nuages épinglés aux doutes du Temps
Secouent leurs excuses et sourient à l’azur
Entre le vide, demain, hier et maintenant
J’avance et sur ma route mes pas sont plus sûrs.                  

 

 Notre île

 

 

De la pointe de mes cils je dessine une île

Entre ciel et terre, entre ici et maintenant,

Un paradis sur le présent qui se faufile,

Un rêve où se décousent les mailles du temps.

 

Quand les constellations se couchent sur la mer,

Étoiles d’amour sur les draps froissés de l’âge,

S’aiment alors le Cancer et le Sagittaire,

Ombre et lumière, esquisse de leurs paysages.

 

L’arbre de nos cœurs ploie sous les fruits des soupirs ;

Sur le chemin de la vie, les pépins s’oublient

Et dans leurs racines voyage le plaisir,

La sève brûlante de l’amour infini.

 

Sur l’île des amants, le temps n’a plus d’horloge,

Le jour et la nuit jouent la même mélodie ;

Les heures, privées de nostalgie et d’éloges,

S’émerveillent devant ces instants d’harmonie.

 

Dans tes yeux, le temps n’a plus la même importance

Et quand les mots glissent sur le fil de ta voix,

Je vois notre île, ce bout de terre en partance

Vers demain où l’amour est profession de foi.

 

 14 janvier 2003

 

 

Sainte Justine ( légende du pays drômois )

Il était une fois en Drôme provençale
Une jeune femme entourée de mystère.
Son château, comme posé sur un piédestal,
Rassurait la vallée par son allure altière.

La jeune femme descendait dans le village
Assister à la messe, visage voilé,
Et sa présence suscitait des commérages
Car jamais sa voilette elle ne retirait.

Quand les cloches sonnaient le début de l’office
Les bigotes, agenouillées pour la prière,
Épiaient, en se jetant des regards complices,
La dévotion de la châtelaine si fière.

Tous les matins elle affrontait les quolibets
Des paroissiennes en habits d’intolérance
Qui l’accusaient d’aiguiser la curiosité
De leurs maris mais cela n’avait aucun sens.

Un jeune homme, au milieu de la sottise humaine,
La couvait de ses yeux débordant de tendresse
Mais n’osait se déclarer à la châtelaine
Encore moins lui murmurer ses délicatesses.

Pourtant, un matin, il prit une décision ;
Il la suivrait alors qu’elle s’en retournerait
Là-haut, dans son château, tout près de l’horizon
Espérant voir la jeune femme dévoilée.

Alors que le chemin comptait ses derniers mètres
-Lente ascension de la montagne de Justin-
La jeune femme leva ses mains de dentellière,
Enleva son voile du bout de ses doigts fins.

Trop curieux, le jeune homme se fit moins prudent
Et ne put éviter une branche tombée
Qui, desséchée par l’astre aux rayons ardents,
Craqua. La jeune femme se retourna, affolée.

De la gorge du jeune homme en sortit un cri :
Il se frotta les yeux pour le rêve chasser ;
Au pays, personne ne croirait son récit
Tant ce qu’il vit ne pouvait être imaginé.

La jeune femme qui se prénommait Justine
Gagnée par la panique se mit à courir :
Sa course la porta au bout de la colline,
Au bord de la falaise où elle allait mourir.

Sans hésitation dans le vide elle se jeta.
Le jeune homme n’avait pas bougé, n’avait pas pu ;
Seul le bruit des os se broyant avec fracas
Donna réalité à ce qu’il avait vu.

Sous son voile Justine n’avait pas de visage
Dam’ Nature l’avait pourvue d’un groin de porc
Pour elle, la vie dépendait de son voilage
Et son mystère n’était qu’un sale coup du sort.

La moralité, je ne vous la donnerai
En cherchant dans votre cœur vous la trouverez

12/03/03


                        ...........

 

L’amour en question

 

  

Au profond de tes yeux, j’ai appris la détresse

Tandis qu’au fond des miens se noie la tristesse.

Tu enroules ton corps sur le velours affable

Guettant son retour et le silence t’accable.

 

De son départ, tu n’as gardé que l’abandon.

Il est des manques au goût amer de l’absence ;

Une main câline ou un regard d’émotion

Ne peuvent apaiser ton infinie souffrance.

 

Tu déambules lentement ton élégance

Dans chacune des pièces de notre demeure

Et tu étends ta peine et ta désespérance

Devant la porte de la chambre du bonheur.

 

Comment pourrais-tu désapprendre ses caresses ?

Tu lui as donné ta vie, elle t’a offert son cœur.

Tu l’aimes et tes yeux parlent de ta détresse,

Boule de poils aux yeux verts pleurant son malheur.

 

Sa vie l’a entraînée vers un monde nouveau,

Vers un monde aux mille peurs, aux mille dangers

Là où les grands murs couchent le soleil trop tôt,

Où ta liberté aurait été bafouée.

 

Aurais-tu pu oublier la haie de cyprès,

Les romarins, la lavande et le mimosa

Que tu frôles pour rentrer toute parfumée ?

Elle t’aimait beaucoup trop pour t’emmener… là-bas. 

 

11 janvier 2003

 

De Adam à Ève


Elle est celle pour qui il croquera la pomme,
Celle pour qui il a écrit ses plus beaux vers ;
Elle est sa Muse, son Ève, son rêve d'homme,
Elle est le paradis au bout de son enfer.

Combien de fois a-t-il dénoué ses cheveux,
Cette longue chevelure au parfum d'amour
A qui il confie l'émoi glissant de ses yeux
Comme une rose accueille la rosée du jour ?

Il ne peut oublier la douceur de ses mains,
Si longues, si fragiles mains de dentellière
Qui embrasent son corps jusqu'au petit matin
Et le font voyager au pays des lumières.

Elle est celle pour qui il croquera la pomme,
Celle pour qui il a écrit ses plus beaux vers ;
Elle est sa Muse, son Ève, son rêve d'homme,
Elle est le paradis au bout de son enfer.

Combien de fois du désir est né le plaisir,
Lente envolée vers les cimes du bonheur
Où le vent murmure et chante leurs soupirs,
Où le temps se suspend au bord de leurs deux cours ?

Il ne peut oublier la chaleur de son corps,
Ce corps épousant le sien à n'en faire plus qu'un,
Leurs deux vies unies à jamais au même port.
Elle est sa Muse, son Ève. amour sans fin.

11 décembre 2002

Les soupirs du vent 

Écoute la mélodie du vent qui soupire…

L’écume du jour s’efface sans faire de bruit ; 
Sur la grève s'endort une mare salée, 
Une perle au bord des larmes de la nuit 
Où la lune renvoie sa pâleur attristée. 

Écoute la mélodie du vent qui soupire…

Les Dieux, tourmentés, ont craché leurs aigreurs, 
Déchaîné l’océan en vagues meurtrières ; 
Dorénavant, ils poursuivent les imposteurs 
Arrosant les ondes de leurs folies guerrières. 

Écoute la mélodie du vent qui soupire…

Que les dieux cruels hurlent à s’essouffler 
L’âme des poètes ne s’emprisonne pas ! 
Les rimes enlacées continuent à étoiler 
Et irradier les cœurs ici ou là-bas… 

Écoute la mélodie du vent qui soupire…

Ce soir, la lune enflamme l’éclat de ses yeux, 
Farde ses joues rebondies de scintillements 
Tandis qu’elle tend un sourire aux bienheureux 
Qui accordent leurs âmes aux soupirs du vent. 

13 mai 2002



Le rêve brisé 

Contre les rayons du soleil trop tôt levé, 
Mon rêve, revêtu de son habit d’étoiles, 
S’est brisé. Des éclats d’argent, éparpillés, 
Morceaux de lune prisonniers de la toile, 

Accrochent leurs espoirs aux mailles du filet 
Pour ne plus sombrer dans le néant et l’oubli. 
Au cœur de l’éphémère, tu es l’Éternité 
Et ton baiser brûlant les lèvres de la nuit 

Rougit les brumes de l’aurore qui s’éveille. 
Une douce brise soupire la tendresse 
De tes mots écrits aux rimes de mon sommeil 
Et couvre ma peau du souffle de tes caresses. 

Quand le jour pointe son or au bord de mes yeux 
Se dressent les roseaux, encor cernés du soir, 
- Lances dirigées vers l’Olympe et ses dieux - 
Et les supplient de ne pas casser le miroir. 

22 juin 2002 


Solitude 

Tu gis, là, sur la solitude des galets 
Où se sont échoués de nombreux naufragés 
Partis étreindre les vagues enchanteresses 
Brodées en soie océane par les déesses. 

Enroulant leurs boucles aux éclats de soleil, 
Elles offrent leurs baisers aux lèvres de l’éveil 
Puis, de leur chant ensorcelant, bercent les cœurs 
Rêvant de voler quelques instants au bonheur. 

Tu gis, là, sur la mélancolie des galets 
Où se sont couchées d’autres âmes enflammées 
Par les arpèges de l’écume effleurant 
La peau du rivage de leur désir brûlant. 

Les rêves plongent dans l’amertume du temps 
En jetant les âmes en peine dans les tourments 
D’un présent qui s’attache, d’un futur qui s’efface 
Dans le silence pleurant des larmes de glace. 

Ô ma douleur, je te laisse sur les galets… 
Mon cœur est lourd par trop de chagrins éprouvés 
Et se noie dans l’océan de mes inquiétudes 
Vagabondant au gré de tes incertitudes. 


Cheveux d'étoiles 

Quand la nuit des étoiles assoupit l’été 
et que s’allume la lanterne sidérale 
enrobée des brumes voilant sa nudité 
aux yeux fixés sur son intimité astrale, 

comme l’âme d’un élu d’amour se suspend 
aux lèvres, gonflées de rêves, de sa déesse 
pour admirer la sublimation qui descend : 
traînées en or, bronze et vermeil, douce finesse 

des cheveux d’anges, filaments illuminés 
ondulant derrière les étoiles filantes, 
les élégantes à la chevelure incendiée 
hâtent leur traversée du ciel, agonisantes, 

pour s’éteindre bien au-delà de l’horizon 
et emmènent dans leur néant les vœux secrets 
que les Dieux aux fulgurants éclairs de passion 
épingleront au clair de lune, exaucés. 

07 avril 2002 

Écrire à l'auteure : motsducoeur@yahoo.fr


Au clair de la lune 

Veilleuse discrète de mes nuits d’insomnie, 
Tu allumes le vide de mes inconstances. 
Tu m'emprisonnes dans le châle de la nuit 
Pour enflammer l'hivernage de mes silences. 

Le soir, en Colombine métamorphosée, 
Je me lie au chagrin d’un Pierrot hésitant. 
Sublimer ses rêves de sensualité 
En touchant l’indéfini de son océan. 

Regard bienveillant sur mes nocturnes errances, 
Tu m’offres le lyrisme de mes envolées. 
Tu m’envoies un déchaînement d'impertinences 
Pour réchauffer le givre de mon cœur glacé. 

Au crépuscule du jour, voilée de ton mystère, 
Je hante mon âme diaphane d'apparences. 
Mon obscurité se tourmente à ta lumière 
Qui s'édulcore à l’aurore de mes transparences. 

24/11/01 


A l'automne 

Senteurs d’automne exhalées 
Arôme de douceurs sucrées 
Pensées d’été emprisonnées 
Poésies d’amour embaumées 

Souffles d’automne déchaînés 
Transports d’effluves enflammés 
Pétales de roses emportés 
Zéphyr de désirs inspirés 

Tristesse d’automne sanglotée 
Ondées de perles chagrinées 
Baisers de délices abreuvés 
Adagio des corps transpirés 

Fraîcheur d’automne insinuée 
Odeur de l’âtre embrasé 
Chaleur des plaisirs attirés 
Foyer au charme éclairé. 


Cœurs Romantiques

Il est des cœurs romantiques en fleurs de nuages
Qui voyagent, libres, au gré de leurs sentiments
Et tissent des fils de séduction sur les pages
Du livre de leurs amours rêvées sous les vents ;

Les souffles divins les bercent de leurs murmures,
Les entraînent vers des pays légendaires
Où, des torrents et rivières, coule l’or pur
Puisé à la fontaine de l’imaginaire.

Ô Poètes ! dans vos yeux brillent les étoiles !
De la nuit, vous en faites une douce complice
Et vous idolâtrez vos Muses sous ses voiles
Jusqu’au matin où, dans ce jardin des délices,

Les larmes de la lune, tendres souvenirs,
Rempliront l’encrier de cet exquis breuvage ;
Sous votre plume, les mots gorgés de désir
S’aimeront sur la peau Vélin couleur laitage.

Quand le soleil monte sa rondeur dans le ciel,
Le rideau se ferme sur les rimes blotties ;
L’heure est venue de traverser l’arc-en-ciel
Pour rejoindre la vie : triste et pâle copie

Des épanchements passionnés et poétiques.
Si poète et muse franchissent le miroir
Pour vivre leurs rêves aux accords symphoniques,
Les dieux hurlent leur rage et brûlent l’écritoire…

Passent les jours, les nuits, la vie en noir et blanc ;
Tantôt perles de lune, tantôt chants d’espoir,
Les âmes romantiques regardent le temps
Qui tourne à l’envers les pages de leur histoire.

23 juillet 2002


Les mots arc-en-ciel (Chanson)

Combien de ponts, combien de passerelles
As-tu tissé de tes rimes en soie
Pour t’approcher de ma tour de Babel
Et faire de mes nuits un ciel qui flamboie.

Tu rêves de la maison du bonheur
D’un jardin où fleurissent mes sourires
Où s’égouttent des perles de douceur,
Diamants de notre passion qui soupire
Mais

Refrain :
Je n’écrirai plus de mots arc-en-ciel
Sur la page blanche de nos amours.
L’hiver a recouvert nos cœurs pluriel
Et les roses gémissent sous la neige
Pour toujours.

N’allume plus le soleil dans tes rêves
Ancre ton cœur aux rives du présent ;
Le Vaisseau s’est échoué sur la grève,
Eclats de nos vies brisées par le temps.

Je dors blottie au creux de tes pensées,
Je tremble sous le vent de tes caresses
Quand s’enlacent nos âmes étoilées,
Unies en un tourbillon de tendresses
Mais

Refrain :
Je n’écrirai plus de mots arc-en-ciel
Sur la page blanche de nos amours.
L’hiver a recouvert nos cœurs pluriel
Et les roses gémissent sous la neige
Pour toujours.

Je n’écrirai plus de mots arc-en-ciel,
Je referme notre livre d’histoire ;
L’hiver a recouvert nos cœurs pluriel
Et les roses dans leur écrin de mémoire
Pour toujours.

28 juillet 2002


Pour toi  (Chanson)

Tu voudrais savoir ma vie, mes jours et mes nuits,
Connaître les alexandrins de mes pensées,
Relier mes matins à tes soirs qui s’enfuient,
M’habiller de tes parures d’éternité

Mais

Pour toi, je creuserai le lit de nos rivières
Et l'eau, sur nos corps, chuchotera ses soupirs
Aux doux ondoiements des alliances princières,
En nous entraînant dans un torrent de plaisirs.

Je ralentirai, aussi, l’horloge des heures
Et allongerai la chevelure du temps
Jusqu’aux portes de l’avenir où le bonheur
Vêtu de diamants étincelle le néant.

Tu voudrais m’emporter au-delà des frontières,
Effacer l’empreinte de toutes nos années
Et écrire notre histoire en rimes de lumière
Sur la page de nos passions entrelacées

Mais

Pour toi, je creuserai le lit de nos rivières
Et l'eau, sur nos corps, chuchotera ses soupirs
Aux doux ondoiements des alliances princières,
En nous entraînant dans un torrent de plaisirs.

Pour toi, je peindrai la lune en couleur vermeille,
Et aux brumes je pendrai mes éclats de rire

Oui

Pour toi, je caresserai les cordes du soleil
Pour composer la mélodie de tes désirs.

07 août 2002


Harmonie

Si l’amour réunit deux âmes solitaires
En une infinitude d’instants de bonheur,
C’est dans la rosée de ces instants solidaires
Que le cœur trouve son matin et sa fraîcheur.

Il alimente des ouragans de passions,
Des tourbillons de sentiments incontrôlés ;
Les corps, émus, gémissent leurs exaltations
Et les accords de leurs caresses partagées.

Cette pluie de tendresses chasse les nuages
Et repousse l’ombre aux confins de l’horizon.
Le ciel, lisse d’anomalies, offre un voyage
Dans l’univers des sens inondés d’affection.

L’espoir chute comme les cartes d’un château
Si les cœurs soufflent le vent de l’intolérance ;
L’amour est aveugle même pour les défauts.
L’harmonie est un défi au temps, à la chance

Qu’il faut saisir, à ces petits riens imparfaits
A oublier pour goûter toutes les douceurs
D’une vie à deux, corps et âmes fusionnés,
En un mélange merveilleux et enchanteur.

18 août 2002


A la poursuite du temps

Accroche-toi au temps qui égrène les heures ;
Sans jamais poser un regard sur le passé,
Il tourne les saisons et, impatients, les cœurs
Cherchent à le ralentir et même à l’arrêter.

Chaque instant qui passe est un instant de bonheur ;
Cueille-le maintenant avant qu’il ne s’enfuit
Et ne te laisse dans l’amertume et les pleurs,
Les regrets errant sur les rives de l’ennui.

Au printemps, mille feux jaillissent de tes yeux
Et la nature étincelle son élégance,
Son sourire multicolore et merveilleux
Et les diamants de son univers d’apparences

Faisant oublier que le temps poursuit sa course,
Que la jeunesse n’est que beauté éphémère,
Que l’éternité, dans le cœur, trouve sa source
D’où s’égoutte l’amour couronné de lumières,

Lumières ardentes du soleil en été
Ambrant les corps de leur or ou brûlant les ailes
De papillons trop empressés à partager
Leurs passions avant que l’âge ne se dentelle.

Tandis que s’éveille l’automne flamboyante,
Les ans s’invitent à la ronde des saisons,
Laissent au coin des yeux les empreintes évidentes
Du temps et repoussent au loin les illusions.

Les regards plongent dans les profondeurs de l’âme,
Fontaine aux sentiments dépouillés d’artifices
Où l’amour absolu garde allumée la flamme
Et transforme les jours en moments de délices.

Puis, lorsque les doigts touchent presque l’horizon
Et que s’éloigne l’insouciance de l’âge,
La vieillesse ride le miroir des passions
Mais la tendresse illumine les visages.

De chaque instant qui passe, fais-en une fête
Car le temps ne cessera jamais de tourner
Et surprend la vie avec les yeux d’un poète.
Surtout, n’arrête jamais de t’émerveiller !

30 août 2002


Vivre et Mourir

Un cri, dans la nuit, hurle son envie de vivre,
Cri de bonheur, d'allégresse ou de délivrance,
Le souffle de la vie, du destin qui enivre
Les cœurs devant le miracle de la naissance.

Les yeux se penchent sur le berceau de la joie
Illuminé par les flammes de l'espérance
Et leurs ombres dessinent le chemin de croix
Où chaque pas, sous le poids des ans qui avancent,

Laissera une empreinte pour l’éternité,
La trace d’une certitude avant l’absence.
Dès l’instant premier, le temps se met à tourner
Et respirer son air n’est plus qu’une évidence,

Aimer, partager et enflammer l’univers
Une nécessité avant le grand silence,
Avant l’ultime voyage vers la lumière,
Avant de s’échapper vers d’autres transhumances.

« Mourir » , ce verbe qui, de larmes, emplit les yeux,
Est-ce pour repousser la dernière échéance
Qu’en l’associant il s’habille de merveilleux,
De magie, de fantaisie, de magnificence ?

Ne dit-on pas, éclats d’euphorie dans la voix,
Mourir de rire mais aussi mourir d’amour ?
N’est-il pas plus heureux de mourir dans la joie,
De mourir de plaisir que mourir pour toujours ?

24 août 2002


Regard perdu

Son âme danse sur la mer aux flots gris-bleu,
Harmonie de camaïeux aux tons nostalgiques
Qui se reflète dans la brume de ses yeux
Étirant ses pensées aux couleurs romantiques.

Allongée sur la plage au sable pur et blanc
Dépouillée des derniers vacanciers de l’été,
Elle goûte à la quiétude du soir caressant
Le menton appuyé dans ses mains effilées.

Quelques mèches brunes, sous le souffle ému
Du vent, balaient son visage au doux velouté
Ajoutant du mystère à son regard perdu
Dans le flou de l’horizon au teint attristé.

Peint en rouge-orangé, voilé de rêverie,
Le soleil emmène le jour dans son déclin
Et, en un dernier sursaut de coquetterie,
Offre aux cœurs troublés la couleur du lendemain.

Elle est restée là, immobile et solitaire,
Les lèvres closes et les yeux figés dans l’espoir,
Gommant le dérisoire du néant qui l’enterre
En attendant de voir surgir au bout du soir,

Ondulant sous les douceurs du vent, la grand’voile
Du vaisseau de l’Amour prisonnier dans la glace
D’une passion qui se pend encor aux étoiles
Du passé et d’une autre dessinant sa trace.

25 août 2002



Nostalgie

Le ciel, trop lourd, trop chargé des pleurs de la nuit,
Effleure ma tristesse et mes jours de pâleur.
De son gris, il éteint le monde, sans un bruit,
Suit le cortège du temps quand arrive l’heure,

Pour lui, de refermer sa valise aux délices.
Il emporte de fantastiques souvenirs
Tels l’astre d’or et ses aiguilles de malice
Ou l’étoile d’argent rayonnant de plaisir

Lorsque toi et moi marchions sur les coquillages,
Main dans la main, les yeux tournés vers l’horizon
Dessinant l’ébauche de notre beau voyage.
Il n’a pas oublié les ondes de passion

Où nous nous balancions, librement enlacés,
Ni les torrents, ni les rivières de diamants
Qui, épaulés par les soupirs de l’alizé,
Nous entraînaient au-delà des rives du temps.

Ce matin, le ciel inaugure son habit,
Son habit de pluie brodé aux couleurs d’automne
Et tissé par le temps en fils de nostalgie.
Dans le lointain, les plaintes de l’été résonnent…

26 août 2002



Quand …

Quand vient l’ombre de l’hiver et ses nuits glaciales,
Se réchauffent nos corps au brasier de nos songes,
Dansent les flammes des aurores impériales,
Ondulent les vagues où notre émotion se plonge.

Avant que n’agonisent les dernières heures,
Les ombres amantes chuchotent leurs secrets,
Murmurent leurs soupirs et mélangent leurs pleurs.
Ô vie injuste ! Pourquoi nous emprisonner ?

Je voudrais, les aiguilles du temps, remonter,
Reconquérir ma jeunesse et ses insouciances
Et, sur mes doigts, compter les années du passé,
Poussières infimes gorgées d’insignifiance.

Tu es le printemps à l’aube de notre automne ;
Tu m’offres toutes les beautés de l’Univers,
Les étoiles et les fleurs, tes mots qui résonnent,
Ta voix qui calme les doutes de mes hier.

Quand nos jours garderont la couleur de nos nuits,
Et que dans l’hiver nous n’aurons plus jamais froid,
Nous ferons sourires tous ces instants fortuits
Où dans nos rêves il n’y avait que Toi et Moi.

28 août 2002


                        Ecrire à l'auteure : motsducoeur@yahoo.fr