Jean Marie Audrain

 

 

 

 

Impression poète levant

Il n'existe ni université ni École Supérieure de Poésie !
Alors d'où sortent les poètes si ce n'est du ventre de leur mère ? Pour autant, sur les bulletins de naissance ne figure jamais la mention "poète"...
Je soutiendrais malgré tout que la poésie est la chose au monde la mieux partagée... mais la moins bien entretenue!
L'une des qualités premières de l'enfant n'est-elle pas celle de s'émerveiller de tout ? Et la poésie accepterait-elle un autre terreau ? Le langage de l'enfant va devoir s'arracher à sa polysémie primale pour devenir plus précis, plus adapté, plus "correct". Comme les langues, en gagnant en précision, il a perdu en richesse "connotative" et "imaginative". Or, la vie ne se réduit pas à ce que professe le langage sémantiquement correct". Elle est bien plus que cela ! En ce sens, René Char dit que le poète est le conservateur des infinis visages du vivant !
Alors, devenir poète ? Si tu ne l'es pas resté, tu dois vivre une seconde naissance ou plutôt une renaissance. Il faut retrouver au fond de tes yeux le regard de tes premiers jours. Un regard tout neuf, accueillant à la nouveauté et à la richesse des sons et des images. Un regard qui jamais ne pèse, ne compte, ni ne mesure. Un regard qui jamais ne critique, ne juge, ni ne compare.
Alors seulement ta plume pourra commencer à chanter et à dessiner ce que tes sens ont perçu dans le secret de l'intimité des choses et des hommes.
Alors, désormais, tu recevras le nom de fou... ou de poète !

 

 

 

 

Mot d’une vie

Au fond de sa gorge serrée
Depuis l’enfance elle gardait
Ce que la vergogne dictait
Bouche fermée.

Pour un doux baiser sur son front
Rien n’aurait pu baisser sa garde
Tête haute malgré l’affront
Qui trop s’attarde.

Ses souvenirs d’adolescence
Des repas aux regards murés
Autour d’une table encombrée
De ses silences.

Elle s’exila de la maison
Son ressenti en bandoulière
Noué au fond d’un baluchon
Son cœur trop fier.

Par les routes et sur les chemins
Chaque détour la ramenait
A l’aveu de livrer enfin
Son noir secret.

Puis le remords fit son travail
De nuits troubles en jours aigris
Semant la mort en ses entrailles
Pour un non-dit.

Son père quêta à son chevet
Le dernier mot, l’ultime son
Qui de ses lèvres s’échappait :
Juste « Pardon ».

 
 

 

Sur le départ

Plutôt dresser sa tente
Qu’ériger sa maison
Notre errance est nomade
Mouvantes nos racines.
S’installer est un luxe
Qui épuise la sève
Qui s’épanche en nos âmes
Depuis l'aube première.

Se lier à la terre
Comme à l’instant présent
Est trahison fatale
Quand le vent nous entraîne
Vers l’inconnu voilé
Où nos pas ont leur trace
Aimantés aux bonheurs
Qui nous échapperont.

Prisonniers volontaires
Nous plions sous le bât
De nos remords tenaces
De nos espoirs tronqués
Deux immenses besaces
Plus lourdes que le plomb
Pierres noires d’une chape
Occultant nos tombeaux.

Ne suffirait-il pas
De secouer la poussière
Empesant nos talons
De jeter son grabat
Pour se lever vivants
Le dos léger et nu
Pellerin par le sang
Qui vit pour l’aventure ?

Entendrons-nous l’appel
Veilleurs ivres en partance
Pour un siècle ou un jour
Avant qu’il ne soit nuit
Le cœur sur le départ
Qui bat tous les pavés
Comme des peaux de tambours
Où résonnent nos vies ?

 

 

 

Libre en vol

Feuille jaunie qui virevolte
Te dirais-tu enfin libre
Séparée de ta ramure
T'abreuvant à nulle sève ?
Aurais-tu vraiment choisi
De lier aux coups de vents
Ta vie comme la durée
De ton voyage vers trépas ?

Coquelet bien haut perché
N'as-tu que l'air d'être libre
Quand, tout fou, tu tournicotes
Entre bises et alizés ?
Toi que l'on dirait girouette
Donnerais-tu à dessein
Du sommet de nos clochers
De la tête aux quatre vents ?

Beau cerf-volant chamarré
Te gonfles-tu d'être libre,
Papillonnant dans le ciel,
Pour avoir rompu ton fil ?
Affranchi des arabesques
Que t'offraient des mains expertes
N'es-tu devenu le jouet
Des caprices des courants ?

Ami aux désirs fugaces
Ton nom te rendrait-il libre
Libertaire ou libertin
Pourfendeur de toute attache ?
N'es-tu point tantôt la feuille,
Le coq ou le cerf-volant
A qui glisse entre les doigts
Le fil, la sève et le vent ?

 

 

 


Pour aller voir ma mie

J'ai chaussé mes souliers vernis
Pour aller voir ma mie
Mais un télégramme anodin
M'apprend qu'elle est chez son cousin
J'ai remis mes gros sabots gris
En me disant " tant pis " !

J'ai étrenné mon patchouli
Pour aller voir ma mie
Mais en achetant ma gazette
On me prévient d'une tempête
Je me suis dit, sous mon abri
" Partie remise, pardi " !

J'ai loué un noir queue de pie
Pour aller voir ma mie
Mais un coup de fil opportun
M'annonce qu'il n'y a plus de train
J'ai dû repasser mon habit
Maudissant ce sursis.

J'ai coupé mes roses rubis
Pour aller voir ma mie
Mais la visite d'un voisin
Me flanqua son rhume des foins
J'ai jeté mes fleurs et ce cri
" Me voilà mal parti " !

Tout ruinant mes projets mûris
Pour aller voir ma mie
J'ai ressorti ma vieille pétoire
Pour me faire sauter le ciboire
Puisque le ciel le veut ainsi,
Adieu donc à la vie !

C'est juste alors que j'entendis,
Que je pus voir ma mie
Venue à pied malgré l'ondée
La goutte à l’œil, la larme au nez.
M'aime t-elle tant pour braver ici
Les dangers que j'ai fuis ?

Je n’ouïrai mon cœur, promis,
Pour aller voir ma mie
Ignorant temps et contretemps
Même nu j'irai, suant, mouchant,
Heureux qu'elle ait sauvé ma vie
Et notre hymen aussi !

 

 

 

 

Quand j’étais jeune

Comme c'est étrange!

Comme les ans changent

Un homme en deux ou trois saisons.

D'où cette demande depuis mon enfance:

"Ne suis-je rien d'autre qu'un nom?"

 

Quand j'étais jeune j'avais les pattes

Cheveux pendants sur le plastron

Le cuir velu comme un primate

Et la barbe autour du menton.

 

Mais à présent plus de mystère

Ma crinière a chu sans regret

Mon derme s'expose au grand air;

je suis plus pelé qu'un galet.

 

Quand j'étais jeune j'avais la classe

Je déambulais dignement.

Tous me lorgnaient où que je passe

Dans mon apparat d'élégant.

 

Mais à présent plus d'artifice

Je fais l'attraction générale

Pour les quolibets ,les malices ;

Je suis guenilleux et bancal.

 

Quand j'étais jeune j'avais la forme

J'arpentais les parcs au galop.

D'une élasticité sans norme

Je bondissais comme un chevreau.

 

Mais à présent plus d'escapade

Par égard pour mes pauvres os;

Ventre à terre mais toujours en rade

Je suis le roi des escargots;

 

Quand j'étais jeune j'avais l'aubaine

Avec ma bande d'amis de choix.

Jamais seul et jamais en peine

Pourvu qu'ensemble l'on festoie.

 

Mais à présent plus d'allégresse

La compagnie m'a fait faux bond.

Ruminant sans cesse ma jeunesse

Je suis un bien triste luron.

 

Comme c'est étrange!

Comme les ans changent

Un homme en deux ou trois saisons.

D'où cette demande depuis mon enfance:

"Ne suis-je rien d'autre qu'un nom?"

 

 

 

Le Petit Bossu

Venez, entendez l'histoire
Du Petit Bossu.
Oyez, seigneurs des manoirs
Et gens de nos rues :
Alors que vous n'étiez pas nés,
Se déroulait un drame;
Un homme errait chez les damnés
Pour racheter son âme.
Un nain descendait aux enfers,
Se perdant à jamais.
"Petit Bossu" il s'appelait
Et personne ne l'aimait!

Séant, laissez-moi tisser
Le fil qui se trame.
Devant tant d'obscurité,
La raison se pâme.
N'allez pas tirer vos enfants
Du fond de leur sommeil
Qu'ils rêvent des légendes d'antan
De monts et de merveilles;
Laissez vos femmes au coin du feu,
gardez-les du frisson,
Mais, sans bruit, séparez-vous d'eux
Et quittez la maison.

Un jour au bal de la cour,
Chacun vantait ses exploits galants;
Celui-ci avait trop bien réjoui sa maîtresse,
Celle-là s'était jouée de cent vingt courtisans,
Un autre avait fait mieux, ou bien pire,
D'aucuns voudraient encore, sur lui, surenchérir,
Mais personne n'avait d'yeux pour un pauvre nabot.
Personne, oh non, personne n'aurait l’œil attristé
Pour le Petit Bossu qui, maintenant, noyait
Son chagrin dans ses larmes.

Le monde lui était un désert;
Il n'attendait plus rien.
Enfant du vent et de l'hiver,
Il était orphelin.
Il aurait aimé douces mains
Pour caresser sa bosse.
Mais qui s'enticherait d'un nain
Sans argent ni carrosse ?
Ce soir, il aurait tout donné
Pour l'amour d'une femme,
Aurait conclu tous les marchés,
Même au prix de son âme.

Satan, l'oreille à l'affût
Et le cœur cruel,
Aux mots du Petit Bossu
Prit sa voix de miel :
"Depuis le fond de mon enfer,
J'accours à ton appel.
Tout seul, tu ne peux plus rien faire,
Abandonné du ciel.
Alors que tu n'étais pas né,
Je dessinais le drame.
A présent, je viens marchander :
L'amour contre ton âme.

Avant même d'ouvrir les lèvres,
Il avait choisi;
Du fond de son cœur en fièvre
Jaillissait un "oui".
"Oui" à l'amour qui le fuyait
Tout au long de ses jours.
"Oui" à celui qu'on appelait
"Prince des mauvais tours".

Quand, tard, au bal de la cour,
Elle lui apparut,
Satan avait prévenu
Le Petit Bossu :
"A celle que je vais te donner
Au cœur de cette nuit,
Tu ne devras rien refuser,
En serviteur soumis.
Tu lui seras plus que fidèle,
D'une flamme éternelle".


Mais quand dame cavalière
S'approcha de lui,
Au loin, douze coups de tonnerre
Sonnèrent minuit.
La chambre s'embauma bientôt
De la senteur du fiel,
Le lit flamba comme un fagot
Sous les doigts de la belle,
La voix de miel de Lucifer
Sortit de ses entrailles,
Le sang colora ses yeux clairs,
Sa peau devint écailles.


Petit Bossu, pourrait-on boire
Des larmes plus amères
Qu'au jour oublié de l'histoire
Où tu partis en guerre
Contre le perfide Satan,
L'ignoble marchandeur,
Qui, pour ravir l'âme et le sang,
Se fit femme et voleur.

 

Depuis ce temps de tristesse
Et de maléfices,
Le nain berné n'a de cesse
De chercher justice,
Errant sans fin chez les damnés
Pour retrouver son âme.
Alors que vous n'étiez pas nés
Se poursuivait son drame
Petit Bossu, il s'appelait,
Et personne ne l'aimait !

 

 

 


La chèvre

Elle broutait paisiblement
La chèvre du père Adam ;
Pour raser un champ de trèfle
Il faut dire qu'elle était
Sans pareille.
Un loup qui rôdait par là,
Que son estomac guida
Et qui n'avait rien mangé et rien bu,
Au bas mot, depuis la veille,
Voyant l'animal brouter
Le loup s'était approché ;
Il déclara à la chèvre,
La biglant dans les yeux :
"Biquette, broutons tous les deux".


Mais la chèvre ne disait ni oui, ni non,
Ni même peut-être de la tête,
Mais ses pensées lui disaient, j'en suis sûr,
Que, jamais, elle n'aurait dû naître.

Le loup n'était pas méchant
Vu qu'il n'avait plus une dent.
Il était devenu, les ans aidant,
L'animal le plus docile.
La chèvre ne savait rien
Sinon que le loup avait faim
Et c'est, bien sûr, pour ne pas être mangée
Que la bête se mit à pleurer.
"Qu'as-tu là disait le loup
"Je n'ai pas demandé tout,
Broutons chacun la moitié du terrain,
Biquette, serrons-nous la main."


"Voilà donc un gentil loup,
Fort conciliant et bien doux ;
Il n'a rien de ce que m'ont raconté mes ancêtres"
Se dit la chèvre.
"Je pourrais même jeter
Un doute sur sa santé
Un loup qui, pour brouter, vient d'aussi loin
Est sûrement végétarien.
Je m'en vais lui demander
De se repaître à côté
De ne plus brouter l'herbe sous mon pied".
"Gros loup, veux-tu décamper !".

Mais le loup ne disait ni oui, ni non,
Ni même peut-être de la tête,
Et il avala, sans procès-verbal,
D'un coup, notre animal.

   

 

 

 

 Promesses à l’eau 

Cette fois c’est bien dit

Je ne vise plus le femmes

Qui ne soient pas les miennes

Sauf, bien entendu, la petite pharmacienne

Dont les doux reliefs sont si généreux

Qu’ils soignent au comptoir

Tous les cœurs fiévreux.

 

Cette année, sans faute

Je règle mes dettes

Les plus éternelles

Mises à part, bien sûr, celles qui peuvent attendre

Le Trésor Public tout comme mes amendes

Jugeant prescriptibles celles des trop grognons

Quant aux impatients

Je brûle leurs relances.

 

L’an qui vient, je change

Mon vocabulaire

Par trop art-gothique

Hors les noms d’oiseaux  toujours mérités

Comme les " noms de Zeus " qui vont m’échapper

Il faut bien nommer certains par leur nom

Les mots les plus gras

Leur vont comme un gant.

 

Une bonne fois pour toutes

Je largue l’alcool

Ennemi du volant

Avec comme limite les invitations

A trinquer sympa aux grandes occasions

Les pots au boulot, Dieu sait s’il en a,

Voire quand on invite

Ceux qui n’aiment pas l’eau.

 

Qu’on  le dise bien haut

Je vais me déscotcher

Du maudit écran

Exception oblige, les rares jours, sommes toutes,

Des films en couleurs ou des matchs de foot

Les JT aux repas plus les spots de pub

Culture du moment

Pour causer branché  !

 

Dernière nouveauté

Si c’est vous qui le dites

Je ne promets plus rien

Les résolutions restent dans ma caboche

Les bonnes intentions tout au fond de mes poches

A quoi bon jurer, on ne se refait pas

Le temps d’un discours

On ne trompe que soi !

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

Léger comme un moineau

Léger comme un moineau
Qui a toujours du pain sur sa branche 
Heureux comme un oiseau 
Qui guette son poisson dans l'eau. 

Les deux pieds dans le ruisseau 
Je croasse avec les crapauds 
Ah que ne suis-je un têtard
Je n'en serais que moins bavard !

A la croisée des chemins 
Je sifflote avec les serins  
Ah que ne suis-je un pinson 
Je me poserais moins de questions !

En forêt, la nuit tombée 
Avec les chouettes j¹aime hululer 
Ah que ne suis-je un hibou 
Je ne dormirais plus du tout !  

Torse nu sous le déluge 
Je fis d¹une crèche mon refuge 
Ah je ne suis bien qu'un enfant 
Animal rêveur insouciant !

Léger comme un moineau
Qui a toujours du pain sur sa branche
Heureux comme un oiseau 
Qui guette son poisson dans l'eau.


   

 

 

Citoyens du monde

Pas plus gros qu'une orange dans le creux de la main,
Le monde est un village où l'on est tous voisins,
Citoyens du monde,
Citoyens du monde!

En regardant la terre, du haut des galaxies,
Les hommes, minuscules, ont l'allure de fourmis.
Ils amassent et s'entassent, en ballet concerté;
Mimétisme étonnant des primates évolués!

Autour de la planète, comme une toile d'araignée
Véhicule les nouvelles à un rythme endiablé;
Ainsi du sud au nord, tout se sait, tout se dit,
Chacun ayant fenêtre sur le jardin d'autrui!

Quand tourne la planète, tout au long des années,
Ses couleurs, oh surprise, se mettent à changer;
Le noir des métropoles chasse le vert des forêts
Passant par l'oranger du feu si besoin est!


De là-haut on s'étonne, d'une famille si étrange
Qui ignore le partage quand celui-ci dérange.
Lorsque tout les rapproche, au lieu de s'entraider,
Ces frères mains-dans-les-poches se marchent sur les pieds!

Pas plus gros qu'une orange dans le creux de la main,
Le monde est un village où l'on est tous voisins,
Citoyens du monde,
Citoyens du monde!

   

 

 

 

JE CONFESSE AUX FEMMES… 

Je confesse aux femmes 
Toutes aimantes 
Que face à leur regard je fonds 
Sous la flamme de leur indécence 
Comme salaire gelé sur la banquise 
Comme l'iceberg sous les projecteurs. 


Je confesse aux femmes 
Toutes luisantes 
Que grâce à leurs éclats je brûle 
Sous le glacis de leurs effusions 
Comme la chandelle parle debout 
Comme le pourpoint suit la virgule. 


Je confesse aux femmes 
Enivrantes 
Que jusqu'à la lie je bois 
Le fruit de leur dégorgement 
Comme en ivresse des pourfendeurs 
Comme la fiole où se noie le poison. 


Je confesse aux femmes 
Repentantes 
Qu'avec elles pieds nus j'irai 
En pèlerinage sur ma tombe 
Comme on renie son premier 'j'ai' 
Comme on tamise le temps gâché


 

 


IL Y A DES JOURS...

Il y a des jours où j'ai envie de dire : 
Malgré les larmes, tu sais, le monde est beau, 
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot 
L'indifférence tombera comme une vieille peau.

Il y a des jours où j'ai envie d'écrire 
À tous ces grands qui mènent le bateau : 
La guerre et la faim grondent du soir au matin 
Des enfants meurent et vous vous en lavez les mains.

Il y a des jours où j'ai envie de rire 
De tous ces gens qui se croient immortels ; 
Un jour ou l'autre, ils seront rappelés là-haut 
Et tous leurs biens resteront au seuil du tombeau.

Il y a des jours où plus rien ne peut luire 
Tant la noirceur englue le quotidien ; 
Du cœur de la nuit, je voudrais prédire sans fin 
Que la lumière luira d'un éternel matin.

Il y a des jours où j'ai envie de dire : 
Malgré les larmes, tu sais le monde est beau, 
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot 
L'indifférence tombera comme une vieille peau. 

 

 

 



Amour sur ordonnance 

Les liens qui nous unissent 
ressemblent parfois 
à des chaînes 
que nous décorons 
aux couleurs de nos illusions.

Pour toi seule, j'avais repeint
La voûte du ciel en bleu-reine
Et mon passé en lavis gris.
Sur l'amitié j'avais jeté
Un indéfectible anathème
Pour qu'aucune ombre ne nous frôle.

Pour ton nom, j'avais composé
Des poèmes incandescents,
Des aubades oh combien précieuses
Dont nulles oreilles étrangères
Ne devait cueillir le murmure.

Sur ton ordre, j'avais promis
Qu'aucune parole épanchée
Ne figerait en des mots sûrs
Ce qui, à toi, pourrait me lier
Entre à jamais et pour toujours.

Pour te garder, j'avais renié
Tous mes regrets, tous mes projets,
Tous les relents du temps qui passe
Pour mieux nous fondre dans l'instant
Vers où fuient nos lignes de vie.

Sur le Livre, j'avais juré
De ne nourrir aucun remord
Si la flamme venait à chanceler.
L'âme embrasée jusqu'au tréfonds
Je ne croyais ni aux frimas
Ni à la bise des jours défunts.

Après tant d'années aux longs mois
Je ne pouvais t'imaginer
Sans ce doigt posé sur ta bouche
Sans ton regard de terre brûlée
Cautérisant mes cicatrices.

Jusqu'à ce qu'enfin je découvre
Trois lettres gravées au pied du lit 
Pudique réponse à ma supplique
De donner un nom à demain :
Un couperet comme un verdict
Sans appel et sans vains adieux.

Comme au sortir d'un film noir
Par ce mot "fin" la lumière luit
Tel l' éclair déchirant l'écran
D'un ancestral nous-deux mort-né
Car tu y tenais les deux rôles
Et ton délice fut de me tuer.

 

 



Je dédie cet hymne A Anne-Céline Lequien 
double Médaille d’or en natation aux jeux paralympiques 
à la force de ses demi-membres et de son immense courage.


Il faut fêter la vie qui est en toi 
Depuis bien avant ta naissance 
Dis, par des mots d'amour, des cris de joie 
Ton infinie reconnaissance. 

Ne sens-tu pas que sur cette terre 
Chacun a sa place à part entière : 
Le vieil homme comme le nouveau né 
Cachent une richesse insoupçonnée. 

En ouvrant les yeux, ne vois-tu pas 
Ce qui nous rend semblables ici-bas : 
Tant l'athlète que le handicapé 
Partagent une égale dignité. 

Te faisant tout ouïe, n'entends-tu pas 
Mille pleurs pour celui qui s'en va ? 
Même ciel et terre portent le deuil 
Pour les petits défunts sans cercueil. 

Toi qui as eu la chance d'exister 
Tu ne peux faire semblant d'ignorer 
Qu'on vole cent mille fois le cadeau 
De la vie aux portes des berceaux. 

Toi qui as une voix pour chanter, 
Des yeux, des oreilles pour contempler, 
Bénis ceux-là même qui t'ont aimé 
Et par qui, un beau jour, tu es né. 

Il faut fêter la vie qui est en toi 
Depuis bien avant ta naissance 
Dis, par des mots d¹amour, des cris de joie 
Ton infinie reconnaissance. 


 



J'aurais voulu te dire

recueil de poésies
 

1. EMPREINTES

Sur le bout de tes doigts
Uniques et éternelles
Arabesques baroques
Sceau de ta majesté
Bravant ciel et hasard
Par nul autre héritées
Sur le bout de tes doigts
Ces empreintes sont toi.

Sous la peau de ton cœur
En hauts et bas-reliefs
Spores d'amour exsudé
Tisonnées au fer bleu
Cicatrices glorieuses
Creuset de sangs mêlés
Sous la peau de ton cœur
Ces empreintes sont toi.

À la pointe de ton âme
Cime aux neiges ignorées
Eden immaculé
Calanque suspendue
Miroir transfigurant
Traces de pas en cordée
À la pointe de ton âme
Ces empreintes sont toi.

Sur le fil de ta vie
Ballottée par les ans
Équilibre fragile
Entre angoisse et liesse
Sort qui se débobine
Toile à jamais tissée
Sur le fil de ta vie,
Ces empreintes sont toi.

Si tu aimes l'empreinte
Sur le bout de tes doigts
Sous la peau de ton cœur
À la pointe de ton âme
Alors tu comprendras
Qui danse sur le fil
Éternel de ta vie.
 

 

 

 

 

2.    JE NE SAIS COMMENT VOUS AIMER

Vous qui êtes si différentes,
Pour qui nous restons étrangers,
Tant l'une que l'autre attirantes
Toutes dignes d'être chantées.

Femmes par qui le cœur chavire
D'une insoupçonnable beauté
Que l'on voudrait dans son délire
Être le seul à contempler,
Le temps d'un innocent sourire
Je ne sais comment vous aimer !

Vous qui sublimez la grisaille
En colorant le quotidien
Par vos paupières où tout s'émaille
Fidèles inconnues du chemin.

Femmes par qui le temps s'efface
Dans un désir inachevé
Pour n'avoir qu'effleuré l'audace
De donner corps à ses pensées,
Tant que nous sépare l'espace
Je ne sais comment vous aimer!

Lorsque les heures deviennent noires
Jusqu'à en perdre le repos,
Vous surgissez dans nos mémoires
Apportant l'oubli du fardeau.

Femmes pour qui l'âme consume
Ses derniers élans de folie,
D'une jeunesse qu'on présume
Mais dont le regard, pourtant, dit
Face à la passion qui s'allume
Que trop ont voulu par défi
Percer le secret de la brume
Qui fait de vos yeux un pays!

Femmes que l'on dirait dociles
Mais qu'un simple mot peut blesser,
Vous que je devine fragiles
Je ne sais comment vous aimer !


 

 

 

 

3.    LES PASSANTS

Nos jeunes années se vident
Notre printemps se ride
Et je n'ai plus le goût d'inventer des chemins
Notre bon temps s'effrite
Vite, beaucoup trop vite,
Mais, du passé, je ne regrette rien.

Nos belles années s'éloignent
De Mayenne en Bretagne
Quand peu à peu s'effacent les souvenirs d'avant
Sur sa terre comme en ville
Chacun de nous s'exile
Nous ne serons jamais que des passants.

Nos bonnes années pâlissent
Quand les soucis se tissent
Et j'en oublie parfois de te prendre la main
Mais quand l'espoir bourgeonne
Chacun de nous s'étonne
D'attendre le meilleur du jour qui vient.

Nos frêles années chavirent
Quand nos ombres s'étirent
À l¹heure où l'on sait rire de ses premiers tourments
À deux ou solitaires
Nous voguons en croisière
Vers un pays promis depuis longtemps.

Vers le ciel, sur la terre,
Chacun à sa manière,
Nous ne serons jamais que des passants.

 

 

 


 

4.    TON VISAGE

Avant de connaître ton nom
Tes traits dessinaient l¹horizon
Où que tu ailles.
Sans toi le temps se faisait long,
S'étirant, de séparations
En retrouvailles
Pour revoir encore ton visage.
Je voyais toujours ton visage.

Je veux t'aimer sur cette terre
Chaque jour un peu mieux qu'hier
Et davantage.
Malgré les éclats de colère
Malgré les moments où l'on perd
Jusqu'au courage
Je veux voir encore ton visage.
Je verrai toujours ton visage.

Au long des années partagées
Pour moi tu n'auras pas changé
Parce que je t'aime.
De la jeune fille à la femme
De la mère à la vieille dame
Tu es la même
Et je vois encore ton visage.
Je verrai toujours ton visage.

Comme je le crois, après la mort
Quand pour toujours nos nouveaux corps
N'auront plus d'âge
Dans un ineffable décor
Ton âme sera, à son aurore,
Mon paysage.
Je verrai enfin ton visage.
Encore et toujours ton visage.

 

 

 


 

5.    TU PARLES D'UN VOYAGE

Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Nous sommes les enfants du hasard",
Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Pour nous, demain est sans espoir.
Sur ma planète, tout devient noir
Et si le feu prend quelque part
C'est celui que nos loups de guerre
Allument en tous points de la terre".

Devant ce regard désolé,
J'ai essayé de consoler
Le coeur de l'enfant des douleurs
Qui n'a connu que haine et peur

En lui présentant en ami
Un autre Prince d'aujourd'hui :
"Tout notre avenir est en lui
Son nom est Amour Infini,
Et si tu fais route avec lui,
Il t'entraîne vers une autre rive
Mais, bien avant que tu arrives,
Tu resplendiras de sa Vie".

Pendant que je lui expliquais,
Le Petit Prince me regardait.
Il semblait déjà loin d'ici
Quand, tout doucement, il m'a dit :

"Tu parles d'un voyage
 Que je ne connais pas.
 Tu parles d'un voyage
 Que je ne comprends pas".

Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Nous sommes les ombres de l'histoire" ;
Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Vivre sans but est dérisoire.
La vie nous tire malgré nous
Même s'il faut marcher à genoux,
Sans savoir si le jour qui vient
Sera notre dernier matin".

Après ces mots désabusés,
Le silence semblait lui peser,
Et, comme s'il ne pouvait attendre,
Le Petit Prince voulut m'entendre.

Je lui ai parlé de Jésus,
Prince de la Paix aux mains nues,
De la Croix et de sa Passion,
Jusqu'à son tout dernier pardon :
"Si sa chair fut percée de clous,
C'est pour que tu vives debout.
Son cœur, pour toi, battait si fort,
Qu'il en triompha de la mort".

Tandis que ma voix résonnait,
Le Petit Prince se recueillait,
Et c'est la tête entre les bras
Qu'il allait murmurer tout bas :

"Tu parles d'un voyage
 Que je ne comprends pas.
 Tu parles d'un voyage
 D'où l'on ne revient pas".

Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Nous touchons la fin du brouillard".
Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Tu nous as montré le bon phare
Car notre errance dans la nuit
Nous éloignait de la vraie vie.
Montre-nous encore ce passage
Où rayonnera son visage".

Devant ces yeux écarquillés
Qui désiraient tant rencontrer
Celui qu'ils cherchent depuis toujours
Et les attend jour après jour,

Sur le sable j'ai dessiné
L'icône du ressuscité
Qui, pour la gloire de son père,
Brisa les chaînes de l'enfer
Et qui demeure à nos côtés
Dans chaque repas partagé
Quand le pain rompu est donné,
Quand le vin nouveau est versé.

À chaque signe que je traçais,
Le Petit Prince s'émerveillait ;
Comme pour s'assurer du chemin,
Il me dit en levant les mains :

"Tu parles d'un voyage
 D'où l'on ne revient pas.
 Tu parles d'un voyage
 Qui ne finira pas".

Le Petit Prince dira un jour :
"Nous sommes les enfants de l'amour".
Le Petit Prince dira un jour :
"Nous sommes nés pour vivre toujours".
Il me parlera de Marie
Comme de sa rose en paradis
Et devant sa joie retrouvée
Peut-être dirai-je en premier :

"Tu parles d'un voyage
 Que tu n'attendais pas.
 Tu parles d'un voyage
 Qui ne finira pas."

 

 

 


 

6.    J'AURAIS VOULU TE DIRE
(Ce jour-là)

Ce jour-là...
J'aurais voulu te dire
Jean-François, Bruno, Alain ou toi Jean-Pascal,
Que je n'étais venu rien que pour toi
Et que mon bonheur en ce jour
Dépendait de ta présence.
J'aurais voulu te dire encore que tu étais beau
Malgré les cicatrices sur ta figure et sur ton cœur,
Beau justement à cause d'elles,
Qu'il n'était nul besoin de les cacher
Nulle raison d'en avoir honte
Car c'est d'un peu de toi que je perdrais
Si tu ne les portais aujourd'hui,
Un peu de ce "toi" qui est là
Et que j'aime.

J'aurais désiré t'écrire
Marie-Claude, Claire, Agnès ou toi Marie-Pascale,
Que ce jour-là, tu avais parfumé mon cœur,
Que ton sourire avait ensoleillé ma nuit
Et que j'aurais donné trente ans
Pour rester avec toi encore un instant
Pour contempler la beauté de ton visage
Qui reflète la soif de ton âme,
Soif d'être écoutée et révélée,
Soif d'être désirée comme tu désires,
Et que moi, ne sachant te combler,
J'ai simplement aimé.

J'aurais aimé te chanter
À toi qui m'as accueilli en frère
Que ce que tu me donnais de vivre
Ici même, ce jour-là, déjà,
C'était un peu du ciel sur la terre,
Comme un bienheureux avant-goût du banquet
Où chacun a déjà sa place
Et où l'on pourra se dire sans peur :
" Petit frère, petite sœur, je t'aime".

Mais, ce jour-là, je n¹ai rien dit.

Tiré du recueil et du spectacle " Dix ans Entre Jeunes "

 

 

 


 

7    TA VIE NE TIENT QU'A UN FIL

Avant même d'être désiré
Avant même que tu sois pensé
Avant que tu n'existes
Quand la vie accourt au-devant
De toi qui n'étais rien avant
Tant que dure le jeu des possibles
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)

Avant même d'entendre ton nom
Dans le secret de ton tréfonds
Ton destin se dessine
Quand la vie s'étire au-dedans
De toi blotti dans ta maman
Tant que ton visage se profile
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)

Quand ta mère se sent seule parfois
Quand elle prend peur à cause de toi
Quand l'amour se défile
Quand on fait miroiter ta mort
Pour inverser le cours du sort
Tant que la liberté vacille
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)

De ta naissance jusqu'à ta mort
Quand ton cœur veille comme quand il dort
Le temps où tu existes
Sens-tu ce vent qui vient d'en haut
Habiter ta chair et tes os
Tant que dure ce souffle fragile
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)

Prix de la ville de Clamart (Hauts de Seines) en 1992.

 

 

 


 

8.     MESSAGERE DE LA VIE

La nuit s¹est abattue sur une terre en deuil
Dans son giron fait d¹ombre et de souffle hivernal
Elle emporte sans bruit l'attente de l'aurore,
L'étoile de l'espoir

Les rires des enfants se sont tus à jamais
Et les jardins flétris par des brumes de mort
Sont devenus déserts.

Colombe de la Paix,
Messagère de la Vie
N¹as-tu point de pays
Où panser tes blessures ?
Es-tu encore si loin ?
Reviens !

Les larmes innocentes débordent en torrent
Nos cœurs sentent l'effroi des âmes sacrifiées
Des histoires écourtées où ne sonne aucun glas
À jamais enterrées.

Oh corps abandonnés au sommeil sans matin
Oh cauchemar d¹un cri silencieux et sans voix
Oh peuple de martyres !

Colombe de la Paix,
Messagère de la Vie
N'as-tu point de pays
Où panser tes blessures ?
Es-tu encore si loin ?
Reviens !

On macule de rouge la blancheur des nuages
Mais que le bleu s'impose dans la noirceur du ciel,
Que la lumière inonde les voies de l'avenir
D¹un monde déchiré

Vois-tu nos mains tendues pour forcer le destin ?
Entends-tu la prière au fond de notre espoir ?
Lueurs d'un lendemain

Colombe de la paix,
Messagère de la Vie
N'as-tu point de pays
Où panser tes blessures ?
Reviens !

À partir d'un poème de Gregoria

 

 

 


 

9.    LE VRAI  BONHEUR

Leurs yeux qui aimantent nos yeux,
Leurs rires qui enchantent nos cœurs,
Leurs mains qui nous retiennent à eux,
S'il était là le vrai bonheur ?
Près des enfants au long des heures,
S'il était là le vrai bonheur ?

L'instant où ils viennent de naître
Est le début d'une passion
Comme une ivresse qui prend la tête
Sans y paraître
Ils nous donnent mille raisons
Pour que la vie danse comme fête.

Ils enfouissent bien leurs racines
Dans le terreau de notre amour
Ces arbrisseaux de vie si belle
Qui nous fascinent
Par leur regard au premier jour
De printemps nous prêtent des ailes.

Poupons que notre chair façonne
Leurs tout premiers cris nous désarment
On les embrasse, on les cajole
Puis on s'étonne
Quand leur rire éclôt d'une larme
Dans un dialogue sans parole.

Leur petit corps parfois tressaille
Sitôt nous voient-ils approcher
Car un enfant qu'étreint sa mère
Sur ses entrailles
Tient sur lui l'univers entier :
Elle est son ciel comme sa terre.

Leurs yeux qui aimantent nos yeux,
Leurs rires qui enchantent nos cœurs,
Leurs mains qui nous retiennent à eux,
S'il était là le vrai bonheur ?
Près des enfants au long des heures,
S'il était là le vrai bonheur ?

 


 

 

 

10.    SOUS LE MASQUE

Vos sourires me sont des grimaces
Et vos paroles du poison
Vos bonnes intentions, des menaces
Et votre salut un affront.

Vous n'effleurez que la surface
Et ignorez tout du tréfonds
Campés derrière vos carapaces
Elles sont votre unique horizon.

Rien qu'à vos trop bonnes manières
On devine dans vos égards
Une tartuferie altière
Vous trahissant dans vos regards.

Dire qu'au long d'une vie entière
Vous n'avez cessé de jouer
Toute une comédie grossière
Dans laquelle vous restez piégés.

Vous n'êtes plus qu'un simulacre
Marionnettes de vos rancœurs
Que vos habitudes consacrent
Et qui blindent aussi votre coeur.

Encordés aux mêmes artifices
Arrimés à vos préjugés
Jetez simagrées et malices
Au cimetière des vies gâchées.

Savez-vous seulement vous-même
Qui existe sous votre fard ?
Redoutez-vous l'instant suprême
Du face à face dans le miroir ?

Il faudra bien un jour ou l'autre
Se regarder tel que l'on est,
Moitié judas, moitié apôtre,
Semis de bon grain et d'ivraie.

 

 

 


 

11.    ATTENTION FRAGILES

En noir et blanc ils vous font
Leur première vidéo
Sur la bande son
Le tam-tam de leur cœur en écho

Nonchalamment
Ils balancent
Comme sur l'océan
Innocemment
En silence
Loin des premiers tourments

Attention ! fragiles !
Tout est tellement pur
Dans leur corps, dans leur âme !
Attention ! fragiles !
Dans leurs yeux azur
N¹éteignez pas la flamme !

Bien calfeutrés dans leur sphère
Leur profil nous étonne
Enveloppés de mystère
Leur visage nous questionne

Plus de deux mille comment ?
Nous trottent dans la tête
Qu¹auraient-ils de différent
Pour qu¹un rien nous inquiète ?

Attention ! fragiles !
Tout est tellement pur
Dans leur corps, dans leur âme !
Attention ! fragiles !
Dans leurs yeux azur
N¹éteignez pas la flamme !

Ne troublez au grand jamais
Leur quiétude idéale
Que chacun vive tel qu¹il est
Son périple initial.

Ne cherchez pas à percer
Le temps de leur secret
Neuf mois suffisent à tisser
Un chef d’œuvre parfait !

Attention ! fragiles !
Tout est tellement pur
Dans leur corps, dans leur âme !
Attention ! fragiles !
Dans leurs yeux azur
N'éteignez pas la flamme !

 

 

 


 

12.    CEUX QUE L'ON N'A PAS EUS

Ceux que l'on n'a pas eus
Ceux dont la vie n'a pas voulu
Ceux dont le fond des yeux
Ne mireront jamais les cieux.

Ceux que l'on n'a pas eus
Ceux qui, en route, se sont perdus
Mais dont la brève histoire
Habite à jamais nos mémoires.

Refrain : Ils nous parlent de là-haut,
Parfois.
Ils nous parlent en dedans
Et tout bas
Tout Bas...

Ceux que l'on n'a pas eus
Ceux dont le nom reste inconnu
De nos états civils
Comme des plaques des rues de nos villes.

Ceux que l'on n'a pas eus
Ceux qu'on a jugés superflus
Ceux qu'on a présumés :
Trop miséreux pour subsister.

Refrain

Ceux que l'on n'a pas eus
Ceux dont le sort fut sans issue
Affublés du nom d'"anges"
Quand la conscience hante et dérange.

Ceux que l'on a bannis
De nos berceaux, de nos parvis,
De nos déclarations,
De nos foyers, de nos maisons.

Refrain

Ceux que l'on n'aura plus
Ceux pour qui l'amour fut exclu
Ceux qui sont trop petits
Pour pouvoir crier leur avis.

Ceux que l'on n'aura plus
Ceux dont l'absence aura déçu
Ils quémandent nos voix
Pour que la vie reste leur droit.

Refrain

 

 

 

 


 

13.     CHANSON POUR L'INNOCENT

Chanson pour un petit enfant
Qui doit paraître un beau matin
Et du ventre de sa maman
Il nous entend, mais ne dit rien.

Chanson pour celui qui demain
Va ensoleiller ses parents
Par un sourire, pour un câlin
Lui qui, encore, n'est pas bien grand.

Chanson pour ce petit seigneur
Qui n'a que les yeux de l'amour
Pour s'imaginer les couleurs
Et inventer ce qui l'entoure.

Chanson pour ce petit bonhomme
Qui n'a que les bruits de son coeur
Ni tambourin, ni métronome
Pour donner du rythme à ses heures.

Chanson pour celui qui bientôt
Sera tout surpris d'être ici
D'avoir quitté son doux berceau
Sans avoir donné son avis.

Chanson pour bébé naufragé
Qui a vogué dans l'océan
Il nous dira son odyssée
Si on lui en laisse le temps.

Chanson pour sauver l'innocent
Du nouveau courant de folie
De ceux qui se disent des grands
Mais qui, au fond, n'ont rien compris.

Chanson pour un petit enfant
Qui doit paraître un beau matin
Et du ventre de sa maman
Il nous entend mais ne dit rien.

 


 

 

 

 

14.     DANS LE FEU

Refrain :
Dans le feu, je jetterai
Tous mes vieux tourments de naguère
Faux espoirs comme regrets
Qui me rendaient la vie amère.

Ne me parlez pas d'une autre vie
Puisque c'est ici que j'ai grandi
Avec mes joies, avec mes peines
Qui m'ont façonné tel que je suis
Fils d'une famille et d'un pays
Vers lesquels mes pensées reviennent.

Refrain

Ne cherchons pas le bonheur trop loin
Il est tout entier entre nos mains
Sagesse que les années apprennent
Loin d'une absurde fatalité
Nous sommes acteurs de nos destinées
Et non des pantins qu'on malmène.

Refrain

N'attendez pas une renaissance
Pour retrouver un esprit d'enfance
Il est donné à celui qui le sème
Dans la patience et l'humilité
Pour le cueillir il faut s'abaisser
Et le faire grandir en soi-même.

Refrain

Que gagnerions-nous au Grand Oubli
S'il nous rendait autres qu'aujourd'hui,
Notre âme serait-elle éphémère ?
Si nous perdions tout de nous demain
En vain nous aurions fait ce chemin
Qui nous conduit vers la lumière.

Refrain

Laissez enfin s'épancher en vous
Le désir d'un Au-delà de tout
Qui donne sens à votre histoire
Loin des peurs d'une imagination
Qui du présent n'a plus la passion
Et noircit le ciel des mémoires.

Refrain

 

 

 


 

15.     DANS SON COEUR

Ils se voient depuis longtemps
Se tutoient de temps en temps
Pensent l'un à l'autre souvent
En attendant le moment

De pouvoir enfin s'ouvrir
De savoir comment se dire
Que le feu voudrait grandir
Dans le vent de leur désir.

Elle lui avait dit dans son cœur :
"Demain je t'aimerai",
Elle lui avait dit dans son cœur :
"Demain je t'ouvrirai",
Mais lui n'entendait que ses peurs
Derrière la porte de son cœur !

Quand parfois, le temps leur semble trop court
Ils se tiennent, se retiennent sans détour
Mais les mots, gardant secret leur amour,
Leurs deux mains se libèrent sans retour.

Mais chacun garde un peu de l'autre en lui
Un visage, une image qui poursuit
Un chemin à l'encontre de l'oubli
Un jardin où le temps fait son abri.

Elle lui avait dit dans son cœur :
"Demain je t'ouvrirai",
Elle lui avait dit dans son cœur :
"Demain je te suivrai",
Mais lui n'entendait que ses peurs
Derrière la porte de son cœur !
Ils se voient de temps en temps
Se tutoient presque à présent
Pensent l'un à l'autre souvent
En attendant bien longtemps.

Mais bientôt, quand les mois auront passé
Dans leurs vies, un soleil doit se lever
Car un feu qui ne peut tout embraser
Devient cendre que le vent vient emporter.

Et elle lui dira sans son cœur :
"Demain, je t'oublierai",
Et elle lui dira sans son cœur :
"Demain, je partirai",
Mais l'amour chassera les peurs
Ouvrant la porte du bonheur.

 

 

 


 

16.     ENFANT DU DIEU QUI T'AIME

Si tu as navigué dans le doute
Vers un havre de paix, sans répit,
Si tu as cherché sur d'autres routes
Un pays
Plus précieux que l¹Eden
Et qui vaille la peine
D¹avoir tout abandonné pour lui

Refrain :
Dans le cœur de l'Église,
Tu auras, mon ami,
La douceur d'une mère
Qui s'appelle Marie
Dans le cœur de l'Église,
Tu seras, pour la vie,
Enfant du Dieu qui t¹aime,
Frère de Jésus-Christ.
Enfant du Dieu qui t¹aime,
Frère de Jésus-Christ

Si tu as rejeté tous les maîtres
Par peur d¹être déçu ou trahi,
Mais si tu es prêt à tout soumettre
À l'Esprit,
Lui seul te guidera
Et te révélera
Ton espérance et ta liberté.

Refrain

Si la main que tu tends est sincère
Vers ceux qui ne te ressemblent pas
Si tu vois en chacun d¹eux un frère,
Tu pourras
Annoncer l¹unité
Des enfants séparés
Qu¹un même Père veut tant rassembler.

Refrain

 

 

 


 

17.    FETER LA VIE

Refrain : :
Il faut fêter la vie qui est en toi
Depuis bien avant ta naissance
Dis, par des mots d¹amour, des cris de joie
Ton infinie reconnaissance.

Ne sens-tu pas que sur cette terre
Chacun a sa place à part entière :
Le vieil homme comme le nouveau-né
Cachent une richesse insoupçonnée.
    Refrain
En ouvrant les yeux, ne vois-tu pas
Ce qui nous rend semblables ici-bas :
Tant l¹athlète que l¹handicapé
Partagent une égale dignité.
    Refrain
Te faisant tout ouïe, n'entends-tu pas
Mille pleurs pour celui qui s¹en va ?
    Même ciel et terre portent le deuil
    Pour les petits défunts sans cercueil.
    Refrain
Toi qui as eu la chance d¹exister
Tu ne peux faire semblant d¹ignorer
Qu¹on vole cent mille fois le cadeau
De la vie aux portes des berceaux.
Refrain
Toi qui as une voix pour chanter,
Des yeux, des oreilles pour contempler,
Bénis ceux-là même qui t¹ont aimé
Et par qui, un beau jour, tu es né.
    Refrain
 

 

 

 

 

 

18. HABITÉ

Je suis habité par toi,
Je suis habité.
C'est toi qui dit et qui vois
Où je dois aller.
Je suis habité par toi
Je suis habité.

Tu m'avais prévenu, Seigneur ;
Un jour tu viendras.
Pendant que j'attendais ton heure
Toi, tu étais déjà là!

Refrain

Mais, comment me cacher, Seigneur,
Partout tu me vois.
Si je m'enferme, si je prends peur,
Toi tu descends par le toit!

Refrain

Si je m'éloigne de toi, Seigneur,
C'est sûr, je m'égare.
Mais comme tu es le bon pasteur,
Toi, tu me trouves sans retard!

Refrain

Pourquoi n'attends-tu pas, Seigneur,
Qu'en moi tout soit net ?
C'est vrai, tu viens sécher nos pleurs ;
Toi, ton pardon c'est la fête!

Refrain

Que ton Esprit reste, Seigneur,
Sur moi pour toujours,
Qu'il guide ma tête et mon c¦ur.
Toi, ton vrai nom c'est Amour!

Refrain

 

 

 

 


 

19.    IL Y A DES JOURS...

Il y a des jours où j'ai envie de dire :
Malgré les larmes, tu sais, le monde est beau,
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot
L'indifférence tombera comme une vieille peau.

Il y a des jours où j'ai envie d'écrire
À tous ces grands qui mènent le bateau :
La guerre et la faim grondent du soir au matin
Des enfants meurent et vous vous en lavez les mains.

Il y a des jours où j'ai envie de rire
De tous ces gens qui se croient immortels ;
Un jour ou l'autre, ils seront rappelés là-haut
Et tous leurs biens resteront au seuil du tombeau.

Il y a des jours où plus rien ne peut luire
Tant la noirceur englue le quotidien ;
Du cœur de la nuit, je voudrais prédire sans fin
Que la lumière luira d'un éternel matin.

Il y a des jours où j'ai envie de dire :
Malgré les larmes, tu sais le monde est beau,
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot
L'indifférence tombera comme une vieille peau.

 

 

 

 

 

20.    LA MER ENDORMIE

Tu vois la mer est endormie
Ses cheveux d'or sont déjà gris
Ses chevaux d'argent assoupis
Tu vois la mer a bien vieilli.

Tu vois le ciel est dénudé
Ses nuages gris l'ont quitté
Même le soleil s'en est allé
Tu vois le ciel est déparé.

Tu sais demain est encore loin
Qui voit fleurir chaque matin
La rosée qui n'y est pour rien
Tu sais demain est incertain.

Tu sais les saisons sont perdues
Elles tournent en rond mais n'y croient plus
Les oiseaux sont un peu déçus
Tu sais l'automne est à la rue.

Mais si le vent souffle en avril
Protège ton cœur si fragile
Quand le printemps se fait docile
L'hiver ne tient plus qu'à un fil.

Tu sais le temps est fatigué
De s'étendre et de s'étirer
Le vertige gagne nos clochers
Tu sais le temps se fait âgé.

Tu vois les jours ne sont plus longs
Le vent a soufflé sur mon front
Il a ridé notre horizon
Tu vois les jours ont fait faux-bond.

Tu sais la terre craque en dedans
Son cœur ne bat plus comme avant
Il a faibli au fil des ans
Tu sais la terre souffre du temps.

Mais vois mon cœur n'a pas changé
Notre amour n'est pas fatigué
Il pousse encore comme les blés
Tu sais mon cœur n'est pas lassé.

Même si le vent souffle en avril
Je réchaufferai ton cœur fragile
Je t'inventerai un été
Qui se laissera caresser.

Tu vois la mer est endormie
Ses cheveux d'or sont déjà gris
Ses chevaux d'argent assoupis
Tu vois la mer est endormie.

 

 

 


 

21. LÈVE - TOI ET MARCHE !

Toi qui me dis que ta vie
N'est qu'une errance sans fin,
Tout peut changer aujourd'hui
Si tu aimes ton chemin.

Refrain :
Lève-toi mon ami
Et ne regarde pas en arrière
Même au milieu de la nuit
Tu peux marcher vers la lumière
Lève-toi et marche !

Tu me dis, qu'à tes talons,
Tu traînes une déchirure
Et juste sous ton blouson
Saigne encore une blessure.

Refrain

Si le mal de ton passé
Entrave ton horizon
À ceux qui t'ont fait tomber
Oh! accorde ton pardon.

Refrain

Si le péché t'emprisonne,
T'empêchant d'aimer vraiment
Si le remords te rançonne
Réveille ton cœur d¹enfant.

Refrain

 

 

 

 


 

 22.    LUA

Refrain : Lua, Lua
Sous ton masque de paillettes
Lua, Lua
Tu nous fais danser sur la tête !

D'où vient le bleu de tes yeux,
De quelle mer ou de quels cieux,
Toi qui tais le nom de ton île
Mais qui prend parfois l'accent du Brésil ?
Lua, Lua

On sent battre sous ta peau
Le jembé et les bongos
Est-ce ton cœur qui donne le La
Pour qu¹en nous martèle la macumba ?

        Refrain

Quand rentre en transe ton corps
Dis-nous quel démon te mord
Pour nous piéger dans ton extase
Toi qui a marié le vaudou au jazz ?
Lua, Lua

Tes cheveux d¹or et de feu...
Lancent des reflets soyeux
Ont-ils la couleur de ton sang
Toi qui virevolte embaumée d¹encens ?

        Refrain

Dès que s¹essouffle la fête
Quand la musique s¹arrête
On te retrouve petite fille
Toi qui te rhabilles en pagne vanille.

Refrain

 

 

 

 


 

23.    SI TU VEUX LA PAIX...

C'est un cri qui monte de Calcutta
Un " Save Our Souls " de Térésa
Si tu veux la paix, défend la vie !
L'appel d¹une mère à tous ses enfants
Le sursaut d¹un cœur toujours palpitant
Si tu veux la paix, défend la vie !
Une invitation de celles qui espèrent
Se battant mains nues contre la misère
Si tu veux la paix, défend la vie !

C¹est le grand message de l'homme en blanc
Un " new life-motiv " pour notre temps
Si tu veux la paix, défend la vie !
Une brèche ouverte dans nos indifférences
Une trêve offerte à la petite enfance
Si tu veux la paix, défend la vie !
L¹urgence de sécher le sang et les larmes
Avec la force du pardon pour seule arme
Si tu veux la paix, défend la vie !

C¹est un vieil adage à rajeunir
Un " Si vis pacem... " plein d'avenir
Si tu veux la paix, défend la vie !
Un défi d¹amour pour ce millénaire
Un souffle de grâce pour la terre entière
Si tu veux la paix, défend la vie !
Un esprit nouveau contre l'intolérance
Un " oui " accueillant quand la vie commence
Si tu veux la paix, défend la vie !

C'est un cri qui monte de Calcutta
Un " Save Our Souls " de Térésa
Si tu veux la paix, défend la vie !
C¹est le grand message de l'homme en blanc
Un " new life-motiv " pour notre temps
Si tu veux la paix, défend la vie !
C¹est un vieil adage à rajeunir
Un " Si vis pacem... " plein d'avenir
Si tu veux la paix, défend la vie !

 

 

 

 


 

24.    LES IDOLES

Dans ta vie ce soir
Je vois le miroir
Des idoles du passé
Tu ne peux les voir
Cachées dans le noir
De tes yeux noirs de fumée.

Tu vis dans leur ombre
Et dans la pénombre
Tu reste à les écouter
Une nuit entière
Comme une prière
Tu les écoutes chanter :

Refrain :
Vite, vite, vite
 Petite, petite,
Quitte, quitte, quitte
Tes parents, tes amis,
Imite, imite,
Petite, petite,
Les rites, les rites
Des démons de minuit !

Au petit matin
Adieu au matin
Tu retrouves tes esprits
Dans le jour qui vient
Adieu aux lutins
Tu renais vite à la vie.

Tu sais que le soir
Dans le soir blafard
Ils reviendront te chercher
Bientôt dans tes lèvres
Montera la fièvre
Qui les fera s'éveiller.

     Refrain

Elles te montent à la tête
Tes idoles en conquête
De ce qui t'est laissé
De ta lucidité !

Pas de parabole
Pas de camisole
Pour t'arracher à leurs bras
Devant tes idoles
Ce soir je rigole
Mais tu ne m'écoutes pas.

Ce qu'elles te murmurent
En termes obscurs
Elles n'ont qu'a le dire tout haut
Mais si elles ont honte
De ce qu'elles racontent
N¹invente rien de nouveau
Mais si elles ont honte
De ce qu'elles racontent
Surtout n'en crois pas un mot :

Refrain final :

 Vite, vite, vite
 Petite, petite
 Quitte, quitte, quitte
 Les démons de tes nuits
         Invite, invite
 Petite, petite
 Vite, vite, vite
 Tes parents tes amis !



 

 

 

 

25.    LE COEUR À L'ENVERS

La fille sur le rivage
À de l'eau sur le visage
Son amour a fait naufrage
Au beau milieu d'un orage.

Assise au bord de la plage
Elle aurait dû à son âge
Se protéger des nuages
Au pays du vagabondage.

Refrain :
Oh, passent le vent et la mer
Oh, viennent le froid et l'hiver
Oh, brûle le sable au désert
Tu auras le cœur à l'envers (Bis)

La fille sur l'image
Rêvait d'un lointain voyage
Sans amarre ni bagage
Pour s'évader de sa cage.

La nostalgie d'un village
Suivait de loin son sillage
Son désir était volage
Son aventure qu'un passage.

Au refrain

La fille aux fruits sauvages
Tressaillait sous son corsage
En scrutant le paysage
Où brunissait le feuillage

Sous un incendie en rage
Elle avait bien le présage
Que l¹immensité d¹ombrage
Ne serait plus qu¹un mirage.

Au refrain

 

 



 

26.    MAGIE DES MOTS

Folie! Folie des mots!
Si t'en dis un de trop, t'es K.O,
Si t'en dis pas assez,
T'es r'calé.

Danger! Danger des phrases !
Attention à la p'tite qui écrase,
Et gare à la grande
Qui serpente.

Génie! génie du verbe
Dont les arabesques sont superbes
Si la prosodie
Fait mélodie.

Magie! Magie des rimes
Quand la prosodie, en vers, se grime
Pour qu'un anagramme, sitôt, s'y trame.

Merci! Merci les mots!
Consonnes qu'on épelle, voyelles qui sonnent,
De prêter du sérieux,
À nos jeux.

 

 

 

 


 

27.    QUELQU'UN QUI T'ATTEND

Au café, dans les gares
Dans les pubs, aux comptoirs
Dans les cours, dans les squares,
Les boîtes du samedi soir

Dans la foule, dans les foires,
Au flipper, au milk-bar
Sous un néon blafard
Dans un club, dans le noir,

Y¹a quelqu'un qui t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t'attend quelque part

Dans les trains de banlieue
À la station d'en face
Sur un quai sans ciel bleu
Dans le métro qui passe ou repasse,

Au ciné, le lundi,
Dans une pub, dans un flash,
Sur l'écran sur ta vie,
Sur l'affiche qu'in arrache,

Y'a quelqu'un qui t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t'attend quelque part
Une fille, un sourire, au hasard...

Dans un rêve oublié
Un flash-back inédit
Souvenir inventé
Un visage évanoui

Y'a quelqu'un qui t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t'attend quelque part

Y'a quelqu'un qui t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t¹attend quelque part
Une fille, un sourire, au hasard...

 




 

28. LE TANGO DE MONSIEUR DUPONT

Monsieur DUPONT
Joue au chat et à la souris
Du lundi au samedi
L'un me dit que ça lui dit.

Monsieur DUPONT
Rien ne lui plaît pour de bon
Si ce n'est cette obsession :
Montrer qu'il est le patron.

Mais sous sa mine insipide
Se dissimule un grand timide
Qui, en service, prend sa revanche
En s¹inventant des avalanches.

Monsieur DUPONT
Entre quatre murs est bien pris
Comme un rat dont le seul souci
Est que personne ne lui sourit
Faisant fi de toute passion
Si ce n'est cette ambition :
Prouver qu'il a toujours raison.

Mais sous l'allure un peu coincée
Sommeille en fait un grand frustré
Et quand il se fait aimable
C'est pour mieux vous mettre à table

Monsieur DUPONT
Se méfie des balivernes
Et garde son bonjour en berne
Sous le glacis d'une voix terne.
 

Sous des tendances un peu sadiques
Se camoufle un grand pacifique,
Un ami des bêtes et des plantes
De l'amanite à l'amarante.

Monsieur DUPONT
A un doigté infaillible
Pour incendier les susceptibles
Par une plaisanterie douteuse
Quand ce n'est pas vénéneuse.

Sous l'apparence un rien maniaque
Se cache en fait un insomniaque
Une nature par trop fragile
Pour être taxé d¹imbécile.

Monsieur DUPONT
A un flair à toute épreuve
Après lui l'herbe fait peau neuve
Une haleine à tuer le béton
Tandis qu'il vous tient le lampion.

Monsieur DUPONT
Son histoire serait banale
S'il hantait les sphères sidérales
Et non le bureau où je suis
Du lundi au samedi.




 

 

 

29.    ELLE REVE ENCORE

Elle a une musique dans la tête
Qui a envie de s'envoler
Un rythme fou que rien n'arrête
Des mots qu'on ne peut effacer

Je marche avec elle dans la rue
Son ombre danse sous le soleil
Là où elle n'est jamais venue
Elle me dit que tout est pareil.

Refrain : Mais elle rêve
                 Elle rêve encore
                 Mais elle rêve
                 Elle rêve encore.

Je dors avec elle sur la plage
Des enfants jouent autour de nous
Le vent de la mer nous enlace
Le sable tient chaud à nos jours

Les vagues remontent les temps qui passe
Nous sommes deux depuis toujours
Quand je lui parle de voyages
Elle dit qu¹elle n'en a plus le goût

Refrain

J'invente avec elle notre histoire
Au long des heures, au fil des mots
Elle dit qu'elle n'a plus sa mémoire
Et que pour elle tout est nouveau

Elle n'est plus tout à fait la même
Au long des jours, au fil des nuits
Elle a le cœur comme un poème
Ou tout ne rime qu'avec oubli

Refrain

La nuit annonce son retour
La lune s'éveille dans ses yeux
Elle ignore le froid qui l¹entoure
Elle est toujours sous un ciel bleu

J'ai une musique dans la tête
Qui a envie de s'envoler
Un rythme fou que rien n'arrête
Des mots qu¹on ne peut effacer...

Refrain



 


 

29. LA FEMME AUX CHEVEUX D'OR

Elle m'a donné, un soir
Rendez-vous à cinq heures
Au fond d'un café noir
Pour accorder nos cœurs

Alors elle a posé
Sa joue contre ma joue
En laissant un baiser
Tendrement sur mon cou.

Je l'ai laissée partir
Un silence en dit long
Sans un mot, sans rien dire
Sans même une question.

 Refrain :
Mais elle n'est pas venue
La femme aux cheveux d'or
Mais je l'ai attendue
Et je l'attends encore...

Elle m'a donné un jour
Rendez-vous à l'aurore
Dans le fond d'une cour
Pour changer de décor.

Alors elle a osé
Se blottir contre moi
Attendre un long baiser
Peut-être une autre fois.

Je l'ai bien regardée
Jusqu'au fond de son âme
Elle semblait s'ennuyer
À jouer les grandes dames.

Refrain

Elle m'a donné plus tard
Rendez-vous à la nuit
Au buffet d'une gare
Pour parler de nos vies.

Alors elle a cherché
À me prendre la main
Et puis s'est envolée
Me laissant son parfum.

Je l'ai laissée s'enfuir
Partir ne sert à rien
Puisque son avenir
Bientôt sera le mien.
        Refrain
Elle m'a donné demain
Rendez-vous à son heure
Au hasard d'un jardin
Pour chercher le bonheur.

Mais je ferme les yeux
Je suis déjà bien loin
Je me vois amoureux
Je m'invente un chemin.

Refrain. final :
 Mais je sais qu'elle viendra
 La femme aux cheveux d'or
 Mais je sais qu'elle viendra
 Pour me parler encore
 Comme je sais qu'elle viendra
 La femme aux cheveux d'or
 Comme je sais qu'elle viendra
 Moi, je l'attends encore...


 

 


 

31.    AMI DE PERSONNE

Depuis que tu danses leur ronde
Depuis que tu marches à leur pas
Tu crois t'être trompé de monde
Tu n'entends plus un cœur qui bat.

     Tout autour de toi
Les gens sont si affairés
Qu'ils ne se voient pas
Pas le temps de regarder.

Dans ce monde clos
Chacun reste un étranger
Marchant dos à dos
Pour ne jamais rencontrer

Celui qui attend
Un sourire, un bonjour
On répond :"absent"
À qui parle d'Amour.

Ami,
Ami de personne

     Toi, tu ne veux pas
D'un avenir programmé
Tu ne rentres pas
Dans leurs moules préfabriqués.

Ils ont peur de l'air
Qui pourrait bien emporter
Tant de vieilles affaires
Tous leurs papiers bien classés.

Qui n'est pas pareil
Pas identique au même
Pas prévu la veille
Pour eux est anathème.

Ami,
Ami de personne

      Où est-il leur espoir
Est-il déjà en terre ?
Qui leur a fait croire
En une vie amère ?

Que peuvent-ils vouloir
Tous ces visages austères ?
Sont-ils le miroir
D'un intérieur en guerre ?

Où est-il ton frère
Dans ce désert de pierres
De quoi sont-ils fiers
Tous ces regards de fer ?

Ami,
Ami de personne

Depuis que tu danses leur ronde
Depuis que tu marches à leur pas
Tu crois t'être trompé de monde
Tu n'entends plus un cœur qui bat.



 


 

32.    ENVIE DE VIVRE

C'est une petite fille qui tourne autour de toi
C'est une petite fleur sortie dans le jardin de ton cœur
C'est une pensée qui ne te quitte pas
Et qui, depuis le soir jusqu'au matin,
Tu le sais bien

Te donne envie de vivre
Te donne envie de la suivre
Te donne envie de rire
Sans raison.

C'est un goût d'ailleurs qui coule de ses lèvres
Comme un vin qui enivre et qui fait que ta tête chavire
C'est un parfum étrange qui te donne la fièvre
Et qui, de chaque lune au jour qui vient,
Tu le sais bien

Te donne envie de vivre
Te donne envie de la suivre
Te donne envie de rire
Sans raison.

C'est un air de danse qui habille ses gestes
Un corps qui balance comme les vagues sur l'océan
Accordant son rythme au moindre souffle du vent
Et qui, de crépuscules en lendemains,
Tu le sais bien

Te donne envie de vivre
Te donne envie de la suivre
Te donne envie de rire
Sans raison.

C'est une petite fée qui tourne autour de toi
C'est une petite fleur poussée au beau milieu de ton cœur
C'est une pensée qui ne te quitte pas
Et qui, depuis le soir jusqu'au matin,
Tu le sais bien

Te donne envie de vivre
Te donne envie de la suivre
Te donne envie de rire
Sans raison.


 

 


 

33.    LE CAILLOU BLANC

Refrain : Il te donnera un caillou blanc
                Avec ton nom écrit dessus
                En lettres de feu et de sang
                En signe de Paix et d'Amour

Tu ne seras plus jamais loin de lui
Car il t'a ouvert sa maison.
Laissant à la porte fardeau et soucis
Tu pourras entrer dans la Vie.

Refrain

Tu devras lutter encore une nuit
Avec l'Esprit pour défenseur.
Et ton nom nouveau restera secret
Entre toi et ton créateur.

Refrain

Tu laveras bien tout ton vêtement
Et ton cœur au puits de l'Agneau
Ainsi revêtu, tu pourras louer
Et rendre gloire à ton Seigneur.

Refrain


 


 

34.     HEUREUX

Heureux es-tu toi qui crées
Car tu es vraiment à l'image de ton Créateur.

Heureux es-tu toi qui aimes
Car tu es le fils
De Celui qui le premier nous aima.

Heureux es-tu toi qui t'émerveilles
Car tu as su garder un coeur d'enfant
Et ton rayonnement est la gloire de ton Père.

Heureux es-tu toi qui cherches
Car tu rencontreras celui
Qui te cherche depuis le jardin de l'Eden.

Heureux es-tu toi qui doutes
Car ce n'est qu'au cœur de la nuit
Que tu trouveras la lumière.

Heureux es-tu toi qui es à l'écoute
Car tu entendras frapper
Celui qui depuis toujours se tient
À la porte de ton cœur, tel un mendiant d'amour.

Heureux es-tu toi qui donnes
Car tes mains n'ont pas peur de s'ouvrir
À l'image de Celui qui, les bras en croix
Nous a offert sa vie.

Heureux es-tu toi qui pardonnes et ne retiens pas le mal
Car, artisan du Royaume, tu as le secret d'un cœur en paix.

Heureux es-tu toi qui chantes et danses
Car tu as été crée pour la joie.

Diplôme d¹honneur de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) en
1990

 

 

 


 

35.    LA VIEILLE HORLOGE

Depuis des lustres tu te balances
Envoûtée par le dieu du temps
Te battant contre ses avances,
Tu restes imperméable aux ans.

De ton coeur diablement rythmé
Tu comptes les générations
Et tu exhibes comme un trophée
Ce bras dirigeant ta chanson.

Dans le plain silence on entend
Ta voix discrète et familière
Et de peur je vibre en pensant
Qu'un jour tu pourrais bien te taire.

Tu mènes une insouciante danse
Tandis que la vie qui nous malmène
Tu nous chronomètres en cadence
Jusqu'à l'éternelle Géhenne.

D¹après un poème de France Berthier

 

 

 


 

36.    PRÈS DE TOI

Une journée
Sans te voir
C¹est un été
Qui ne sait que pleuvoir
C¹est l'éternité
Sans mémoire

Refrain : Et moi qui deviens fou de toi,
Je crois
Et moi qui ne vis que pour toi
Et moi qui deviens fou de toi,
Parfois
Je voudrais rester près de toi.

La maison
Quand tu n'es pas là
C'est un hiver
Perdu dans le froid
C'est un bateau
Qu'on ne prend pas
Refrain
Un dimanche
Loin de ton sourire
C'est un printemps
Qui va bientôt mourir
C'est un enfant
Sans avenir
Refrain
Toute une heure
Sans le son de ta voix
C'est un automne
Qu'on ne désire pas
C'est une larme
Qui ne sèche pas
Refrain
Une chanson
Tes yeux dans mes yeux
C'est un voyage
Au-delà des cieux
C'est quatre saisons
Pour être heureux
Refrain

 

 

 

 


 

37.    OH DIS-MOI

Oh dis-moi, comment te rencontrer
Oh dis-moi, s'il faut longtemps marcher
Oh dis-moi, s'il faut franchir des mers
Oh dis-moi, s'il faut quitter la terre
Tu es là, je le sais bien
Je t'attends, tends-moi la main.

Oh dis-moi, comment te découvrir
 Oh dis-moi, s'il faut t'appartenir
 Oh dis-moi, s'il faut laver ses yeux
Oh dis-moi, s'il faut scruter les cieux.

Oh dis-moi, toi qui m'as appelé
Oh dis-moi, toi que je veux aimer
Oh dis-moi, que tu prendras patience
Oh dis-moi, pourquoi ce long silence.
Pourquoi tant tarder ?
Veux-tu m'éprouver ?

Oh dis-moi, toi vers qui tout conduit
Oh dis-moi, es-tu la dans ma nuit
Oh dis-moi, si tu marches avec moi
Que je vois, la trace de ton pas
Que je vois un peu le paradis
Que je sois ton ami pour la vie.

 

 

 


 

 

38.     PETITE SOEUR

Du plus profond de mon rêve
Je la vois telle qu'elle m'aimera
Sur son image le jour se lève
Son sourire ne me quitte pas.

 Du plus profond de ma mémoire
 Je l'ai voulue très amoureuse
 Tombe la nuit, vienne le soir
 Elle a tout le temps d'être heureuse.

Petite sœur

Du plus profond de ma pensée
Je l'imagine romantique
Elle lira Verlaine, Mallarmé
Et mettra Baudelaire en musique.

Petite sœur

Du plus profond de mon espoir
Je sais qu'elle va venir bientôt
Il m'aura fallu beaucoup croire
Au lendemain toujours plus beau.

Petite sœur

Une fille s'avance à l'horizon
Elle te ressemble, petite fleur
Elle a ton teint, tes cheveux longs
Déjà je sens battre son cœur.

Petite sœur

Je désirais sans le savoir
Que tu éprouves ma patience
Que tu restes un peu dans le noir
Et que tu gardes le silence.

Petite sœur

 

 

 

 

 

39.    JESUS, TON COEUR EST UN FEU D'AMOUR

Jésus, ton cœur est un feu d'amour
Oh, donne-moi l'amour brûlant de ton c¦ur
J'ai tant soif d'amour
Jésus, j'ai soif de ton cœur d¹amour.

1 / Ce cœur qui a donné l'esprit
 En torrent d'amour infini.

2 / Ce cœur qu'a contemplé Marie
Aux pieds de son enfant béni.

    Refrain

3 / Ce cœur fontaine de la vie
 Ô source vive jamais tarie.

4 / Ce cœur qui a saigné pour moi
 Tant tu m'as aimé sur la croix.

    Refrain

5 / Ce cœur blessé par nos péchés
 Couvert d'épines et transpercé.

6 / Ce cœur qui guérit nos blessures
 Par cette eau et ce sang très purs.

    Refrain

7 / Ce cœur ouvert pour l'unité
 Offrant au père l'humanité.

8 / Ce cœur béant comme un sourire
 Qui nous console et nous attire.

    Refrain

9 / Ce cœur à jamais partagé
 Avec nos frères humiliés.

10 / Ce cœur montrant l'éternité
 À qui cherche la vérité.

    Refrain


 

 

 


 

40.    À CENT ANS

À cent ans, à cent ans,
Un an passe comme un jour
À cent ans, à cent ans,
Le temps paraît court, bien trop court.
À cent ans, à cent ans,
Comme on ne se l'imagine pas,
Il se passe bien des choses dans la tête d'une femme ;
La vie a encore du goût, et du meilleur,
Même si le temps paraît moins long.

Depuis maintenant longtemps déjà,
On a quitté l'autre, celui qui nous faisait vivre
Et sans qui l'on vit, malgré tout.

À cent ans, à cent ans,
On se retrouve seul.
L'avenir ne dit plus rien
C'est le passé qui est incertain.
A-t-on aimé? A-t-on vécu?
C'est d'aujourd'hui qu'il faut parler.

À cent ans, à cent ans,
On attend toujours ses enfants
Quand bien même ils nous oublieraient
On a souci de l'un, de l'autre,
Que l¹on sait bien grand et loin.
Il y a un peu de nous en eux
Tous nos espoirs, tout notre amour,
Nos lendemains...

À cent ans, à cent ans,
Comme au bon vieux temps,
On rit pour un oui, pour un rien ;
On retrouve un peu ses vingt ans,
Toujours un peu plus étonné
D'être au rendez-vous du matin.

À cent ans, à cent ans,
On peut avoir le coeur en fête.
Il faut se réjouir tendrement
D'avoir enfin rempli le siècle
Au moment le moins attendu.

À cent ans, à cent ans,
On voudrait rester dans la course ;
Même quand la partie se termine
On a bien droit à un repos,
Celui que le Père éternel
Nous a préparé, tout le haut.

À cent ans, à cent ans,
Un an passe comme un jour
À cent ans, à cent ans,
Le temps paraît court, bien trop court.


 

 


 

41.   DE CONFITEOR
(Je confesse aux femmes...)
Catégorie : Poétique

     Il n'y a pas de quoi s'en prendre à son latin.
Le texte rassemble nos idiomes contemporains
Et, plutôt qu'un dictionnaire, mieux vaudrait-il
S'en ouvrir à la féminine engeance à qui je dédie à nouveau
Ces lignes vierges de musique.
Peau-aime !

De Confiteor
Je confesse aux femmes
Toutes aimantes
Que face à leur regard je fonds
Sous la flamme de leur indécence
Comme salaire gelé sur la banquise
Comme l'iceberg sous les projecteurs.
Je confesse aux femmes
Toutes luisantes
Que grâce à leurs éclats je brûle
Sous le glacis de leurs effusions
Comme la chandelle parle debout
Comme le pourpoint suit la virgule.
Je confesse aux femmes
Enivrantes
Que jusqu'à la lie je bois
Le fruit de leur dégorgement
Comme en ivresse des pourfendeurs
Comme la fiole où se noie le poison.
Je confesse aux femmes
Repentantes
Qu'avec elles pieds nus j'irai
En pèlerinage sur ma tombe
Comme on renie son premier 'j'ai'
Comme on tamise le temps gâché.

 

 

 

 


 

42.    SUMMER IN PARIS

Summer in Paris
Summer in Paris
Nobody can see
That's only me and you
Oh Paris !
And it's quite strange and magic
All the people seem vanished
Under some hot july sun
Just to leave us alone.

Summer in Paris
Summer in Paris
The colours of the stones
Are coming back to you
Oh Paris !
And it¹s quite odd and fairy
All the clouds have flown away
With the darkness of winter
And the sadness of crowds.

Summer in Paris
Summer in Paris
The colour of your skin
Is black or brown and yellow
Oh Paris !
And it¹s simply amazing
All the places are changing
Through kaleidoscopic eyes
And your City of Lights glows.

That¹s why I¹m always wandering
Endlessly in your narrow streets
From midnight to the gates of dawn
To taste the silence at your wake.

Summer in Paris
Summer in Paris
Your towers and roses
Make you the brightest star
Oh Paris !
And it¹s quite unexpected
That your old steely Lady
And your mighty Cathedral
Keep on watching over you.

 

 

 

 


 

43.    MAY BE

Loving so hard
Look in your eyes
Keep on searching
For promises.

Too many dreams
To share with you
Too many nights
Wasted without you.

Refrain : May be it'll last forever
        And may be it'll take some time
                 In the long run we will see
                 If I¹m wrong or if I'm right.

I'd like to see
What tonight brings
All days to come
Look like days gone.

Blinded by love
I can't walk on
Without your hand
To lead me to paradise.

Refrain

I waste my life away from your arms
I'm dreaming all night long
I keep on asking " Are you real ?"
It's just the same old song.

Now ev'ry day
Is the first one
First time we met
Was it only by chance.

Don't fear that I
Get tired of you
Don't think my love
Will fade tomorrow.

Refrain

   

 

 

44. AMOUR SUR ORDONNANCE

Pour toi seule, j'avais repeint
La voûte du ciel en bleu-reine
Et mon passé en lavis gris.
Sur l'amitié j'avais jeté
Un indéfectible anathème
Pour qu'aucune ombre ne nous frôle.

Pour ton nom, j'avais composé
Des poèmes incandescents,
Des aubades oh combien précieuses
Dont nulles oreilles étrangères
Ne devait cueillir le murmure.

Sur ton ordre, j'avais promis
Qu'aucune parole épanchée
Ne figerait en des mots sûrs
Ce qui, à toi, pourrait me lier
Entre à jamais et pour toujours.

Pour te garder, j'avais renié
Tous mes regrets, tous mes projets,
Tous les relents du temps qui passe
Pour mieux nous fondre dans l'instant
Vers où fuient nos lignes de vie.

Sur le Livre, j'avais juré
De ne nourrir aucun remord
Si la flamme venait à chanceler.
L'âme embrasée jusqu'au tréfonds
Je ne croyais ni aux frimas
Ni à la bise des jours défunts.

Après tant d'années aux longs mois
Je ne pouvais t'imaginer
Sans ce doigt posé sur ta bouche
Sans ton regard de terre brûlée
Cautérisant mes cicatrices.

Jusqu'à ce qu'enfin je découvre
Trois lettres gravées au pied du lit
Pudique réponse à ma supplique
De donner un nom à demain :
Un couperet comme un verdict
Sans appel et sans vains adieux.

Comme au sortir d'un film noir
Par ce mot "fin" la lumière luit
Tel l'éclair déchirant l'écran
D'un ancestral nous-deux mort-né
Car tu y tenais les deux rôles
Et ton délice fut de me tuer.

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