Emmanuel Blas

Présentation

  Né à Maubeuge en 1976, j’écris depuis l’âge de quinze ans. J’ai commencé l’écriture par des nouvelles fantastiques, puis, je me suis rapidement tourné vers la poésie. Pour moi, la poésie est un formidable espace de liberté qui permet d’explorer toutes les facettes de l’émotion et des sentiments. En dehors de la poésie, j’ai aussi écrit des scénarii, un feuilleton de science-fiction OmniTempus et un premier roman dont l’action se passe pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Mon recueil de quinze poèmes Quelques rares qualités est publié aux éditions Poiêtês.

 

Vous pouvez lire quelques-uns de mes écrits sur mon site web : http://site.voila.fr/emmanuel.blas/index.html  

e.blasicilarobasewanadoo.fr

 

Féerie charnelle

Comme une montagne enfouie sous le creux alpin

Mon regard s'enfonce à l'intérieur de tes reins

Mon cœur s'embrase, il se transforme en aliéné

Mon âme s'évade de la prison de ses pensées

 

Mon esprit est surpris devant tant de beauté

Il a enfin trouvé tout ce qu'il recherchait

Il crie, il rugit comme un lion possédé

Qui a enfin trouvé la proie qu'il pourchassait

 

Le spectateur enchanté ne cesse d'applaudir

Cette féerie charnelle si souvent espérée

Ce défilé de formes trop souvent exploité

 

Le poète désespéré cesse enfin d'écrire

Lui qui croyait avoir à jamais échoué

Il ne cesse de contempler cette grâce, ta beauté.

 

 

 

 


Des fleurs

Je viens vous apporter des fleurs

De saisons, de parfums

Vous les connaissez si bien

Je vous apporte un peu de douceur

 

Les roses pour vos yeux

Les jaunes pour vos sourires

Les blanches pour mon désir

Les autres importent peu

 

Je vous apporte des couleurs

Vos yeux tristes me désespèrent

Tel un croisé, je pars en guerre

Avec mes modestes fleurs

 

Demain mon paradis aura fondu

Mes fleurs, vous ne les verrez plus

Vous replongerez dans le malheur

Alors, je reviendrai avec de nouvelles fleurs.

 

 

 

 


Doux regard

 Doux regard qui me hante chaque soir

Qui me plonge dans un mince filet d'espoir

Qui réveille toutes mes frayeurs

 

Doux regard qui cauchemarde mes jours

Qui me condamne à l'amour

Qui effraie mon cœur

 

Doux regard, si barbare

A ta vue, mon esprit s'égare

Son seul vœu

Que tu détournes les yeux.

 

 

 


Sur les feuilles

Les ombres se balancent

Au gré des solitudes coutumières

Les vagabonds entrent en transe

Dans cette passion meurtrière

 

Si seulement tu n’existais pas

Mais il est trop tard pour moi déjà

Je connais les vérités et les lumières

Ces artifices pour combler la misère

 

Plus rien ne pourrait m’éloigner de toi

Ni les aventures, pas même la foi

Il ne me reste qu’à vivre lentement

À apprécier le calme des jours cléments.

 

 

C… la troisième lettre de l’alphabet

C… le début de la vérité

C… toujours pour commencer

 

Je pourrais imaginer

Je pourrais m’efforcer

Je pourrais arrêter de dire C

 

C… comme ma chérie

C… comme une mélodie

C… apprendre à chanter

C… toujours pour commencer

 

Je pourrais apprendre à t’aimer

Je pourrais du moins essayer

Je pourrais arrêter de dire C

 

C… la vérité

 

Je pourrais apprendre l’alphabet

Je pourrais te le réciter

Par cœur, par cœur.

 

   

 


L’envie d’être désiré

  Je donnerai mon éternité pour un regard

Mon sang, mes rêves, mes espoirs

Je donnerais tout pour deviner

L’envie d’être désiré

 

Elles frôlent mes chemins

Sans jamais partager le mien

Il est sombre et obscur

C’est le seul qui me rassure

 

J’espère une lueur, un appel

J’entendrais

Quelles que soient la distance et les années

Je veux que ma vie soit belle

 

Je m’envolerai alors avec ce corps

Quelle destinée sera la mienne

Parsemée d’étoiles et d’aurores

Où qu’elle soit, je trouverai ma reine.

 

 

 

 


Discrétion

    J’aurais voulu écrire

J’aurais voulu te dire

Des mots pour te raccrocher

A ma présence détachée

 

Des silences pour te retenir

Ce que j’avais à t’offrir

Des résistances démodées

Face à ce monde désordonné

 

Tu as préféré les fantasmes et les humiliations

Tout un univers de frustrations

De cassures et d’inévitables blessures

Ce que tu voulais, en es-tu si sûre ?

 

Ta place dans mon cœur

Jamais ne s’effacera

Malgré la peine et les douleurs

Tu seras toujours bienvenue dans mes bras.

 

 


L’amour n’est pas mort

 

Vague brûlure quelque part

Sur le cœur

Au diable le hasard

Et son cortège de jours meilleurs

 

Je t’ai pleuré

Comme personne ne pourra jamais

J’ai supplié, le corps en croix

Pour que tu reviennes près de moi

 

Quel sot, quel insensé

Et les autres qui me regardaient

J’étais si bien là où j’étais

Prisonnier des souvenirs et des regrets

 

Je te pleure encore

De temps en temps

Toujours doucement

Mais l’amour n’est pas mort

 

Il brûle parfois, sauvagement

Je le calme, je lui mens

Je lui parle des jours merveilleux

De tous tes rêves qui me font peur.

   

 


Excuse-moi  

Excuse-moi de ne pas être un héros

De vivre silencieusement

De laisser les cow-boys et les rodéos

Pour la fumée et le divan

 

Excuse-moi de parler rarement

De ne pas trouver les mots

D’avoir ce ton hésitant

De laisser les autres me traiter d’idiot

 

Non, je ne suis pas fier

Non, je ne regarde pas le ciel

Je pose mon visage par terre

Et je pleure de voir le monde si cruel

 

Non, je ne fais rien

Je me lamente quotidiennement

Je ne sais pas faire le bien

J’ai peur, quoi de plus humain pourtant…

 

   

 

 

Un amant

 

J’ai feuilleté les pages

Cherchant un parfum, une image

J’avais ce que je voulais

Mais je n’étais pas satisfait

 

A trop t’attendre, j’ai changé

A trop vouloir te posséder

Je ne m’en suis plus inquiété

 

Tel un garçon comblé

Le soir de Noël, ses cadeaux à ses pieds

Finalement, quelle utilité ?

Il lui faut autre chose pour s’amuser

 

Tu vas sûrement me détester

On ne joue pas avec les sentiments

C’est hélas ma seule vérité

Je ne suis fait que pour être amant.

 


Quelques nouvelles du temps  

 

    Machines  

Manivelles

Quoi de plus cruel

 

Un rayon en été

Gisement de fierté

La panique sur le sentier

Le Miracle !

 

Soudain le vent

Les regrets, les torrents

Les victimes de pluie

Quelques sourires aussi

 

Colère, crime châtiment

Destruction

Quelques gouttes de vent

Restructuration

 

Un reste de rage

L’ultime, le pas sage

Rire saccadé, chauve-souris assassine

Nuage et petite pluie fine.

 

 

 


Bienvenu merveilleux

   
Battement de cœur

Mélodie, parfum

Couleur de bien

Goût de bien

 

Visage béni

Regard déjà familier

Bienvenu à la vie

Toujours en profiter

 

Toucher la main

Quelques cris

Réclamer le sein

La première envie

 

Puis fermer les yeux

Se reposer

Se laisser bercer

Bienvenu merveilleux.

 


 

 

 

Enlacée

   
Tu rougis ou tu as peur ?

Quelle est la vérité ?

Fuir ou rester ?

As-tu déjà deviné ?

 

Tes ongles cherchent ta chair

Te pénètrent et te dévorent

Tu voudrais tant plaire

Sans dévoiler ton corps

 

A chaque nuit suffit ses larmes

Tu te croyais immobile et sérieuse

De temps en temps dangereuse

Si proches des armes

 

Malgré tes protections et tes décolletés

Tu ne peux t’empêcher

De songer et de regretter

Voudrais-tu être enlacée ?

 

 

 


Précipice

   
J’ai caressé tous les chemins

Sans arrières pensées

J’ai toujours agi en homme de bien

Quel naïf je faisais

 

Évidemment je me trompais

Je ne croyais pas mes hésitations

Trop fier, sans imagination

Pas le moindre soupçon de vérité

 

Et tel un cheval sans cavalier

J’ai foncé vers le précipice

Et quand le sol s’est dérobé

Je me suis offert en sacrifice

 

Tu as tout et plus encore

Mes derniers soupirs et mes regrets

Ainsi que les mots que j’ai prononcé

« Je t’aimerai au–delà de la mort ».

 

 

 

 


Belle histoire  

Les rideaux se sont fermés

Notre histoire est terminée

Les spectateurs s’en vont retrouver leurs vies

Nous rejoignons les nôtres et la nuit

 

La chaleur va bientôt s’apaiser

Nos cris et nos larmes vont s’envoler

Chaque histoire doit se terminer

Laisser sa place à celle qui doit arriver

 

Bientôt tout sera oublié

Et dans un regard au coin d’une ruelle

D’un éclair se remémorer

Combien notre histoire était belle.

 


 

 

Poings

Attendre et espérer

Un sourire pour être gaie

Depuis que tu es dans ma vie

Je vis dans l’angoisse et les cris

 

Tu parles, j’ai peur

Tu bouges, je meurs

Quand tu m’enlaces et que tu dors

J’aimerais tant que tu sois mort

Je ne vois plus que des horreurs

Et le visage des enfants

Qui me comprennent, c’est troublant

 

Dans la vie, il y a les fautes

Les faibles et les puissants

Moi qui croyais innocemment

Que l’on pouvait enfin s’aimer

 

Tu ne changeras jamais

Tu ne sais pas t ‘exprimer

Tu ne connais que les poings

Ma vie désormais ne vaut plus rien

Plus rien…

 

 

 


Bouton doré

 

Bouton doré

Sur ma peau

Tendre regret

 

Bouton doré

Impossible à enlever

A déchirer

 

Bouton doré

Misérable saleté

Amour ou paternité

 

Complicité ou aveuglement

Souvenir d’adolescent

Réminiscence d’un passé

Révolu et démodé

 

Bouton doré

Impossible à oublier

A éviter

 

Bouton doré

Pour toujours et à jamais

A l’infini si tu peux t’arracher

Je te ramasserai

Maudit réflexe de désespéré

Je te hais

Mon bouton doré.

 

 

 

 


Ablation  

Après tant de nuits tourmentées

Elle a cessé d’essayer

Elle veut pleurer

Inutile de vouloir arrêter

Inutile d’y songer

 

Elle sent au fond d’elle-même

Cette horreur qui grandit chaque jour

Qui se propage et qui sème

Sans jamais faire demi-tour

 

Les traitements, les consolations

Ne peuvent empêcher

L’horreur de se diluer

C’est à l’intérieur, c’est sa malédiction

 

Chaque jour, les résultats

D’autres mauvaises nouvelles

Et la certitude qu’ici-bas

Plus jamais aucun homme ne lui dira

Qu’elle est belle

Si belle.

 

 

 

 

 

Mourir d'aimer

 

Tu chuchotes puis ta voix s'agrandit

Ton chant se fait tendre et doux

Parfois amoureux quand tu ris

Tu répètes alors tes paroles enchantées

Et mourir d'avoir aimé

 

Les chœurs s'accélèrent

Comme pour briser une barrière

L'orgue se met à jouer

Le rythme ralentit, tout va se terminer

Par mourir d'avoir aimer

 

Puis le violon va t'emporter

Du silence, tu vas te réveiller

Crier ta rage pour les rêves ailés

La tension ne fera que s'accélérer

Pour mourir d'aimer.

 

 

 


 

Eveln et Mars II

   

Eveln et Mars et plonger à côté

Petit tracas de manque de continuité

Le premier part le rechercher

Et le second qui le poursuit

 

Marcher en haut sous aucun plafond

L'univers est petit, l'air si froid

Et ce chat qui mord

Reconnaître ces rats qui dorment dehors

 

Sous la nuit d'un arbre fruitier

Évelyne ne parvient pas à oublier

Son nom, pourtant à moitié effacé

Et son frère, se pendant de bonne heure

 

Si vous pensez revenir hier

Sans oublier votre horloge et vos pieds

Retrouver vos deux nouveaux amis

Aux prises avec ce dévorant lit

 

Alain Bentolila

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